Maladies des grandes cultures : Maladies de la luzerne

Publication 811 : Guide agronomique des grandes cultures > Maladies des grandes cultures > Maladies de la luzerne

 

Maladies des plantules

Pourriture des semences

Fonte des semis

Brûlure des plantules causées par pythium (Pythium spp.)

Incidence : La pourriture des semences, la fonte des semis et la brûlure des plantules causées par Pythium sont des maladies fongiques de début de saison. L'infection des plants de luzerne survient le plus souvent entre le moment du semis et plusieurs semaines après la levée.

Aspect : Les semences infectées peuvent pourrir et les jeunes plants de semis gravement atteints peuvent se flétrir, s'affaisser et mourir. Rechercher des lésions humides ou aqueuses sur les racines et l'hypocotyle des plants infectés. La tige des plantules touchées est pincée ou annelée à la ligne de sol ou frappée par la fonte des semis; les plantules peuvent verser et mourir. Les parties du champ qui sont infectées par la maladie forment souvent des plaques circulaires ou de forme irrégulière.

Cycle biologique : La pourriture des semences, la fonte des semis et la brûlure des plantules causées par Pythium sont semblables à la phytophthora en ce sens qu'elles produisent des spores mobiles qui se déplacent dans l'eau pelliculaire entre les particules du sol et finissent par infecter les racines de luzerne.

Stratégies de lutte : Drainer tout excès d'humidité dans le sol et éviter de compacter le sol. Semer quand le sol et les conditions météorologiques sont propices à une levée rapide et à la croissance précoce des plantules. Accroître les densités de peuplement pour compenser toute perte. Les traitements des semences procurent une certaine protection aux plantules vulnérables.


Phytophthora (Phytophthora medicaginis)

Incidence : La phytophthora est une maladie sérieuse et courante de la luzerne. Elle se manifeste principalement dans les sols mal drainés ou les loams argileux lors de longues périodes pluvieuses.

Aspect : Comme la maladie se manifeste à mesure que les plants lèvent, les plantules y sont les plus vulnérables. Par contre, à mesure que le peuplement vieillit, le risque d'infection diminue quelque peu. Les plantules touchées sont rabougries, poussent lentement à cause d'un système radiculaire réduit et finissent par flétrir (planche 140). La tige des plantules touchées est pincée ou annelée à la ligne de sol ou frappée par la fonte des semis; les plantules peuvent verser et mourir. Les parties du champ qui sont infectées par la maladie forment souvent des plaques circulaires ou de forme irrégulière. Dans le cas des plantules plus âgées ou des plants établis, des lésions aqueuses brun rougeâtre peuvent être observées sur les racines. Lorsque l'infection est grave, les lésions peuvent devenir noires et la racine pivotante peut pourrir complètement. Comme le plant ne peut pas absorber d'eau et d'éléments nutritifs, il se flétrit et meurt. Au début, les feuilles inférieures sont jaunes et, à mesure que la maladie progresse, elles peuvent devenir brun rougeâtre.

Planche 140. La phytophthora frappe dès la levée. Les plantules infectées sont rabougries et commencent à se flétrir.

La phytophthora frappe dès la levée. Les plantules infectées sont rabougries et commencent à se flétrir.

Cycle biologique : La phytophthora est une maladie terricole susceptible d'endommager les racines ou de provoquer la mort des plants. Le champignon survit en tant que spores à paroi épaisse qui, au printemps, produisent des spores mobiles qui migrent vers les racines des plants et les infectent. L'eau joue donc un rôle important, car ces spores mobiles se déplacent dans l'eau pelliculaire entre les particules du sol. La maladie se propage lorsque la température se situe entre 21 et 32 °C, par temps humide ou pluvieux. Les champs les plus vulnérables sont ceux qui sont compactés ou mal drainés. Le champignon est en mesure de survivre pendant de nombreuses années dans des tissus végétaux infectés.

