Maladies des grandes cultures : Maladies des haricots comestibles

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Mesures préventives générales

  • Laver à fond, au détergent, tout ce qui sert au nettoyage et au tri des semences, à leur transport ou à leur mise en terre pour enlever toute terre qui peut y adhérer. Désinfecter le matériel avec un composé d'ammonium quaternaire ou de l'hypochlo-rite de sodium (p. ex. eau de javel 10 %). Rincer les surfaces traitées avec de l'eau propre, pour les empêcher de rouiller.
  • Pratiquer une rotation de trois à quatre ans incluant des cultures appartenant à des familles différentes.
  • Ne pas épandre de fumier contenant des résidus de haricots sur les champs destinés à cette culture.
  • Ne pas entrer dans un champ de haricots si le feuillage est mouillé, afin d'éviter de propager les maladies.


Complexe de la pourriture des racines (Fusarium solani, Rhizoctonia solani, Pythium spp., Chalara basicola)

Incidence : Nombre d'organismes causent la pourriture des racines de haricots secs comestibles. En Ontario, les principaux champignons pathogènes sont Fusarium, Pythium, Rhizoctonia et Chalara. Ils peuvent se présenter seuls ou en combinaison, ce qui est souvent le cas. On parle alors de « complexe de la pourriture des racines ». La gravité des dégâts varie selon l'état de la culture ses antécédents, la sensibilité du cultivar et les conditions du milieu.

Aspect : Les symptômes peuvent se manifester sur les plants à tout stade de leur croissance. Les infections de début de saison se manifestent normalement par la pourriture des semences et la fonte des semis, réduisant ainsi la densité de peuplement. Ces symptômes s'apparentent à des problèmes à la levée (planche 158). Les plants qui survivent à une infection en début de saison (« fonte des semis ») ou qui deviennent infectés plus tard affichent des symptômes caractéristiques de « pourriture des racines », notamment altération de la couleur des racines, rabougrissement et flétrissement du plant.

Différents organismes sont responsables du complexe de la pourriture des racines chez le haricot sec comestible. Celui-ci se manifeste notamment par le rabougrissement général du plant, son flétrissement et le changement de couleur des racines.

Planche 158. Différents organismes sont responsables du complexe de la pourriture des racines chez le haricot sec comestible. Celui-ci se manifeste notamment par le rabougrissement général du plant, son flétrissement et le changement de couleur des racines.

La pourriture fusarienne se manifeste d'abord par de petites lésions brun rougeâtre (dans les premières semaines) qui, à mesure que le plant vieillit, se fusionnent pour former de grandes lésions ou des stries à la surface de la racine pivotante. On peut constater la teinte brun rougeâtre des tissus qui transportent l'eau en fendant la racine pivotante, le collet et le bas de la tige. Des racines adventives peuvent se développer sur les plants dont la racine pivotante est endommagée. Ces racines adventives se forment au-dessus de la zone endommagée. Les infections tardives font rarement mourir le plant, mais entraînent son rabougrissement.

La pourriture pythienne se reconnaît à la lésion brune et gorgée d'eau qui débute à la base de la racine pivotante. Cette lésion caractéristique progresse le long de la racine et de la tige, et s'étend jusqu'à 2 ou 3 cm (3/4 - 1 1/4 po) au-dessus du sol. Souvent, l'infection fait mourir les plants, ce qui nuit à l'établissement du peuplement. Même si les plantules plus vieilles et les plants à maturité ne meurent pas nécessairement d'une infection par Pythium, leurs racines sont souvent coupées, ce qui donne des plants rabougris, mal ancrés, qui flétrissent et semblent malades.

Le rhizoctone commun est une pourriture des racines causée par Rhizoctonia qui provoque la formation de lésions déprimées brun rougeâtre sur la tige et la racine pivotante, le plus souvent près de la surface du sol. La lésion peut ceinturer complètement la tige, provoquant du coup le rabougrissement ou la mort du plant. Cette lésion est d'un « rouge brique » caractéristique qu'on peut observer immédiatement après l'arrachage du plant. Il s'agit là d'un moyen de distinguer cette maladie de la pourriture fusarienne. L'intensité du rouge s'estompe rapidement à l'air.

