Maladies des grandes cultures
: Maladies du soya
Publication
811 : Guide agronomique des grandes cultures > Maladies
des grandes cultures > Maladies du soya
Maladies des plantules
Pourriture des semences, maladies des plantules et pourriture des racines
Incidence et stratégies de lutte : Voir Généralités
sur les pourritures des semences et maladies des plantules.
Cycle biologique : En Ontario, on associe souvent cinq
types de champignons aux problèmes de levée du soya en début
de saison : le Pythium et le Phytophthora (responsables de pourritures
aqueuses), le Phomopsis, le Fusarium et le Rhizoctonia. Les principaux
symptômes de la fonte des semis sont provoqués par au moins
l'un de ces organismes. Bien que ces derniers puissent se transmettre
par les semences, ils sont à des degrés divers présents
dans la plupart des champs. Les maladies des plantules sont répandues
dans les champs dont la température du sol est inférieure
à 13 °C en raison d'un temps frais et pluvieux. Les organismes
qui en sont responsables survivent souvent en tant que saprophytes, se
nourrissant de matière végétale vivante ou morte,
ou en tant que mycéliums dormants ou spores. Les exsudats des racines
des plantules ou des racines en croissance stimulent les champignons inactifs.
Les plantules qui semblent avoir des lésions aqueuses et dont
les racines ou la partie inférieure de la tige sont brunes ou violacées
sont souvent le résultat d'une infection par le Pythium, le Phomopsis
ou le Phytophthora. Des lésions rougeâtres ou brunes près
de la ligne de sol sont caractéristiques du Rhizoctonia et du Fusarium
respectivement (planche 120). La croissance
et la vigueur des plants qui survivent se trouvent souvent diminuées.
Planche 120. La pourriture fusarienne entraîne
le brunissement des tissus internes des racines.

Pourriture phytophthoéenne (Phytophthora
sojae)
Incidence : La pourriture phytophthoréenne est
un problème potentiel dans les sols argileux lourds. Cette maladie
demeure l'une des plus dévastatrices dans les cultures de soya
de l'Ontario. Dans les champs où elle a déjà sévi,
l'incidence de la maladie s'accroît avec l'augmentation de la fréquence
à laquelle le soya revient dans la rotation.
Aspect : La pourriture phytophthoréenne peut
s'attaquer au soya à n'importe quel stade de sa croissance, mais,
souvent, elle cause le plus de dégâts au début de
la saison. Les plants infectés au stade cotylédonnaire affichent
les symptômes typiques de la fonte des semis. Les plantules ne lèvent
pas ou meurent peu après la levée. De plus, les parties
infectées de la tige sont gorgées d'eau ou meurtries et
se désintègrent facilement (pourriture molle) (planche
121). Comme cette maladie produit une pourriture aqueuse, il est difficile,
à ce stade, de la distinguer de la pourriture pythienne. En effet,
les deux maladies entraînent la perte ou la pourriture de la racine
pivotante et des radicelles, ce qui cause le jaunissement des feuilles
ainsi que le flétrissement ou même la mort des plants. Les
plants infectés peuvent être facilement tirés du sol,
car ils ne sont pas bien enracinés. Les plants les plus âgés
peuvent être touchés à tout moment avant la maturité.
La tige des plants flétris peut présenter des taches violacées
ou brun foncé s'étendant des racines (juste en dessous de
la ligne de sol) aux nuds inférieurs. De plus, les dépressions
dans les champs peuvent contenir des plants morts, par touffes ou quelques-uns
d'affilée dans un même rang. Souvent, les feuilles restent
attachées aux plants même quand ceux-ci sont morts.
Planche 121. La pourriture phytophthoréenne
cause des lésions gorgées d'eau sur les plantules et un
changement de couleur de la tige, qui devient violacée ou brun
foncé. Les symptômes apparaissent d'abord à la surface
du sol et progressent vers les nuds du bas.

Cycle biologique : Le temps frais et pluvieux est propice
à la propagation de la pourriture phytophthoréenne. Les
parties des champs les plus vulnérables à la maladie sont
celles qui sont basses, mal drainées et lentes à sécher.
Le fait de semer dans un sol argileux lourd ou dans un champ ayant fait
l'objet d'un travail réduit du sol ou d'une monoculture de soya
peut faire accroître les dommages dus à la maladie. Le Phytophthora
et le Pythium sont des organismes uniques en ce sens qu'ils produisent
des spores mobiles qui peuvent se déplacer dans l'eau pelliculaire
entre les particules du sol jusqu'aux racines du soya. Ces champignons
colonisent les tissus des racines et obstruent les tissus conducteurs
d'eau du plant, ce qui le fait flétrir.
Stratégies de lutte : Pour maîtriser la
pourriture phytophthoréenne, il faut miser à la fois sur
:
- un bon choix de cultivars de soya;
- le traitement des semences; et
- de bonnes pratiques culturales.
Il existe des cultivars de soya qui affichent une résistance ou
une tolérance à la pourriture phytophthoréenne; certains
y sont à la fois résistants et tolérants. Pour connaître
les caractéristiques des cultivars, consulter un représentant
d'un fournisseur de semences ou le dernier rapport sur les essais de rendement
des cultivars de soya en Ontario (Ontario Soybean Performance Trials),
accessible sur le site de l'organisme Ontario Soybean Growers, www.soybean.on.ca.
