Maïs : Gestion de la fertilisation
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la publication 811F du MAAARO : Guide agronomique des grandes cultures
Table des matières
AzoteComme le maïs réagit bien aux produits azotés, le
sol doit absolument contenir une quantité suffisante d'azote assimilable
pour que la culture soit rentable. Toutefois, un excès d'azote
constitue une dépense inutile et augmente les risques de pollution
de l'eau souterraine par les nitrates. La carence en azote se manifeste d'abord par le jaunissement des feuilles inférieures, qui apparaît à la pointe, puis descend le long de la nervure principale planche 1. Tôt ou tard, les parties jaunes brunissent et meurent. Planche 1. Carence en azote qui se manifeste d'abord sur les feuilles du bas. Le jaunissement commence à la pointe des feuilles, puis progresse le long de la nervure principale.
Chez les jeunes plants toutefois, des pertes de rendement surviennent
bien avant que l'apparition des symptômes de carence, de sorte que
le jaunissement n'est pas un indicateur fiable des besoins en engrais
azotés. Deux méthodes peuvent servir à déterminer les quantités
d'azote optimales :
Les symptômes de carence en azote sont fréquents sur les feuilles inférieures au fur et à mesure que les plants approchent de la maturité, même si le sol contient une concentration d'azote compatible avec un rendement optimal. Teneur du sol en azote des nitrates
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A. Besoins de base en azote (choisir au tableau A) |
_________ | |
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B. Ajustement en fonction du rendement (Rendement [t/ha] _____ x 13,6) = |
+_______ |
|
| C. Ajustement selon le nombre
d'unités thermiques Nombre d'UTC M1 dans la région = ________ Moins 2 800 Total = ________ x 0,041 = |
+_______ | |
|
D. Ajustement selon la culture précédente (choisir au tableau D) |
- ________ | |
| E. Ajustement selon le rapport de prix de
l'azote et du maïs (choisir au tableau E) |
- _______ | |
| F. Dose totale d'azote recommandée (A + B + C - D - E) |
= _______ | |
| G. Soustraire l'azote appliqué au démarrage | - ________ | |
| H. Soustraire l'azote provenant du fumier1 | - ________ | |
| I. Azote additionnel en présemis (F - G - H) | =_______ | |
|
ou |
||
|
J. Azote additionnel en bandes(Si une quantité supplémentaire de N est appliquée en bandes, multiplier la valeur I par le chiffre correspondant du tableau J). |
_________ | |
1 Les crédits de N provenant du fumier sont indiqués au chapitre 9, Fertilité du sol et doses d'éléments nutritifs.
* L'est de l'Ontario comprend Frontenac, Renfrew et les comtés situés plus à l'est.
* Pour ces rapports de prix, les ajustements n'ont pas été calculés.
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Teneur en potassium (ppm) évaluée
à l'acétate d'ammonium
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Cote
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Quantité de potassium2 (K2O)
à appliquer (kg/ha)
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|---|---|---|
|
0-15
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RÉ
|
170
|
|
16-30
|
RÉ
|
160
|
|
31-45
|
RÉ
|
140
|
|
46-60
|
RÉ
|
110
|
|
61-80
|
RM
|
80
|
|
81-100
|
RM
|
50
|
|
101-120
|
RM
|
30
|
|
121-150
|
RF
|
0
|
|
151-250
|
RTF
|
0
|
|
251+
|
RN3
|
0
|
100 kg/ha = 90 lb/ac
1 RÉ, RM, RF, RTF et RN indiquent la probabilité
que la fertilisation soit rentable, à savoir respectivement : probabilité
de réponse élevée, moyenne, faible, très faible
et nulle. L'épandage d'éléments nutritifs est rentable
lorsque l'accroissement de la valeur de la récolte créé
par le gain de rendement ou de qualité dépasse le coût
d'application de l'élément nutritif en question.
2 Si on utilise du fumier, réduire les épandages
d'engrais en fonction de la quantité et de la qualité du
fumier voir le tableau
9-8, Quantités moyennes d'azote, de phosphate et de potasse biodisponibles
selon la source d'éléments nutritifs organiques.
3 Quand la cote est RN, l'application de l'élément
nutritif en question sous forme d'engrais ou de fumier risque de réduire
les rendements ou la qualité des cultures. Par exemple, l'épandage
de phosphate peut provoquer une carence en zinc dans les sols pauvres
en zinc, et il peut accroître les risques de pollution des eaux.
