Maladies des grandes cultures
: Maladies des céréales
Publication
811 : Guide agronomique des grandes cultures > Maladies
des grandes cultures > Maladies des céréales
Maladies des plantules
Pourriture des semences, fonte des semis et
pourritures des racines
Incidence et stratégies de lutte : Voir sous
Généralités
sur les pourritures des semences et maladies des plantules.
Cycle biologique : Des organismes qui colonisent les
semences et le sol sont responsables de la pourriture des semences et
de la fonte des semis en début de saison ainsi que de la carie
du grain (planche 144). Traiter à l'aide
d'un fongicide toute la semence de blé, afin de maîtriser
les maladies transmises par le sol ou la semence, notamment les pourritures
des semences, la fonte des semis, les maladies causées par Septoria
et transmises par la semence, la fonte des semis causée par Fusarium,
la carie naine, la carie commune et le charbon nu, qui sont transmis par
la semence. La meilleure protection contre la fonte des semis, le charbon
nu et les caries consiste à traiter les semences à l'aide
d'une combinaison de fongicides, étant donné qu'aucun fongicide
n'est réellement efficace contre toutes ces maladies. Un bon recouvrement
des semences est indispensable à une efficacité optimale
du traitement. Ces maladies continuent d'occasionner de lourdes pertes
dans les champs où les semences ne subissent pas un traitement
fongicide.
Planche 144. La fonte des semis est causée
par plusieurs organismes. Bien des plantules ne lèvent pas ou lèvent,
mais paraissent jaunes et comportent de la pourriture brune ou brun-rouge
à la base de leur tige.

Fonte des semis
Piétin fusarien (F. culmorum, F. graminearum
et F. avenaceum)
Incidence : La fonte des semis causée par Fusarium
peut avoir été transmise par la semence ou les résidus
de culture. Un peuplement qui s'établit mal, une levée inégale,
des trous dans le champ ou des manques sont les premiers symptômes
d'une infection de la semence ou des plantules (depuis le moment des semis
jusqu'à plusieurs semaines après la levée).
Aspect : Les semences pourrissent ou les plantules meurent
avant leur levée. Les plantules qui lèvent sont jaunes et
rabougries; leur collet, leurs racines ou la base de leur tige présentent
une pourriture allant du brun au brun rouge. La tige peut comporter des
stries brunes ou rougeâtres. Les lésions sont de forme et
de taille variables et n'ont pas de pourtours définis. La maladie
peut aussi frapper des plants plus vieux, ce qui cause une réduction
du nombre ou de la taille des talles qui viennent à maturité
prématurément et qui comportent des épis blancs et
ratatinés. Les plants infectés sont moins vigoureux.
Cycle biologique : Ces champignons infectent de nombreuses
céréales, graminées et autres plantes, dont le maïs.
Ils survivent dans les graines, dans les résidus de culture et
dans le sol. Dans les céréales d'automne, ils envahissent
le collet, les racines ou les gaines foliaires. À ce stade, ils
peuvent provoquer la pourriture des semences et la fonte des semis. Au
printemps, les lésions continuent de s'étendre, donnant
lieu à la pourriture du collet, de la tige et des racines. Les
sols humides à l'automne favorisent l'infection du plant, mais
les sols secs et de fortes concentrations d'engrais azoté favorisent
la progression de la maladie au printemps. Les champignons, surtout F.
graminearum, infectent aussi les épis et contaminent les graines.
La maladie risque de causer davantage de dégâts lorsque le
blé suit le blé, l'orge ou le maïs.
Stratégies de lutte : Retarder les semis jusqu'au
moment où les conditions sont favorables à une levée
rapide et uniforme. Maintenir un programme de fertilisation équilibré.
Il existe des traitements des semences à base de fongicides qui
sont très efficaces contre les agents pathogènes transmis
par les semences ou par le sol. Les autres stratégies de lutte
consistent à utiliser des cultivars tolérants et à
semer des graines exemptes de ces maladies. Inscrire le blé dans
une rotation sur au moins trois ans étant donné que les
agents pathogènes peuvent survivre dans les résidus de blé.
Éviter de semer du blé après du maïs.
Piétin brun (Pythium spp.)
Incidence : Les dommages causés au blé
par le piétin brun sont fréquents en Ontario. Il s'agit
de l'une des principales maladies qui affectent les plantules des petites
céréales. Plusieurs espèces appartenant au genre
Pythium s'attaquent aux petites céréales et, même
si Pythium est présent dans tous les sols, les pertes les plus
grandes surviennent dans les sols argileux froids et détrempés.
Pythium (comme Phytophthora) cause une pourriture aqueuse qui est favorisée
par un milieu mouillé et saturé d'eau. L'infection est donc
étroitement liée au taux d'humidité du sol et à
sa teneur en argile. Plus le sol est détrempé et plus il
renferme d'argile, plus les risques d'infection sont grands. Pythium produits
des spores mobiles qui migrent dans l'eau pelliculaire du sol.
Aspect : Même si l'infection gagne d'abord l'embryon
un ou deux jours après les semis, les plantules en meurent rarement.
Les plants infectés paraissent rabougris et ont de petites feuilles
allant du vert pâle au jaune. Ces symptômes laissent souvent
croire à tort à une carence nutritive. Souvent, les symptômes
peuvent du reste passer inaperçus jusqu'au printemps, moment où
les plants non infectés commencent à croître rapidement.
Les racines infectées sont brun clair et comportent peu de poils
absorbants, sinon aucun. L'infection commence à la pointe des racines
et détruit les poils absorbants et les radicelles fines, qui jouent
un rôle primordial dans l'absorption des éléments
nutritifs. Les plants atteints se trouvent souvent par plaques et ont
un aspect maladif. Il arrive que les plants gravement atteints se brisent
au niveau du sol.
Cycle biologique : Les champignons survivent dans le
sol et dans les résidus de végétaux. Ils produisent
des spores qui, en se déplaçant dans l'eau pelliculaire
du sol, envahissent les racines du blé. Certaines espèces
sont plus dévastatrices dans les sols chauds, tandis que d'autres
préfèrent les sols froids. Les dégâts causés
sont moins importants lorsque la teneur du sol en phosphate est propice
au bon développement des racines.
Stratégies de lutte : Minimiser le compactage
du sol et débarrasser le sol de l'excès d'eau par un drainage
accru. Les traitements des semences contenant du métalaxyl ou du
métalaxyl-M peuvent réduire les infections. Retarder les
semis jusqu'à ce que les conditions de sol assurent une levée
rapide et uniforme.
Piétin-échaudage (Gaeumannomyces
graminis)
Incidence : Le piétin-échaudage est une
maladie fongique qui peut infecter le blé, l'orge, le seigle, diverses
graminées et, dans une moindre mesure, l'avoine.
Aspect : Le piétin-échaudage se manifeste
habituellement au stade de l'épiaison lorsque les épis,
les tiges et les feuilles des plants gravement atteints blanchissent prématurément
(planche 145). Il ne faut que deux ou trois
jours pour que les talles blanchissent. Les plants atteints sont groupés
en plaques circulaires de un à plusieurs mètres de diamètre,
ou se retrouvent de manière isolée ou par petits groupes
dispersés à la grandeur du champ. Bien des plants semblent
de moyennement à gravement rabougris et portent peu de talles.
