Déprédateurs des grandes cultures : Ravageurs généraux des grandes cultures
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Table des matières
Ravageurs terricolesAsticots maïs, soya, fourrages et céréales d'automne Plusieurs types d'asticots s'attaquent aux grandes cultures. L'asticot du hanneton européen, ou « ver blanc », est celui qui cause le plus de problèmes en Ontario, mais les asticots du hanneton commun et du scarabée japonais sont aussi à surveiller. Il faut bien identifier les espèces d'asticots à combattre puisque les stratégies de lutte doivent être adaptées au cycle de vie de chaque espèce.
Dommages : Les asticots se nourrissent des racines fibreuses des plants, à une profondeur de 3 à 5 cm (1-2 po) de la surface. Les larves coupent les racines de sorte que le plant ne peut atteindre son plein développement et finit par dépérir. Les infestations importantes se traduisent par un faible taux de levée des plants et la mort de ceux-ci. Les cultures à risque comprennent le maïs, le soya, le blé et les cultures fourragères. Les champs situés à proximité d'étendues herbeuses - comme pelouses, terrains de golf et pâturages - sont particulièrement menacés. Les dommages aux cultures dépendent de l'époque des semis et de la levée des plants en relation avec les besoins alimentaires des larves. En reportant les semis après le stade larvaire de l'espèce en question, on pourra protéger les cultures de ses attaques. On évitera aussi les dommages connexes causés par divers prédateurs, comme les moufettes et les ratons laveurs, qui creusent le sol pour y trouver les asticots dont ils se nourrissent - bien que ces dommages ont rarement une incidence économique. La figure 13-1, Cycles biologiques
et périodes d'alimentation des principaux asticots (hanneton
européen, hanneton commun et scarabée japonais), fait ressortir
les différences et les similitudes dans les cycles biologiques.
Figure 13-1. Cycles biologiques et périodes d'alimentation des principaux asticots (hanneton européen, hanneton commun et scarabée japonais). (Les zones ombrées indiquent les stades nuisibles).
Hanneton Européen (ver blanc) (Rhizotrogus majalis)maïs, fourrages, céréales Description : Les larves du hanneton européen, les « vers blancs » annuels qu'on connaît, se distinguent des autres asticots par le motif en « Y » que forment les soies de l'écusson anal (planche 59). L'adulte est un hanneton de taille moyenne, d'environ 14 mm (½ po), brun clair et de forme ovale, qui ressemble à s'y méprendre au hanneton indigène.
Planche 59. Blanches, à la tête brun-orangé et au postérieur sombre, les larves du hanneton européen, ou vers blancs, se distinguent des autres asticots par le motif en « Y » que forment les soies de l'écusson anal.
Cycle biologique : Ce ravageur ne produit qu'une seule génération par an. Il hiverne à l'état de larve (« ver blanc ») dans le sol, sous la ligne de gel. En avril, les larves du hanneton européen remontent vers la surface et se nourrissent des racines des plantes. Elles résistent davantage au froid que les autres espèces d'asticots, de sorte qu'elles peuvent commencer à se nourrir sitôt le sol dégelé, avant même la fonte des neiges. Les larves cessent de s'alimenter à la mi-mai, qui marque le début de la pupaison. Celle-ci dure jusqu'à la mi-juin. Les hannetons adultes sortent du sol entre le début juin et le début juillet pour s'accoupler. Ils se rassemblent pour le vol nuptial et forment alors des essaims visibles à la brunante. Les femelles adultes recherchent ensuite des sols humides et frais dans les pelouses ou les champs avoisinants pour y pondre leurs ufs. Les ufs éclosent et les larves nouvellement écloses commencent à se nourrir de racines du début d'août jusqu'à ce que le sol gèle. Ces larves s'enfoncent alors sous la ligne de gel pour y hiverner. Dommages : Au printemps, les dommages causés par l'alimentation des larves sont à craindre d'avril à la moitié ou à la fin de mai. Le maïs et les fourrages sont les cultures les plus à risque. Le soya a tendance à être épargné lorsqu'il est semé après la mi-mai. À l'automne, les dommages causés par les larves se manifestent surtout dans le blé d'automne. Les adultes causent peu de dommages, sinon aucun. Technique de dépistage : L'idéal
est de faire le dépistage du hanneton européen à
l'automne dans le chaume de soya sur pied. Prêter davantage attention
aux buttes sablonneuses et aux zones ayant déjà présenté
des marques d'infestation. À l'aide d'une pelle, creuser un carré
d'environ 30 cm (1 pi) de côté sur environ 7,5-10 cm (3-4
po) de profondeur, dans au moins cinq zones distinctes du champ. Ameublir
le sol à la main de manière à briser les mottes,
puis compter le nombre de vers blancs présents dans chaque échantillon. Seuil d'intervention dans les cultures fourragères
: Aucun seuil n'a été établi, mais la présence
de deux larves ou plus par carré de 30 cm (1 pi) de côté
rend une intervention pertinente, surtout la première année
de culture.