L'épandage de potasse dans des sols pauvres en magnésium
peut provoquer une carence en magnésium.
La plus grande partie de l'azote doit être épandue au printemps,
en présemis, en prélevée ou en bandes avant que le
maïs n'atteigne 30 cm (12 po). Les épandages d'automne sont
déconseillés parce qu'ils comportent un grand risque de
pertes.
Une partie de l'azote peut être épandue en bandes au moment
des semis. À proximité des semences, ne pas dépasser
la dose prudente d'engrais. S'il faut appliquer des doses élevées
d'azote au moment des semis, le placer dans une bande distincte à
plus de 10 cm (4 po) de la ligne de semences.
On peut épandre en surface les formes solides d'azote ou les solutions
de nitrate d'ammonium et d'urée (NAU) sans les incorporer au sol.
Cependant, pour éviter les pertes d'ammoniac par volatilisation,
incorporer immédiatement dans le sol l'urée et le NAU épandus
sur des résidus. Par temps sec, toutes les formes d'azote sont
plus efficaces après incorporation. Le contact de solutions de
NAU avec les feuilles risque de causer la brûlure de ces tissus
et des pertes de rendement.
L'ammoniac anhydre injecté avec du matériel traditionnel
doit être placé à au moins 15 cm (6 po) de profondeur.
Dans le cas d'injections en présemis, les distributeurs ne doivent
pas être espacés de plus de 50 cm (20 po). Pour des espacements
supérieurs, il est recommandé d'attendre quatre jours avant
les semis pour éviter d'endommager les plantules.
Quand on utilise l'outillage approprié, on peut appliquer l'ammoniac
avec un cultivateur ou un pulvériseur à disques à
une profondeur d'au moins 10 cm (4 po) en espaçant les distributeurs
d'au plus 50 cm (20 po).
Des concentrations suffisantes de phosphore et de potassium sont nécessaires à une croissance et à un rendement optimaux du maïs, même si ces éléments nutritifs ne produisent pas de résultats aussi évidents que l'azote. Une carence en phosphore ne produit pas de symptômes très visibles, bien que les plants touchés semblent rabougris et prennent parfois une teinte vert foncé ou violacée. La teinte violacée des feuilles peut aussi être un signe de stress occasionné par du temps frais ou de lésions des racines.
Planche 2.Feuilles de maïs violacées, résultat d'un stress causé le plus souvent par du temps froid ou des blessures aux racines. Il peut s'agir à l'occasion d'une carence en phosphore.
Les carences en potassium se manifestent d'abord par un jaunissement et un brunissement de la pointe des feuilles inférieures du plant, qui s'étend ensuite à la marge. Les rendements peuvent souffrir d'une carence en l'un ou l'autre de ces éléments nutritifs ou les deux, même en l'absence de tout symptôme visible.
Planche 3.Carence en potassium se manifestant d'abord sur les feuilles du bas par le jaunissement et le brunissement de la pointe puis des pourtours des feuilles.

Le tableau 1-25, Doses de phosphate et de potasse recommandées pour le maïs d'après les analyses reconnues par le MAAARO, présente les recommandations pertinentes pour les cultures de maïs.
Pour de l'information sur l'utilisation de ce tableau ou en l'absence
d'une analyse de sol reconnue par le MAAARO, voir Recommandations
d'engrais.
Lorsque les analyses de sol indiquent une carence importante en phosphore
et en potassium, la plus grande partie de ces éléments nutritifs
peut être épandue à la volée et incorporée
au sol, à l'automne ou au printemps. Si analyses de sol montrent
une carence modérée ou faible de l'un ou de l'autre, épandre
un engrais contenant de l'azote (de préférence sous forme
ammoniacale) et du phosphore, ou bien de l'azote, du phosphore et du potassium
comme engrais de démarrage au moment des semis. Tout le phosphore
et une partie du potassium peuvent être épandus en bandes
à 5 cm (2 po) des semences, à 5 cm (2 po) sous le niveau
de celles-ci le tableau
9-21, Doses maximales sûres des éléments fertilisants.
Des essais sur le terrain menés pendant plusieurs années
ont montré qu'une application de 10 à 15 kg de P2O5/ha
(9 à 13 lb de P2O5/ac) au moment du semis
procure de meilleurs rendements qu'un épandage en bandes latérales
de 20 kg de P2O5/ha (18 lb de P2O5/ac).
