Maladies des grandes cultures : Maladies du maïs

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Maladies des plantules de maïs

Pourritures des semences, maladies des plantules et pourriture des racines

Incidence et stratégies de lutte : Voir Généralités sur les pourritures des semences et maladies des plantules.

Cycle biologique : Dans les cultures de maïs, le plus souvent, les agents pathogènes en cause sont Pythium, Fusarium, Gibberella, Trichoderma et Penicillium, mais il peut aussi s'agir d'autres champignons, notamment Diplodia et Rhizoctonia. Les semences, plantules et racines infectées par Pythium sont le plus souvent molles (mouillées) et de couleur sombre comparativement aux racines infectées par Fusarium, Gibberella, Diplodia et Rhizoctonia, qui sont fermes ou ont l'aspect du cuir. La plupart du temps, la couleur des racines fournit une bonne indication de l'organisme ou des organismes présents :

  • un blanc grisâtre correspond à Diplodia;
  • une couleur allant du chamois au rose, à Fusarium ou à Gibberella;
  • une couleur allant du rougeâtre au brun, à Rhizoctonia;
  • un bleu-vert, à Penicillium ou à Trichoderma.

Pythium, Fusarium, Gibberella, Diplodia, Rhizoctonia, Penicillium et Trichoderma vivent et prospèrent tous dans le sol. Dans presque tous les cas, ces organismes peuvent infecter d'autres cultures que le maïs. À l'exception de Pythium, tous ces organismes peuvent vivre sur la semence de maïs ou à l'intérieur de celle-ci.

Maladies foliaires du maïs

Anthracnose (Colletotrichum graminicola)

Incidence : L'anthracnose peut devenir grave les années chaudes et pluvieuses. Elle est souvent la première maladie foliaire du maïs à apparaître. Elle se manifeste d'abord sur les feuilles inférieures et monte le long du plant. Les symptômes disparaissent souvent au fur et à mesure que le plant de maïs amorce sa phase de croissance rapide. Le champignon responsable de l'anthracnose provoque non seulement une brûlure des feuilles, mais aussi une pourriture de la tige (voir Anthracnose sous Pourritures de la tige). Noter où les symptômes de l'anthracnose se sont manifestés sur le feuillage au début de la saison et retourner dans ces zones quelques semaines avant la récolte, afin de faire le dépistage de la forme de l'anthracnose se manifestant par une pourriture de la tige. Les systèmes de travail du sol qui laissent une épaisse couche de résidus de végétaux infectés par l'anthracnose à la surface du sol peuvent aggraver la maladie et en augmenter l'incidence.

Aspect : L'anthracnose s'attaque à la fois aux feuilles et aux tiges. Les principaux symptômes sont des taches sur les feuilles, le dépérissement du sommet du plant et la pourriture de la tige. Les taches sur les feuilles sont ovales, mesurent jusqu'à 15 mm (5/8 po) de long, ont un centre couleur chamois et un contour brun rougeâtre (planche 108). Les lésions isolées peuvent se joindre, formant ainsi des stries le long du pourtour de la feuille ou de la nervure principale. Il est fréquent que les tissus entourant les zones infectées jaunissent. On peut alors voir à la loupe de petites taches noires au centre des lésions. Un examen plus attentif révèle la présence de soies noires raides qui sortent de ces taches noires. La maladie se manifeste d'abord sur les feuilles du bas puis, plus tard, sur les feuilles supérieures. Le dépérissement du sommet du plant peut se produire tard dans la saison, à mesure que les feuilles atteintes flétrissent et meurent, donnant l'impression d'avoir été endommagées par le gel.

Planche 108. L'anthracnose s'attaque à la fois aux feuilles et aux tiges. Les principaux symptômes sont des taches sur les feuilles, le dépérissement du sommet du plant et la pourriture de la tige.

L'anthracnose s'attaque à la fois aux feuilles et aux tiges. Les principaux symptômes sont des taches sur les feuilles, le dépérissement du sommet du plant et la pourriture de la tige.

Cycle biologique : Les résidus sont un élément important dans la propagation de l'anthracnose, étant donné que le champignon survit (hiverne) à l'état de mycélium ou de sclérote dans les résidus ou la semence de maïs. La pluie éclabousse les spores contenues dans les résidus de maïs sur les feuilles inférieures et la tige. Pour cette raison, la deuxième année de culture du maïs soumet davantage celui-ci aux infections par l'anthracnose, surtout lorsque le temps est doux et pluvieux.

