Maïs : Croissance
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811F : Guide agronomique des grandes cultures > Maïs
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Table des matières
Le tableau 1-17, Stades végétatifs
du maïs, et le tableau 1-18, Stades reproductifs
du maïs, décrivent les étapes de la croissance
végétative et du cycle de reproduction.
Dates de fin de saison des UTC
La date de la fin de la saison de croissance est celle de
la première gelée meurtrière (-2 °C), ou la date
à laquelle la température journalière moyenne historique
(normales calculées sur 30 ans) atteint moins de 12 °C. Pendant
la période de 30 ans ayant servi au calcul des UTC, la saison se
terminait environ 10 % du temps par l'occurrence d'une température
de -2 °C. Ce mode de calcul est le même pour les UTC (système
traditionnel) et les UTC M1 (début le 1er mai) voir Système
modifié d'unités thermiques de croissance de l'Ontario.
Tableau 1-17. Stades végétatifs
du maïs
|
Description
|
|
|
|
|
Stade
|
VE
|
V1
|
V4
|
|
Collerettes1
|
0
|
1
|
4
|
|
Pointe des feuilles
|
1
|
3
|
7
|
|
Feuille recourbée
|
0
|
2
|
6
|
|
UTC nécessaires2
|
180
|
330
|
630
|
|
Date cible3
|
mai 14
|
mai 26
|
juin 12
|
|
Remarques
|
- Levée
- Compter normalement 6-21 jours pour la levée.
- Un rendement élevé nécessite une levée
uniforme.
- Une mauvaise germination peut être due à la présence
de méloïdés, de vers fil-de-fer, de larves
de la mouche des légumineuses, de carabes du maïs,
de limaces ou de vers-gris noir.
|
- Début de la période critique de lutte contre les
mauvaises herbes.
- Point végétatif sous terre.
- Veiller à ce que l'herbicide choisi soit compatible avec
le stade de la culture.
|
- Début de l'épiaison.
- Point végétatif sous terre.
- Expansion des racines coronales qui remplaceront bientôt
complètement les racines séminales.
- Les risques de dommages occasionnés par le ver fil-de-fer
et les altises sont maintenant écartés
|
Tableau 1-17. Stades végétatifs du maïs
|
Description
|
|
|
|
Stade
|
V6
|
V8
|
|
Collerettes1
|
6
|
8
|
|
Pointe des feuilles
|
10
|
11
|
|
Feuille recourbée
|
8
|
10
|
|
UTC nécessaires2
|
780
|
930
|
|
Date cible3
|
juin 20
|
juin 28
|
|
Remarques
|
- Fin de la période critique de lutte contre les mauvaises
herbes.
- Les feuilles inférieures (1-4) s'assèchent et
peuvent ne pas être visibles.
- Le point végétatif se situe au niveau du sol ou
au-dessus; les plants risquent de souffrir davantage du gel.
- Les épis et les panicules dont la croissance est amorcée
sont visibles à la dissection du plant.
|
- Après ce stade, l'épandage d'azote en bandes et
le sarclage des entre?rangs risquent d'endommager les racines.
- Début de l'élongation rapide de la tige.
- Les risques de dommages par les limaces sont écartés.
|
Tableau 1-17. Stades végétatifs du maïs
|
Description
|
|
|
|
Stade
|
V12
|
VT
|
|
Collerettes1
|
12
|
(variable)
|
|
Pointe des feuilles
|
15
|
-
|
|
Feuille recourbée
|
14
|
-
|
|
UTC nécessaires2
|
1 170
|
1 310
|
|
Date cible3
|
juillet 2
|
juillet 12
|
|
Remarques
|
- La culture devient de plus en plus exposée à des
pertes de rendement dues à la chaleur ou à la sécheresse.
- Ce moment est déterminant pour la grosseur de l'épi
et le potentiel de nombre de grains.
|
- Sortie de la panicule (floraison mâle)
- La dissémination du pollen commence 2-3 jours avant
l'apparition des soies (floraison femelle).