Les épis blanchis (épis blancs ou morts) sont normalement
stériles et apparaissent habituellement de trois à cinq
semaines avant la récolte. Des épis blancs peuvent par ailleurs
être attribuables à d'autres facteurs que le piétin
échaudage. Des moisissures de couleur sombre ont tendance à
croître sur les épis blancs, particulièrement par
temps pluvieux. Le blanchiment à peine perceptible se manifeste
par suite d'une infection par une maladie des racines, du collet et de
la base de la tige.
Planche 145. Le piétin-échaudage
est visible à l'épiaison. Cette maladie racinaire fait blanchir
l'épi, la tige et les feuilles.

Les racines des plants atteints sont éparses, noircies et cassantes.
La pourriture sombre s'étend souvent au collet et à la base
de la tige. L'enlèvement de la gaine foliaire la plus basse révèle
sur la tige une couche foncée et luisante de champignons qui se
gratte facilement. Les tiges affaiblies penchent ou versent en différentes
directions comme dans le cas du piétin-verse. La maladie est souvent
confinée aux racines. Aucun symptôme n'apparaît alors
sur les collets, les tiges, ni les épis. Le champignon responsable
du piétin-échaudage dans le blé produit des spores
à l'intérieur de minuscules structures noires (périthèces)
sur la gaine foliaire de la feuille du bas et sur les résidus de
chaume à la surface du sol.
Cycle biologique : Les résidus de culture infestés
qui restent dans le sol sont la principale source de champignons. Ceux-ci
survivent le mieux dans les résidus lorsque la teneur du sol en
azote est élevée. Des filaments bruns mycéliens se
forment dans les résidus, dans le sol et à la surface des
racines, du collet et des tiges. Le champignon se propage d'un plant à
l'autre par les " ponts " que forment les racines. Il est souvent
possible de voir à la loupe les filaments bruns sur les racines.
Ceux-ci sont présents même lorsque les racines restent blanchâtres.
Les racines noircissent après que le champignon y a pénétré.
Une pourriture sèche brunâtre se forme sur les collets et
les tiges envahies.
La gravité du piétin-échaudage augmente généralement
au fur et à mesure que le pH s'élève et que la fertilité
du sol (surtout les concentrations d'azote et de phosphore) diminuent.
Les sols détrempés, surtout au printemps et au début
de l'été, sont très propices à cette maladie.
Le compactage du sol aggrave le piétin-échaudage qui est
par ailleurs davantage favorisé par du temps frais (12-18 °C)
que par du temps doux. La maladie est plus grave lorsque le blé
est semé tôt que lorsqu'il est semé près de
la fin septembre ou en octobre. Dans les monocultures de blé, le
piétin-échaudage prend de plus en plus d'ampleur les trois
à cinq premières années, mais décline par
la suite. Cette maladie prédispose le blé à souffrir
d'un stress hydrique, surtout en juin et en juillet.
Stratégies de lutte : Surveiller de près
la fertilité du sol. Des sols allant de neutres à alcalins
et des sols pauvres sont plus à risque. Ne pas épandre de
chaux avant les semis. Les sols carencés en potassium et en phosphore
rendent les plants plus vulnérables en raison de la mauvaise croissance
des racines. L'azote des nitrates augmente la gravité de la maladie.
Maîtriser les graminées et éviter les semis hâtifs.
Pratiquer une rotation sur trois ans et éviter que le blé
ne suive le blé.
Maladies des feuilles et des tiges
Piétin-verse (Tapesia yallundae)
Rhizoctone ocellé (Rhizoctonia cerealis)
Incidence : Les champignons responsables de ces maladies
peuvent infecter de nombreuses cultures. Les maladies qu'ils apportent
deviennent problématiques dans les champs ou les régions
où les cultures céréalières prédominent
et où les conditions de croissance sont fraîches et humides.
Aspect : Le piétin-verse et le rhizoctone ocellé
produisent des lésions sur les gaines foliaires inférieures
et les tiges de la plupart des céréales (planche
146). Le blé d'automne est plus sensible que les céréales
de printemps. Au printemps, les deux maladies produisent des lésions
elliptiques en forme d'il sur les entrenuds inférieurs
près de la ligne de sol. Ces lésions ont une bordure brun
foncé et un cur chamois ou couleur paille.
Planche 146 Le piétin-verse et le rhizoctone
ocellé produisent des lésions elliptiques en forme d'il
sur l'entre-nud inférieur, près de la ligne de sol.

Il est difficile de faire la distinction entre les deux maladies. Les
taches de rhizoctone ocellé sont plus superficielles et leurs pourtours
sont nettement définis. Les plants infectés par le piétin-verse
présentent un feutre mycélien dans la cavité de la
tige à sa base. Dans les cas graves, les plants infectés
par ces maladies peuvent verser, plier ou casser à la ligne de
sol en raison de l'affaiblissement de la tige dans les zones entourant
les lésions. Ces maladies se manifestent aussi par des baisses
de rendement, des épis blancs et la mort des talles.
Cycle biologique : Le champignon du piétin-verse
survit dans les résidus de végétaux infectés
pendant trois ans ou plus et prolifère dans des conditions fraîches
et humides. Le champignon du rhizoctone ocellé survit dans le sol
et sur les résidus de culture infectés. Cette maladie frappe
plus durement dans les sols légers, secs et acides les printemps
frais. Du temps sec à l'automne et au printemps favorise le développement
du rhizoctone ocellé.
Stratégies de lutte : Éviter de semer
des céréales deux années d'affilée, l'idéal
étant de laisser au moins deux ans entre les cultures de céréales.
Les pratiques qui enfouissent le chaume dans le sol réduisent efficacement
la gravité du piétin-verse. Cette maladie peut être
grave lorsque le chaume reste à la surface. Le rhizoctone ocellé
peut être grave lorsque les semis sont hâtifs et profonds.
Des traitements des semences à l'aide de fongicides peuvent réduire
les pertes.
Moissures nivéales (Microdochium nivale,
Typhula spp.)
Incidence : Même si les moisissures nivéales
ne se manifestent que sous des conditions environnementales particulières,
elles sont présentes à des degrés divers chaque année.
Elles frappent plus durement les années où une couche de
neige apparaît tôt à l'automne (mi-novembre) et persiste
jusqu'à la fin de mars ou jusqu'en avril.
Aspect : Les symptômes des moisissures nivéales
se manifestent peu après la fonte des neiges. Des plants isolés,
des groupes de plants ou de larges superficies peuvent être atteints.
La maladie se reconnaît d'abord et avant tout aux plants morts qui
sont visqueux, bruns et pourris (planche 147).
Le blé semé tôt est habituellement touché étant
donné qu'une croissance végétative luxuriante favorise
l'infection et contribue à la propagation de la maladie d'un plant
à l'autre. Les plants qui ne meurent pas (c.-à-d. ceux qui
sont d'apparence saine) peuvent présenter une ou de nombreuses
feuilles qui sont totalement ou partiellement nécrosées
(c.-à-d. dont les pointes sont brunes). Les symptômes sont
plus prononcés dans les zones du champ qui ont reçu une
épaisse couche de neige, notamment sur les pourtours du champ,
dans les tournières et au bas des collines. Les dommages typiques
causés par l'hiver dans le blé et attribuables à
d'autres causes se manifesteront vraisemblablement dans les zones où
la neige ne s'est pas accumulée ou qui ont été couvertes
de glace. Les symptômes sont prononcés dans les champs ensemencés
avec de la semence non traitée ou de mauvaise qualité. Du
temps doux et sec au printemps freine la maladie et favorise une croissance
rapide des plants. Les plants lourdement endommagés se remettent
souvent de la maladie avec peu de répercussions sur le rendement,
sinon aucune.