Stratégies de lutte : Dans les champs qui sont déjà infectés par la phytophtora, utiliser des cultivars très résistants et des semences traitées. Pour connaître les cotes des cultivars au regard de leur résistance à la phytophtora, se référer à l'édition courante du rapport sur les essais de rendement des cultivars de cultures fourragères en Ontario (Ontario Forage Crop Variety Performance Trial Report) disponible dans n'importe quel centre de ressources du MAAARO. Parmi les autres mesures de lutte contre cette maladie, il y a lieu de mentionner :

  • le maintien d'un sol fertile, ce qui favorise la croissance des radicelles,
  • l'élimination de l'excès d'humidité par l'installation de tuyaux de drainage souterrains, un minimum de compactage du sol,
  • l'atténuation des facteurs de stress tels que la présence d'insectes défoliateurs et de mauvaises herbes, et la prévention des dommages mécaniques qui rendent les plants davantage vulnérables à la phytophthora. La rotation des cultures a peu d'incidence sur la maladie.

 

Nécrose racinaire précoce (Aphanomyces euteiches)

Incidence : La nécrose racinaire précoce est une maladie sérieuse de la luzerne qui peut être lourde de conséquences sur le plan économique. Elle est considérée comme l'une des principales maladies des pousses de luzerne qui sévit surtout dans des sols humides et saturés d'eau. Elle s'attaque également aux plants de luzerne adultes ayant survécu et peut réduire considérablement le rendement et la vigueur des peuplements établis.

Aspect : Les plantules infectées sont rabougries, mais conservent leur port dressé. Certains de leurs folioles et cotylédons sont jaunes. Leurs racines et leurs tiges sont grises et aqueuses. Les plantules gravement atteintes passent de brun pâle à brun foncé.

Les symptômes qu'on observe habituellement dans les peuplements établis sont le jaunissement et le rabougrissement des plants. Rechercher les plants n'ayant pas de fines racines fasciculaires. Les racines secondaires sont souvent pourries ou absentes. Les peuplements établis infectés sont généralement clairsemés, jaunis, envahis par les mauvaises herbes et à peu près dénués de nodosités rhyzobiennes. Ces symptômes peuvent faire penser à une carence en azote. Comme la reprise de la croissance est lente et que les plants sont peu vigoureux, les rendements sont faibles. Leur système racinaire étant mal développé, les peuplements de luzerne infectés supportent très mal les longues périodes de temps sec.

La phytophthora tue généralement les jeunes plantules plus rapidement et en plus grand nombre que la nécrose racinaire précoce en s'attaquant à la racine pivotante. Toutefois, la nécrose racinaire précoce est considérée comme une maladie plus chronique, certes moins susceptible de faire mourir la plantule, mais davantage encline à produire des cultures de luzerne rabougries qui affichent un faible rendement.

Cycle biologique : Le champignon survit dans le sol, sur des plants ou des résidus de culture infectés. L'infection ne se déclare que si le sol est saturé d'eau. L'évolution de la maladie est favorisée par des températures allant de modérées à élevées (16-30 °C) en la présence de conditions humides ou pluvieuses. Les champs compactés ou mal drainés sont particulièrement vulnérables à la maladie.

Stratégies de lutte : On prévient l'apparition de la nécrose racinaire précoce par l'emploi de cultivars résistants comme on le fait pour combattre la phytophthora. On a identifié deux isolats d'Aphanomyces, la race 1 et la race 2, la seconde étant plus virulente. De nombreux cultivars de luzerne affichent une résistance à la race 1; ils sont beaucoup moins nombreux à afficher une résistance à la race 2. Consulter les représentants des fournisseurs de semences, le rapport sur les essais de rendement des cultivars de cultures fourragères en Ontario (Ontario Forage Crop Variety Performance Trial Report) ou le site www.ontario.ca/cultures pour obtenir des renseignements à jour sur les cultivars résistants. Les traitements fongicides pour semences ne sont pas efficaces contre la nécrose racinaire précoce.

 

Pourriture brune (Phoma sclerotioides)

Incidence : La pourriture brune a été confirmée en Ontario durant la saison de croissance 2007. Elle est probablement répandue dans la province. Elle survient le plus souvent dans des régions où l'hiver est rude. La maladie est souvent associée à une mortalité hivernale, au développement tardif des pousses printanières (sortie lente de la dormance hivernale) et à des pertes de rendement.

Aspect : La racine pivotante et les racines secondaires et/ou le collet présentent des lésions brunes (presque noires) enfoncées caractéristiques. Dans les cas graves, la racine pivotante est complètement pourrie. Le champignon n'infecte pas les parties aériennes des plants de luzerne.