Stratégies de lutte : Le choix d'hybrides résistant à la forme foliaire de l'anthracnose peut contribuer à tenir cette maladie en échec. Toutefois, la résistance à la pourriture de la tige causée par l'anthracnose est distincte de la résistance à la forme foliaire de l'anthracnose. La résistance des hybrides à la pourriture de la tige causée par l'anthracnose ne garantit pas la résistance aux infections des feuilles en début de saison. Dans les champs de maïs travaillés selon des méthodes traditionnelles, l'enlèvement des résidus de maïs par le travail du sol diminue les risques d'infection, surtout lorsque le maïs suit le maïs. Dans les champs soumis au semis direct ou à des méthodes de travail réduit du sol, la rotation des cultures (c.-à-d. éviter de cultiver du maïs pendant deux années consécutives) et l'utilisation d'hybrides résistants sont les meilleurs moyens de combattre la forme foliaire de l'anthracnose. Les applications de fongicides ne sont pas rentables dans les champs de maïs, étant donné qu'une seule application ne suffit pas à maîtriser la maladie. Toutefois, dans les champs de maïs de semence, les applications de fongicides peuvent valoir leur pesant d'or.

Dessèchement (Setosphaeria turcica)

Incidence : Le dessèchement a déjà été l'une des maladies foliaires du maïs parmi les plus dévastatrices. L'utilisation d'hybrides résistants/tolérants limite maintenant les pertes de rendement attribuables à cette maladie dans les cultures commerciales de maïs. Toutefois, depuis quelques années, la maladie gagne du terrain, ce qui peut suggérer une diminution des niveaux de tolérance. Des pertes significatives continuent d'être enregistrées dans les cultures de maïs de semence là où sont semées des lignées extrêmement sensibles.

Aspect : La maladie se manifeste par de longues stries elliptiques de 2 à 15 cm (1 à 6 po), vert grisâtre ou chamois. Les lésions apparaissent le plus souvent sur les feuilles inférieures (planche 109). Au fur et à mesure que la maladie progresse, les lésions peuvent se fondre et former de grosses zones brûlées. Il arrive que des feuilles entières soient brûlées (planche 110). Les pertes les plus graves occasionnées par le dessèchement surviennent lorsque les feuilles au-dessus des épis sont atteintes au moment de la pollinisation ou peu après. La maladie est souvent confondue avec la maladie de Stewart (voir Maladie de Stewart).

Planche 109. Le dessèchement entraîne la formation de longues stries elliptiques vert grisâtre ou chamois.

Le dessèchement entraîne la formation de longues stries elliptiques vert grisâtre ou chamois.


Planche 110. Dessèchement sur un cultivar sensible (à gauche) et sur un cultivar résistant (à droite), lequel affiche moins de symptômes.

Cycle biologique : Le champignon survit dans les résidus de maïs sous forme soit de spores, soit de filaments mycéliens (mycélium). Les spores du champignon se propagent par le vent ou les éclaboussures d'eau depuis les résidus à la surface du sol aux plants de maïs en croissance. Les plants qui deviennent infectés constituent une source d'infections secondaires qui peuvent se propager à d'autres champs. La propagation de la maladie est favorisée par des températures douces (18-27 °C) et des périodes prolongées de temps humide ou pluvieux.

Stratégies de lutte : Il existe différentes races de l'agent pathogène responsable du dessèchement. La plupart des hybrides commerciaux de maïs possèdent une résistance ou une tolérance aux races les plus communes. Une augmentation de l'incidence des symptômes du dessèchement dans une région pourrait être une indication de l'apparition d'une nouvelle race et doit de ce fait être signalée. La rotation des cultures et le travail du sol réduisent les niveaux de l'inoculum dans les résidus qui jonchent le sol. Dans les systèmes de travail réduit du sol, la rotation et l'utilisation d'hybrides résistants sont une nécessité. L'emploi de fongicides foliaires n'est habituellement pas rentable dans les champs de maïs de grande culture, mais peut être justifié si l'on sème un hybride sensible et que la maladie apparaît tôt dans la saison.

Kabatiellose (Aureobasidium zeae)

Incidence : Même si la kabatiellose ne cause normalement que peu de dégâts dans le maïs, la maladie prend de l'ampleur en Ontario à mesure que se répand la pratique de laisser une couche plus épaisse de résidus de maïs dans le champ.

Aspect : La maladie produit des taches rondes ou ovales caractéristiques de 1-4 mm (1/16-1/8 po) de diamètre, qui ont un centre chamois ou brun et un pourtour brun ou violacé (planche 111). Ces lésions sont entourées d'un halo jaune translucide visible quand la feuille est tenue face à une source lumineuse. Il arrive que la feuille paraisse brûlée lorsque ces lésions s'amalgament et s'étendent à une bonne partie des tissus de la feuille. La maladie peut être confondue avec des taches foliaires physiologiques non infectieuses ou avec des dommages causés par des insectes.

Planche 111. Kabatiellose : taches rondes ou ovales sur les feuilles, avec un centre chamois/brun et un pourtour brun/violacé, et entourées d'un halo jaune translucide bien visible devant une source lumineuse.