- La sécheresse et la chaleur ont pour effet de réduire
la viabilité du pollen.
- Faire le dépistage du puceron du maïs, du stade
adulte de la chrysomèle des racines du maïs et de
la larve de cette espèce (qui provoque la courbure des
tiges en col de cygne).
|
1 Voir Stades de croissance foliaire,
où l'on présente les méthodes de dénombrement
des feuilles de maïs.
2 Nombre approximatif d'UTC nécessaires pour atteindre
les divers stades de croissance du maïs.
3 Date estimative du début des différents stades
phénologiques pour des accumulations à long terme d'UTC
dans une région recevant en moyenne 2 800 UTC M1, semis prévus
pour le 1er mai.
Tableau 1-18. Stades reproductifs du
maïs
|
Description
|
Les soies sortent des spathes à la pointe
de l'épi.
|
Les grains sont blancs, remplis d'un liquide transparent
et nettement différenciés du reste de l'épi.
|
Les grains commencent à jaunir et le liquide
qu'ils contiennent est blanc laiteux.
|
|
Stade R
|
R1 - Apparition des soies
|
R2 - Gonflement
|
R3 - Stade laiteux
|
|
UTC nécessaires1
|
1 480
|
1 825
|
2 000
|
|
Date cible2
|
juillet 23
|
août 6
|
août 14
|
|
Teneur en eau du grain
|
SO3
|
85%
|
80%
|
|
Remarques
|
- La pollinisation dure 3-7 jours.
- Les soies continuent de s'allonger jusqu'à leur fécondation.
- À ce stade, le rendement peut être gravement compromis
par des facteurs de stress environnemental.
- Commencer le dépistage des ravageurs de l'épi
(ver de l'épi du maïs et légionnaire d'automne).
|
- Les grains commencent à accumuler de la matière
sèche.
- Les éléments nutritifs commencent à migrer
des feuilles et des tiges vers les épis.
- Les feuilles inférieures peuvent rougir.
|
- Période de remplissage rapide du grain.
- La bonne santé des plants, le beau temps et la photosynthèse
active favorisent la production de grains plus gros et d'un poids
spécifique plus élevé.
|
Tableau 1-18. Stades reproductifs du maïs
|
Description
|
Le liquide laiteux à l'intérieur des
grains épaissit et devient pâteux. Les contours des
grains s'affermissent. Certaines dents apparaissent.
|
La majorité des grains sont dentés.
Une couche dure d'amidon est très visible dans le haut du
grain (ligne de maturité).
|
Une couche dure d'amidon est très visible
dans tout le grain. Un point noir se forme à la base du grain.
|
|
Stade R
|
R4 - Stade pâteux
|
R5 - Dent
|
R6 - Maturité
|
|
UTC nécessaires1
|
2 165
|
2 475
|
2 800
|
|
Date cible2
|
août 22
|
septembre 6
|
septembre 26
|
|
Teneur en eau du grain
|
70%
|
55%
|
30%-35%
|
|
Remarques
|
- La partie supérieure du grain commence à durcir.
- Les gelées meurtrières peuvent causer des pertes
de rendement de 25-40 %.
- Commencer à mesurer l'incidence de la pourriture de
l'épi.
|
- La ligne de maturité progresse vers la base du grain
au fur et à mesure que la culture arrive à maturité.
- Les teneurs en eau des plantes entières conviennent à
l'ensilage.
- Quand la ligne de maturité parvient à la moitié
de la hauteur du grain, le maïs a atteint 90 % de son rendement
en grain.
- Parcourir le champ à la recherche de signes de verse,
d'affaissement des épis et de pourriture de la tige. Si
de nombreux plants présentent ces symptômes, penser
à récolter plus tôt.
|
- Maturité physiologique.
- Les grains ont atteint leur poids maximal en matière
sèche.