Cycle biologique : L'agent pathogène responsable de la pourriture brune se développe bien lorsque la température du sol se situe à 15 °C ou moins. L'activité du champignon est donc maximale en automne et au printemps, quand les conditions environnementales sont propices à l'infection et que les plants sont en dormance. L'infection des racines et/ou des collets peut nuire à l'état de santé du plant au cours de l'hiver, favoriser l'apparition d'autres maladies et causer une mortalité hivernale, l'affaiblissement des peuplements et des pertes de rendement. Comme ce champignon se développe très lentement, les dégâts ne sont souvent pas visibles avant la deuxième ou la troisième année, lorsque les plants se rabougrissent ou meurent.

Stratégies de lutte : Aucun cultivar résistant n'est disponible pour l'Ontario. Les stratégies de lutte suivantes peuvent contribuer à limiter les pertes et à accroître la longévité des peuplements :

  • éviter de procéder à la récolte d'automne durant la période critique (réduire le stress occasionné aux plants avant l'hiver);
  • maintenir la fertilité des sols et procéder à une rotation avec d'autres espèces que la luzerne pendant au moins trois ans.

Autres maladies du collet et des racines

La présence de facteurs de stress comme les maladies foliaires, les insectes, les récoltes fréquentes ou faites au mauvais moment, les rigueurs de l'hiver et un pH du sol peu élevé augmentent la sévérité des dommages causés par les pourritures des racines et du collet. La présence de facteurs de stress pendant la saison de croissance rend les plants plus sensibles aux rigueurs de l'hiver. De bonnes pratiques culturales, en particulier un bon calendrier de récolte et le maintien d'un bon niveau de fertilité et d'un pH convenable contribuent à réduire la gravité de la maladie. Il faut combattre les cicadelles dans la luzerne et éviter autant que possible d'endommager les collets avec le matériel. Les collets sont facilement abîmés par la machinerie et par le piétinement du bétail, surtout lorsque le sol est mouillé.

 

Anthracnose de la luzerne (Colletotrichum trifolii)

Anthracnose du trèfle (Kabatiella caulivora)

Incidence : Dans les champs de luzerne, l'anthracnose se manifeste principalement dans les parties de l'extrême sud-ouest de la province. Dans les champs de trèfle rouge, l'anthracnose possède une aire de distribution plus vaste. Les pertes de luzerne et de trèfle rouge dues à l'anthracnose peuvent atteindre jusqu'à 25 %.

Aspect : Bien que les symptômes puissent se manifester tant sur la tige que les feuilles, ce sont les dommages au collet qui sont les plus graves. Sur la tige des cultivars résistants apparaissent de petites lésions noires de forme irrégulière. Les lésions sur les cultivars vulnérables, quant à elles, sont larges, déprimées et ovales ou en forme de losange. Ces lésions ont un centre dont la couleur varie de chamois à jaune paille, bordé de brun foncé. Lorsque le champignon se reproduit, le centre des lésions apparaissant sur la tige des cultivars vulnérables renferme de petits organes de fructification noirs, visibles à l'œil nu ou avec une loupe. Dans le cas d'infections graves, les lésions se joignent et finissent par ceinturer complètement la tige, provoquant le flétrissement ou la mort de la tige. Les tiges et les feuilles (pousses) mortes deviennent blanches et ressemblent à un crochet. Comme ces symptômes sont observés ça et là dans les champs, on les confond souvent avec deux maladies (le rhizoctone noir et la fusariose vasculaire) ou des dommages causés par le gel.

Les dommages au collet se manifestent par une coloration bleu-noir des tissus du collet. Les plants touchés se brisent facilement à la base. Si le tissu affecté est brun pâle, il s'agit tout probablement du rhizoctone noir ou de la fusariose vasculaire (planche 141) plutôt que de l'anthracnose. L'infection du collet réduit le nombre de tiges par plant et finit par tuer le plant.

Planche 141. La fusariose vasculaire prend l'aspect de filaments brun foncé ou roux dans le xylème des racines.

La fusariose vasculaire prend l'aspect de filaments brun foncé ou roux dans le xylème des racines.

Dans les champs de trèfle rouge, l'anthracnose du trèfle peut s'avérer très destructrice. En plus de la plupart des symptômes susmentionnés affectant la luzerne, la maladie peut entraîner le fendillement de la surface de la tige.

Cycle biologique : Ce champignon se développe sous des températures moyennes lorsque le temps est humide. Il survit dans les tiges, les feuilles ou les résidus infectés. Les spores produites au printemps sont disséminées par la pluie. La pluie fait éclabousser les spores sur les plants sains. Le champignon peut se transmettre d'un champ à l'autre, par exemple par l'intermédiaire du matériel agricole, du sol et de l'érosion due à l'eau.