Kabatiellose : taches rondes ou ovales sur les feuilles, avec un centre chamois/brun et un pourtour brun/violacé, et entourées d'un halo jaune translucide bien visible devant une source lumineuse.

Cycle biologique : L'incidence de la maladie est plus grande là où se pratique la monoculture du maïs et dans les champs soumis à des méthodes de travail réduit du sol, étant donné que le champignon hiverne dans les résidus de maïs. L'évolution de la maladie est favorisée par du temps frais et pluvieux.

Stratégies de lutte : Le choix de cultivars résistants, la rotation des cultures et l'enfouissement propre des résidus de culture contribuent à réduire la gravité de la maladie, contre laquelle les fongicides foliaires sont rarement recommandés.

Maladie de stewart (Pantoea stewartii)

Incidence : La maladie de Stewart sévit partout en Ontario, mais n'est préoccupante que dans le sud-ouest de la province. Les comtés d'Essex et de Kent, où se trouve la majorité des cultures de maïs de semence, ont tendance à être particulièrement touchés par cette maladie. Des hivers plus doux que la normale dans cette région permettent aux altises du maïs, qui sont des vecteurs de la maladie de Stewart, de survivre en grand nombre.

Aspect : La maladie comporte deux phases distinctes : la phase du flétrissement et la phase tardive. La phase du flétrissement touche surtout les lignées de maïs de semence extrêmement sensibles et les hybrides de maïs sucré au début de la saison (de V2 à V4). Le premier signe perceptible de la maladie consiste en de longues stries jaunes qui s'étendent dans le sens de la longueur de la feuille (planche 112). Ces stries deviennent éventuellement gorgées d'eau et finissent par céder la place à des lésions brunes de tissu mort. Les bactéries interrompent la circulation de l'eau et des éléments nutritifs dans la plante en obstruant son système vasculaire, ce qui provoque un flétrissement rapide et même la mort du plant. Comme la nouvelle pousse est touchée, le flétrissement et la mort des tissus progressent de haut en bas. Une coupe longitudinale révèle un point végétatif qui est pourri ou évidé et dont la couleur est altérée.

Planche 112. La maladie de Stewart se produit après la formation de la panicule. La phase du flétrissement coïncide avec les stades V2 à V4. La bactérie responsable est amenée par l'altise du maïs.

La maladie de Stewart se produit après la formation de la panicule. La phase du flétrissement coïncide avec les stades V2 à V4. La bactérie responsable est amenée par l'altise du maïs.

La phase tardive de la maladie, qui se manifeste par la brûlure des feuilles, survient souvent après la formation de la panicule mâle; c'est la phase la plus fréquente. Les symptômes comprennent des stries allant du vert pâle au jaune, aux pourtours irréguliers ou sinueux parallèlement aux nervures. Ces stries peuvent s'étendre sur toute la longueur de la feuille. Les feuilles infectées finissent par s'assécher et par brunir. Souvent, les marques laissées par l'alimentation des altises du maïs sont visibles à l'intérieur des lésions. La mort prématurée des feuilles peut abaisser les rendements et donner prise aux pourritures de la tige étant donné que des plants affaiblis y sont plus vulnérables.

Cycle biologique : La bactérie hiverne dans l'appareil digestif des altises du maïs au stade adulte, lesquelles se cachent pendant l'hiver dans des zones protégées (voir sous Altise du maïs). Les hivers doux peuvent amener une augmentation des populations d'altises. Les adultes qui hivernent se nourrissent de maïs du stade plantule à celui de cornet et causent chez les cultivars sensibles le flétrissement de la tige qui entraîne la perte totale du plant. Cette situation se produit rarement chez les hybrides, mais à l'occasion chez les parents de maïs de semence sensible. La génération d'altises adultes qui suit émerge après la floraison femelle et provoque des symptômes de flétrissement des feuilles qui sont fréquemment observés chez de nombreux hybrides. La transmission de la maladie aux semences est rare. Le plus souvent, les infections tardives qui surviennent après l'apparition des soies sont associées à de fortes populations d'altises. Le maïs sucré est souvent plus sensible que le maïs de grande culture et peut servir de réservoir de bactéries. La maladie frappe souvent les meilleurs champs. Aussi, la fertilité semble-t-elle jouer un rôle. La vulnérabilité à la maladie augmente dans les champs où les concentrations d'azote et de phosphore sont élevées.

Stratégies de lutte : Comme le maïs de grande culture possède une bonne tolérance à la maladie de Stewart, il ne nécessite aucune mesure de lutte. Certaines lignées de maïs de semence y sont sensibles et sont cotées en fonction de leur tolérance à la maladie. La maîtrise de cette maladie passe par la lutte contre l'altise du maïs.