- Les grains doivent encore perdre de l'humidité pour être
prêts au battage.
|
1 Nombre approximatif d'UTC nécessaires pour atteindre
les différents stades de croissance du maïs.
2 Date estimative du début des différents stades
phénologiques pour des accumulations à long terme d'UTC
dans une région recevant en moyenne 2 800 UTC M1, semis prévus
pour le 1er mai.
3 SO : Sans objet, les grains ne se forment qu'après
la pollinisation.
Stadesde croissance foliaire
Il peut sembler facile de compter les feuilles d'un plant de maïs,
mais certains facteurs peuvent être la source d'erreurs. Il est
important de savoir à quelle méthode de décompte
on se réfère sur les étiquettes de pesticides ou
dans les autres informations relatives à la production.
Tableau 1-19, Comparaison des stades
de croissance
Pointe des feuilles |
Feuille recourbée |
Collerette |
Hauteur apparente (cm) |
Hauteur réelle (cm) |
|
3
|
2
|
1
|
5-6
|
5-11
|
|
5-6
|
4
|
3
|
9-17
|
16-25
|
|
7-8
|
6
|
4-5
|
18-33
|
29-46
|
|
9-10
|
8
|
5-6
|
36-54
|
54-77
|
|
12
|
10
|
8
|
58-85
|
86-112
|
|
14-15
|
12
|
10
|
99-114
|
121-149
|
Source : Publication 75F du
MAAARO, Guide de lutte contre les mauvaises herbes.
Au tableau 1-19, Comparaison des stades de croissance,
on montre les données obtenues avec différentes méthodes
de décompte des feuilles.
Voici quelles sont ces méthodes :
- Méthode de la pointe - décompte de toutes les feuilles
y compris de toute pointe qui sort du cornet au sommet du plant.
- Méthode de la feuille recourbée - décompte des
feuilles entièrement déployées et recourbées
seulement, la feuille suivante étant visible dans le cornet,
mais dressée.
- Méthode de la collerette - très employée aux
États Unis, décompte des feuilles dont la collerette est
visible. La collerette est la bande vert blanchâtre séparant
le limbe de la feuille de sa gaine, qui s'enroule autour de la tige.
On désigne les stades de croissance du maïs par les codes
V1, V2, V3, etc., V3 désignant un plant qui a trois collerettes
visibles.
Tableau 1-20.Effets de l'espacement
des plants et de la variabilité de la levée sur le rendement
du maïs.
Recherches effectuées à Elora et Woodstock, 2000-2001.
|
Plant Spacing
|
Espacement des plants Retard de la levée
|
|
Uniforme
|
2 feuilles
(1 plant sur 6)
|
4 feuilles
(1 plant sur 6)
|
|
Pourcentage de rendement1
|
|
Uniforme
|
100
|
95
|
91
|
|
Doublets (33 % des plants)
|
99
|
95
|
90
|
|
Triplets (50 % des plants)
|
98
|
94
|
90
|
Source : Lue, Tollenaar, Stewart, Deen, Université de Guelph.
1 Exprimé en pourcentage du résultat obtenu avec
un espacement et une levée uniformes.
Uniformité de la levée
L'homogénéité de la profondeur de semis est un facteur
primordial pour que la levée soit uniforme planche
7.
Planche 7. Levée inégale,
résultat de l'enfouissement des semences à des profondeurs
différentes.

Une levée inégale nuit au rendement de la culture, parce
que la concurrence exercée par les plants plus gros ayant levé
plus tôt réduit le potentiel de rendement des plants plus
petits qui ont levé plus tard. Des études indiquent que
les rendements peuvent diminuer de 5 % lorsque la levée de la moitié
du peuplement est retardée de 7 jours, et de 12 % lorsqu'elle est
retardée de 2 semaines. Le tableau 1-20,
Effets de l'espacement des plants et de la variabilité de la levée
sur le rendement du maïs,montre les résultats d'une étude
de l'Université de Guelph sur l'effet relatif de ces deux facteurs
sur le rendement du maïs. Si la levée de 1 plant sur 6 (17
%) a un retard de 2 stades (environ 12 jours), la perte globale de rendement
est de 4 à 5 %. Si la levée de 1 plant sur 6 a un retard
de 4 stades foliaires (environ 21 jours), la perte globale de rendement
est de 8 %. La variabilité de l'espacement dans les rangées
(doublets et vides) n'avait pas d'effet significatif sur l'importance
des pertes de rendement liées au retard de la levée.