Cultivars résistants. On trouve dans les sols différentes
races du champignon Phytophthora. Chaque cultivar de soya possède
une résistance efficace contre certaines races du champignon, mais
pas contre toutes. Le risque de pourriture phytophthoréenne est
écarté d'un champ donné lorsque le cultivar utilisé
est résistant à toutes les races de Phytophthora qui se
trouvent dans ce champ. Cependant, l'apparition éventuelle d'une
race de champignons à laquelle le cultivar de soya est vulnérable
pourrait affaiblir cette résistance. Si c'est le cas, il faut choisir
un cultivar résistant à la nouvelle race ou faire appel
à un cultivar tolérant ou à un gène de résistance
différent. Cultiver en rotation des cultivars ayant des gènes
de résistance différents. Pour déterminer les races
qui sont présentes dans un champ, semer des bandes de plusieurs
cultivars ayant une résistance connue à une race.
Cultivars tolérants. La maladie se développe chez ces cultivars
lorsqu'ils sont cultivés dans des sols infectés, indépendamment
des races de Phytophthora en cause. Toutefois, le rendement des cultivars
tolérants ne souffre habituellement pas beaucoup de la présence
de la maladie. Il reste que les plants ne sont pas immuns. Par conséquent,
ils peuvent être endommagés si les conditions sont extrêmement
favorables à l'évolution de la maladie.
Toute façon culturale qui réduit le compactage du sol et
son engorgement réduit aussi l'incidence de cette maladie. Pour
les sols argileux où la pourriture phytophthoréenne constitue
une menace, on recommande les mesures suivantes :
- Choisir un cultivar montrant un faible pourcentage de plants infectés
(tolérance au champ) et un bon gène de résistance
(Rps lc, Rps lk ou Rps 8). Voir le rapport sur les essais de rendement
des cultivars de soya en Ontario (Ontario Soybean Variety Performance
Trial Report) sur le site de la Commission ontarienne de commercialisation
du soya (www.soybean.on.ca).
- Alterner avec des cultures de maïs et de blé. Une rotation
courte fera accroître la population du pathogène et le
nombre de races présentes dans le champ.
- Ne pas travailler le sol quand il est mouillé.
- Adopter de bonnes pratiques culturales afin d'améliorer la
structure et le drainage du sol (rotation, fumier, cultures de couverture,
travail réduit du sol, etc.).
- Placer des tuyaux de drainage souterrain dans les champs au drainage
naturellement lent.
- Travailler légèrement le sol pour contribuer à
le réchauffer et à améliorer le drainage superficiel.
- Semer lorsque la température est supérieure à
13 °C.
- Inspecter chacun des champs de soya à la fin de juillet ou
au début d'août pour vérifier s'ils contiennent
des plants morts et déterminer si le cultivar est suffisamment
résistant ou tolérant compte tenu des conditions locales.
Rhizoctone commun (Rhizoctonia solani)
Incidence : On trouve le rhizoctone commun dans la plupart
des régions de la province où l'on cultive le soya. Dans
la majorité des champs, les pertes de peuplement vont de moins
de 5 % à plus de 50 % dans la pire des situations. L'incidence
du rhizoctone commun est en train de s'accroître et pourrait provoquer
des pertes de rendement considérables. Cette maladie touche principalement
les plantules et les jeunes plants sous forme de pourriture des racines
et de la tige, surtout durant des périodes pluvieuses prolongées.
Aspect : Le rhizoctone commun provoque la pourriture
des semences et la brûlure des plantules (fonte des semis). Une
lésion rougeâtre caractéristique apparaît sur
la tige, au niveau de la ligne de sol ou juste en dessous (planche
122). Ces lésions rouge brique fermes et sèches peuvent
former une ceinture enfoncée dans la tige, qui peut suivre la racine
pivotante et littéralement couper les racines sur leur chemin.
Les symptômes sur la partie aérienne sont semblables à
ceux qui sont causés par la pourriture phytophthoréenne.
Les plants affectés deviennent jaune pâle, symptôme
qui est souvent confondu avec les symptômes d'une carence en azote
ou d'une piètre nodulation. Les plants gravement infectés
peuvent perdre leurs feuilles. Souvent, les plants flétrissent
ou meurent par petites touffes. Souvent, les lésions ceinturant
la tige affaiblissent les plants; en effet, ceux-ci cassent souvent au
niveau du sol lors d'une tempête. Des conditions de croissance stressantes
favorisent l'évolution de cette maladie. Le rhizoctone commun occasionne
plus de dommages lorsque le temps frais et pluvieux du printemps est suivi
de temps sec et très chaud (25-29 °C).
Planche 122. Le rhizoctone commun donne des
lésions rougeâtres sur la tige au niveau du sol ou tout juste
en dessous.

Cycle biologique : Le rhizoctone commun survient dans
tous les types de sol et sous toutes les conditions environnementales.
Le champignon qui en est responsable habite principalement dans le sol
et y survit en tant que mycélium dormant ou sclérote. Les
champs qui en souffrent le plus sont ceux qui ont déjà été
infectés. Avec le temps, les petites régions infectées
finissent par s'étendre.
Stratégies de lutte : Peu de moyens de lutte
existent, car aucun cultivar ne résiste au rhizoctone commun et
peu de cultivars le tolèrent. La rotation des cultures avec du
maïs et des céréales à paille peut aider à
minimiser l'effet de cette maladie. Il est recommandé de promouvoir
le drainage du sol et d'éviter de semer lorsque le temps est frais
et pluvieux. Les traitements fongicides des semences offrent une certaine
protection et améliorent la levée.