Taches grises (Cercospora zeae-maydis)

Incidence : La maladie des taches grises est une maladie destructrice qui a des répercussions économiques importantes et qui, depuis dix ans, prend de l'ampleur dans les États voisins des Grands Lacs. Elle peut entraîner de lourdes pertes par temps chaud, pluvieux et humide.

Aspect : Les symptômes apparaissent sur le feuilles inférieures peu après l'apparition de la panicule mâle. La maladie produit des lésions caractéristiques de forme rectangulaire, étroites, chamois clair et allongées, de 2-7 cm (1-3 po) de long. Ces lésions sont parallèles aux nervures des feuilles. Avec le temps, les lésions deviennent grises et se fondent, tuant ou brûlant des feuilles entières.

Cycle biologique : La maladie des taches grises sévit surtout lorsque le maïs suit le maïs dans les champs recouverts d'une couche épaisse de résidus de maïs. Le champignon survit sous forme de filaments mycéliens dans des résidus de maïs. Les spores produites sur les résidus sont dispersées par le vent et les éclaboussures d'eau. Le temps doux et humide favorise la sporulation et la propagation de la maladie.

Stratégies de lutte : La rotation des cultures et le travail du sol réduisent les niveaux d'inoculum dans les résidus à la surface du sol. Dans les systèmes de travail réduit du sol, la rotation des cultures et le choix d'hybrides résistants peuvent s'imposer. La lutte chimique n'est habituellement pas nécessaire, mais elle peut être justifiée dans les champs où ont été semés des hybrides très sensibles ou là où la maladie s'est manifestée tôt en début de saison.

Rouille communice (Puccinia sorghi)

Incidence : Le champignon responsable de la rouille commune n'hiverne pas en Ontario. Il provient du maïs infecté du sud des États-Unis et du Mexique. Les spores sont poussées par le vent jusqu'en Ontario. Ces dernières années, la rouille n'a causé que des pertes économiques négligeables. Toutefois, il arrive certains printemps que des fronts orageux transportent les spores qui provoquent des infections en tout début de saison, La maladie est favorisée par une forte humidité et des températures fraîches le soir (14-18 °C), suivies de températures modérées le jour.

Aspect : La rouille commune se manifeste d'abord par l'apparition de taches ou de mouchetures jaunes sur les deux côtés des feuilles. Ces lésions se transforment en de petites pustules rouge brique qui font éclater la surface de la feuille (planche 113). La couleur rouge brique est le résultat de la libération des spores provenant des lésions ovales ou allongées de 2-10 mm (1/10-2/5 po) de long. Tout autour de ces lésions, la feuille jaunit. Il se forme des zones où les tissus brunissent et meurent. Dans les cas graves, la feuille entière meurt. Les spores rouge brique noircissent au fur et à mesure qu'elles viennent à maturité, ce qui fait paraître les lésions et la surface des feuilles noires.

Planche 113. Les symptômes habituels de la rouille commune vont des mouchetures jaunes aux pustules rouges.

Les symptômes habituels de la rouille commune vont des mouchetures jaunes aux pustules rouges.

Stratégies de lutte : Comme la rouille commune ne survit pas en Ontario, les pratiques culturales comme le travail réduit du sol et la rotation des cultures n'influencent pas l'évolution de la maladie. Les hybrides de maïs commerciaux possèdent une bonne tolérance à la maladie, mais bon nombre des lignées de maïs de semence et des hybrides de maïs sucré et de maïs de spécialité y sont très sensibles. Habituellement, le recours aux fongicides foliaires n'est pas nécessaire dans le maïs de grande culture, mais il peut être rentable chez les hybrides de maïs de spécialité, les lignées de maïs de semence ou les hybrides de maïs extrêmement sensibles.

Charbon commun (Ustilago zeae)

Charbon des inflorescences (Sporisorium holci-sorghi)

Incidence : En Ontario, le maïs peut être infecté par deux types de charbon, le charbon commun et le charbon des inflorescences. Le charbon commun est le plus fréquent. Dans les cas graves, plus de 25 % des plants de certains champs peuvent comporter des tumeurs caractéristiques.

Aspect : Le charbon commun hiverne dans le sol et dans les résidus de maïs. Les spores sont propagées par le vent et les éclaboussures d'eau. Tous les tissus aériens de la plante sont vulnérables, mais l'infection survient le plus souvent dans les zones où les tissus sont en croissance active. L'incidence du charbon commun augmente dans les champs où les plants ont été endommagés par la grêle, le gel, la sécheresse, les blessures mécaniques, la chute de la panicule mâle, les blessures par les herbicides, les insectes ou l'abrasion par le vent. De grandes quantités d'azote et de fumier favorisent cette maladie.