Uniformité de l'espacement
Il est largement admis que les plants de maïs doivent être
uniformément espacés dans les rangées pour produire
des rendements maximaux. Cependant, une étude récente de
l'Université de Guelph remet en question l'idée selon laquelle
un accroissement significatif de la variabilité de l'espacement
des plants entraîne d'importantes pertes de rendement. Les
rendements relatifs indiqués au tableau 1-20 montrent que les
pertes sont d'environ 1 % si 2 plants sur 6 (33 %) sont regroupés
sous forme de doublets, et de 2 % si 3 plants sur 6 (50 %) sont regroupés
sous forme de triplets. Dans cette étude, on a défini un
doublet comme étant constitué de 2 plants espacés
d'environ 3 cm (11/3 po) à côté d'un vide d'environ
38 cm (15 po), et un triplet comme étant constitué de trois
plants espacés de 3 cm à côté d'un vide de
58 cm (23 po). Ces travaux montrent clairement que même si la moitié
du peuplement est formée de triplets, les pertes de rendement sont
minimes dans la mesure ou la densité globale n'est pas affectée
et que la levée est uniforme. Les plants de maïs ainsi regroupés
avaient des rendements plus faibles, mais ceux ci étaient presque
entièrement compensés par le rendement plus élevé
des plants isolés qui se trouvaient près des vides.
Des recherches récentes de l'Université de Guelph suggèrent
que pour la même densité, un accroissement de 2,5 cm (1 po)
de l'écart type de l'espacement du peuplement s'accompagne d'une
perte de rendement de moins de 0,08 t/ha (1,3 bo/ac). Ces résultats
concordent avec ceux de recherches antérieures menées en
Ontario à la fin des années 1970 et au Wisconsin de 1999
à 2001. À noter cependant que selon certaines études,
l'accroissement de la variabilité de l'espacement pourrait s'accompagner
de pertes de rendement significatives. Le M. Bob Nielsen, Ph.D., (Purdue
University, Indiana) signale qu'à partir d'un écart type
de 5 cm (2 po), pour chaque accroissement de 2,5 cm (1 po) de cette valeur,
les rendements diminuent de 160 kg/ha (2,5 bo/ac).
Selon les résultats d'une enquête effectuée en 1998-2000
sur 127 champs de production commerciale de maïs du Wisconsin avec
une densité de peuplement moyenne de 73 500 plants/ha (29 750 plants/ac),
l'écart type de l'espacement était en moyenne de 8,4 cm
(3 1/3 po), et de moins de 11,7 cm (4 2/3 po) dans 95 % de ces mêmes
champs. Les résultats de 24 essais menés parallèlement
à cette étude permettent de conclure que des pertes de rendement
significatives n'apparaissent que lorsque l'écart type des espacements
dépasse 12 cm (43-4 po). Cela corrobore les
résultats des recherches effectuées en Ontario (tableau
1-20), qui montrent qu'un espacement inégal des plants n'a
qu'un effet négligeable sur les rendements. De façon générale,
à l'intérieur de la fourchette de variabilité présente
dans la plupart des champs visés dans la province, la baisse de
potentiel de rendement due à cette variabilité est probablement
minime.