Maladies des feuilles et des tiges
Taches brunes (Septoria glycines)
La maladie des taches brunes est une maladie fongique qui ne cause normalement
pas de pertes de rendement importantes en Ontario. Toutefois, des pertes
de l'ordre de 5 à 10 % sont enregistrées dans la province
là où des cultivars très sensibles sont infectés
tôt et soumis à des conditions de stress prolongées.
Aspect : Les symptômes se manifestent d'abord
sur les premières feuilles unifoliées peu après la
formation des feuilles trifoliées. Ce sont de petites taches brun
foncé de forme irrégulière, de 1 à 2 mm (1/16
po) de diamètre), entourées ou non d'un halo jaune, qui
se forment sur les faces supérieure et inférieure des feuilles
de la partie basse du feuillage. Les lésions peuvent grossir et
fusionner. Souvent, elles sont concentrées le long des nervures
ou sur les pourtours des feuilles (planche 123).
Les feuilles infectées jaunissent rapidement et meurent. Les symptômes
peuvent être difficiles à distinguer de ceux de la brûlure
bactérienne, de la rouille du soya et du mildiou. On reconnaît
la maladie à la présence de pycnides brunes (taches) à
l'intérieur des tissus nécrosés des vieilles lésions.
Planche 123. Les symptômes de la maladie
des taches brunes se manifestent tôt dans la saison : taches brunes
de grosseurs variées, apparaissant d'abord sur les feuilles du
bas. Les tissus infectés jaunissent rapidement puis les feuilles
tombent au sol.

Cycle biologique : Le champignon survit à l'hiver
sur des résidus de culture et peut être propagé par
des semences infectées. Dans la plupart des cas, l'inoculum est
faible dans les semences commerciales. La maladie peut être un problème
dans les semences qui n'ont pas été nettoyées ou
qui ont été gardées pendant un certain nombre d'années.
Les infections initiales des premières feuilles et des cotylédons
produisent un inoculum secondaire qui infecte les feuilles de la partie
supérieure des plants au fur et à mesure qu'elles apparaissent.
La présence d'humidité et d'eau (éclaboussures) joue
pour beaucoup dans l'apparition et la propagation de cette maladie. Le
champignon produit une toxine qui contribue au jaunissement.
Stratégies de lutte : Cette maladie est surtout
peu esthétique. Il reste que lorsqu'elle se déclare en début
de saison, elle peut provoquer une défoliation importante des plants.
Les cultivars de soya n'y sont pas tous également sensibles, mais
aucun n'y est complètement résistant. Une bonne rotation
incluant des cultures qui ne sont pas des hôtes du champignon, comme
le blé et le maïs, contribue à abaisser les niveaux
d'inoculum. Le recours aux fongicides n'est habituellement pas rentable.
Nématode à kyste du soya (Heterodera
glycines)
Incidence : Depuis qu'il a été identifié
pour la première fois en Ontario en 1988, le nématode à
kyste du soya (NKS) a été signalé dans la plupart
des comtés situés à l'ouest de Toronto et plus récemment
dans des parties de l'Est de l'Ontario.
Bien que ce ravageur puisse être maîtrisé efficacement,
il faut d'abord y être sensibilisé et savoir le reconnaître.
En Ontario, les pertes dues au NKS varient de 5 à 100 %. Malheureusement,
quand les symptômes de la présence du NKS se manifestent
sur les plants, les agriculteurs ont déjà subi de lourdes
pertes de rendement. Une fois que les champs en sont infestés,
il est impossible d'éradiquer le NKS.
Aspect : Ces organismes microscopiques en forme d'anguillules
endommagent le système racinaire, ce qui empêche le plant
d'absorber l'eau et les éléments nutritifs. Dans bien des
cas, les symptômes du NKS ne se manifestent dans un champ qu'une
fois que les populations ont passablement gonflé. Dès lors,
les symptômes sur les parties aériennes comprennent le jaunissement
des feuilles, le rabougrissement des plants et une maturité précoce,
en particulier si le sol est de texture légère et la pluviosité
faible (planche 124). Les endroits endommagés
forment souvent des plages circulaires. On confond souvent les dégâts
occasionnés par le NKS avec ceux qui sont causés par une
carence nutritionnelle, une inondation, des herbicides, le compactage,
une sécheresse ou la pourriture des racines. Le jaunissement du
pourtour des feuilles peut ressembler aux symptômes d'une carence
en potassium. Toutefois, l'ajout de potassium ne réduit pas les
dommages dus au NKS et n'élimine pas les symptômes. Il ne
faut jamais tenter d'arracher un plant pour voir le NKS, car on risque
de perdre trop de racines et, de toute manière, les nématodes
glissent des racines au moment de l'arrachage. On recommande plutôt
d'utiliser une pelle pour dégager le plant avec la terre qui entoure
les racines.
Planche 124. Les plants infestés par
le nématode à kyste du soya peuvent être rabougris
et présenter des feuilles jaunâtres. Les endroits endommagés
forment souvent des plages circulaires dans le champ.