Des tumeurs grisâtres pouvant atteindre 10 cm (4 po) de diamètre se forment sur la tige, les épis et les panicules. Des tumeurs plus petites apparaissent souvent sur les feuilles (planche 114). Les tumeurs sont au départ recouvertes d'une membrane blanche qui finit par éclater et par libérer des spores sous forme de poussière brun foncé ou noire. Des tumeurs dures et sèches se forment sur les feuilles. Les tumeurs du charbon remplacent les grains. Contrairement au charbon commun, le charbon des inflorescences se manifeste uniquement sur les épis et les panicules mâles (planche 115).

Planche 114. L'incidence du charbon commun augmente là où les plants ont été endommagés.

L'incidence du charbon commun augmente là où les plants ont été endommagés.


Planche 115. Le charbon des inflorescences se manifeste sur les épis ou les panicules.

Le charbon des inflorescences se manifeste sur les épis ou les panicules.

Cycle biologique : Les spores qui s'échappent des tumeurs sont bien adaptées aux conditions de l'Ontario. Elles survivent dans le sol et les résidus de culture pendant de nombreuses années. Le printemps, ces spores germent pour produire de nouvelles spores qui infecteront les zones en croissance rapide ou les parties endommagées des plants. Les tumeurs qui se forment sont une source de spores qui infectent d'autres plants. La propagation de la maladie est favorisée par les averses de pluie, de forts taux d'humidité et des températures élevées conjuguées à des lésions sur les plants.

Stratégies de lutte : La plupart des hybrides de maïs commerciaux sont suffisamment résistants pour résister à de sérieuses épidémies. Toutefois, le charbon est présent à des degrés divers dans la plupart des champs et est encore très problématique dans bien des champs de maïs de semence. Le meilleur moyen de se prémunir contre le charbon est de minimiser les blessures mécaniques et les dommages causés par les herbicides, tout en maintenant un programme de fertilité équilibré. La rotation des cultures et le travail du sol sont de peu de secours, étant donné que les spores peuvent survivre pendant longtemps dans le sol.

Pourritures de la tige

Incidence : Ce sont des champignons qui sont responsables des pourritures de la tige. Les dommages qu'ils causent sont plus étendus si la culture est soumise à l'un ou l'autre des facteurs de stress suivants : périodes prolongées de conditions pluvieuses ou sèches, températures fraîches, temps couvert, présence de maladies foliaires (comme la rouille ou la maladie de Stewart), dommages aux feuilles et aux épis causés par la grêle, les oiseaux et le gel, pollinisation incomplète, déséquilibre nutritif, dommages causés par des insectes (notamment par la pyrale du maïs), fortes densités de peuplement, sensibilité de l'hybride et mauvaises conditions de sol.

La répartition et la prévalence des maladies responsables des pourritures de la tige et de l'épi varient d'une année à l'autre. Il reste que ces maladies sont présentes la plupart des années, même si leur incidence peut être faible. En Ontario, les dégâts attribuables aux pourritures de la tige sont essentiellement le fait de trois champignons : Anthracnose, Gibberella et Fusarium, mais peuvent aussi occasionnellement être attribuables aux champignons Diplodia et Pythium, comme le révèlent certaines observations faites en Ontario.

Répercussions des pourritures de la tige : Même si les divers champignons pathogènes provoquent des symptômes différents, ils produisent tous le même effet ultime sur le plant de maïs, à savoir de nuire au remplissage du grain et à l'intégrité des tiges, et d'accélérer la sénescence. Les champignons responsables des pourritures de la tige nuisent à la circulation des éléments nutritifs de trois façons :

  • Les sucres produits par la photosynthèse ou les glucides qui se trouvent dans les racines et la tige sont redirigés vers le champignon plutôt que vers l'épi. Ces éléments nutritifs permettent au champignon de croître et de se propager.
  • L'intégrité de la tige est compromise. Pour répondre aux besoins en éléments nutritifs à la fois de l'épi en croissance et des agents pathogènes, le plant de maïs commence à s'autodétruire en transportant les glucides solubles des racines et de la tige. Les problèmes surviennent lorsque le plant de maïs ne parvient plus à répondre aux besoins en éléments nutritifs de l'épi en formation. Il en résulte une tige plus faible (vulnérable à la verse), et une moins grande résistance aux champignons responsables des pourritures de la tige.
  • Enfin, l'infection et la colonisation obstruent bon nombre des voies qui servent normalement à la circulation des éléments nutritifs. Les pertes de rendement (de l'ordre généralement de 10 à 20 %) découlent du mauvais remplissage des épis et des pertes à la récolte occasionnées par la verse.

Stratégies générales de lutte générales contre les pourritures de la tige : La lutte contre les pourritures de la tige passe par une réduction des facteurs de stress, notamment, par :

  • le choix d'hybrides ayant une bonne résistance ou tolérance aux maladies foliaires et aux pourritures de la tige;
  • la lutte contre des insectes comme la pyrale du maïs;
  • une lutte efficace contre les mauvaises herbes;
  • des densités de peuplement adéquates;
  • un programme de fertilisation équilibré en N et en K;
  • la rotation des cultures;
  • le travail du sol.

