Maïs : Croissance

 

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Publication 811F : Guide agronomique des grandes cultures > Maïs > Croissance

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Table des matières

 

Le tableau 1-17, Stades végétatifs du maïs, et le tableau 1-18, Stades reproductifs du maïs, décrivent les étapes de la croissance végétative et du cycle de reproduction.


Dates de fin de saison des UTC

La date de la fin de la saison de croissance est celle de la première gelée meurtrière (-2 °C), ou la date à laquelle la température journalière moyenne historique (normales calculées sur 30 ans) atteint moins de 12 °C. Pendant la période de 30 ans ayant servi au calcul des UTC, la saison se terminait environ 10 % du temps par l'occurrence d'une température de -2 °C. Ce mode de calcul est le même pour les UTC (système traditionnel) et les UTC M1 (début le 1er mai) voir Système modifié d'unités thermiques de croissance de l'Ontario.


Tableau 1-17. Stades végétatifs du maïs

Description

 

Diagramme des stades végétatifs VE du maïs.
Diagramme des stades végétatifs V1 du maïs.
Diagramme des stades végétatifs V4 du maïs.
Stade
VE
V1
V4
Collerettes1
0
1
4
Pointe des feuilles
1
3
7
Feuille recourbée
0
2
6
UTC nécessaires2
180
330
630
Date cible3
mai 14
mai 26
juin 12
Remarques
  • Levée
  • Compter normalement 6-21 jours pour la levée.
  • Un rendement élevé nécessite une levée uniforme.
  • Une mauvaise germination peut être due à la présence de méloïdés, de vers fil-de-fer, de larves de la mouche des légumineuses, de carabes du maïs, de limaces ou de vers-gris noir.
  • Début de la période critique de lutte contre les mauvaises herbes.
  • Point végétatif sous terre.
  • Veiller à ce que l'herbicide choisi soit compatible avec le stade de la culture.
  • Début de l'épiaison.
  • Point végétatif sous terre.
  • Expansion des racines coronales qui remplaceront bientôt complètement les racines séminales.
  • Les risques de dommages occasionnés par le ver fil-de-fer et les altises sont maintenant écartés

 

Tableau 1-17. Stades végétatifs du maïs
Description
Diagramme des stades végétatifs V6 du maïs.
Diagramme des stades végétatifs V8 du maïs.
Stade
V6
V8
Collerettes1
6
8
Pointe des feuilles
10
11
Feuille recourbée
8
10
UTC nécessaires2
780
930
Date cible3
juin 20
juin 28
Remarques
  • Fin de la période critique de lutte contre les mauvaises herbes.
  • Les feuilles inférieures (1-4) s'assèchent et peuvent ne pas être visibles.
  • Le point végétatif se situe au niveau du sol ou au-dessus; les plants risquent de souffrir davantage du gel.
  • Les épis et les panicules dont la croissance est amorcée sont visibles à la dissection du plant.
  • Après ce stade, l'épandage d'azote en bandes et le sarclage des entre?rangs risquent d'endommager les racines.
  • Début de l'élongation rapide de la tige.
  • Les risques de dommages par les limaces sont écartés.

 

Tableau 1-17. Stades végétatifs du maïs
Description
Diagramme des stades végétatifs V12 du maïs.
Diagramme des stades végétatifs VT du maïs.
Stade
V12
VT
Collerettes1
12
(variable)
Pointe des feuilles
15
-
Feuille recourbée
14
-
UTC nécessaires2
1 170
1 310
Date cible3
juillet 2
juillet 12
Remarques
  • La culture devient de plus en plus exposée à des pertes de rendement dues à la chaleur ou à la sécheresse.
  • Ce moment est déterminant pour la grosseur de l'épi et le potentiel de nombre de grains.
  • Sortie de la panicule (floraison mâle)
  • La dissémination du pollen commence 2-3 jours avant l'apparition des soies (floraison femelle).
  • La sécheresse et la chaleur ont pour effet de réduire la viabilité du pollen.
  • Faire le dépistage du puceron du maïs, du stade adulte de la chrysomèle des racines du maïs et de la larve de cette espèce (qui provoque la courbure des tiges en col de cygne).