Les symptômes découlant des infestations par le NKS ne sont
pas toujours manifestes, et on a observé des pertes de rendement
de 25 à 30 % dans des champs sensibles sans qu'il y ait de symptômes
dans la partie aérienne de la culture. Parmi les endroits des champs
où les symptômes visibles se manifestent le plus souvent,
il y a les points d'entrée de la machinerie, les aires d'entreposage
du matériel et des véhicules, le faîte des collines,
les tournières compactées et le long des rangs d'arbres
et d'arbustes où la terre emportée par le vent a tendance
à s'accumuler.
Cycle biologique : Le cycle biologique du NKS comporte
trois stades principaux : l'uf, le stade juvénile et le stade
adulte. Lors du premier stade, les ufs éclosent, libérant
de jeunes anguillules dans le sol. C'est le seul stade où le NKS
peut infester les racines du soya. Une fois qu'ils ont pénétré
les racines, les jeunes nématodes migrent vers les tissus conducteurs
d'eau et d'éléments nutritifs (système vasculaire)
et établissent un site d'alimentation. C'est à ce stade
que les femelles commencent à gonfler et finissent par percer la
surface des racines. Les femelles adultes qui continuent de s'accrocher
à la racine pour se nourrir pondent leurs ufs en masse dans
une gangue gélatineuse hors de leur corps. À la fin du cycle,
les femelles retiennent des ufs dans leur abdomen. Leur corps, enchâssé
dans les racines, forment des « kystes ». Au début,
les kystes sont blancs; ils deviennent ensuite jaunes, puis bruns, à
mesure que les femelles viennent à maturité. Les kystes
peuvent contenir entre 100 et 300 ufs. Le nombre de kystes par plant
varie de quelques-uns à des centaines. Dans un champ infesté,
les kystes sont répartis dans toute la rhizosphère et peuvent
survivre dix années et même davantage. Le cycle biologique
complet s'échelonne sur environ quatre semaines quand la température
du sol se situe à 25 °C.
Stratégies de lutte : Les pratiques suivantes
réduisent le risque qu'une infestation par le NKS ne cause des
pertes financières importantes :
- Utiliser des semences certifiées ou propres, de bonne qualité
et exemptes de ravageurs terricoles.
- Enlever à grande eau toute terre collée aux machines
agricoles avant de passer d'un champ ou d'un terrain infesté
à l'autre.
- Adopter des pratiques de conservation adéquates pour empêcher
le transfert de terre entre les champs.
- Être rigoureux dans la lutte contre les mauvaises herbes. De
nombreuses mauvaises herbes, particulièrement des annuelles comme
le lamier pourpre, le lamier amplexicaule et le tabouret des champs,
servent d'hôtes aux NKS.
- Si on a diagnostiqué le NKS dans un champ, utiliser des cultivars
de soya résistant à ce nématode. Celui-ci entraîne
des baisses de rendement significatives. Par conséquent, pour
les champs ayant déjà été infestés
par ce ravageur, il faut choisir un cultivar qui y est résistant
(PI 88788, Peking, PI 437654). Cela revêt une importance particulière
dans le cas des nouvelles technologies ou caractéristiques, telles
que la résistance aux herbicides.
- La résistance aux NKS n'est pas efficace à 100 %; elle
n'empêche pas l'apparition de quelques kystes sur les racines.
Plus le cultivar est résistant, moins la population de NKS dans
le champ sera diversifiée et moins il y aura de kystes sur les
racines. Éviter l'utilisation continue du même cultivar
résistant au NKS, car cela pousse la population de nématodes
à s'adapter et à se déplacer, rendant ainsi ces
cultivars inefficaces à combattre les infestations. Voir le rapport
sur les essais de rendement des cultivars de soya en Ontario (Ontario
Soybean Variety Performance Trial Report) pour connaître les cultivars
résistants, les gènes de résistance et leur comportement
dans les sols infestés.
- Pratiquer une rotation incluant des cultures qui ne sont pas des
hôtes du NKS, comme le maïs, le blé, la luzerne, l'avoine
et le trèfle, ou des cultures de légumes, comme la tomate,
et certaines cultures de couverture (voir Couvre-sol, p. 146) qui concourent
à abaisser les populations de NKS et à améliorer
les rendements. Il est déconseillé de remplacer dans la
rotation le soya par des haricots secs comestibles, étant donné
que ces cultures sont également hôtes du NKS. Voir le tableau
14-1, Risque de perte de rendement associé à différents
niveaux de population de NKS.
- Surveiller les populations de NKS dans le sol en prélevant
des échantillons tous les trois à six ans. Envoyer les
échantillons à l'un des laboratoires indiqués dans
l'annexe E, Laboratoires
de dépistage du nématode à kyste du soya. Demander
un compte séparé des ufs et de tous les kystes.
Tableau 14-1. Risque de perte de rendement
associé à différents niveaux de population de NKS
(établis d'après les résultats d'analyses de sol)
|
Population de NKS
(nbre d'ufs/100 g de sol)
|
Risque
|
Perte de
rendement possible
|
Rotation
|
| 0-500 (sols grossiers et sableux) |
Faible
|
0-20 %
|
4 ans
|
| 0-1 000 (sols fins limoneux ou argileux) |
Faible
|
0-20 %
|
4 ans
|
| 1 000 (sols grossiers et sableux) |
Élevé
|
20-50 %
|
6 ans
|
| 2 000 (sols fins limoneux ou argileux) |
Élevé
|
20-50 %
|
6 ans
|
| 10 000 (tous les types de sols) |
* Voir ci-dessous
|
50-100 %
|
Non-hôte
|
Source : Welacky, Anderson et Tenuta. Agriculture et Agroalimentaire
Canada et MAAARO, 2000.