On considère souvent qu'un mauvais entretien du semoir ou un déplacement
trop rapide de celui-ci lors des semis nuisent à l'uniformité
de l'espacement dans les rangs. Des recherches menées en Illinois
voir tableau 1-21, Effets de la vitesse du semoir
sur l'écart type par rapport à l'espacement voulu, la densité
et le rendement du maïs, montrent qu'avec des semoirs bien entretenus,
la vitesse de déplacement élevée et les légères
variations de l'espacement n'ont aucune influence sur le rendement. Une
étude de l'Université de Guelph a donné des résultats
semblables : dans des systèmes traditionnels de travail du sol,
l'accroissement de la vitesse du semoir de 6,5 à 12 km/h a produit
une augmentation de l'espacement des plants de maïs de 1 à
2,5 cm (1/2 à 1 po), mais aucun effet sur le rendement. Cependant,
dans des cultures par semis direct, l'accroissement de la vitesse du semoir
s'est soldé par une perte de rendement de 0,2 t/ha (3,1 bo/ac).
On peut donc penser que les semoirs doivent circuler plus lentement pour
assurer un espacement plus uniforme dans les lits de semence là
où les qualités du sol et (ou) des résidus de surface
sont variables, ce qui est fréquent dans les systèmes de
travail du sol réduit ou de semis direct.
Tableau 1-21.Effets de la vitesse du
semoir sur l'écart type par rapport à l'espacement voulu,
la densité et le rendement du maïs Moyenne de 11 essais effectués
en Illinois de 1994 à 1996.
|
Vitesse d'avancement du semoir,
km/h
|
Écart-type1
cm (po)
|
Nombre de plants/ha
(plants/ac)
|
Rendement t/ha (bu/ac)
|
|
5
|
7,3 (2,87)
|
67,290 (27,231)
|
9,57 (152,5)
|
|
8
|
7,6 (2,99)
|
67,640 (27,373)
|
9,55 (152,2)
|
|
11,3
|
8,2 (3,22)
|
66,700 (26,996)
|
9,61 (153,1)
|
Source : E. Nafziger, University of Illinois, et H. Brown.
1 Dans un peuplement parfait où chaque plant est séparé
de ses voisins d'exactement 18 cm (71/4 po) l'écart type est de
zéro. Si l'espacement des plants varie en moyenne de 5 cm (2 po)
en plus ou en moins par rapport à l'espacement voulu de 18 cm (7
1/4 po), l'écart type est de 5 cm (2 po).
Semoirs et leur entretien
Le choix du semoir peut avoir une influence sur le potentiel de rendement.
Depuis quelques années en Ontario, on observe un intérêt
croissant pour les dispositifs moins coûteux tels que les semoirs
pneumatiques qui semblent permettre la mise en terre de tous les types
de cultures. Le tableau 1-22, Effets du modèle
de semoir sur la variabilité de l'espacement des plants de maïs,
montre les résultats d'une évaluation du rendement de trois
semoirs dans les systèmes traditionnels et sans travail du sol.
Avec le semoir pneumatique, on a obtenu une plus grande variabilité
de l'espacement des plants, des retards dans la levée et des rendements
plus faibles qu'avec les autres modèles. L'écart de rendement
était plus important dans les semis directs; en effet, dans ce
système, le semoir pneumatique, de conception plus simple, permettait
moins bien de maintenir l'uniformité de la profondeur des semis
et de la fermeture du sillon. Le nouveau modèle de semoir en ligne
semblait donner des rendements légèrement plus élevés
que l'ancien modèle, et on peut donc penser que les progrès
accomplis dans la conception de ces appareils, qui placent les semis de
façon plus uniforme, mènent également à une
augmentation du potentiel de rendement.
Le rendement du maïs dépend généralement plus
de l'uniformité et du moment de la levée et de la densité
des peuplements que de l'espacement des plants. L'entretien du semoir
et le choix des accessoires (coutres, tasse résidus) doivent viser
une mise en place homogène des semis et la préparation du
lit de semences en vue d'une levée rapide et uniforme. S'assurer
que le semoir est de niveau et que tous les disques, les jauges de profondeur
et les roues plombeuses sont conformes aux normes, qu'ils sont alignés
et qu'ils fonctionnent à la bonne profondeur ou à la bonne
pression.