La pourriture noire des racines causée par Chalara donne des lésions de brunes à noires sur la racine pivotante et les racines latérales. Sous des conditions graves, la racine pivotante peut être noire.

Cycle biologique : Les champignons responsables de ces pourritures survivent dans le sol, dans les débris de végétaux ou sous forme de mycélium. Ils sont attirés par les sucres et les exsudats libérés par les racines en croissance. Ils posent surtout problème lorsque le temps est frais et pluvieux durant les semis ou lorsque des conditions amènent un retard dans la levée ou la croissance des plantules. Un stress hydrique entre le milieu et la fin de la saison (conditions sèches) augmente l'incidence des infections des racines par Fusarium et Rhizoctonia.

Stratégies de lutte : Il est impossible d'éliminer ces maladies, mais les pertes de rendement qui en découlent peuvent être réduites par le respect des bonnes pratiques de gestion du sol qui suivent :

  • Choisir des cultivars qui affichent une bonne tolérance générale aux pourritures des racines.
  • Favoriser la croissance des racines par de bons programmes de fertilisation. Garder le sol riche en matière organique.
  • Garder le sol meuble en pratiquant une rotation des cultures convenable (trois ans entre deux soles de haricots, quels qu'ils soient) et en évitant de le travailler lorsqu'il est détrempé ou de le travailler trop finement.
  • Retirer l'excès d'eau en améliorant le drainage souterrain et en minimisant le compactage du sol.
  • Faire subir à la semence des traitements destinés à protéger le plant contre les pourritures des racines durant la germination et le début de la croissance.


Graisses bactériennes :

Graisse bactérienne commune (Xanthomonas campestris)
Graise bacterienne à halo (Pseudomonas syringae)

Incidence : Plusieurs bactéries différentes peuvent causer des dommages graves aux haricots secs comestibles. En Ontario, la graisse bactérienne commune et la graisse bactérienne à halo sont les principales maladies bactériennes qui affectent cette culture. La plupart des cultivars de haricots sont sensibles à la graisse bactérienne commune, mais la plupart résistent à la graisse bactérienne à halo.

Aspect : Ces maladies sont difficiles à distinguer l'une de l'autre. Dans les deux cas, les premières manifestations sont de petites cloques d'eau sur les folioles. Dans le cas de la graisse bactérienne commune, ces cloques sont foncées et apparaissent d'abord sur le revers des folioles. Elles grossissent et se fondent pour former entre les nervures des zones brunes et sèches étendues au pourtour jaune. Ce pourtour jaune est mince dans le cas de la graisse bactérienne commune et plus large et plus apparent dans le cas de la graisse bactérienne à halo (planche 159). Sous des conditions chaudes, il arrive que ce halo jaune ne se forme pas.

Les graisses bactériennes se manifestent d'abord par l'apparition sur les folioles de petites cloques d'eau qui s'étendent et se fondent pour former, entre les nervures, des zones brunes et sèches au pourtour jaune.

Planche 159. Les graisses bactériennes se manifestent d'abord par l'apparition sur les folioles de petites cloques d'eau qui s'étendent et se fondent pour former, entre les nervures, des zones brunes et sèches au pourtour jaune.

Au fur et à mesure que ces maladies s'étendent, les feuilles infectées deviennent cassantes et tombent prématurément. Les plants infectés peuvent perdre leurs feuilles une semaine ou deux avant les plants sains. Dans les cas graves, les petites nervures et la nervure principale prennent une coloration rougeâtre. Chez les plants infectés par la graisse bactérienne à halo, les feuilles s'enroulent et les jeunes feuilles jaunissent sans présenter de halo perceptible ni de taches de tissu mort.