Stratégies de lutte : Des cultivars dont la résistance varie de moyenne à élevée sont disponibles. Nettoyer le matériel de récolte entre les champs. La rotation des cultures a connu peu de succès dans les luzernières, mais elle fonctionne mieux dans les champs de trèfle rouge, dont la résistance n'est pas la même.

Maladies foliaires

Taches communes (Pseudopeziza medicaginis)

Taches de poivre (Leptosphaerulina trifolii ou L. briosiani)

Incidence : De ces deux maladies foliaires qui sévissent en Ontario, la maladie des taches communes est la plus destructrice. Elle peut entraîner une défoliation précoce et réduire la qualité du fourrage ainsi que le rendement, la santé et la vigueur de la culture.


On peut confondre les taches de poivre avec les taches communes, car elles se présentent toutes deux au début comme de petits points noirs de 1 à 2 mm (1/16 po) au centre chamois ou brun. Normalement, les taches sont entourées d'un halo jaune. Contrairement aux taches communes, les taches de poivre finissent par se joindre et former des lésions plus étendues (planche 142).

Planche 142. Au début, la maladie des taches de poivre prend la forme de petites taches sombres sur les feuilles, puis les taches s'élargissent et finissent par se fondre ensemble. Les taches ont un centre chamois et sont entourées d'un halo jaune.

Au début, la maladie des taches de poivre prend la forme de petites taches sombres sur les feuilles, puis les taches s'élargissent et finissent par se fondre ensemble. Les taches ont un centre chamois et sont entourées d'un halo jaune.


Aspect : Ces maladies se manifestent d'abord sur les feuilles inférieures et progressent de bas en haut. Les taches communes sont de petites taches rondes de 1 à 2 mm (1/16 po) de diamètre dont la couleur varie de brun à noir. Ces lésions se joignent rarement. Souvent, le centre des lésions sur le dessus des feuilles est surélevé. Ces centres contiennent des organes de fructification (bosses) noirs facilement visibles à la loupe. Pour s'en assurer, mettre quelques feuilles infectées dans un sac en plastique avec des essuie-tout mouillés de manière à accélérer la production de ces organes de fructification. Les feuilles touchées jaunissent (feuilles chlorosées) et tombent prématurément.

Cycle biologique : Comme le temps frais et pluvieux favorise le développement des taches, on les trouve principalement sur les feuilles des premières coupes (printemps et début de l'été) et des repousses (automne). Les champignons pathogènes survivent dans les feuilles infectées et sur les feuilles mortes tombées au sol. Les spores produites sur les feuilles vivantes et mortes sont portées par l'air vers de nouveaux sites d'infection. Les jeunes feuilles sont les plus vulnérables aux taches.

Stratégies de lutte : Il est important de récolter le fourrage en temps opportun pour réduire les pertes de feuilles et minimiser les attaques de la maladie dans la repousse. On trouve sur le marché certains cultivars tolérant les taches communes, mais il ne semble pas exister de cultivar affichant une résistance ou une tolérance aux taches de poivre. Il existe peu de stratégies pratiques de lutte contre les taches des feuilles dans les fourrages. Comme les taches des feuilles peuvent réduire la teneur en protéines des feuilles de légumineuses, il est important d'établir le moment de la récolte en fonction de la teneur optimale en protéines et de la progression de ces maladies.

 

Flétrissement bactérien (Clavibacter michiganensis)

Incidence : Le flétrissement bactérien a toujours été l'une des maladies les plus sérieuses des fourrages, non seulement en Ontario, mais partout où l'on cultive des fourrages. Grâce à la mise au point de cultivars résistants, cette maladie est moins courante.

Aspect : Les symptômes du flétrissement bactérien se manifestent à mesure que le peuplement vieillit (trois ans ou plus). Les plants infectés sont rabougris et de couleur jaune-vert. Lorsque l'infection est grave, les plants ont une tige fileuse et de petites feuilles déformées, tandis que les plants stressés par l'eau, la chaleur ou les deux se flétrissent ou meurent ça et là dans le peuplement. En fait, la maladie stresse le plant et accroît sa vulnérabilité à la destruction par l'hiver. En coupant transversalement la racine pivotante en deux, on peut observer une coloration du tissu vasculaire allant du brun pâle au jaune près du pourtour.