Si l'analyse de sol montre des teneurs de 13 à 45 pour le phosphore,
il est probable qu'une application avec les semis sera plus profitable
qu'un épandage en bandes latérales. Lorsque l'analyse montre
une teneur en phosphore inférieure à 13, l'application de
10 à 15 kg de P2O5/ha (9 à 13 lb de
P2O5/ac) avec les semis peut aussi être bénéfique,
mais elle ne saurait remplacer un apport supplémentaire de phosphore
par un épandage en bandes ou à la volée.
Les engrais qui accompagnent les semences et qui contiennent de l'azote
(sous forme ammoniacale) doivent avoir une faible teneur en sel et ne
contenir ni urée, ni phosphate diammonique le
tableau 9-21, Doses maximales sûres des éléments fertilisants.
De plus, ils doivent être épandus uniformément, faute
de quoi ils peuvent être toxiques pour les semences en germination.
L'application de plus de 15 kg de P2O5/ha (13 lb
de P2O5/ac) au moment du semis dans des rangées
de 75 cm (30 po) est déconseillée.
Une culture de maïs recevant trop d'engrais risque de souffrir d'un excès de sels ou d'ammoniac
Planche 8. Les engrais peuvent causer la brûlure des racines séminales, ce qui retarde la croissance jusqu'à ce que les racines coronales se développent. Il en résulte une levée inégale.

Plus l'engrais est concentré et plus il est proche de la semence,
plus les risques de dommages sont grands et plus la dose maximale sûre
est faible. Les doses maximales sûres à observer sont indiquées
au tableau 9-21.
Même à ces doses, il peut se produire de légères
baisses de rendement et un faible ralentissement de la croissance si la
culture est soumise à un stress.
Bien que le magnésium soit abondant dans la plupart des sols en Ontario, des carences en cet élément peuvent se produire dans les sols sableux ou acides. Le premier symptôme est l'apparition de bandes jaunes sur les feuilles inférieures.
Planche 4.Carence en magnésium qui se manifeste d'abord sur les feuilles du bas par des bandes jaunes qui peuvent devenir rouge violacé à mesure que la carence s'accentue.

À mesure que la carence s'aggrave, les feuilles supérieures
peuvent également présenter des bandes jaunes tandis que
les feuilles inférieures deviennent rouge violacé.
La chaux dolomitique est une excellente source de magnésium là
où il faut de la chaux agricole pour corriger l'acidité
du sol; de plus, l'employer sur tous les sols ayant une teneur en magnésium
inférieure à 100 ppm. Pour plus d'information, voir Acidité
des sols et chaulage.
Par ailleurs, il arrive que certains sols ne nécessitent aucun
amendement calcaire, mais qu'ils aient besoin de magnésium. Un
apport en magnésium n'est recommandé que si l'analyse de
sol montre une teneur inférieure à 20 ppm. Sur ces sols,
le magnésium peut être appliqué sous forme de sulfate
ou, si une application de potassium s'avère également nécessaire,
sous forme de sulfate de magnésie potassique. Appliquer 30 kg de
magnésium hydrosoluble/ha (27 lb/ac).
Une surdose de potassium peut amener des carences en magnésium;
il est donc important de surveiller attentivement la teneur du sol en
potassium et de s'en tenir aux doses de potasse recommandées dans
les rapports d'analyses reconnues par le MAAARO.
Aucune carence en soufre n'a jamais été observée
dans les cultures de maïs dans le sud de l'Ontario. La plupart des
régions de culture du maïs de la province reçoivent
suffisamment de soufre sous forme de précipitations acides. Dans
le nord-ouest de l'Ontario, on peut ajouter 15 kg/ha (13 lb/ac) de soufre
sous forme de sulfate avec l'engrais.
Des carences en zinc apparaissent parfois dans les cultures de maïs en Ontario. Bien que les symptômes visibles sur les feuilles planche 5, soient le meilleur indice de ce type de problème, une analyse de sol n'en demeure pas moins utile. Une carence en zinc se manifeste habituellement sous la forme d'une large bande blanche près de la base des jeunes feuilles de maïs. Si elle est grave, l'ensemble de la feuille dans le cornet blanchit (on parle alors de " bourgeon blanc "). À moins que la carence ne soit très marquée, ne pas s'attendre à une réponse visible de la culture à un apport en zinc.