Les vérifications faites avant les semis peuvent également
avoir une influence déterminante sur l'homogénéité
de la levée. Si le champ n'est pas suffisamment nivelé,
si des résidus forment des accumulations par endroits ou si le
sol n'a pas été ameubli uniformément, même
avec un semoir parfaitement réglé, la mise en place pourrait
ne pas être homogène et le lit de semence ne pas permettre
pas une levée rapide et uniforme.
Tableau 1-22.Effets du modèle
de semoir sur la variabilité
de l'espacement des plants de maïs - Charrue à socs
Méthode de travail du sol,
modèle de semoir
|
Écart d'espacement (pouces)
|
50 % de la levée (jours)
|
Rendement en grain (bo/ac)
|
|
Vacuomètre1
|
3,4
|
10,1
|
123
|
|
Distributeur à doigt2
|
4,1
|
10,4
|
119
|
|
Semoir pneumatique3
|
7,5
|
11,6
|
117
|
Tableau 1-22.Effets du modèle de semoir sur la variabilité
de l'espacement des plants de maïs - Semi direct
Méthode de travail du sol,
modèle de semoir
|
Écart d'espacement (pouces)
|
50 % de la levée (jours)
|
Rendement en grain (bo/ac)
|
|
Vacuomètre1
|
3,1
|
11,8
|
114
|
|
Distributeur à doigt2
|
4,4
|
11,7
|
110
|
|
Semoir pneumatique3
|
8,1
|
13,5
|
100
|
Source : Lue, Tollenaar, Stewart, Deen, Université de Guelph.
Recherches effectuées à Elora et Woodstock, 2000-2001.
Description des semoirs :
1Le système à vacuomètre était
un semoir en ligne John Deere 1750 MaxEmerge Plus fabriqué en 1998
et équipé d'un ouvre sillon à disques doubles, de
roues ferme sillon inclinées d'une largeur de 2,5 cm, de ramasse
résidus à doigts fixés devant l'ouvre sillon, de
trois coutres réglés à une profondeur de 10 à
15 cm et de dispositifs plombeurs.
2 Le système à distributeur à doigt était
un semoir en ligne John Deere 7000 fabriqué en 1986 et équipé
des mêmes accessoires que le système à vacuomètre,
sans les dispositifs plombeurs.
3 Le semoir pneumatique était un modèle Gandy
Orbit Air 6224 fabriqué en 1990 et équipé d'un ouvre
sillon à disque simple et d'une seule roue plombeuse inclinée.
Le semoir pneumatique ne comportait pas de ramasse résidus, de
coutres ni de dispositifs plombeurs.
Lors des visites des champs de maïs, garder ce qui suit à
l'esprit :
- Les plants qui lèvent tard et qui ont une ou deux feuilles
de retard sur leurs voisins auront probablement un rendement inférieur
à celui des peuplements ayant eu une levée uniforme, et
peut-être même inférieur à celui des cultures
semées plus tard mais ayant eu une levée uniforme.
- Des investissements relativement modestes en temps et en argent (ou
les deux) consacrés aux réglages du semoir (installation
de nouveaux disques ouvre-sillons, mise à niveau de l'appareil,
ajustement des roues plombeuses, réglage de la profondeur des
semis) peuvent apporter une augmentation substantielle des rendements
et des bénéfices.