Planche 147. Les moisissures nivéales
apparaissent à la fonte des neiges après que la culture
est restée ensevelie sous la neige pendant une longue période.
Les plants morts sont visqueux, bruns et pourris.

Cycle biologique : Le groupe de champignons qui causent
les moisissures nivéales tolèrent les basses températures
et se multiplient sous une épaisse couche de neige. Des couches
de neige de plus de 30 cm (12 po) isolent le sol et l'empêchent
de geler tout en maintenant la température à la surface
du sol à 0 °C ou tout juste au-dessus. Dans ces conditions,
la photosynthèse est considérablement réduite et
le plant de blé en croissance n'a pas le choix que d'utiliser les
glucides et protéines en réserve pour survivre. Le plant
subit donc un stress et est plus vulnérable aux maladies, en particulier
aux moisissures nivéales.
Stratégies de lutte : Aucun cultivar de blé
d'automne n'est résistant et les cultivars n'affichent pas tous
la même tolérance. Les traitements des semences sont très
efficaces contre les moisissures nivéales, mais un bon recouvrement
est indispensable. Les années où les moisissures nivéales
causent des réductions considérables de la densité
de peuplement, il faut réensemencer le champ d'une céréale
de printemps ou de soya. La maladie n'affecte pas les céréales
semées au printemps.
Rouille des feuilles (Puccinia triticinia)
Rouille des tiges (Puccinia graminis)
Rouille jaune (Puccinia striiformis)
Incidence : Divers types de rouille affectent le blé
et l'orge. Les trois types de rouille qui affectent le blé sont
la rouille des feuilles, la rouille des tiges et la rouille jaune (voir
le tableau 14-3, Comparaison des principales rouilles
des petites céréales en Ontario, sur cette page). Des
trois, la rouille des feuilles est la plus courante. Elle se manifeste
à des degrés divers chaque année et menace principalement
la production de petites céréales. La rouille des tiges,
malgré son recul, peut être un problème grave lorsque
de petites céréales sont cultivées près de
broussailles d'épine-vinette. Une nouvelle rouille des tiges menace
la production de blé dans d'autres régions du monde. L'incidence
de la rouille jaune a augmenté au cours des dernières années,
mais cette augmentation est étroitement liée aux conditions
environnementales présentes en début de saison. La plupart
des années, les pertes de rendement associées aux trois
types de rouille sont faibles, car la maladie se développe souvent
une fois que le blé d'automne est presque parvenu à maturité.
Plus l'infection se manifeste hâtivement, plus cela nuit au rendement.
Tableau 14-3. Comparaison des principales
rouilles des petites céréales en Ontario
| |
Rouille des feuilles |
Rouille jaune |
Rouille des tiges |
| Organes atteints |
feuilles |
feuilles et épis |
tiges et feuilles |
| Couleur de la lésion (pustule) |
orangé |
jaune |
rouge foncé |
| Forme de la lésion |
simple |
rayures |
simple |
| Fourchette de températures |
15-27 °C |
12-21 °C |
18-30 °C |
| Fréquence en Ontario |
annuelle; sévérité variable |
croissante depuis 2 ans |
très faible |
Aspect : La rouille des feuilles affecte le limbe et
la gaine foliaire, tandis que la rouille des tiges peut se développer
sur les feuilles, les gaines foliaires, la tige et les épis. La
rouille des feuilles se manifeste d'abord par l'apparition de petites
pustules jaune-brun qui renferment des spores allant du orangé
au brun orangé (planche 148). Dans la
plupart des cas, l'infection apparaît sur le dessus des feuilles
et des gaines foliaires. Dans les cas graves, les feuilles jaunissent
et brunissent. Dans les céréales de printemps, les champs
semés tard sont plus vulnérables à cette maladie.
Parmi les cultivars de blé d'automne, ce sont ceux qui parviennent
à maturité tardivement qui sont les plus à risque.
Planche 148. La rouille des feuilles affecte
le limbe et la gaine foliaire. Les petites taches jaune-brun contiennent
des spores allant de l'orangé au brun orangé.

La rouille des tiges se manifeste d'abord par l'apparition de taches
brun rougeâtre sur les deux faces des feuilles, la tige et les épis
(planche 149). Quand les taches s'étendent,
elles éclatent et libèrent des spores dans l'air. La surface
des tissus paraît alors déchiquetée.
Planche 149. La rouille des tiges peut affecter
la gaine foliaire, la tige et l'épi.

Cycle biologique : Le champignon responsable de la rouille
des tiges a besoin de l'épine-vinette pour compléter son
cycle biologique. Le champignon responsable de la rouille des feuilles,
par contre, hiverne rarement dans la province; il est porté par
les vents orageux en provenance des plants infectés des régions
productrices de blé du sud des États-Unis et du Mexique.
La plupart des années, les spores de la rouille des feuilles arrivent
tard (après la floraison) et engendrent donc peu de pertes économiques.
Ces maladies frappent plus durement lorsque les températures sont
douces (20-28 °C le jour, et 16-22 °C la nuit) et que la culture
est soumise à des rosées fréquentes du stade sortie
de la feuille de l'épi à la floraison (stades 37 à
71 sur l'échelle de Zadok).
Contrairement à la rouille des feuilles et à la rouille
des tiges, la rouille jaune n'a pas besoin d'un hôte intermédiaire
pour compléter son cycle biologique . En plus du blé, ses
hôtes comprennent de nombreuses graminées telles que le seigle,
l'orge et de nombreuses graminées vivaces qui lui servent de réservoir.
L'agent responsable de la rouille jaune n'hiverne pas en Ontario et, parmi
les agents responsables des trois types de rouille, c'est lui qui préfère
les températures plus fraîches. L'évolution de la
rouille jaune est favorisée par un printemps précoce ou
une période prolongée de temps frais (de 10 à 15
°C et des feuilles qui restent mouillées).
Tableau 14-4. Comparaison des maladies
causées par le virus de la jaunisse nanisante de l'orge, le virus
de la mosaïque à Polymyxa du blé et le virus
de la mosaïque striée du blé
| Virus |
Transmission |
Principaux symptômes |
Hôtes additionnels |
|
Virus de la jaunisse nanisante de l'orge
|
Pucerons
|
Chlorose générale, coloration rouge ou violacée,
rabougrissement
|
Orge, avoine, maïs, sorgho, millet, graminées
|
|
Virus de la mosaïque à Polymyxa du blé
|
Champignon terricole
(Polymyxa graminis)
|
Mosaïque vert-jaune, rabougrissement, formation de rosettes
|
Seigle, orge, graminées, sorgho
|
|
Virus de la mosaïque striée du blé
|
Champignon terricole
(Polymyxa graminis)
|
Mosaïque jaune-vert, bigarrures, filosité
|
Seigle, orge
|
Stratégies de lutte : Éliminer l'hôte
intermédiaire, l'épine-vinette, pour réduire l'incidence
de la rouille des tiges. Utiliser dans la mesure du possible des cultivars
résistants. Comme la rouille des feuilles apparaît habituellement
en premier sur les deux feuilles du haut, il est important, au cours des
opérations de dépistage, de surveiller les signes de la
maladie sur la deuxième feuille en partant du haut du plant, et
ce, avant la sortie de l'épi, et la feuille de l'épi durant
la sortie de l'épi. Traiter les feuilles à l'aide de fongicides
foliaires lorsque la feuille de l'épi compte 5-10 pustules ou que
1 % de la zone de la feuille de l'épi est touché (de la
sortie de l'épi jusqu'à la fin de la floraison) et que du
temps humide et pluvieux s'annonce. Le fait de semer les céréales
de printemps tôt permet aux plants de parvenir à maturité
avant que les niveaux d'inoculum ne soient élevés. Dans
l'avoine, la rouille couronnée est liée à la présence
de nerprun commun qui est l'hôte intermédiaire de l'agent
pathogène.