1 Voir Stades de croissance foliaire, où l'on présente les méthodes de dénombrement des feuilles de maïs.
2 Nombre approximatif d'UTC nécessaires pour atteindre les divers stades de croissance du maïs.
3 Date estimative du début des différents stades phénologiques pour des accumulations à long terme d'UTC dans une région recevant en moyenne 2 800 UTC M1, semis prévus pour le 1er mai.


Tableau 1-18. Stades reproductifs du maïs
Description
Les soies sortent des spathes à la pointe de l'épi.
Les grains sont blancs, remplis d'un liquide transparent et nettement différenciés du reste de l'épi.
Les grains commencent à jaunir et le liquide qu'ils contiennent est blanc laiteux.
Stade R
R1 - Apparition des soies
R2 - Gonflement
R3 - Stade laiteux
UTC nécessaires1
1 480
1 825
2 000
Date cible2
juillet 23
août 6
août 14

Teneur en eau du grain

SO3
85%
80%
Remarques
  • La pollinisation dure 3-7 jours.
  • Les soies continuent de s'allonger jusqu'à leur fécondation.
  • À ce stade, le rendement peut être gravement compromis par des facteurs de stress environnemental.
  • Commencer le dépistage des ravageurs de l'épi (ver de l'épi du maïs et légionnaire d'automne).
  • Les grains commencent à accumuler de la matière sèche.
  • Les éléments nutritifs commencent à migrer des feuilles et des tiges vers les épis.
  • Les feuilles inférieures peuvent rougir.
  • Période de remplissage rapide du grain.
  • La bonne santé des plants, le beau temps et la photosynthèse active favorisent la production de grains plus gros et d'un poids spécifique plus élevé.

 

Tableau 1-18. Stades reproductifs du maïs
Description
Le liquide laiteux à l'intérieur des grains épaissit et devient pâteux. Les contours des grains s'affermissent. Certaines dents apparaissent.
La majorité des grains sont dentés. Une couche dure d'amidon est très visible dans le haut du grain (ligne de maturité).
Une couche dure d'amidon est très visible dans tout le grain. Un point noir se forme à la base du grain.
Stade R
R4 - Stade pâteux
R5 - Dent
R6 - Maturité
UTC nécessaires1
2 165
2 475
2 800
Date cible2
août 22
septembre 6
septembre 26

Teneur en eau du grain

70%
55%
30%-35%
Remarques
  • La partie supérieure du grain commence à durcir.
  • Les gelées meurtrières peuvent causer des pertes de rendement de 25-40 %.
  • Commencer à mesurer l'incidence de la pourriture de l'épi.
  • La ligne de maturité progresse vers la base du grain au fur et à mesure que la culture arrive à maturité.
  • Les teneurs en eau des plantes entières conviennent à l'ensilage.
  • Quand la ligne de maturité parvient à la moitié de la hauteur du grain, le maïs a atteint 90 % de son rendement en grain.
  • Parcourir le champ à la recherche de signes de verse, d'affaissement des épis et de pourriture de la tige. Si de nombreux plants présentent ces symptômes, penser à récolter plus tôt.
  • Maturité physiologique.
  • Les grains ont atteint leur poids maximal en matière sèche.
  • Les grains doivent encore perdre de l'humidité pour être prêts au battage.

1 Nombre approximatif d'UTC nécessaires pour atteindre les différents stades de croissance du maïs.
2 Date estimative du début des différents stades phénologiques pour des accumulations à long terme d'UTC dans une région recevant en moyenne 2 800 UTC M1, semis prévus pour le 1er mai.
3 SO : Sans objet, les grains ne se forment qu'après la pollinisation.

Stadesde croissance foliaire

Il peut sembler facile de compter les feuilles d'un plant de maïs, mais certains facteurs peuvent être la source d'erreurs. Il est important de savoir à quelle méthode de décompte on se réfère sur les étiquettes de pesticides ou dans les autres informations relatives à la production.

Tableau 1-19, Comparaison des stades de croissance

Pointe des feuilles
Feuille recourbée Collerette Hauteur apparente (cm)
Hauteur réelle (cm)
3
2
1
5-6
5-11
5-6
4
3
9-17
16-25
7-8
6
4-5
18-33
29-46
9-10
8
5-6
36-54
54-77
12
10
8
58-85
86-112
14-15
12
10
99-114
121-149

Source : Publication 75F du MAAARO, Guide de lutte contre les mauvaises herbes.