Planche 5. Carence en zinc prenant la forme d'une large bande blanche près de la base de la feuille chez les jeunes plants.
Lorsqu'un apport de zinc est nécessaire, celui-ci peut être
mélangé aux engrais et appliqué à raison de
4 à 14 kg/ha (3,5 à 12,5 lb/ac). La dose supérieure
devrait suffire pour trois ans. Si on applique le zinc en bandes au semis,
ne pas dépasser 4 kg/ha (3,5 lb/ac). L'apport de zinc peut aussi
se faire par pulvérisation foliaire à raison de 60 g/100
L de solution (0,6 lb/100 gal). Utiliser un agent mouillant et poursuivre
la pulvérisation jusqu'à ce que les feuilles soient bien
mouillées.
Les carences en manganèse sont rares dans le maïs, bien qu'on en ait signalé quelques cas sur des terres noires à pH élevé dans le sud-ouest de l'Ontario. Le maïs est beaucoup plus tolérant aux faibles concentrations de manganèse que le soya ou les céréales. Dans le maïs, une carence en manganèse se manifeste par une teinte vert olive des feuilles, parfois accompagnée de rayures à peine perceptibles. Les pulvérisations foliaires de manganèse sont le moyen le plus efficace de corriger cet état.
1 Une baisse de rendement due à une carence en un élément
nutritif est à prévoir lorsque celui-ci atteint la concentration
critique ou tombe sous celle-ci.
2 Les concentrations normales maximales sont plus que suffisantes
mais ne causent pas nécessairement de toxicité.
Corriger la carence dès qu'on la détecte en pulvérisant
sur le feuillage 2 kg de manganèse élémentaire/ha
(1,8 lb/ac) sous forme de sulfate de manganèse (8 kg de sulfate
de manganèse/ha [7,1 lb/ac] dans 200 L d'eau). Il est recommandé
d'ajouter un mouillant-adhésif à la bouillie. Si la carence
est grave, une deuxième pulvérisation peut être souhaitable.
Au moment d'appliquer des oligo-éléments, prendre soin de
bien nettoyer le réservoir du pulvérisateur s'il a servi
à des traitements herbicides.
Les autres oligo-éléments sont peu susceptibles de donner
lieu à des carences dans le maïs en Ontario. Certains d'entre
eux, dont le bore, peuvent être toxiques s'ils sont appliqués
sur le maïs, particulièrement en épandage en bandes
ou à même l'engrais de démarrage (Pop-up ou autre).
Dans le cas du maïs, le stade de croissance le plus propice à l'échantillonnage des tissus varie selon l'élément nutritif visé. Pour la plupart des éléments, il vaut mieux prélever les échantillons dans le tiers central de la feuille opposée à l'épi, au moment de l'apparition des soies. Pour le phosphore et le zinc, il vaut mieux échantillonner le plant en entier lorsque cinq ou six feuilles sont visibles. Pour connaître les concentrations normales des différents éléments, voir le tableau 1-26, Interprétation des résultats d'analyse des tissus végétaux pour le maïs.
Si l'échantillonnage a lieu à tout autre moment que ce
qui est indiqué ci-dessus, prélever des tissus dans les
parties du champ qui sont atteintes et dans les parties saines pour permettre
des comparaisons. Pour les plants qui ont six feuilles ou moins, prélever
l'ensemble de la partie hors du sol. Pour les plants qui ont plus de six
feuilles mais qui n'ont pas encore formé leurs soies, prélever
la plus jeune feuille entièrement développée. À
l'échantillon de tissu végétal, joindre un échantillon
de sol prélevé au même endroit et en même temps.
Pour plus d'information sur ce sujet, voir Analyse
des tissus végétaux.
Dans le maïs, les pulvérisations foliaires d'éléments
nutritifs donnent généralement peu de résultats et
elles endommagent les feuilles, sauf si elles sont fractionnées
en de multiples petites doses. L'exception à cette règle
est la correction de certaines carences en oligo-éléments,
mais même dans ce cas, il est souvent plus économique d'appliquer
l'élément nutritif au sol.
| Auteur : | Le personnel du MAAARO |
|---|---|
| Date de création : | 20 août 2009 |
| Dernière révision : | 20 août 2009 |