Jaunisse nanistante de l'orge
Incidence : On dit de la jaunisse nanisante de l'orge
qu'elle est la maladie virale des céréales la plus largement
répandue et la plus dévastatrice. Le virus de la jaunisse
nanisante de l'orge infecte une vaste gamme d'hôtes appartenant
à la famille des graminées, dont le blé, l'avoine
et l'orge. De ces trois céréales, l'avoine est considérée
comme étant la plus sensible.
Aspect : Les premiers symptômes sont le rabougrissement
du plant accompagné de la coloration jaune, rouge ou violacée
de la pointe des feuilles (planche 150). La
jaunisse nanisante de l'orge est souvent confondue avec des carences nutritives,
des désordres liés à des facteurs environnementaux
ou d'autres maladies virales, comme celles qui sont causées par
le virus de la mosaïque striée du blé et le virus de
la mosaïque à Polymyxa du blé (voir le tableau
14-4, Comparaison des maladies causées par le virus de la jaunisse
nanisante de l'orge, le virus de la mosaïque à Polymyxa du
blé et le virus de la mosaïque striée du blé).
Il est très difficile d'identifier les maladies à virus
et il faut s'en remettre à des analyses sérologiques précises.
L'idéal est de transmettre des échantillons à un
laboratoire de diagnostic offrant de telles analyses.
Planche 150. Le virus de la jaunisse nanisante
de l'orge est transmis par les pucerons. L'infection se manifeste par
le rabougrissement des plants accompagné d'une coloration jaune,
rouge ou violacée de la pointe des feuilles.

Cycle biologique : Le virus de la jaunisse nanisante
de l'orge est transmis uniquement par les pucerons. Plusieurs espèces
de pucerons ont été identifiées comme vecteurs de
cette maladie, notamment le puceron vert des graminées, le puceron
du maïs, le puceron des céréales et le puceron du merisier
à grappes. Les pucerons causent des dommages en s'alimentant, étant
donné qu'ils se nourrissent directement de la sève de leurs
hôtes et qu'ils les privent des éléments nutritifs
dont ils ont besoin pour croître. Le contact avec la sève
des végétaux fait des pucerons les vecteurs parfaits pour
le virus de la jaunisse nanisante de l'orge. Les plants infectés
par ce virus se trouvent par plaques de 1-2 m (6 pi 6 po) de diamètre,
mais peuvent aussi être distribués uniformément à
la grandeur du champ si les pucerons y pullulent partout. Les pertes de
rendement sont très étroitement liées au stade de
la culture où se produit l'infection. En général,
les pertes sont plus importantes lorsque l'infection se propage aux jeunes
plantules à l'automne (> 30 %) plutôt qu'au printemps.
Stratégies de lutte : Il existe peu de méthodes
de lutte. Dans les céréales d'automne, la meilleure stratégie
consiste à éviter de semer tôt. Les semis hâtifs
laissent en effet plus de temps aux pucerons pour infecter les plants
à l'automne. Les dates de semis optimales ou recommandées
pour le blé d'automne tiennent compte des dommages causés
par le virus de la jaunisse nanisante de l'orge et par la mouche de Hesse,
et visent l'obtention d'un plant vigoureux qui affichera un maximum de
rusticité hivernale. Voir la figure
4-4, Dates de semis optimales du blé d'automne en Ontario.
Le fait de semer plus tôt, les automnes doux permet aux pucerons
de survivre plus longtemps qu'à l'habitude. Les semis hâtifs
constituent un avantage dans les céréales de printemps.
Les pulvérisations de produits chimiques visant à enrayer
les vecteurs que sont les pucerons ne sont ni pratiques, ni économiques,
car le dépistage des pucerons est très difficile. Quand
les populations de pucerons atteignent des niveaux où ils sont
visibles, la transmission du virus a fort probablement déjà
commencé. Les pulvérisations préventives ne sont
pas non plus rentables étant donné que cette maladie est
difficile à prévoir.
Mosaïque à polymyxa du blé
Aïque striée du blé
Incidence : Le virus de la mosaïque à Polymyxa
du blé et le virus de la mosaïque striée du blé
sont souvent pris l'un pour l'autre étant donné qu'ils produisent
les mêmes symptômes, ont le même cycle biologique et
présentent le même schéma dans le champ. Il arrive
par ailleurs que les deux virus soient présents dans le même
champ.
Aspect : Les symptômes typiques de la mosaïque
à Polymyxa du blé sur les feuilles de blé sont une
mosaïque d'îlots verts ou de taches sur fond jaune. Les symptômes
foliaires typiques de la mosaïque striée du blé sont
des stries de jaune à vert pâle qui sont parallèles
aux nervures des feuilles. Les stries sont souvent fuselées, ce
qui donne aux lésions l'aspect de filosités. Ces symptômes
se distinguent des lésions causées par le virus de la mosaïque
à Polymyxa du blé qui forment plutôt des taches. Le
virus de la mosaïque striée du blé peut aussi causer
le rabougrissement des plants et nuire au tallage des plants infectés.
Cycle biologique : Il n'est pas rare de trouver de nombreux
plants qui sont infectés par les deux virus, étant donné
que ceux-ci sont propagés par le même vecteur. Le lien commun
est un champignon terricole appelé Polymyxa graminis. Ce champignon
produit des zoospores (spores mobiles dans l'eau) qui envahissent les
poils absorbants et les cellules épidermiques des jeunes plants
durant les périodes où le sol est fortement chargé
d'humidité ou dans les zones basses et détrempées
du champ. Le virus est transmis aux plants par les zoospores. Le champignon
peut demeurer dans le sol pendant au moins huit ans. L'important n'est
pas tant de déterminer lequel des deux virus est présent,
mais bien de déterminer que les symptômes ne sont pas attribuables
à d'autres causes (champignons, bactéries ou autres). Les
champs à risque sont ceux qui ont servi à plusieurs reprises
à la culture du blé d'automne au cours des huit à
dix dernières années. Les pertes de rendement s'échelonnent
de 5 à 40 %, mais en général elles sont faibles.
Les symptômes apparaissent habituellement tôt au printemps
lorsque la croissance reprend. La température optimale pour l'apparition
des symptômes va de 5 à 15 °C.
Stratégies de lutte : Comme le champignon qui
est le vecteur des deux virus peut survivre de nombreuses années
dans le sol, la rotation des cultures ne permet pas toujours de combattre
la maladie. L'inoculum du virus de la mosaïque striée du blé
semble moins important dans les champs qui ont reçu au fil des
ans d'abondants épandages de fumiers de volaille et de bétail.