Les symptômes sur les gousses se manifestent d'abord par des lésions rondes et gorgées d'eau qui renferment en leur centre une masse de bactéries de couleur crème. Avec le temps, ces lésions se creusent et s'assèchent. Elles présentent alors un pourtour brun rougeâtre et un cœur jaune. Plus l'infection des gousses survient tôt, plus les répercussions sont grandes sur la qualité des graines. Souvent, celles-ci sont ratatinées et, dans le cas de la graisse bactérienne commune, peuvent être jaunes. Le fait de semer des graines infectées amène le ceinturage des tiges par la bactérie ou l'apparition de pourriture au-dessus du nœud cotylédonaire. Le plant est affaibli et peut verser.

Cycle biologique : Normalement, les bactéries responsables ne survivent pas à l'hiver en Ontario. Les infections se propagent d'une année à l'autre par les semences infectées. Une fois que les plants sont infectés, la maladie se propage à des plants sains à la faveur des intempéries et de la circulation des travailleurs et de la machinerie d'un champ à l'autre lorsque les plants sont mouillés. La pluie et la grêle peuvent aussi propager les bactéries dans le champ.

Stratégies de lutte : Habituellement, les bactéries ne survivent pas à l'hiver dans le champ, mais pour plus de sécurité, il vaut mieux laisser s'écouler un an entre les cultures sensibles. Ne pas employer de semences provenant de champs infectés. Prendre soin également de ne pas semer la culture aux côtés d'un champ ayant été gravement infecté par une graisse bactérienne l'année précédente. Enfouir les débris de haricots infectés dans le sol après la récolte. Les graisses bactériennes se propagent facilement lorsque les plants sont mouillés par la pluie ou la rosée. Il faut éviter la circulation de la machinerie ou des travailleurs dans les champs mouillés. Nettoyer les sarcloirs avant de passer d'un champ à un autre. Récemment, des cultivars offrant une résistance génétique aux graisses bactériennes ont été mis au point. Ces cultivars de haricots blancs sont sur le point d'être offerts aux producteurs ontariens, si ce n'est déjà fait.


Anthracnose (Colletotrichum lindemuthianum)

Incidence : L'anthracnose est une maladie redoutable des haricots comestibles en Ontario. On la combat par l'utilisation de cultivars résistants, de semence exempte de la maladie et de traitements des semences. Dans les champs où la maladie apparaît suite à une infection par de nouvelles souches du champignon pathogène ou l'utilisation de semence infectée, des dommages considérables sont à craindre.

Aspect : Les symptômes comprennent des lésions rondes, angulai-res ou ovales sur les feuilles, les tiges et les gousses (planche 160). Les lésions sont enfoncées ou semblables à des cratères et laissent paraître un anneau noir distinct sur le pourtour. Souvent, le centre des lésions est recouvert de plusieurs petites masses de spores noires. Au revers des feuilles, les nervures sont souvent brun-rouge ou rouge violacé. Les pertes de rendement sont attribuables aux feuilles qui vieillissent et aux plants qui meurent prématurément, aux semences rabougries et à une teneur plus élevée en graines présentant des lésions sur le tégument.

L'anthracnose provoque l'apparition de lésions rondes ou angulaires sur les feuilles, les tiges et les gousses. Les lésions sont enfoncées et laissent paraître un anneau noir distinct sur le pourtour.

Planche 160. L'anthracnose provoque l'apparition de lésions rondes ou angulaires sur les feuilles, les tiges et les gousses. Les lésions sont enfoncées et laissent paraître un anneau noir distinct sur le pourtour.

Cycle biologique : Le champignon survit d'année en année, principalement sous forme de spores ou de lésions sur les semences. L'utilisation de semis sains est primordiale pour combattre la maladie. Une fois que la maladie se manifeste dans un champ, sa propagation est favorisée par les déplacements de la machinerie agricole, des animaux et des humains, tant dans le champ même que d'un champ infecté à un champ sain. Le temps pluvieux est propice à la propagation de la maladie en raison du transport par le vent ou les eaux de ruissellement des éclaboussures d'eau chargées de spores qui proviennent des zones infectées. À la suite de périodes prolongées de temps pluvieux, les infections peuvent prendre des proportions épidémiques.