* Les cultivars résistants risquent d'être endommagés.
Oïdium (Microsphaera diffusa)
Mildiou (Peronospora manshurica)
Incidence : Ces deux maladies s'observent surtout quand
les conditions sont pluvieuses et humides. Bien que la plupart des champs
soient touchés par ces maladies, on considère qu'il s'agit
de maladies mineures et négligeables sur le plan économique.
Aspect : L'oïdium (blanc) se manifeste sous forme
d'une couche poudreuse blanche à la face supérieure des
feuilles (planche 126) Les semences de soya
ne sont pas contaminées.
Planche 126. L'oïdium (blanc) se manifeste
sous forme d'une couche poudreuse blanche à la face supérieure
des feuilles.

Le mildiou se manifeste sous forme de taches foliaires, allant du jaune
au brun et apparaissant de la fin de juillet à septembre (planche
127). Par temps humide, une moisissure grise ou bleu clair apparaît
au revers des feuilles, juste sous ces taches. Les feuilles gravement
atteintes tombent prématurément. Un feutre mycélien
blanchâtre peut finir par recouvrir entièrement les semences,
même à l'intérieur de gousses saines. L'utilisation
de semence infectée peut donner des plantules malades.
Planche 127. Le mildiou se présente sous
forme de taches allant du jaune au brun sur le dessus des feuilles, et
d'un feutre mycélien bleu-gris en dessous.

Cycle biologique : Habituellement, l'oïdium se
manifeste en août et en septembre sur les feuilles. Cette maladie
se propage lorsque les symptômes commencent à paraître
au début de juillet et que le temps demeure frais, nuageux et humide
jusqu'au remplissage des gousses. Le mildiou vit dans les feuilles infectées
et sur les semences. Les spores aéroportées provenant des
États-Unis et disséminées en Ontario sont les sources
d'infection les plus courantes.
Stratégies de lutte : L'enlèvement des
résidus de récolte et l'inclusion dans la rotation d'espèces
qui ne sont pas hôtes, comme le maïs et le blé, contribuent
à prévenir l'apparition de ces deux maladies. De plus, les
traitements fongicides des semences réduit l'incidence du mildiou
transmis par les semences.
Pourriture brune des tiges (Phialophora
gregata)
Chancre des tiges (Diaporthe phaseolorum)
Syndrome de la mort subite (Fusarium verguliforme)
Incidence : On trouve ces trois maladies dans toutes
les régions de l'Ontario où l'on cultive le soya, mais elles
sont plus répandues dans les comtés du Sud-uest. Les pertes
de rendement varient de quelques boisseaux à de grandes étendues
de champs (surtout dans le cas du syndrome de la mort subite).
Aspect : Pour s'aider dans l'identification de ces maladies,
voir le tableau 14-2, Symptômes de la pourriture
brune des tiges, du chancre des tiges et du syndrome de la mort subite
sur les racines, les tiges et les feuilles du soya.
Pourriture brune des tiges : Les symptômes de la maladie se manifestent
généralement en août, au moment du remplissage des
gousses. Des zones jaunâtres et nécrotiques se développent
entre les nervures des feuilles supérieures, comme dans le cas
du syndrome de la mort subite. Les plants se flétrissent soudainement
et les gousses sont mal remplies. La maladie est plus répandue
là où l'on pratique un travail réduit du sol.
Chancre des tiges : La maladie peut causer la fonte
des semis et le flétrissement des plantules, mais elle s'attaque
plus souvent aux plants de soya après la floraison. Les plants
se flétrissent soudainement et les feuilles et pétioles
s'affaissent, comme dans le cas de la pourriture phytophthoréenne.
Des lésions rouge-brun apparaissent à l'extérieur
des plants atteints, aux nuds inférieurs (planche
128). En général, la moelle des plants malades brunit
près des nuds. Ce champignon peut aussi provoquer le dépérissement
de la tige ou des pointes plus tard dans la saison de croissance, et aussi
causer une pourriture des semences semblable à celle qui est causée
par Phomopsis. Le chancre des tiges hiverne dans les résidus de
culture et est plus répandu là où l'on pratique un
travail réduit du sol.
Planche 128. Le chancre des tiges entraîne
le flétrissement subit du plant et l'apparition de lésions
rouge brun près des nuds inférieurs.

Syndrome de la mort subite (SMS) : Les plants atteints se flétrissent
et meurent très rapidement en juillet et en août. On peut
observer une chlorose internervaire et une nécrose des feuilles
supérieures (planche 129, p. 300) ainsi qu'une défoliation.
En général, les pétioles ne tombent pas. Les sols
mouillés et les températures chaudes sont propices au développement
de la maladie. Le collet des plants atteints est légèrement
bruni. La maladie est souvent associée au nématode à
kyste du soya, mais pas toujours.
Cycle biologique :
- Tous ces champignons survivent pendant de longues périodes
dans les résidus de culture enfouis dans le sol.
- La pourriture brune des tiges sévit au début de la
saison de croissance, mais ses symptômes ne se manifestent qu'un
mois avant la récolte. Les conditions présentes durant
le remplissage des gousses influencent l'évolution de la maladie.
En fait, la maladie se propage lorsque, à ce stade, du temps
frais et pluvieux est suivi de temps très chaud et sec.