Dépistage des pourritures de la tige

Deux méthodes sont utilisées pour faire le dépistage des pourritures de la tige.

Le test de la poussée

  1. Choisir au hasard 20 plants en cinq points différents du champ, soit un total de 100 plants.
  2. Pousser la partie supérieure du plant de manière à l'écarter de 15 à 20 cm (6-8 po) de l'axe vertical.
  3. Voir si le plant verse ou non.

Le test de la pincée

  1. Choisir au hasard 20 plants en cinq points différents du champ, soit un total de 100 plants.
  2. Enlever les feuilles inférieures et pincer la tige au-dessus des racines échasses.
  3. Noter le nombre de tiges pourries.

Si 10-15 % des plants ont versé ou sont pourris, devancer la récolte. Les éventuels frais de séchage supplémentaires seront compensés par la plus grande facilité avec laquelle se fera la récolte et la moins grande quantité de maïs qui sera laissée dans le champ.


Anthracnose (Colletotrichum graminicola)

Aspect : La pourriture de la tige causée par l'anthracnose est celle qui est la plus facile à identifier. Elle se manifeste par des plaques ou des stries étendues et brillantes de brun foncé à noir à la surface de la tige (planche 116). Ces plaques luisantes dont la couleur est altérée sont souvent observées à la base de la tige. Le fait de couper la tige longitudinalement révèle un cœur pourri dont la couleur est altérée. Un autre symptôme qui est associé à cette maladie est le dépérissement du sommet du plant. En général, ce symptôme apparaît fin août, début septembre, au moment ou les plants de maïs commencent à flétrir et à mourir graduellement de haut en bas, un peu comme à la suite d'un gel. On observe alors la mort prématurée des tissus au-dessus de l'épi alors que les tissus en deçà de l'épi restent verts. L'examen des tiges dans ces zones mortes montre les mêmes zones noires luisantes qui se trouvent à la base de la tige. Les plants qui présentent le symptôme du dépérissement du sommet du plant se trouvent dans des zones du champ qui ont été soumises à un stress en fin de saison.

Planche 116. Pourriture de la tige causée par l'anthracnose : le tissu interne de la tige de maïs est souvent noirci, et la moelle est pourrie.

Pourriture de la tige causée par l'anthracnose : le tissu interne de la tige de maïs est souvent noirci, et la moelle est pourrie

Cycle biologique : Le champignon responsable de la forme de l'anthracnose causant la pourriture de la tige survit dans les résidus de maïs et cause donc davantage de problèmes la deuxième année de culture du maïs. Du temps doux, pluvieux et humide favorise la propagation de cette maladie.


Fusariose de la tige (Fusarium graminearum/Gibberella zeae)
Pourriture fusarienne de la tige (Fusarium verticilloides)
Pourriture seche de la tige (Diplodia maydis)

Aspect : Ces trois champignons causent tous les symptômes généraux de la pourriture de la tige, notamment le flétrissement et la mort des plants. Les feuilles atteintes deviennent gris vert comme si elles avaient souffert du gel. Les trois types de pourritures causent des lésions ou taches externes sombres aux nœuds inférieurs. La pourriture de la tige causée par Diplodia produit de petites taches noires (pycnides) ancrées à l'intérieur de l'écorce de la tige. Ces taches sont difficiles à enlever, ce qui permet de les distinguer des petites taches rondes et noires aux nœuds inférieurs produites par Gibberella, qui elles sont faciles à gratter de la surface de la tige (planche 117). L'infection par Gibberella, appelée fusariose de la tige, se manifeste par les tissus de la moelle de la tige qui deviennent filamenteux et prennent une coloration allant du rose au rouge. Quant aux symptômes de la pourriture de la tige causée par Fusarium, appelée pourriture fusarienne de la tige, ils se présentent sous forme de lésions de brun clair à noir près des nœuds. À l'intérieur de la tige, le tissu pourri de la moelle prend une couleur rose saumon.

Planche 117. Tissu filamenteux et rouge caractéristique de la moelle, résultat d'une infection par Gibberella, responsable de la fusariose de la tige.

Tissu filamenteux et rouge caractéristique de la moelle, résultat d'une infection par Gibberella, responsable de la fusariose de la tige.