Il existe plusieurs lignées (races) d'anthracnose. Toutes les lignées de la maladie produisent les mêmes symptômes sur les plants. Tous les cultivars de haricots blancs recommandés actuellement possèdent une bonne résistance aux lignées bêta et gamma de l'anthracnose. Il est bon, chaque année, de consulter la ficheInfo du MAAARO Essais de rendement des haricots de grande culture ou de visiter le site www.ontario.ca/cultures pour connaître les cultivars résistant aux lignées alpha et delta et se tenir à jour sur l'apparition d'éventuelles nouvelles lignées.

Stratégies de lutte : Pour éviter l'anthracnose, utiliser des semences exemptes de la maladie et traiter les semences à l'aide d'un fongicide. Enfouir les résidus de haricots infectés dans le sol après la récolte et inscrire la culture de haricots dans une rotation incluant pendant au moins deux ans des cultures autres que des cultures hôtes. Rester hors des champs de haricots lorsque la culture est mouillée.

Pour savoir si l'anthracnose est présente dans un lot de semence, communiquer avec un Centre de ressources du MAAARO.

Nématode à ématode à kyste du soya (Heterodera glycines)

Même si le soya est son hôte privilégié, le nématode à kyste du soya (NKS) trouve aussi refuge dans un grand nombre de plantes, dont les haricots secs comestibles. Le NKS est de plus en plus présent dans les régions productrices de haricots de la province. Le fait de semer des haricots secs comestibles dans des champs infestés par ce nématode peut augmenter l'incidence du « complexe de la pourriture des racines », étant donné que le nématode endommage les racines et ouvre ainsi la voie aux organismes responsables de ces pourritures. Pour plus d'information sur le NKS, voir Nématode à kyste du soya.

Mosaïque commune

Incidence : Le virus de la mosaïque commune du haricot est présent partout dans la province où se cultivent des haricots secs comestibles. Certaines années, la maladie peut frapper durement des champs en particulier.

Aspect : L'infection des haricots secs comestibles par le virus peut causer divers symptômes. Les feuilles des plants infectés présentent des taches gaufrées formant une mosaïque de vert foncé et de vert-jaune pâle. Le pourtour des feuilles s'enroule vers le bas. Les plants sont rabougris et si l'infection survient tôt, les plants peuvent fleurir mais risquent de ne pas produire de graines. Un autre symptôme, désigné « réaction des racines noires », se manifeste chez les cultivars qui possèdent un gène spécifique (le gène I résistant dominant). Ces cultivars ont une résistance à toutes les souches du virus de la mosaïque commune du haricot, sauf lorsque les plants poussent sous des températures élevées, auquel cas, ils affichent la réaction des racines noires (réaction d'hypersensibilité). Il en résulte un brunissement ou un noircissement des tissus vasculaires à l'intérieur des tiges et le flétrissement suivi de la mort des plants. Le symptôme le plus évident de la « réaction des racines noires » est la bigarrure qui apparaît sur l'extérieur de la tige (les tissus de transport de l'eau), ce qui produit une bigarrure noire ou brune de la tige à partir de la ligne de sol en montant. Ce noircissement peut n'être visible que d'un côté de la tige.

Cycle biologique : Le virus se communique d'un champ à l'autre essentiellement par la semence infectée. Les pucerons peuvent par la suite propager le virus à l'intérieur du champ. Des pertes importantes sont enregistrées lorsque des cultivars sensibles sont infectés tôt soit par la semence infectée soit par la proximité des plants infectés ou des champs hébergeant d'importantes populations de pucerons. Il existe plusieurs souches du virus, mais la souche prédominante en Ontario est la souche 1.