Oïdium (blanc) (Blumeria graminis f. sp.
tritici)
Incidence : Le blanc est une maladie fréquente
des végétaux qui peut causer des dommages lorsqu'elle est
présente dans les champs de blé et d'orge. Les cultivars
de blé n'ont pas tous la même vulnérabilité
à cette maladie. Les répercussions sur le rendement des
infections par le blanc sont difficiles à prévoir. La maladie
prive la plante des éléments nutritifs et réduit
la capacité photosynthétisante de la feuille. Les pertes
de rendement sont généralement minimes lorsque les infections
se font tôt, à moins que le temps ne reste frais et humide.
Les infections par le blanc qui atteignent la feuille de l'épi
et la deuxième feuille sont plus graves. La santé des deux
feuilles du haut détermine le calibre, le poids spécifique
et le rendement du grain. Les pertes dues au blanc peuvent aller de 2
à 30 % du rendement total. Il est rare en Ontario que les pertes
dépassent les 10 ou 15 %.
Aspect : Le symptôme caractéristique du
blanc est le feutre mycélien duveteux qui va de blanc à
gris et qui se forme souvent d'abord sur les feuilles du bas (planche
151). Lorsque les conditions sont favorables à l'infection,
celle-ci peut se propager rapidement vers le haut, sur les feuilles du
plant, les gaines foliaires, la tige et les épis. Les feuilles
affichent alors des stries jaunes allongées ou des zones qui peuvent
brunir et mourir prématurément. Les plants gravement atteints
peuvent verser ou souffrir d'un mauvais remplissage des grains. Les zones
gris pâle plus vieilles du feutre mycélien sont souvent ponctuées
de petites taches noires. Le duvet qui va de blanc à gris pâle
est surtout perceptible au petit matin lorsque les plants sont encore
mouillés. L'infection est superficielle et la prolifération
fongique est facile à enlever avec les doigts ou un couteau.
Planche 151. Le blanc (oïdium) provoque
la formation d'un feutre mycélien duveteux allant du blanc au gris
sur les feuilles du bas. La maladie progresse de bas en haut.

Cycle biologique : Le champignon survit dans les résidus
de culture, comme la paille ou le chaume, les plantules de blé
d'automne semé en automne, les repousses de céréales
et de blé. Les spores qui sont libérées sont essentiellement
disséminées par le vent. Les spores ont besoin d'un taux
d'humidité relative frôlant les 100 % et de températures
entre 15 et 21 °C. Un peuplement dense et une culture vigoureuse peuvent
nuire à l'assèchement des feuilles et créer des conditions
propices au blanc. L'agent pathogène est très sensible aux
conditions météorologiques qui fournissent un milieu sec
à la culture, notamment des jours chauds, secs et ensoleillés.
Le blanc sévit particulièrement dans les champs ayant reçu
de fortes doses d'azote. Non seulement l'azote favorise-t-il le tallage,
mais il donne également des peuplements denses et augmente de ce
fait la vulnérabilité de la culture. Faire le dépistage
du blanc dans les champs qui ont reçu plus de 78 kg d'azote/ha
(70 lb/ac). La propagation du blanc s'arrête dès que les
températures atteignent plus de 25 °C.
Stratégies de lutte : Dans la plupart des cas,
le blanc a peu de répercussions sur le seigle ou l'avoine, étant
donné que ces cultures y sont très résistantes. Dans
les zones fortement infectées par le blanc, utiliser des cultivars
de blé d'automne résistants (tolérants). L'enlèvement
des résidus de culture par le travail du sol conjugué à
la pratique d'une rotation des cultures qui délaisse la culture
du blé ou d'autres céréales sensibles pendant au
moins deux ans peuvent contribuer à réduire l'incidence
de la maladie. Des applications foliaires de fongicides sont nécessaires
lorsque les niveaux d'infection risquent d'entraîner des pertes
de rendement. Les seuils établis pour les applications de fongicides
diffèrent selon l'âge de la culture. La maîtrise du
blanc en début de saison est justifiée à partir du
moment où l'infection atteint 5-10 % de la surface des feuilles
du bas. Ce traitement peut réduire l'ampleur de la maladie par
la suite. Plus tard dans la saison, les symptômes du blanc sur la
feuille de l'épi (1 % de la surface de la feuille atteinte) et
sur la deuxième feuille (3-5 % de la surface de la feuille) exigent
une intervention immédiate, surtout si l'on annonce une période
prolongée de pluie ou de temps humide.
Maladies de l'épi et du grain
Taches septoriennes (Septoria tritici)
Moucheture et tache des glumes (Stagonospora nodorum)
Incidence : Les taches septoriennes et la tache des
glumes sont deux maladies causées par des espèces différentes
de champignons appartenant à des genres apparentés. Les
deux maladies ont des répercussions économiques. Elles frappent
la plupart des petites céréales et bien des graminées,
mais le blé est le seul hôte important parmi les cultures
commerciales.
Aspect : La maladie des taches septoriennes s'attaque
uniquement aux feuilles, tandis que la tache des glumes s'attaque à
la fois aux feuilles et aux glumes. Au début, les taches septoriennes
apparaissent comme de petites taches qui vont de vert pâle à
jaune entre les nervures des feuilles du bas (planche
152). Ces taches s'allongent pour former des lésions brun rougeâtre.
À l'intérieur de ces lésions, on peut facilement
observer à la loupe les pycnides, organes de fructification du
champignon, qui vont du brun foncé au noir.
Planche 152. Les taches septoriennes se manifestent
par de petites taches allant du vert pâle au jaune qui s'allongent
pour former des lésions brun rougeâtre.

La tache des glumes apparaît après que les épis sont
sortis. Elle est favorisée par des conditions douces et humides.
De petites taches ovales, irrégulières, allant du gris au
brun, apparaissent sur les feuilles et des zones brun violacé se
forment sur les glumes (planche 153). Les zones
atteintes sont également ponctuées de petites pycnides noires.
La présence des pycnides est un élément important
du diagnostic qui permet de distinguer les taches septoriennes et la tache
des glumes d'autres maladies foliaires.
Planche 153. La tache des glumes présente
de petites taches ovales allant du gris au brun sur les feuilles, et par
des zones brun violacé sur les glumes.

Cycle biologique : Les champignons du genre Septoria
survivent dans les semences, la paille, le chaume ou les repousses de
blé. Ils sont favorisés par des conditions pluvieuses ou
humides et des températures modérées. Avec l'oïdium,
les maladies foliaires causées par Septoria sont souvent les premières
à se manifester au printemps du fait que le temps frais, humide
et pluvieux leur est favorable. Même si les grandes chaleurs limitent
la propagation des deux pathogènes, Stagonospora peut tolérer
des températures légèrement supérieures à
celles que tolère Septoria. Des périodes de pluie prolongée
en mai et au début de juin ont pour effet d'accroître l'incidence
de la maladie. Les phases foliaires des deux maladies progressent normalement
de bas en haut. Le stade où la tache des glumes se manifeste sur
les glumes, par contre, ne progresse pas à la verticale dans le
feuillage, mais se propage rapidement dans le champ n'infectant que les
épis.
Stratégies de lutte : La rotation avec des cultures
autres que des céréales, l'enfouissement des résidus
de céréales et l'enlèvement du blé spontané
réduiront la survie de ces champignons. Malheureusement, la plupart
des années, les quantités de spores sont suffisantes pour
déclencher la maladie si les conditions environnementales lui sont
favorables. Des programmes de fertilisation équilibrés sont
importants puisque de fortes doses d'engrais et des semis hâtifs
peuvent donner un feuillage dense avant l'hiver, ce qui expose davantage
les plants à ces maladies. Dans le blé d'automne, la maladie
des taches septoriennes peut se développer sous la couche de neige.