Au tableau 1-19, Comparaison des stades de croissance, on montre les données obtenues avec différentes méthodes de décompte des feuilles.

Voici quelles sont ces méthodes :

  • Méthode de la pointe - décompte de toutes les feuilles y compris de toute pointe qui sort du cornet au sommet du plant.
  • Méthode de la feuille recourbée - décompte des feuilles entièrement déployées et recourbées seulement, la feuille suivante étant visible dans le cornet, mais dressée.
  • Méthode de la collerette - très employée aux États Unis, décompte des feuilles dont la collerette est visible. La collerette est la bande vert blanchâtre séparant le limbe de la feuille de sa gaine, qui s'enroule autour de la tige. On désigne les stades de croissance du maïs par les codes V1, V2, V3, etc., V3 désignant un plant qui a trois collerettes visibles.
Tableau 1-20.Effets de l'espacement des plants et de la variabilité de la levée sur le rendement du maïs.
Recherches effectuées à Elora et Woodstock, 2000-2001.
Plant Spacing
Espacement des plants Retard de la levée
Uniforme
2 feuilles
(1 plant sur 6)
4 feuilles
(1 plant sur 6)
Pourcentage de rendement1
Uniforme
100
95
91
Doublets (33 % des plants)
99
95
90
Triplets (50 % des plants)
98
94
90

Source : Lue, Tollenaar, Stewart, Deen, Université de Guelph.
1 Exprimé en pourcentage du résultat obtenu avec un espacement et une levée uniformes.

Uniformité de la levée

L'homogénéité de la profondeur de semis est un facteur primordial pour que la levée soit uniforme planche 7.

Planche 7. Levée inégale, résultat de l'enfouissement des semences à des profondeurs différentes.

Planche 7. Levée inégale, résultat de l'enfouissement des semences à des profondeurs différentes

Une levée inégale nuit au rendement de la culture, parce que la concurrence exercée par les plants plus gros ayant levé plus tôt réduit le potentiel de rendement des plants plus petits qui ont levé plus tard. Des études indiquent que les rendements peuvent diminuer de 5 % lorsque la levée de la moitié du peuplement est retardée de 7 jours, et de 12 % lorsqu'elle est retardée de 2 semaines. Le tableau 1-20, Effets de l'espacement des plants et de la variabilité de la levée sur le rendement du maïs,montre les résultats d'une étude de l'Université de Guelph sur l'effet relatif de ces deux facteurs sur le rendement du maïs. Si la levée de 1 plant sur 6 (17 %) a un retard de 2 stades (environ 12 jours), la perte globale de rendement est de 4 à 5 %. Si la levée de 1 plant sur 6 a un retard de 4 stades foliaires (environ 21 jours), la perte globale de rendement est de 8 %. La variabilité de l'espacement dans les rangées (doublets et vides) n'avait pas d'effet significatif sur l'importance des pertes de rendement liées au retard de la levée.

Uniformité de l'espacement

Il est largement admis que les plants de maïs doivent être uniformément espacés dans les rangées pour produire des rendements maximaux. Cependant, une étude récente de l'Université de Guelph remet en question l'idée selon laquelle un accroissement significatif de la variabilité de l'espacement des plants entraîne d'importantes pertes de rendement. Les rendements relatifs indiqués au tableau 1-20 montrent que les pertes sont d'environ 1 % si 2 plants sur 6 (33 %) sont regroupés sous forme de doublets, et de 2 % si 3 plants sur 6 (50 %) sont regroupés sous forme de triplets. Dans cette étude, on a défini un doublet comme étant constitué de 2 plants espacés d'environ 3 cm (11/3 po) à côté d'un vide d'environ 38 cm (15 po), et un triplet comme étant constitué de trois plants espacés de 3 cm à côté d'un vide de 58 cm (23 po). Ces travaux montrent clairement que même si la moitié du peuplement est formée de triplets, les pertes de rendement sont minimes dans la mesure ou la densité globale n'est pas affectée et que la levée est uniforme. Les plants de maïs ainsi regroupés avaient des rendements plus faibles, mais ceux ci étaient presque entièrement compensés par le rendement plus élevé des plants isolés qui se trouvaient près des vides.