Cycle biologique : Cette maladie causée par une bactérie du sol survit pendant au moins dix ans dans les racines de luzerne et les résidus de culture infectés. Elle pénètre les plants par les blessures sur les racines et le collet ou par les coupures sur les tiges. Comme la bactérie se développe dans le système vasculaire du plant, elle empêche ce dernier d'absorber de l'eau et des éléments nutritifs, ce qui le fait se flétrir.

Stratégies de lutte : Tous les cultivars recommandés sont résistants. Comme la maladie se répand par les blessures, il est conseillé de faucher d'abord les jeunes peuplements, moins vulnérables, pour ensuite passer aux plus vieux. Attendre que les peuplements soient secs pour les faucher. Cette précaution limite ou réduit la propagation éventuelle de la maladie des plants infectés aux plants sains. La bactérie peut se propager par les semences et le foin.

 

Verticilliose (Verticillium albo-atrum)

Incidence : Dans la luzerne, la verticilliose est une maladie dont l'incidence s'accroît à mesure que le peuplement vieillit. Elle se manifeste principalement après la deuxième année de culture. On trouve le champignon responsable de cette maladie dans la plupart des régions du sud de l'Ontario. Il se peut que l'on observe dans les champs qui ont déjà été infectés par cette maladie des plants morts dans de jeunes peuplements (deuxième année). La verticilliose peut réduire le rendement de 50 % et abréger la vie du peuplement.

Aspect : Au début, seulement quelques tiges sont touchées. Tôt ou tard, les feuilles des plants infectés finissent par se flétrir, rouler vers l'intérieur et prendre une couleur orange-brun ou brun-chamois (altération de la couleur) (planche 143). Dans les premiers stades de la maladie, les feuilles présentent un « V » jauni à l'extrémité des folioles. La croissance est souvent beaucoup retardée et les plantes finissent par mourir. Bien que toutes les feuilles puissent mourir, les tiges restent vertes. Le champignon pénètre le plant par la racine ou des tiges coupées et est propagé des vieux peuplements infectés vers les jeunes peuplements par le matériel de récolte, les insectes et les épandages de fumier. La maladie provoque le brunissement des tissus vasculaires des racines et des tiges. Pour observer ce phénomène, couper la tige.

Planche 143. Au début, la verticilliose ne touche que quelques tiges. Celles ci se flétrissent, s'enroulent et changent de couleur. La maladie entraîne un retard de croissance.

Cycle biologique : Généralement, le champignon Verticillium pénètre le plant par les racines; il empêche les plants d'absorber de l'eau, ce qui entraîne leur flétrissement. Il hiverne dans les résidus de plants infectés et, par temps frais et humide, il produit de nombreuses spores sur les tissus infectés.

Stratégies de lutte : Le meilleur moyen de maîtriser cette maladie est d'utiliser des cultivars cotés résistants ou très résistants. Pour connaître les cotes des cultivars au regard de leur résistance à la verticilliose, se référer à l'édition courante du rapport sur le rendement des cultivars fourragers en Ontario (Ontario Forage Crop Variety Performance Report) disponible dans les centres de ressources du MAAARO et sur le Web, à www.plant.uoguelph.ca/performance_recommendations/ofcc/ofcc.htm. Le traitement fongicide des semences permet de réduire les infections précoces. Le champignon se répand principalement par l'intermédiaire de la barre de coupe des instruments de récolte des fourrages. Avant la récolte, il faut nettoyer la barre de coupe à l'aide d'une solution de 1 % d'eau de Javel suivie d'un rinçage à l'eau claire et d'une pulvérisation d'huile. Couper d'abord les champs les plus jeunes pour ensuite passer aux plus vieux. Récolter tôt peut limiter les pertes de rendement et de qualité, ainsi que ralentir la propagation du champignon d'un champ à l'autre. Attendre de deux à trois ans entre les récoltes de luzerne. Adopter un bon programme de lutte contre les mauvaises herbes, car certaines d'entre elles peuvent constituer des hôtes. Pour plus de renseignements, voir la fiche technique du MAAARO, La flétrissure verticillienne de la luzerne, commande no 89-028, ou visiter le site du MAAARO, www.ontario.ca/cultures.

 



Auteur : Le personnel du MAAARO
Date de création : 20 août 2009
Dernière révision : 20 août 2009

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