Utiliser de la semence de bonne qualité qui a été
traitée avec un fongicide afin de prévenir les infections
transmises par les semences. Les cultivars courants affichent une tolérance
limitée. Les fongicides foliaires combattent efficacement les taches
septoriennes et la tache des glumes. Les seuils d'intervention varient
selon le stade de croissance du blé. Des applications sont justifiées
lorsqu'on trouve une ou deux lésions (couvrant 1 % de la surface
de la feuille) sur la première feuille se trouvant sous la feuille
de l'épi et ce, jusqu'au moment du gonflement, ou lorsqu'on trouve
une ou deux lésions (couvrant 1 % de la surface de la feuille)
sur la feuille de l'épi au moment de l'épiaison (floraison).
Taches bronzées (Pyrenophora tritici-repentis)
Incidence : Les pratiques de travail réduit du
sol contribuent à une augmentation de l'incidence des taches bronzées
dans la province. Les pertes économiques associées à
cette maladie ne sont toutefois pas considérables. Cependant, cette
maladie est souvent confondue avec les taches septoriennes. Or, des erreurs
de diagnostic peuvent entraîner des applications inutiles de fongicides
foliaires. L'orge et l'avoine sont beaucoup plus tolérantes aux
taches bronzées que le blé.
Aspect : La taches bronzées se manifestent d'abord
sur les feuilles du bas sous forme de petites mouchetures chamois-brun
qui grossissent pour former des taches ovales ou circulaires de couleur
chamois, de 5-15 mm (1/5-3/5 po) entourant un petit point central brun
foncé. Un halo jaune clair entoure les lésions couleur chamois.
L'idéal pour observer les lésions est de tenir la feuille
à contre-jour.
Cycle biologique : Le champignon survit sur les résidus
de blé. Des périodes prolongées de temps frais, couvert
et humide en début de saison sont propices à la propagation
de la maladie. Les spores sont disséminées par le vent.
Stratégies de lutte : La plupart des cultivars
de blé sont sensibles aux taches bronzées. Il faut donc
inclure dans la rotation des cultures qui ne servent pas d'hôtes
à ce pathogène, notamment d'autres céréales,
du maïs, du soya et de la luzerne.
Charbon nu (Ustilago tritici)
Incidence : Par le passé, le charbon nu comptait
parmi les maladies les plus dévastatrices du blé et de l'orge
en Ontario. Les traitements des semences à base de fongicides permettent
aujourd'hui de maîtriser très efficacement cette maladie.
L'emploi de semences de blé infectées et non traitées
amène des pertes de rendement de 10-30 %.
Aspect : Les grains sont remplacés par des masses
de spores sèches et noires, visibles peu après la sortie
des épis (planche 154). Avec le temps,
il ne reste plus que des épis nus. Les plants infectés paraissent
normaux jusqu'au moment de l'épiaison.
Planche 154. Le charbon nu provoque le remplacement
des grains par des masses de spores sèches et noires, visibles
peu après la sortie des épis.

Cycle biologique : Le champignon qui cause la maladie
survit dans les grains de blé infectés et infecte par la
suite les plants en croissance. Le champignon s'installe dans toute la
plante et finit par infecter l'épi et à remplacer les grains.
Les spores sont disséminées par le vent et infectent les
plants adjacents. Les semences infectées paraissent normales et
ne peuvent être distinguées de celles qui sont saines. Le
blé et l'orge sont les hôtes principaux, tandis que l'avoine
et le seigle sont assez tolérants.
Stratégies de lutte : Semer de la semence sélectionnée
préalablement traitée au moyen d'un traitement des semences
renfermant un fongicide systémique.
Fusariose de l'épi (Fusarium graminearum)
Incidence : La fusariose de l'épi est l'une des
maladies les plus répandues des petites céréales
en Ontario. Ces dernières années, d'importants foyers d'infection
se sont déclarés là où le temps a été
doux et pluvieux entre le stade de la floraison et le stade pâteux
mou. En plus de comporter des risques de pertes de rendement considérables,
la fusariose peut produire des mycotoxines dangereuses pour le bétail.
Aspect : Les symptômes de la fusariose de l'épi
sont décelables peu après la floraison. Les épillets
atteints (glumes et fleurons) semblent avoir mûri (blanchi) prématurément
par comparaison aux épis sains qui sont verts. Le champignon peut
s'attaquer à la totalité ou à une partie de l'épi.
Le blanchiment des épis causé par la fusariose de l'épi
apparaît de trois à cinq jours après l'infection.
L'épi au complet peut être détruit lorsque le col
(dernier entre-nud de la tige qui supporte l'épi) est infecté
(planche 155). Par temps doux et humide, le
champignon produit un anneau de spores allant du saumon au rose à
la base de l'épillet ou dans le sillon du grain. Si les conditions
se maintiennent, l'infection peut se propager aux grains adjacents. Les
grains infectés sont habituellement ratatinés, plissés
et légers. Ces grains ont un aspect rugueux et galeux et peuvent
être brun clair, rose ou blanc grisâtre. L'importance des
grains atteints de fusariose de l'épi dépend du moment où
l'infection se produit et des conditions météorologiques
au moment de l'infection.
Planche 155. La fusariose de l'épi
fait blanchir l'épi en totalité ou en partie. D'ordinaire,
la tige reste verte.

Si l'on sème des semences infectées, on expose la culture
à la phase de brûlure des plantules de cette maladie. Celle-ci
est distincte de la fusariose de l'épi. Les grains infectés
risquent de ne pas germer et peuvent donner des peuplements qui laissent
à désirer. Quant aux plants infectés qui lèvent,
ils manquent parfois de vigueur et finissent souvent par mourir avant
d'avoir eu la chance de s'établir. Les plantules infectées
peuvent apparaître de brun clair à brun rougeâtre et
être couvertes de moisissure blanche ou rose. Au fur et à
mesure que les plants parviennent à maturité, ils sont de
plus petite taille et ont moins de talles; leurs épis sont aussi
plus petits. Si l'on coupe la racine ou le collet, on peut apercevoir
une pourriture des racines qui va du brun clair au brun rougeâtre.
Cycle biologique : Même si plusieurs espèces
de Fusarium peuvent provoquer la fusariose de l'épi, la principale
est Fusarium graminearum, qui peut infecter le maïs, le blé,
l'orge, l'avoine et le seigle. Toutes les espèces hivernent dans
des grains infectés, des paillettes, du chaume ou des résidus
de paille ou de tiges laissés à la surface du sol. Les champignons
survivent entre les cultures sous forme de spores asexuées, de
filaments mycéliens et d'organes de fructification noirs violacés,
qui produisent les spores sexuées. Les champignons prolifèrent
et produisent des spores depuis le moment des récoltes jusqu'à
ce que les résidus se soient décomposés dans le sol.