Des recherches récentes de l'Université de Guelph suggèrent que pour la même densité, un accroissement de 2,5 cm (1 po) de l'écart type de l'espacement du peuplement s'accompagne d'une perte de rendement de moins de 0,08 t/ha (1,3 bo/ac). Ces résultats concordent avec ceux de recherches antérieures menées en Ontario à la fin des années 1970 et au Wisconsin de 1999 à 2001. À noter cependant que selon certaines études, l'accroissement de la variabilité de l'espacement pourrait s'accompagner de pertes de rendement significatives. Le M. Bob Nielsen, Ph.D., (Purdue University, Indiana) signale qu'à partir d'un écart type de 5 cm (2 po), pour chaque accroissement de 2,5 cm (1 po) de cette valeur, les rendements diminuent de 160 kg/ha (2,5 bo/ac).

Selon les résultats d'une enquête effectuée en 1998-2000 sur 127 champs de production commerciale de maïs du Wisconsin avec une densité de peuplement moyenne de 73 500 plants/ha (29 750 plants/ac), l'écart type de l'espacement était en moyenne de 8,4 cm (3 1/3 po), et de moins de 11,7 cm (4 2/3 po) dans 95 % de ces mêmes champs. Les résultats de 24 essais menés parallèlement à cette étude permettent de conclure que des pertes de rendement significatives n'apparaissent que lorsque l'écart type des espacements dépasse 12 cm (43-4 po). Cela corrobore les résultats des recherches effectuées en Ontario (tableau 1-20), qui montrent qu'un espacement inégal des plants n'a qu'un effet négligeable sur les rendements. De façon générale, à l'intérieur de la fourchette de variabilité présente dans la plupart des champs visés dans la province, la baisse de potentiel de rendement due à cette variabilité est probablement minime.

On considère souvent qu'un mauvais entretien du semoir ou un déplacement trop rapide de celui-ci lors des semis nuisent à l'uniformité de l'espacement dans les rangs. Des recherches menées en Illinois voir tableau 1-21, Effets de la vitesse du semoir sur l'écart type par rapport à l'espacement voulu, la densité et le rendement du maïs, montrent qu'avec des semoirs bien entretenus, la vitesse de déplacement élevée et les légères variations de l'espacement n'ont aucune influence sur le rendement. Une étude de l'Université de Guelph a donné des résultats semblables : dans des systèmes traditionnels de travail du sol, l'accroissement de la vitesse du semoir de 6,5 à 12 km/h a produit une augmentation de l'espacement des plants de maïs de 1 à 2,5 cm (1/2 à 1 po), mais aucun effet sur le rendement. Cependant, dans des cultures par semis direct, l'accroissement de la vitesse du semoir s'est soldé par une perte de rendement de 0,2 t/ha (3,1 bo/ac). On peut donc penser que les semoirs doivent circuler plus lentement pour assurer un espacement plus uniforme dans les lits de semence là où les qualités du sol et (ou) des résidus de surface sont variables, ce qui est fréquent dans les systèmes de travail du sol réduit ou de semis direct.

Tableau 1-21.Effets de la vitesse du semoir sur l'écart type par rapport à l'espacement voulu, la densité et le rendement du maïs Moyenne de 11 essais effectués en Illinois de 1994 à 1996.
Vitesse d'avancement du semoir,
km/h
Écart-type1
cm (po)
Nombre de plants/ha
(plants/ac)
Rendement t/ha (bu/ac)
5
7,3 (2,87)
67,290 (27,231)
9,57 (152,5)
8
7,6 (2,99)
67,640 (27,373)
9,55 (152,2)
11,3
8,2 (3,22)
66,700 (26,996)
9,61 (153,1)

Source : E. Nafziger, University of Illinois, et H. Brown.
1 Dans un peuplement parfait où chaque plant est séparé de ses voisins d'exactement 18 cm (71/4 po) l'écart type est de zéro. Si l'espacement des plants varie en moyenne de 5 cm (2 po) en plus ou en moins par rapport à l'espacement voulu de 18 cm (7 1/4 po), l'écart type est de 5 cm (2 po).