- Le chancre des tiges est favorisé par du temps doux et pluvieux;
il se manifeste entre la mi-juillet et la maturité.
- Les symptômes du syndrome de la mort subite commencent à
se manifester entre la floraison et la maturité; la maladie prospère
dans des sols frais et humides. Les champs les plus susceptibles d'afficher
les symptômes du syndrome de la mort subite sont ceux qui sont
bien fertilisés et vigoureux.
Stratégies de lutte : Une rotation incluant du
maïs et des céréales atténue l'incidence de
ces maladies, qui sévissent le plus souvent dans des champs qui
ont fait l'objet d'un travail réduit du sol. L'incorporation ou
l'enlèvement des résidus infestés réduit également
les risques d'infection par ces maladies. Il existe quelques cultivars
de soya qui résistent ou tolèrent ces maladies.
Pourriture à sclérotes (sclérotiniose)
(Sclerotinia sclerotiorum)
Cette maladie touche aussi les haricots secs comestibles, le canola et
le tournesol. Voir la même rubrique, p. 255, et les planches 161
à 165, p. 305 et 306.
Rouille asiatique du soya (Phakospora pachyrhizi)
Incidence : La rouille asiatique du soya est une nouvelle
maladie fongique envahissante du soya en Amérique du Nord. Cette
maladie destructrice devient une menace grandissante pour les producteurs
canadiens de soya puisque l'agent qui en est responsable continue de progresser
et hiverne dans le sud des États-Unis. La présence confirmée
de la rouille asiatique du soya en Ontario durant la saison de croissance
2007 montre qu'il existe une voie d'exposition et que le soya de l'Ontario
peut être infecté même si l'agent pathogène
responsable de cette maladie n'hiverne pas en Ontario.
Aspect : Les symptômes les plus courants sont
de petites lésions de couleur chamois à brun foncé
ou de couleur brun-roux, de 2-3 mm (1/8 po) de diamètre. Ces lésions
apparaissent le plus souvent sur le dessous des feuilles, mais se manifestent
également sur les pétioles, les gousses et les tiges. Elles
forment des pustules où sont produites les spores (planches 130
et 131). Les lésions de couleur chamois produisent davantage de
spores que les lésions de couleur brun-roux. Les feuilles infectées
ont une apparence tachetée. L'infection se déclare souvent
sur les feuilles inférieures et monte le long du plant. Les feuilles
finissent par jaunir et tomber. La perte de tissus photosynthétisants,
la défoliation prématurée et la mort peuvent grandement
diminuer les rendements. La rouille asiatique du soya peut être
facilement confondue avec les taches brunes, le mildiou ou la brûlure
bactérienne, qui sont toutes des maladies courantes en Ontario.
Planche 130. Les feuilles infectées par
la rouille asiatique du soya présentent des mouchetures jaunes
qui, souvent, apparaissent d'abord sur les feuilles du bas puis montent
graduellement le long du plant.
Planche 131. La rouille asiatique du soya produit
de petites lésions surélevées de couleur chamois
à brun foncé ou brun-roux, qui produisent des spores. Un
examen à la loupe permet de différencier cette rouille d'autres
maladies foliaires.
Cycle biologique : La rouille asiatique du soya est
causée par un parasite qui a besoin de plants de soya vivants pour
survivre. La bonne nouvelle pour les producteurs de soya de l'Ontario,
c'est que l'agent responsable de cette maladie n'hiverne pas en Ontario.
S'il est vrai que la rouille asiatique du soya ne peut survivre aux durs
hivers de l'Ontario, les spores migrent chaque saison de croissance des
lieux où elles ont hiverné dans le sud des États-Unis.
La viabilité des spores dépend de nombreux facteurs, en
particulier du stade de croissance de la culture et des conditions environnementales
au moment où les spores se déposent. De longues périodes
de mouillage des feuilles de même que des températures entre
15 et 30 °C et une humidité relative élevée sont
nécessaires à la germination des spores.
Stratégies de lutte : Les cultivars commerciaux
de soya cultivées en Amérique du Nord n'affichent actuellement
pas une résistance efficace à la rouille asiatique du soya.
Ainsi, tant que des cultivars résistants ne seront pas disponibles,
la lutte contre la rouille asiatique du soya reposera sur le dépistage,
la détection précoce et l'utilisation de fongicides foliaires
(planche 132). Les données recueillies
par le vaste réseau de parcelles d'alerte établi pour lutter
contre la rouille asiatique du soya en Amérique du Nord (accessibles
à partir du site de l'organisme Ontario Soybean Growers, www.soybean.on.ca)
facilitent la surveillance de la rouille asiatique du soya ou permettent
de prévoir les risques associés à cette maladie.
Planche 132. On parvient à maîtriser
la rouille asiatique du soya grâce au dépistage et à
des pulvérisations fongicides faites au bon moment. Le côté
gauche du champ n'a pas été traité; le côté
droit a reçu une application de fongicide.
Brûlure bactétienne (Pseudomonas syringae pv. glycinea)
Incidence : La plupart du temps, la brûlure bactérienne
a une incidence minime. Elle cause toutefois des pertes de rendement et
nuit à la qualité des semences quand le temps est frais
et pluvieux pendant une période prolongée durant l'été.