Le vent et les éclaboussures d'eau assurent la propagation des
deux types de spores depuis les résidus infectés de la culture
précédente jusqu'aux épis de blé. Les conidies
sont produites sur les résidus de maïs et de petites céréales
durant les épisodes de temps doux et humide, tandis que les acospores
sont libérées durant les cycles pluvieux et secs. Ce faisant,
le champignon est à même de disséminer des spores
dans l'air pendant une période prolongée. Les spores qui
atterrissent sur les épis ont besoin de pluie ou d'une forte rosée
pour germer et envahir les parties florales (anthères, glumes et
autres parties de l'épi). Les risques d'infection augmentent considérablement
lorsque ces spores retombent durant des périodes prolongées
de temps doux où les températures oscillent entre 22 et
27 °C et que le temps est pluvieux et humide. Plus la période
de temps pluvieux se prolonge pendant la floraison, plus les risques d'infection
sont grands et par conséquent plus la maladie risque d'être
grave. Si le temps doux et humide persiste, les masses de spores rose
saumon produites sur les épillets seront disséminées
par l'air et constitueront une autre source d'infection.
Stratégies de lutte : Éviter de semer
du blé après du blé ou du maïs. Lorsqu'on laisse
des résidus de l'une ou l'autre de ces cultures à la surface
du sol et qu'on sème ensuite du blé, les risques d'une infection
par la fusariose de l'épi se trouvent considérablement accrus.
Un labour propre des résidus infectés réduit les
risques d'infection propagée par les spores provenant du champ.
Toutefois, la fusariose de l'épi peut quand même être
propagée par les spores poussées par le vent depuis des
champs avoisinants lorsque les conditions météorologiques
favorisent l'éclosion de la maladie. Comme bon nombre des grains
infectés sont petits, ratatinés et plus légers que
les grains sains, il est possible que le fonctionnement du ventilateur
à une vitesse de rotation supérieure aux fourchettes normales
fasse en sorte qu'une grande partie de ces grains soient rejetés
à l'arrière de la moissonneuse-batteuse. Il se peut que
l'on perde ainsi une certaine quantité de bon grain (jusqu'à
0,13 t/ha ou 3 bo/ac). De bonnes pratiques d'entreposage et de séchage
limiteront encore davantage la propagation de la fusariose de l'épi
après la récolte. On trouve sur le marché de plus
en plus de cultivars tolérants, qui peuvent réduire le potentiel
infectieux.
Une recherche menée à l'Université de Guelph, campus
de Ridgetown, sur la lutte contre la fusariose de l'épi a débouché
sur l'élaboration d'un modèle de prévision de la
mycotoxine, la vomitoxine (DONcast). Voir Mise
en garde. Le modèle a été élaboré
à partir des données recueillies sur de nombreuses années
et est assez innovateur puisque qu'il met en relation l'accumulation de
vomitoxine dans le grain de blé et les conditions environnementales
qui règnent autour du stade de l'épiaison, et cherche à
expliquer le lien qu'il peut y avoir avec la production de l'inoculum,
l'infection des épis de blé et la prolifération fongique
qui suit dans l'épi. Pour plus de détails, consulter le
site de Weather INnovations Incorporated, à l'adresse www.weatherinnovations.com/.
Carie naine (Tilletia controversa)
Carie commune (Tilletia tritici)
Incidence : La carie commune sévit partout en
Ontario où il se cultive du blé de printemps ou du blé
d'automne. Par comparaison, la carie naine s'observe surtout dans les
comtés bordant la baie Georgienne et le lac Huron où la
couverture de neige est épaisse et persistante à la fin
de l'hiver et au début du printemps. Les années où
la maladie frappe durement, certains champs comportent plus de 50 % des
plants qui sont touchés par la carie.
Aspect : En Ontario, il y a trois espèces de
champignons qui peuvent causer la carie dans le blé d'automne.
Les deux premiers, Tilletia tritici et Tilletia laevis, causent la carie
commune ou charbon couvert. Le troisième, Tilletia controversa,
cause la carie naine dans le blé d'automne. Le principal symptôme
causé par ces trois champignons pathogènes est la production
de balles sporifères, qui remplacent les grains sains. Ces balles
renferment des masses de spores poudreuses noirâtres, appelées
téliospores. Lorsque le grain infecté est récolté
ou broyé, ces balles se brisent facilement et libèrent leur
contenu de spores, ce qui provoque la contamination des grains. Outre
la présence des balles sporifères, l'un des signes les plus
évidents de ces maladies est l'odeur de poisson que les spores
dégagent. L'odeur est importante, puisque la maladie est justiciable
de quarantaine. Bon nombre de pays importateurs affichent une tolérance
zéro aux chargements de blé contaminés par la carie.
Souvent, le nuage de spores et l'odeur caractéristique sont les
premiers signes qu'une culture peut souffrir ce cette maladie.
La carie commune et la carie naine sont difficiles à distinguer
l'une de l'autre, de telle sorte que le diagnostic doit souvent être
confirmé par un examen microscopique. Une différence entre
les deux maladies réside dans le fait que les balles sporifères
de la carie commune sont de taille et de forme semblables à celles
des grains qu'elles remplacent, tandis que dans le cas de la carie naine,
les balles sporifères sont plus petites et ont tendance à
être plus arrondies. Les plants infectés par la carie naine
sont considérablement plus courts (la moitié de la taille
des plants sains), tandis que les plants infectés par la carie
commune ne sont que légèrement plus petits que les plants
sains. Un quatrième champignon cause la carie indienne ou carie
de karnal. Heureusement, il n'y a pas d'incidence de cette maladie en
Ontario.
Cycle biologique : La carie naine et la carie commune
peuvent être transmises aux plants de blé d'automne soit
par le sol, soit par la semence. Même si la carie commune peut être
transmise par le sol, le champignon semble être surtout transmis
par la semence et peut être maîtrisé sans peine au
moyen de l'un des traitements des semences actuellement homologués.
La carie naine est plus difficile à combattre, puisque les spores
du champignon peuvent survivre pendant dix ans ou plus dans le sol.
Stratégies de lutte : Utiliser des semences qui
sont exemptes de balles sporifères. Ne pas garder la semence qui
provient de champs infectés par la carie. Certains traitements
des semences homologués sont plus efficaces que d'autres.
Conseils :
- Régler l'organe de coupe de la moissonneuse-batteuse à
la bonne hauteur. Les plants de blé infectés sont beaucoup
plus courts que les plants sains. Le fait de relever l'organe de coupe
réduit la quantité de balles qui sont récoltées.
- Récolter à une teneur en eau inférieure à
15 %. Les balles sporifères et les spores sèches ont tendance
à être rejetées plus facilement par la moissonneuse-batteuse.
Plus le grain est mouillé, plus les probabilités sont
grandes que les balles sporifères adhèrent au grain. Il
est difficile de rejeter les balles humides étant donné
qu'elles sont très lourdes.
- Régler le ventilateur à sa vitesse de rotation maximale.
Le réglage du ventilateur à sa vitesse de rotation maximale
permet de rejeter une bonne partie des balles sporifères. La
perte de grains sains sera minimale.
- Récolter séparément les zones adjacentes aux
haies-clôtures et aux boisés. L'incidence de la maladie
est plus grande là où les accumulations de neige sont
plus grandes et plus prolongées. En récoltant le reste
du champ séparément, on minimisera le nombre de balles
sporifères dans le grain.
- Nettoyer le grain avant de l'entreposer. Il est important de débarrasser
le grain des balles sporifères avant de l'entreposer. Les balles
se brisent lorsqu'on manipule le grain ou qu'on le sort des cellules
stockage. Les balles sporifères sont de même calibre que
les graines de renouée liseron. Les cribles qui permettent d'enlever
les graines de renouée liseron devraient donc retirer bon nombre
des balles sporifères du grain.
- Soumettre le grain entreposé à une bonne aération.