Semoirs et leur entretien

Le choix du semoir peut avoir une influence sur le potentiel de rendement. Depuis quelques années en Ontario, on observe un intérêt croissant pour les dispositifs moins coûteux tels que les semoirs pneumatiques qui semblent permettre la mise en terre de tous les types de cultures. Le tableau 1-22, Effets du modèle de semoir sur la variabilité de l'espacement des plants de maïs, montre les résultats d'une évaluation du rendement de trois semoirs dans les systèmes traditionnels et sans travail du sol. Avec le semoir pneumatique, on a obtenu une plus grande variabilité de l'espacement des plants, des retards dans la levée et des rendements plus faibles qu'avec les autres modèles. L'écart de rendement était plus important dans les semis directs; en effet, dans ce système, le semoir pneumatique, de conception plus simple, permettait moins bien de maintenir l'uniformité de la profondeur des semis et de la fermeture du sillon. Le nouveau modèle de semoir en ligne semblait donner des rendements légèrement plus élevés que l'ancien modèle, et on peut donc penser que les progrès accomplis dans la conception de ces appareils, qui placent les semis de façon plus uniforme, mènent également à une augmentation du potentiel de rendement.

Le rendement du maïs dépend généralement plus de l'uniformité et du moment de la levée et de la densité des peuplements que de l'espacement des plants. L'entretien du semoir et le choix des accessoires (coutres, tasse résidus) doivent viser une mise en place homogène des semis et la préparation du lit de semences en vue d'une levée rapide et uniforme. S'assurer que le semoir est de niveau et que tous les disques, les jauges de profondeur et les roues plombeuses sont conformes aux normes, qu'ils sont alignés et qu'ils fonctionnent à la bonne profondeur ou à la bonne pression.

Les vérifications faites avant les semis peuvent également avoir une influence déterminante sur l'homogénéité de la levée. Si le champ n'est pas suffisamment nivelé, si des résidus forment des accumulations par endroits ou si le sol n'a pas été ameubli uniformément, même avec un semoir parfaitement réglé, la mise en place pourrait ne pas être homogène et le lit de semence ne pas permettre pas une levée rapide et uniforme.

Tableau 1-22.Effets du modèle de semoir sur la variabilité
de l'espacement des plants de maïs - Charrue à socs

Méthode de travail du sol,
modèle de semoir

Écart d'espacement (pouces)
50 % de la levée (jours)
Rendement en grain (bo/ac)
Vacuomètre1
3,4
10,1
123
Distributeur à doigt2
4,1
10,4
119
Semoir pneumatique3
7,5
11,6
117

 

Tableau 1-22.Effets du modèle de semoir sur la variabilité
de l'espacement des plants de maïs - Semi direct

Méthode de travail du sol,
modèle de semoir

Écart d'espacement (pouces)
50 % de la levée (jours)
Rendement en grain (bo/ac)
Vacuomètre1
3,1
11,8
114
Distributeur à doigt2
4,4
11,7
110
Semoir pneumatique3
8,1
13,5
100

Source : Lue, Tollenaar, Stewart, Deen, Université de Guelph.
Recherches effectuées à Elora et Woodstock, 2000-2001.


Description des semoirs :
1Le système à vacuomètre était un semoir en ligne John Deere 1750 MaxEmerge Plus fabriqué en 1998 et équipé d'un ouvre sillon à disques doubles, de roues ferme sillon inclinées d'une largeur de 2,5 cm, de ramasse résidus à doigts fixés devant l'ouvre sillon, de trois coutres réglés à une profondeur de 10 à 15 cm et de dispositifs plombeurs.
2 Le système à distributeur à doigt était un semoir en ligne John Deere 7000 fabriqué en 1986 et équipé des mêmes accessoires que le système à vacuomètre, sans les dispositifs plombeurs.
3 Le semoir pneumatique était un modèle Gandy Orbit Air 6224 fabriqué en 1990 et équipé d'un ouvre sillon à disque simple et d'une seule roue plombeuse inclinée. Le semoir pneumatique ne comportait pas de ramasse résidus, de coutres ni de dispositifs plombeurs.