Aspect : Les symptômes se manifestent par l'apparition
sur les feuilles des plants infectés de lésions noires ou
rouges au pourtour jaune et au centre luisant (planche
133). Souvent, ils disparaissent en présence de conditions
sèches et très chaudes. Les semences infectées présentent
des taches aqueuses, commençant au hile, qui peuvent réduire
la viabilité des semences et réduire la germination.
Planche 133.La brûlure bactérienne
produit un halo jaune distinctif autour des lésions, et les feuilles
donnent souvent l'impression d'avoir été déchirées.

Cycle biologique : Les bactéries survivent sur
les semences et les résidus de cultures et se propagent aux feuilles
supérieures par des éclaboussures de pluie, par le vent
et sous l'effet des blessures causées aux plantes (grêle,
insectes, blessures mécaniques, etc.). On compte différentes
races physiologiques dans la province
Stratégies de lutte :
- la rotation avec d'autres cultures comme le maïs ou le blé;
- l'enlèvement des résidus de cultures;
- l'évitement des déplacements dans le champ quand les
feuilles sont mouillées.
Si les cultivars affichent une certaine tolérance, aucun n'affiche
une résistance à toutes les races physiologiques.
Maladies des gousses et des semences
Mosaïque du soya
Incidence : La plupart des régions de la province
sont légèrement touchées par cette maladie. Les champs
de soya de spécialité ou de consommation humaine qui doivent
donner des graines avec un tégument sans tache sont les plus vulnérables
aux pertes économiques dues au virus de la mosaïque du soya.
Aspect : Les feuilles des plants infectés sont
déformées, ridées et cloquées. Elles ont des
taches formant une sorte de mosaïque qui est davantage évidente
sur les jeunes feuilles (planche 134). Les plants
infectés peuvent être rabougris. Les semences infectées
présentent un brunissement ou un noircissement caractéristique
qui produit des bigarrures depuis le hile (planche
135). On confond souvent les symptômes du virus avec les dommages
causés par les herbicides hormonaux. Les plants infectés
par le virus de la mosaïque du soya sont répartis ça
et là dans le champ, et la zone touchée est habituellement
plus petite que s'il s'agissait de dommages causés par un herbicide.
Les dommages ne semblent pas se présenter sous une configuration
précise dans le champ.
Planche 134. Les symptômes de la mosaïque
du soya comprennent des feuilles déformées et cloquées.
Les plants peuvent être rabougris. Le puceron du soya est un vecteur
de cette maladie.

Planche 135. Les graines infectées par
le virus de la mosaïque du soya présentent un brunissement
ou un noircissement caractéristique qui produit des bigarrures
depuis le hile.

Cycle biologique : Le virus survit d'une saison à
l'autre dans les graines infectées et est transmis d'un plant à
l'autre par les pucerons.
Stratégies de lutte : En Ontario, on maîtrise
cette maladie par l'utilisation de graines saines.
Marbrure des gousses du haricot
Incidence : Le virus de la marbrure des gousses du haricot
(VMGH) a récemment été signalé en Ontario.
Ce virus peut nuire à la qualité du soya et, par conséquent,
aux possibilités d'exportation.
Aspect : L'un des symptômes communs du VMGH est
la maturité irrégulière du soya ou le symptôme
de la « tige verte »; les tiges et les feuilles demeurent
vertes même si les gousses sont mûres. Les jeunes feuilles
dans la partie supérieure du feuillage ont souvent des marbrures
vertes ou jaunes qui peuvent disparaître, puis réapparaître
plus tard dans la saison de croissance. Dans les cas extrêmes, les
feuilles et les gousses peuvent être déformées. La
turgescence des feuilles infectées diminue, ce qui les fait s'enrouler.
Souvent, à la suite d'un stress hydrique provoqué par une
sécheresse, les plants infectés comptent moins de gousses.
Le tégument infecté présente des bigarrures brunes
ou noires depuis le hile.
Cycle biologique : Le temps frais est propice à
l'évolution de cette maladie. Contrairement au virus de la mosaïque
du soya, le VMGH ne se transmet pas facilement par la semence. La chrysomèle
du haricot en est le principal vecteur. La chrysomèle maculée
du concombre peut aussi en être un vecteur. Ce virus a un grand
nombre d'hôtes parmi les légumineuses et il se transmet par
l'intermédiaire des chrysomèles du haricot qui se nourrissent
de plants de légumineuses infectés. Les blessures d'origine
mécanique, contribuent à la propagation du virus, surtout
par temps pluvieux.
Stratégies de lutte : Dans les champs ayant déjà
été infectés par ce virus, utiliser des semences
saines ou des cultivars résistants. Envisager de lutter contre
les chrysomèles du haricot adultes lorsque les populations sont
fortes en début de saison. Pour connaître les seuils d'intervention
relatifs à la chrysomèle du haricot, voir Chrysomèle
du haricot.
Cercosporose (Cercospora sojina)
Incidence : Les répercussions économiques
de cette maladie sont généralement minimes; les comtés
de l'extrême Sud-Ouest sont plus fréquemment touchés.
Aspect : Les lésions font 1-5 mm (1/5 po) de
diamètre et présentent un centre de couleur chamois auréolé
de rouge foncé/brun. Les lésions plus anciennes se fusionnent,
les feuilles peuvent sembler effilochées ou, encore, une mince
fente peut apparaître au centre de la lésion (planche
136).
Planche 136. Les lésions foliaires de
la cercosporose sont auréolées de rouge foncé/brun
et ont un centre de couleur chamois qui peut se désintégrer
et faire place à une perforation.