 

Piétin brun (Pythium aphanidermatum)

Aspect et cycle biologique : Le piétin brun, une pourriture de la tige causée par Pythium, produit les mêmes symptômes généraux sur la partie aérienne du plant que ceux qui sont associés aux autres organismes causant des pourritures de la tige. Pythium entre dans une catégorie distincte de champignons (qui comprend aussi Phytophthora), appelés « oomycètes » ou « champignons aquatiques » en raison de leur préférence pour les milieux humides. Une caractéristique unique de ce groupe de champignons est la production de spores mobiles qui peuvent se déplacer à travers un film d'eau dans les sols saturés. Les spores (étape de l'infection) sont capables de se déplacer physiquement vers les racines des plants de maïs et, une fois qu'ils y ont pénétré, de provoquer la maladie. Contrairement aux autres pourritures de la tige qui produisent des structures qui hivernent (points noirs) ou des moisissures, les plants de maïs infectés par Pythium ne présentent pas de signe visible de prolifération fongique à la base du plant. Quand on coupe longitudinalement la base de la tige et les racines, les tissus infectés par le piétin brun paraissent mouillés et spongieux et se désintègrent à la base des racines (il s'agit d'une « pourriture aqueuse »).

Pourritures et moisissures de l'épi

Stratégies de lutte contre les pourritures de l'épi : Le maïs qui présente une moisissure blanche peut contenir des toxines ou non, mais le maïs qui présente une moisissure rose ou violette est le plus souvent contaminé. Les pourritures causées par Fusarium ou Gibberella peuvent s'établir après la pollinisation dans des blessures occasionnées par des insectes ou des oiseaux. Du temps doux et pluvieux ou des rosées prolongées à un moment ou à un autre après la pollinisation peuvent provoquer la pourriture des épis qui sont endommagés.

Les moisissures vertes (Penicillium) et noires (Cladosporium ou Alternaria) ne posent normalement pas de problèmes. Toutefois, lorsqu'elles prolifèrent, elles peuvent être toxiques aux animaux. La propagation des pourritures de l'épi s'arrête lorsque le maïs est sec ou ensilé, mais le niveau des toxines nocives déjà présentes reste inchangé. Les champignons continuent de produire des toxines jusqu'à ce que la teneur en eau du maïs s'abaisse sous les 20 %. Pour en savoir plus long sur les fusariotoxicose, voir le site du MAAARO, www.ontario.ca/cultures.

Il est difficile de prévenir les pourritures et moisissures de l'épi étant donné que ces maladies sont très étroitement liées aux conditions météorologiques. Même s'il existe certains hybrides tolérants, aucun n'offre une résistance complète. La rotation des cultures peut réduire l'incidence de la pourriture sèche de l'épi (causée par Diplodia). Il a été démontré que certaines pratiques culturales permettent plus ou moins de prévenir les pourritures de l'épi et des grains. Il est possible de minimiser ces maladies par une récolte à point nommé et de bonnes méthodes de séchage et d'entreposage.


Devancer la récolte du maïs dès que le champ comporte 10 % de tiges pourries afin de freiner la propagation de la maladie et la production éventuelle de mycotoxines.


En présence de pourriture de l'épi, il est conseillé de prendre les précautions suivantes relativement à la récolte, à l'entreposage et à l'alimentation des animaux :

  • Procéder à la récolte le plus tôt possible.
  • Si des dommages par les oiseaux sont évidents, récolter d'abord les rangs qui ne sont pas endommagés et garder et manipuler les grains provenant de ces champs séparément.
  • Régler le matériel de récolte de manière à minimiser les dommages au maïs. Nettoyer à fond le maïs pour le débarrasser des morceaux de rafles, des petits grains et des particules fines.
  • Refroidir le grain après le séchage.
  • Nettoyer les cellules de stockage avant d'y entreposer le nouveau grain.
  • Inspecter souvent le grain entreposé pour en vérifier la température et déceler les taches d'humidité ainsi que la présence d'insectes et de moisissures.
  • Maîtriser les insectes qui envahissent le maïs entreposé.
  • Faire preuve de prudence au moment de servir aux animaux du maïs moisi, surtout aux porcs. Les moisissures roses ou rougeâtres sont particulièrement toxiques. Faire analyser les échantillons suspects pour vérifier la présence de toxines.
    Voir la liste des laboratoires à l'annexe D, Laboratoires d'analyse - aliments pour animaux et mycotoxines/moisissures.

Fusariose de l'épi et du grain (Fusarium verticilloides)

Incidence : La fusariose de l'épi et du grain est fréquente en Ontario. Contrairement à la fusariose de l'épi (causée par Gibberella), la fusariose de l'épi et du grain (causée par Fusarium) infecte des grains disséminés tout autour de la rafle, parmi des grains sains ou endommagés (par la pyrale du maïs ou les oiseaux). Les soies sont sensibles aux infections pendant les cinq jours qui suivent leur apparition.

Aspect : Cette infection par Fusarium produit une moisissure de blanche à rose ou de couleur saumon (planche 118). Il arrive qu'on observe des stries blanches ou un rayonnement à la surface des grains infectés. Même si de nombreuses espèces de champignons appartenant au genre Fusarium peuvent être responsables de ces symptômes, la principale espèce préoccupante en Ontario est Fusarium verticillioides.