Il faudra compter passablement de temps pour que le grain soit débarrassé
de l'odeur de poisson.
Ergot (Claviceps purpurea)
Incidence : L'ergot infecte à l'occasion l'orge,
le blé et la triticale. Même si les pertes de rendement sont
dans la plupart des cas négligeables, les répercussions
de cette maladie sur la qualité du grain et sa facilité
d'écoulement peuvent être graves étant donné
que les grains ergotés renferment des produits chimiques toxiques
pour les animaux et les humains. Faire preuve de prudence au moment de
servir aux animaux, surtout aux porcs, des grains contenant des corps
noirs. Les foyers d'ergot sont rares et sporadiques en Ontario, mais dans
certains champs qui ont été endommagés entre autres
par le gel ou des herbicides, l'ergot peut être grave au point de
rendre les épis stériles. Les fleurons stériles ont
tendance à rester ouverts, ce qui les rend plus vulnérables
à l'infection.
Aspect : Le premier signe de cette maladie fongique
est souvent l'apparition des sclérotes qui vont de brun à
violet foncé et qui sortent des épillets. Ces sclérotes
remplacent les grains et peuvent atteindre jusqu'à 1 cm (½
po) de long.
Cycle biologique : Le champignon hiverne sous forme
de sclérotes dans le sol et sur les semences. Les sclérotes
produisent des spores qui sont dispersées et infectent les fleurons.
Les insectes contribuent ensuite à infecter d'autres épis.
Du temps pluvieux, humide et frais prolonge la floraison et de ce fait
les risques d'infection. Les sclérotes de l'ergot sont bien adaptées
et peuvent survivre de nombreuses années dans le sol.
Stratégies de lutte : Utiliser de la semence
propre et exempte de sclérotes. Laisser s'écouler au moins
un an entre des cultures sensibles (seigle, blé, orge, triticale).
Maladies de l'orge
Fonte des semis, piétin commun, taches helminthosporiennes (Cochliobolus
sativus)
Incidence : Les taches helminthsporiennes (planche
156), la fonte des semis et le piétin commun qui sont souvent
graves et répandues, sont toutes causées par le même
champignon. Celui-ci hiverne dans le sol, les semences et les résidus
d'orge. Traiter toutes les semences d'orge avec un fongicide. Pour réduire
la gravité des taches helminthosporiennes, éviter de cultiver
de l'orge après une sole d'orge, de blé ou de graminée.
La précocité des semis aide à réduire la gravité
des maladies qui sévissent en juillet. L'orge est moins lourdement
frappé par cet agent pathogène s'il est cultivée
avec de l'avoine.
Planche 156. Les taches helminthosporiennes
provoquent l'apparition de taches brunes sur les feuilles et peuvent causer
la fonte des semis et la pourriture de la base de la tige.

Rayures réticulées (Pyrenophora
teres)
Rhynchosporiose (Rhynchosporium secalis)
Les rayures réticulées (planche 157)
et la rhynchosporiose se produisent surtout par temps frais et humide.
Les cultivars à deux rangs sont en général plus sensibles
à ces maladies que ceux à six rangs. Pour empêcher
la prolifération des agents pathogènes, éviter de
faire des cultures successives d'orge, s'assurer d'enterrer le plus possible
les chaumes et la paille, et traiter les semences avec un fongicide.
Planche 157. Les rayures réticulées
se manifestent d'abord par des taches vert pâle ou brunes qui s'étendent
et par des lignes qui donnent à la feuille un aspect réticulé.

Fusariose de l'épi
Voir Fusariose de l'épi.
Maladies de l'avoine
Taches ovoïdes
Nécrose des tiges (Phaeosphaeria avenaria)
La maladie des taches ovoïdes peut causer de graves dégâts
à tous les cultivars recommandés d'avoine. On reconnaît
la maladie aux taches allongées, marbrées, brun clair et
brun foncé, qui apparaissent sur le limbe des feuilles et se propagent
le long des gaines et des tiges. À un stade avancé, celles-ci
deviennent noires et se cassent facilement comme dans le cas de la verse.
Éviter de cultiver de l'avoine après une sole d'avoine ou
de céréales mélangées.
Rouille cournnée (Puccinia coronata
var. avenae)
La rouille couronnée est une maladie de l'avoine et de certaines
graminées sauvages comme la fétuque et l'ivraie. La rouille
des feuilles de l'avoine est souvent importante et cause de lourdes pertes,
surtout dans le centre et l'est de l'Ontario.
Aspect : Le symptôme le plus caractéristique
de la maladie est la production de pustules oranges (cratères)
sur les feuilles et les gaines. Ces pustules peuvent produire des milliers
de spores de couleur jaune-orange qui peuvent se disséminer dans
d'autres champs ou infecter des plants adjacents.
Cycle biologique : L'agent pathogène n'est transmis
ni par les semences ni par le sol. La principale source locale de spores
est le nerprun cathartique, mais d'autres sont également apportées
par le vent depuis le sud des États-Unis. Il existe différentes
races de champignons qui peuvent se modifier au fil du temps et nuire
au rendement. La maladie est surtout problématique lorsqu'elle
frappe tôt dans la saison, que les conditions sont douces ou chaudes
(20-25 °C) durant le jour et fraîches (15-20 °C) la nuit
et que l'humidité est suffisante (pluies, rosées fréquentes)
Stratégies de lutte :
- Utiliser un cultivar tolérant. Les cultivars ne sont pas tous
aussi sensibles à la maladie; comme de nouvelles races de rouille
se développent, les niveaux de tolérance d'un cultivar
peuvent être diminués. Voir les résultats des essais
de rendement des cultivars de céréales de printemps réalisés
en Ontario (Ontario Performance Trials for Spring Cereal Crop).
- Faire les semis aussitôt que possible au printemps pour aider
les plants à échapper à l'infection plus tard dans
la saison.
- Appliquer les fongicides foliaires le plus rapidement possible près
du moment de la sortie de la feuille paniculaire de manière à
protéger celle-ci.
- Enlever ou détruire les nerpruns.
Nématode à kyste de l'avoine (Heterodera
avenae)
Les dégâts causés par ce nématode se manifestent
dans les deux ou trois semaines qui suivent la levée de l'avoine.
Les plants très infectés semblent alors arrêter subitement
leur croissance, leurs feuilles pâlissent et commencent à
mourir depuis la pointe. Comme il n'y a pas de tallage, le peuplement
est clairsemé et présente des plants rabougris qui portent
peu de grains. Dans la terre, les racines sont gravement atteintes, et
souvent leur couleur est altérée. Elles sont jaune pâle
sur les jeunes plantes et deviennent brun jaunâtre en vieillissant,
alors que les plants sains, elles, sont d'un blanc franc.
Pour s'assurer que les dégâts sont bel et bien causés
par ce nématode, envoyer un échantillon de plantes atteintes
avec la terre qui entoure les racines à la Clinique de diagnostic
phytosanitaire. Voir l'annexe
I, Services de diagnostic, pour plus de détails.
Il ne faut pas semer de céréales de printemps dans les champs
où le nématode à kyste de l'avoine a causé
des dégâts l'année précédente, mais
plutôt semer une légumineuse ou une plante sarclée.
On ne peut semer du maïs que si la population de nématodes
est faible; sinon, il en souffrira. Puisque les nématodes s'attaquent
aux racines du maïs sans s'y reproduire, leurs populations seront
décimées par la culture répétée du
maïs.