Cycle biologique : L'agent pathogène hiverne
dans des résidus. Des taches apparaissent sur les semences et les
feuilles en la présence de conditions chaudes et humides, en particulier
chez les cultivars très sensibles durant la floraison et la formation
des gousses.
Stratégies de lutte :
- la rotation des cultures avec des plantes qui ne sont pas des hôtes,
comme le maïs ou le blé;
- l'utilisation de semences non infectées;
- l'utilisation d'un cultivar résistant.
Les fongicides foliaires ne sont généralement pas rentables,
à moins que la maladie n'apparaisse de façon précoce
sur un cultivar très sensible.
Cercosporose
Graines pourpres (Cercospora kikuchii)
Incidence : La maladie se manifeste souvent tard dans
la saison et peut causer des brûlures sur les feuilles et des taches
sur les semences. Les pertes de rendement sont souvent minimes, mais les
taches peuvent nuire à la qualité des semences.
Aspect : Les feuilles présentent souvent des
lésions allant du rouge au pourpre et mesurant moins de 1 cm (2/5
po) de diamètre qui deviennent visibles en août ou au début
de septembre. Les lésions peuvent se fusionner et former de larges
zones infectées qui peuvent s'étendre le long de la nervure
médiane ou des nervures secondaires. Des lésions peuvent
aussi apparaître sur les pétioles, les tiges et les gousses.
Les symptômes sont souvent confondus avec les brûlures par
le soleil ou les dommages causés par l'ozone. Les semences infectées
présentent une altération distinctive de la couleur (maladie
des grains pourpres) allant du violet au pourpre pale ou foncé
sur une partie ou la totalité du tégument (planche
137). Cette altération de la couleur est souvent circonscrite
aux deux couches supérieures du tégument. L'embryon n'est
pas touché, pas plus que sa couleur. Dans la plupart des cas, une
réduction de 7 à 13 % de la levée peut survenir au
champ.
Planche 137. La maladie des graines pourpres
se caractérise par des semences comportant une teinte ou des taches
pourpres (et souvent même par des feuilles qui tirent sur le pourpre).

Cycle biologique : Le champignon hiverne dans les semences,
mais la source d'infection primaire reste les résidus de culture.
Stratégies de lutte :
- l'utilisation de semences propres et le traitement fongicide des
semences;
- la rotation des cultures et l'enlèvement des résidus
pour réduire le potentiel d'infection;
- l'utilisation d'un cultivar affichant une plus grande tolérance.
Pourriture des graines (Phomopsis longicolla)
Brûlure phomopsienne (Diaporthe phaseolorum)
Incidence : La pourriture des graines est depuis longtemps
considérée comme la maladie du soya la plus grave en Ontario.
Elle est d'autant plus grave que les conditions sont chaudes et pluvieuses
à la récolte. Sous de telles conditions, retarder la récolte
accroît l'incidence de la maladie.
Aspect : La pourriture des graines se caractérise
par de petites fentes près du hile des graines infectées
(planche 138). Une moisissure blanche ou grise
peut apparaître à la surface de la graine. Le rendement,
le grade, la viabilité et la vigueur de la semence s'en trouvent
parfois réduits. Comme les graines gravement atteintes demeurent
petites et légères et risquent d'être perdues lors
de la récolte et des opérations de nettoyage, la maladie
entraîne des pertes de rendement.
La deuxième phase de la maladie, la brûlure phomopsienne,
touche les tiges et les gousses. Bien que les plants soient infectés
en début de saison, les symptômes ne paraissent qu'après
la mi-saison. Sur les tiges, on aperçoit de petits points ou corpuscules
noirs surélevés (pycnides) (planche
139); ces corpuscules sont alignés ou regroupés en îlots.
Il y en a aussi sur les gousses, mais ils ne sont pas disposés
de façon particulière.
Planche 138. La pourriture des graines se caractérise
par la présence, en partant du hile, de minces fissures et de moisissure
sur les graines qui réduisent la qualité et la vigueur des
semences.

Planche 139. La brûlure phomopsienne se
reconnaît aux petits points ou corpuscules noirs surélevés
qui sont alignés ou regroupés en îlots sur la tige.

Cycle biologique : Ce champignon hiverne dans les graines
et les résidus de culture. En début de saison, les spores
sont éclaboussées sur les plantules. Du temps chaud, pluvieux
et humide durant le remplissage des gousses est propice à l'évolution
de la maladie.
Stratégies de lutte : Dans la mesure du possible,
choisir des cultivars de pleine saison, qui parviendront par conséquent
à maturité sous les conditions fraîches de la fin
de la saison de croissance. Les cultivars à cycle court pour une
région donnée tendent à parvenir à maturité
plus tôt lorsque les conditions sont plus douces et plus propices
à la prolifération du pathogène. On peut éliminer
ou réduire l'incidence de la brûlure phomopsienne en adoptant
une ou plusieurs des mesures suivantes :
- utilisation de semences exemptes de la maladie;
- semis plus tardifs;
- rotation des cultures;
- enfouissement des résidus de soya;
- récolte au moment le plus opportun possible.
Récolter en premier le soya destiné aux marchés
d'exportation et des semences. Le traitement des semences entraîne
habituellement une hausse de la germination et de la levée. Toutefois,
souvent, les graines déformées laissant voir une prolifération
mycélienne ne parviennent pas à germer, même si elles
sont traitées.