Écartement des rangs
Rangs rapprochés
Dès le milieu des années 1990, des recherches menées
dans diverses localités de la partie nord du Corn Belt et dans
le sud de l'Ontario montraient que le rapprochement des rangs de maïs
(38 à 60 cm [15 à 24 po] au lieu de l'écartement
traditionnel de 76 à 96 cm [30 à 38 po]) pouvait apporter
des gains de rendement substantiels. Il ressortait de ces recherches que
les avantages ainsi obtenus étaient plus importants sous des latitudes
plus nordiques que dans les régions intermédiaires et méridionales
du Corn Belt. La plupart des producteurs de l'Ontario qui ont opté
pour la culture en rangs rapprochés visaient un écartement
de 50 cm (20 po), et ils prévoyaient d'investir dans la conversion
des semoirs et des têtes en vue d'un gain de rendement de 3 à
8 %. Plus récemment, des études effectuées en Ontario
par l'Université de Guelph et Pioneer Hi-Bred Ltd. ont montré
que les écartements de 38 cm (15 po) ou de 50 cm (20 po) n'apportaient
aucun gain de rendement par rapport à l'écartement de 76
cm (30 po). Le principal facteur en faveur des rangs plus rapprochés
est qu'ils permettent d'améliorer l'interception de la lumière.
Il semble cependant qu'une fois que le feuillage est entièrement
développé, l'interception totale de la lumière ne
soit pas plus importante dans les rangs rapprochés que dans les
rangs plus espacés. L'avantage perçu des rangs rapprochés,
du point de vue du rendement, doit venir de la fermeture plus précoce
du couvert végétal et de la meilleure interception de la
lumière à la fin juin et au début juillet.
Tableau 1-23. Rendement en grain prévu
selon les dates de semis et les densités
de peuplement Densité de peuplement (%)
| Date de semis |
25,000 /ha
10,000/ac
|
31,000/ha
12,500/ac
|
37,000/ha
15,000/ac
|
43,000/ha
17,500/ac
|
49,000/ha
20,000/ac
|
| avril 20 |
62
|
70
|
78
|
82
|
86
|
| avril 25 |
65
|
73
|
79
|
84
|
89
|
| avril 30 |
67
|
74
|
81
|
86
|
91
|
| mai 4 |
68
|
75
|
82
|
87
|
92
|
| mai 9 |
68
|
75
|
82
|
87
|
92
|
| mai 14 |
67
|
75
|
81
|
86
|
91
|
| mai 19 |
65
|
73
|
79
|
85
|
89
|
| mai 24 |
63
|
70
|
76
|
82
|
86
|
| mai 29 |
59
|
68
|
73
|
78
|
83
|
| juin 3 |
54
|
62
|
68
|
74
|
78
|
| juin 8 |
49
|
56
|
63
|
68
|
73
|
Tableau 1-23.Rendement en grain prévu selon les dates
de semis et les densités de peuplement
Densité de peuplement (%)
Date de semis
|
56,000/ha
22,500/ac
|
62,000/ha
25,000/ac
|
68,000/ha
27,500/ac
|
74,000/ha
30,000/ac
|
| avril 20 |
90
|
92
|
94
|
94
|
| avril 25 |
92
|
95
|
97
|
97
|
| avril 30 |
94
|
97
|
98
|
99
|
| mai 4 |
95
|
98
|
99
|
100
|
| mai 9 |
95
|
98
|
99
|
100
|
| mai 14 |
94
|
97
|
99
|
98
|
| mai 19 |
93
|
95
|
97
|
97
|
| mai 24 |
90
|
92
|
94
|
95
|
| mai 29 |
86
|
89
|
90
|
91
|
| juin 3 |
82
|
84
|
86
|
86
|
| juin 8 |
76
|
79
|
80
|
81
|
Adaptation de données provenant de la University of Illinois.
E.D. Nafziger. 1994. Journal of Production Agriculture. Les données
initiales applicables à l'Illinois ont été repoussées
de 10 jours pour refléter les dates de semis optimales en Ontario.
Exemple : Un champ est ensemencé le 4 mai en vue
d'une densité de peuplement prévue de 62 000 plants/ha (25
000 plants/ac). À la fin du mois, le peuplement est réduit
à 31 000 plants/ha (12 500 plants/ac), mais la distribution des
plants et leur taille sont uniformes. Le tableau indique que le rendement
auquel on peut s'attendre d'un peuplement final de 31 000 plants semés
le 4 mai correspond à 75 % de celui du peuplement visé au
départ (soit une diminution de 50 %). En repoussant les semis jusqu'au
29 mai, avec la même densité de peuplement (62 000 plants),
le rendement prévisible grimpe à 89 %, ce qui permet de
récupérer les coûts de la reprise des semis, qui se
trouve alors justifiée. Pour les dates de semis ou les densités
différentes des valeurs indiquées, interpoler à partir
de celles-ci.