Stratégies de lutte : Ne pas utiliser les semences provenant de plants malades. Pour savoir quels cultivars sont résistants, consulter chaque année la ficheInfo du MAAARO Essais de rendement des haricots de grande culture ou visiter le site www.ontario.ca/cultures. Éviter d'endommager les plants lors du sarclage.

 

Pourriture à sclérotes (sclérotiniose) (Sclerotinia sclerotiorum)


Cette maladie touche les haricots secs comestibles, le soya, le canola, le sarrasin et le tournesol. Voir les planches 161 à 165.


Incidence dans les cultures de haricots secs comestibles et de soya : La pourriture à sclérotes est une maladie difficile à prévoir, même si la plupart des années, elle frappe davantage dans les cultures de haricots secs comestibles que dans le soya. La maladie est plus dévastatrice lorsque le temps est relativement frais et pluvieux pendant la floraison ou peu de temps avant la récolte.

Incidence dans les cultures de canola et de tournesol : La pourriture à sclérotes est une maladie du canola qui peut se manifester de manière sporadique à l'intérieur d'une région et dont l'incidence varie considérablement d'une année à l'autre. Par conséquent, il est très difficile de prévoir la gravité ou le déclenchement de cette maladie qui est très destructrice pendant les longues périodes de temps pluvieux. Des pertes pouvant aller jusqu'à 50 % peuvent survenir sous des conditions qui lui sont favorables.

Aspect dans les cultures de haricots secs comestibles : L'infection gagne d'abord les tissus morts à la suite d'autres causes, tels que fleurs ou feuilles à la base du plant. L'infection directe des gousses, des tiges et des feuilles saines se fait par contact entre les tissus infectés et les tissus sains. Les zones atteintes sont blanchies et un feutre mycélien blanc se forme habituellement à la surface des plants (planche 161). Des sclérotes noires et dures sont produites à la surface de la tige ou à l'intérieur de celle-ci (planche 162).

Planche 161. La pourriture à sclérotes infecte d'abord les vieilles fleurs et les feuilles mortes, et finit par s'étendre aux gousses, aux feuilles et aux tiges saines.

La pourriture à sclérotes infecte d'abord les vieilles fleurs et les feuilles mortes, et finit par s'étendre aux gousses, aux feuilles et aux tiges saines.

 

Planche 162. La pourriture à sclérotes produit des lésions couvertes d'un feutre mycélien blanc sur les tiges.

La pourriture à sclérotes produit des lésions couvertes d'un feutre mycélien blanc sur les tiges.

 

Aspect dans les cultures de canola et de tournesol : La pourriture à sclérotes provoque la formation de lésions blanchies sur les tiges et de sclérotes noires et dures à l'intérieur de celles-ci. Elle cause le vieillissement prématuré des plants (voir planches 163 et 164). Cette maladie constitue souvent un problème lorsque le canola succède au canola, aux haricots blancs, au soya, au sarrasin ou au tournesol. L'infection qui commence sur les fleurs mortes se propage aux tissus adjacents où elle fait mourir les ramifications ou les plants. Les plants peuvent verser. Les tiges atteintes paraissent habituellement blanchies. Les infections du canola par la pourriture à sclérotes peuvent être graves si les deux dernières semaines de juin sont marquées par du temps frais et pluvieux qui se poursuit jusqu'au début juillet, à l'époque de la floraison.

Planche 163. La pourriture à sclérotes produit des sclérotes noires et dures à la surface ou à l'intérieur de la tige et des gousses.

La pourriture à sclérotes produit des sclérotes noires et dures à la surface ou à l'intérieur de la tige et des gousses.

 

Planche 164. Pourriture à sclérotes sur des semences de canola. Les sclérotes noires se retrouvent parfois dans les semences récoltées.

Pourriture à sclérotes sur des semences de canola. Les sclérotes noires se retrouvent parfois dans les semences récoltées.

La pourriture à sclérotes peut aussi constituer un problème dans les cultures de tournesol. Elle provoque la pourriture de la base ou du milieu de la tige et même de l'épi; elle occasionne d'importantes réductions de rendement (planche 165).