Lors des visites des champs de maïs, garder ce qui suit à l'esprit :

  • Les plants qui lèvent tard et qui ont une ou deux feuilles de retard sur leurs voisins auront probablement un rendement inférieur à celui des peuplements ayant eu une levée uniforme, et peut-être même inférieur à celui des cultures semées plus tard mais ayant eu une levée uniforme.
  • Des investissements relativement modestes en temps et en argent (ou les deux) consacrés aux réglages du semoir (installation de nouveaux disques ouvre-sillons, mise à niveau de l'appareil, ajustement des roues plombeuses, réglage de la profondeur des semis) peuvent apporter une augmentation substantielle des rendements et des bénéfices.

Écartement des rangs

Rangs rapprochés

Dès le milieu des années 1990, des recherches menées dans diverses localités de la partie nord du Corn Belt et dans le sud de l'Ontario montraient que le rapprochement des rangs de maïs (38 à 60 cm [15 à 24 po] au lieu de l'écartement traditionnel de 76 à 96 cm [30 à 38 po]) pouvait apporter des gains de rendement substantiels. Il ressortait de ces recherches que les avantages ainsi obtenus étaient plus importants sous des latitudes plus nordiques que dans les régions intermédiaires et méridionales du Corn Belt. La plupart des producteurs de l'Ontario qui ont opté pour la culture en rangs rapprochés visaient un écartement de 50 cm (20 po), et ils prévoyaient d'investir dans la conversion des semoirs et des têtes en vue d'un gain de rendement de 3 à 8 %. Plus récemment, des études effectuées en Ontario par l'Université de Guelph et Pioneer Hi-Bred Ltd. ont montré que les écartements de 38 cm (15 po) ou de 50 cm (20 po) n'apportaient aucun gain de rendement par rapport à l'écartement de 76 cm (30 po). Le principal facteur en faveur des rangs plus rapprochés est qu'ils permettent d'améliorer l'interception de la lumière. Il semble cependant qu'une fois que le feuillage est entièrement développé, l'interception totale de la lumière ne soit pas plus importante dans les rangs rapprochés que dans les rangs plus espacés. L'avantage perçu des rangs rapprochés, du point de vue du rendement, doit venir de la fermeture plus précoce du couvert végétal et de la meilleure interception de la lumière à la fin juin et au début juillet.

Tableau 1-23. Rendement en grain prévu selon les dates de semis et les densités
de peuplement Densité de peuplement (%)
Date de semis
25,000 /ha
10,000/ac
31,000/ha
12,500/ac
37,000/ha
15,000/ac
43,000/ha
17,500/ac
49,000/ha
20,000/ac
avril 20
62
70
78
82
86
avril 25
65
73
79
84
89
avril 30
67
74
81
86
91
mai 4
68
75
82
87
92
mai 9
68
75
82
87
92
mai 14
67
75
81
86
91
mai 19
65
73
79
85
89
mai 24
63
70
76
82
86
mai 29
59
68
73
78
83
juin 3
54
62
68
74
78
juin 8
49
56
63
68
73

 

Tableau 1-23.Rendement en grain prévu selon les dates de semis et les densités de peuplement
Densité de peuplement (%)
Date de semis
56,000/ha
22,500/ac
62,000/ha
25,000/ac
68,000/ha
27,500/ac
74,000/ha
30,000/ac
avril 20
90
92
94
94
avril 25
92
95
97
97
avril 30
94
97
98
99
mai 4
95
98
99
100
mai 9
95
98
99
100
mai 14
94
97
99
98
mai 19
93
95
97
97
mai 24
90
92
94
95
mai 29
86
89
90
91
juin 3
82
84
86
86
juin 8
76
79
80
81

Adaptation de données provenant de la University of Illinois. E.D. Nafziger. 1994. Journal of Production Agriculture. Les données initiales applicables à l'Illinois ont été repoussées de 10 jours pour refléter les dates de semis optimales en Ontario.
Exemple : Un champ est ensemencé le 4 mai en vue d'une densité de peuplement prévue de 62 000 plants/ha (25 000 plants/ac). À la fin du mois, le peuplement est réduit à 31 000 plants/ha (12 500 plants/ac), mais la distribution des plants et leur taille sont uniformes. Le tableau indique que le rendement auquel on peut s'attendre d'un peuplement final de 31 000 plants semés le 4 mai correspond à 75 % de celui du peuplement visé au départ (soit une diminution de 50 %). En repoussant les semis jusqu'au 29 mai, avec la même densité de peuplement (62 000 plants), le rendement prévisible grimpe à 89 %, ce qui permet de récupérer les coûts de la reprise des semis, qui se trouve alors justifiée. Pour les dates de semis ou les densités différentes des valeurs indiquées, interpoler à partir de celles-ci.