Aucune recherche n'a par ailleurs permis d'identifier des hybrides qui
seraient particulièrement bien adaptés à la culture
en rangs rapprochés. Des densités de peuplement élevées
conjuguées à des rangs rapprochés se traduisaient
souvent par des hausses de rendement, mais dans de nombreux cas on obtenait
aussi des gains avec les écartements traditionnels. Les améliorations
du rendement peuvent être sporadiques et les facteurs pouvant justifier
les coûts d'adaptation de la machinerie peuvent dépendre
d'autres facteurs, comme la possibilité d'utiliser un semoir en
rangs étroits pour d'autres cultures (p. ex. haricots comestibles),
la superficie ensemencée et le coût des modifications effectuées.
Dans les rangs rapprochés, il y a également des risques
plus importants de pourriture de la tige.
Reprise des semis
Il n'existe pas de formule simple pour justifier les décisions
de reprise des semis, et chaque cas doit être considéré
individuellement. Avant de décider s'il faut reprendre les semis,
tenir compte de données telles que la première date de semis,
la densité de peuplement visée, le peuplement réel,
l'uniformité de la taille des plants et de leur distribution après
les dommages, la date possible de la reprise des semis et le coût
de l'opération (semences, fongicides, insecticides, carburant,
etc.).
Il est possible d'évaluer le peuplement réel en comptant
le nombre de plants sur une longueur de rangs équivalente à
un millième d'acre voir
l'annexe J, Calcul de la densité de peuplement pour différentes
largeurs de rangs. Répéter cet exercice au moins 5 fois
par 10 hectares (25 acres) dans des parties différentes du champ.
Ensuite, calculer la moyenne de ces échantillons, puis la multiplier
par 1 000.
Tout en évaluant la densité de peuplement, observer l'uniformité
des plants, leur taille et leur distribution sur le rang. Si le peuplement
compte plusieurs vides de 30 à 90 cm (12 à 36 po), le rendement
peut diminuer de 2 %. Si les vides sont plus longs, de 1,25 à 2
m (4 à 6 pi), prévoir une baisse de rendement de 5 à
6 % par rapport à un peuplement uniforme. Plus les vides sont nombreux
et longs sur les rangs, plus les rendements seront réduits.
Le tableau 1-23, Rendement en grain prévu
selon les dates de semis et les densités de peuplement, montre
l'effet de ces deux facteurs sur le rendement final en grain. Les rendements
sont établis en fonction de peuplements où l'uniformité
de la taille et de la distribution des plants est normale. Les rendements
correspondant à différentes dates de semis et à différentes
densités de peuplement sont exprimés en pourcentage du rendement
obtenu pour des semis effectués à la date optimale avec
une densité de peuplement optimale, soit 64 200 à 76 200
plants/ha (26 000 à 30 000 plants/ac). Les résultats varient
selon l'endroit, les conditions du milieu, l'hybride utilisé et
d'autres facteurs.
La décision de reprendre les semis dépend en grande partie
de la disponibilité d'hybrides hâtifs offrant de bons rendements
et des coûts de l'opération. Vérifier si le programme
d'utilisation des herbicides permet le passage au soya et, dans la négative,
si une nouvelle pulvérisation d'herbicide pour le maïs est
nécessaire. Déterminer l'état du reste de la culture.
Avant de reprendre les semis, juger si les facteurs à l'origine
du problème au départ sont encore présents (état
du sol, maladie, insectes, lésions causées par les herbicides).
Si le problème est dû aux insectes ou à la maladie,
prévoir les coûts d'un traitement à l'insecticide
ou au fongicide.