 

Planche 165. Chez le tournesol, la pourriture à sclérotes cause la pourriture de la base ou du milieu de la tige et même de l'épi.

Chez le tournesol, la pourriture à sclérotes cause la pourriture de la base ou du milieu de la tige et même de l'épi.


Stratégies de lutte dans les cultures de haricots secs comestibles :

  • Utiliser des cultivars moins vulnérables ou des cultivars au port dressé.
  • Dans des champs où la pourriture à sclérotes a déjà sévi, ne pas semer de haricots secs comestibles après des cultures (telles que soya, betterave sucrière, canola, sarrasin, tournesol et chanvre) qui sont sensibles à cette maladie. Laisser s'écouler au moins trois ans entre des cultures sensibles.
  • S'assurer d'une bonne circulation d'air en respectant les taux de semis recommandés et en espaçant convenablement les rangs. Ces précautions concourent à abaisser le taux d'humidité et à rendre l'environnement moins propice à la prolifération de la maladie. Éviter la surfertilisation qui accélère la fermeture du couvert et par le fait même amène un accroissement de l'humidité qui crée un milieu propice à l'infection.
  • Faire des pulvérisations foliaires au moment de la première floraison, avant que la maladie ne se manifeste. Les pulvérisations faites après l'apparition de la maladie ne permettent pas de combattre la pourriture à sclérotes efficacement.

Stratégies de lutte dans les cultures de soya : Dans les champs ou la pourriture à sclérotes a déjà sévi, éviter, pendant trois ou quatre ans, de cultiver des espèces hôtes, telles que canola, haricots secs comestibles, sarrasin et tournesol. La plupart des sclérotes qui se trouvent dans les 2,5 premiers centimètres (1 po) de sol germent au cours de l'année qui suit une sole de soya. À la suite du soya, la pratique du semis direct laisse la plupart des sclérotes à la surface du sol, ce qui réduit considérablement l'inoculum les années suivantes. Les sclérotes enfouis profondément dans le sol ne devraient pas causer de problèmes aux cultures de haricots ultérieures, à moins qu'ils ne soient ramenés à la surface par le travail du sol.

Les cultivars n'afficheraient pas tous la même vulnérabilité à la pourriture à sclérotes. Bien qu'il ne semble exister aucun cultivar résistant, on a constaté sur le terrain que les cultivars précoces sont moins sensibles que les cultivars tardifs. On a aussi remarqué que les cultivars moins prédisposés à la verse ont tendance à mieux résister à cette maladie. Dans le cas des champs de soya qui ont déjà été fortement frappés par la pourriture à sclérotes, privilégier les cultivars qui nécessitent entre 200 et 300 unités thermiques de moins et qui affichent une meilleure résistance à la verse. Les fongicides foliaires ne sont pas recommandés, car ils ne sont pas toujours efficaces.


Ne pas garder la semence provenant de champs infectés par la pourriture à sclérotes.


Stratégies de lutte dans les cultures de canola : Dans des champs qui ont été infestés par la pourriture à sclérotes, utiliser une semence propre et certifiée et pratiquer une rotation des cultures sur au moins quatre ans, en incluant dans la rotation des cultures non touchées comme le maïs, le blé, l'orge ou l'avoine. Pendant cette rotation, il faut éviter de semer des cultures sensibles comme la moutarde, le tournesol, le haricot sec, le soya, les pois de grande culture, les lentilles ou les pois chiches. Actuellement, il n'existe pas de cultivars résistants. Garder les champs exempts de mauvaises herbes dicotylédones car beaucoup servent d'hôtes intermédiaires à cette maladie. Des traitements fongicides foliaires sont efficaces, mais exigent un dépistage sur le terrain et doivent être effectués à des moments précis.

 


Auteur : Le personnel du MAAARO
Date de création : 20 août 2009
Dernière révision : 20 août 2009

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