Planche 118. Fusariose de l'épi et du grain. À noter : la présence d'un feutre mycélien blanc formant un rayonnement sur les grains.

Fusariose de l'épi et du grain. À noter : la présence d'un feutre mycélien blanc formant un rayonnement sur les grains.

Cycle biologique : Fusarium survit dans les débris de maïs. Ce champignon est préoccupant du fait qu'il produit une toxine appelée fumonisine. Or, il a été prouvé que cette substance est cancérogène pour les humains. Les conditions environnementales qui favorisent la maladie sont du temps doux et pluvieux pendant les deux à trois semaines qui suivent l'apparition des soies.

 

Fusariose de l'épi (Fusarium graminearum, Gibberella zeae)

Incidence : La fusariose de l'épi est la forme de moisissure de l'épi la plus fréquente et la plus grave en Ontario. Elle est causée par Gibberella zeae, qui correspond à la phase reproductive sexuée de Fusarium graminearium. Ce champignon infecte non seulement le maïs mais également les petites céréales comme le blé. Bien des phytopathologistes estiment que les années où l'incidence de la fusariose de l'épi est forte dans le blé, on peut s'attendre à ce qu'elle fasse davantage de dégâts dans le maïs.

Aspect : Même si le champignon peut produire un feutre blanc qui peut être facilement confondu avec un symptôme de la fusariose de l'épi et du grain, la fusariose de l'épi est facilement identifiable au moment où elle produit une moisissure rouge ou rose foncée (violacée) caractéristique (planche 119).

Planche 119. La fusariose de l'épi (causée par Gibberella) débute souvent à l'extrémité de l'épi puis progresse vers la base. Remarquer la couleur allant du rose au rouge.

La fusariose de l'épi (causée par Gibberella) débute souvent à l'extrémité de l'épi puis progresse vers la base. Remarquer la couleur allant du rose au rouge.


Mise en garde : En plus de sa gravité sur le plan économique compte tenu des pertes de rendement qu'elle occasionne, la fusariose de l'épi (Gibberella zeae et Fusarium graminearum) produit deux mycotoxines redoutables, le déoxynivalénol (vomitoxine ou DON) et la zéaralénone. Ces mycotoxines sont particulièrement redoutées par les producteurs de porcs et d'autres animaux d'élevage étant donné qu'elles peuvent nuire à leurs animaux. Les aliments qui renferment même de faibles concentrations de vomitoxine (1 ppm) peuvent abaisser le gain de poids et amener les porcs à refuser de s'alimenter. La zéaralénone est un oestrogène et amène des problèmes de reproduction, notamment l'infertilité et l'avortement spontané du bétail, particulièrement des porcs. Les céréales fourragères qui proviennent d'un champ dont 5 % des épis sont infectés par la fusariose devraient être soumis à des tests de dépistage de ces toxines. Voir l'annexe D, Laboratoires d'analyse - aliments pour animaux et mycotoxines/moisissures.


Cycle biologique : L'infection gagne d'abord les canaux des soies, si bien que, la plupart du temps, elle commence à se propager par la pointe de l'épi et descend le long de l'épi. Dans les cas graves, le gros de l'épi peut être recouvert d'un feutre mycélien. Les soies sont plus vulnérables de deux à dix jours suivant leur apparition. Durant cette période, du temps frais et pluvieux est propice aux infections.

Pourriture sèche de l'épi (Diplodia maydis)

Incidence : Des trois principaux types de pourriture qui touchent l'épi en Ontario, la pourriture sèche de l'épi est le moins fréquent. Cette maladie est causée par Diplodia maydis et est favorisée par des conditions fraîches et pluvieuses au stade du remplissage des grains.

Aspect : Le symptôme caractéristique sur l'épi est une moisissure blanche qui commence à la base de l'épi et qui finit par couvrir et faire pourrir l'épi au complet. De la moisissure dans laquelle sont noyées de petites protubérances noires (des pycnides) peut aussi se former sur les spathes. Les pycnides sont les organes reproducteurs du champignon; elles produisent de nouvelles spores. Le champignon en cause ne produit pas de toxines connues.

Cycle biologique : Le champignon responsable de la pourriture sèche de l'épi hiverne dans les débris de maïs laissés à la surface du sol. Les spores qui sont produites pendant les épisodes de pluie peuvent infecter les soies et les spathes ou pénétrer par les tissus endommagés par les oiseaux ou les insectes. La propagation de la maladie est favorisée par du temps frais et pluvieux au cours des vingt et un premiers jours suivant l'apparition des soies.

 


Auteur : Le personnel du MAAARO
Date de création : 20 août 2009
Dernière révision : 20 août 2009

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