Aucune recherche n'a par ailleurs permis d'identifier des hybrides qui seraient particulièrement bien adaptés à la culture en rangs rapprochés. Des densités de peuplement élevées conjuguées à des rangs rapprochés se traduisaient souvent par des hausses de rendement, mais dans de nombreux cas on obtenait aussi des gains avec les écartements traditionnels. Les améliorations du rendement peuvent être sporadiques et les facteurs pouvant justifier les coûts d'adaptation de la machinerie peuvent dépendre d'autres facteurs, comme la possibilité d'utiliser un semoir en rangs étroits pour d'autres cultures (p. ex. haricots comestibles), la superficie ensemencée et le coût des modifications effectuées. Dans les rangs rapprochés, il y a également des risques plus importants de pourriture de la tige.

Reprise des semis

Il n'existe pas de formule simple pour justifier les décisions de reprise des semis, et chaque cas doit être considéré individuellement. Avant de décider s'il faut reprendre les semis, tenir compte de données telles que la première date de semis, la densité de peuplement visée, le peuplement réel, l'uniformité de la taille des plants et de leur distribution après les dommages, la date possible de la reprise des semis et le coût de l'opération (semences, fongicides, insecticides, carburant, etc.).

Il est possible d'évaluer le peuplement réel en comptant le nombre de plants sur une longueur de rangs équivalente à un millième d'acre voir l'annexe J, Calcul de la densité de peuplement pour différentes largeurs de rangs. Répéter cet exercice au moins 5 fois par 10 hectares (25 acres) dans des parties différentes du champ. Ensuite, calculer la moyenne de ces échantillons, puis la multiplier par 1 000.

Tout en évaluant la densité de peuplement, observer l'uniformité des plants, leur taille et leur distribution sur le rang. Si le peuplement compte plusieurs vides de 30 à 90 cm (12 à 36 po), le rendement peut diminuer de 2 %. Si les vides sont plus longs, de 1,25 à 2 m (4 à 6 pi), prévoir une baisse de rendement de 5 à 6 % par rapport à un peuplement uniforme. Plus les vides sont nombreux et longs sur les rangs, plus les rendements seront réduits.

Le tableau 1-23, Rendement en grain prévu selon les dates de semis et les densités de peuplement, montre l'effet de ces deux facteurs sur le rendement final en grain. Les rendements sont établis en fonction de peuplements où l'uniformité de la taille et de la distribution des plants est normale. Les rendements correspondant à différentes dates de semis et à différentes densités de peuplement sont exprimés en pourcentage du rendement obtenu pour des semis effectués à la date optimale avec une densité de peuplement optimale, soit 64 200 à 76 200 plants/ha (26 000 à 30 000 plants/ac). Les résultats varient selon l'endroit, les conditions du milieu, l'hybride utilisé et d'autres facteurs.

La décision de reprendre les semis dépend en grande partie de la disponibilité d'hybrides hâtifs offrant de bons rendements et des coûts de l'opération. Vérifier si le programme d'utilisation des herbicides permet le passage au soya et, dans la négative, si une nouvelle pulvérisation d'herbicide pour le maïs est nécessaire. Déterminer l'état du reste de la culture. Avant de reprendre les semis, juger si les facteurs à l'origine du problème au départ sont encore présents (état du sol, maladie, insectes, lésions causées par les herbicides). Si le problème est dû aux insectes ou à la maladie, prévoir les coûts d'un traitement à l'insecticide ou au fongicide.

 

 


Auteur : Le personnel du MAAARO
Date de création : 20 août 2009
Dernière révision : 20 août 2009

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