Stratégies de lutte dans le maïs et les céréales :
Stratégies de lutte dans les cultures fourragères :
Hanneton Commun (Phyllophaga spp.)soya, cultures fourragères Description : La larve se distingue des autres asticots par la forme ovale de son écusson anal où l'on relève deux rangées parallèles d'épines (planche 60). Au stade adulte, ce hanneton est légèrement plus gros (environ 20 mm, ou 3/4 po) que le hanneton européen et de couleur brun rougeâtre à noir.
Planche 60. Chez la larve du hanneton commun, l'écusson anal prend une forme ovale et présente deux rangées parallèles d'épines.
Cycle biologique : Le hanneton commun a un cycle de vie de trois ans. Les adultes sortent du sol de la mi-mai à la mi-juin pour pondre leurs oeufs. Généralement, ils se ressemblent en grand nombre sur les arbres ou arbustes à la nuit tombante pour s'accoupler. Les oeufs sont déposés dans un sol humide et éclosent quelques semaines plus tard. Les larves du premier stade larvaire se nourrissent à même les racines des plants et muent en passant au deuxième stade larvaire, avant de s'enfoncer profondément dans le sol pour l'hiver. Le printemps suivant, une fois le sol réchauffé, les larves du deuxième stade larvaire recommencent à se nourrir et restent à l'état larvaire pendant toute la durée de cette deuxième année, mais muent une nouvelle fois pour passer au troisième stade larvaire. Cette deuxième année de leur cycle est donc la plus nuisible aux cultures. Les larves se préparent de nouveau à hiverner en s'enfonçant profondément dans le sol dès l'arrivée du froid; elles y restent jusqu'au printemps. La troisième année, les larves du troisième stade larvaire se nourrissent de racines pendant quelque temps, se transforment en pupes, puis en adultes. Ces derniers resteront en dormance dans le sol pendant le reste de la saison et ne sortiront de leur refuge qu'au printemps suivant. Dommages : La gravité des dommages dépend de l'année du cycle de vie de la majorité des larves actives. La deuxième année est la plus préjudiciable aux cultures parce que l'insecte vit alors une pleine saison de croissance au stade larvaire. Les cultures fourragères et de soya semblent les plus touchées, surtout si les plants sont jeunes. Les adultes peuvent se nourrir d'arbres et de plantes ornementales (comme les rosiers), mais ne s'attaquent pas aux grandes cultures. Technique de dépistage : Concentrer les recherches sur les monticules les plus sablonneux du champ et aux endroits où les insectes ont fait des ravages les années précédentes. Avec une pelle, creuser un trou d'environ 30 cm x 30 cm (1 pi2) et de 7 à 10 cm (3 à 4 po) de profondeur, à au moins cinq emplacements différents dans le champ. Ameublir le sol à la main (en brisant les mottes de terre au besoin) et compter le nombre d'asticots dans chaque échantillon. Seuil d'intervention : Aucun seuil d'intervention n'a été établi pour la larve du hanneton commun, mais la présence de deux larves ou plus au même endroit justifie une intervention. Stratégies de lutte dans toutes les cultures :
Stratégies de lutte dans les cultures fourragères :
Scarabée japonais (Popillia japonica)soya, cultures fourragères Description : L'asticot du scarabée japonais se distingue des autres asticots par son écusson anal, large et peu profond, en forme de « V » (planche 61). Il est aussi beaucoup plus petit que l'asticot du hanneton européen et celui du hanneton commun. Adulte, le scarabée japonais mesure environ 13 mm (½ po) de longueur et se reconnaît facilement à sa tête vert métallique brillant, à ses ailes d'un reflet cuivré, teintées de vert aux extrémités (planche 62). Douze touffes de poils blanchâtres garnissent les bords de ses ailes.
Planche 61. La larve du scarabée japonais se distingue des autres asticots par le motif en « V », large et peu profond de son écusson anal.
Planche 62. Le scarabée japonais a la tête d'un vert métallique brillant et des ailes cuivre teintées de vert sur les bords extérieurs. Il présente douze petites touffes de poils aux limites des ailes.
Cycle biologique : Le scarabée japonais n'a qu'une seule génération par année. L'insecte hiverne sous forme de larve de troisième stade larvaire enfouie dans le sol, sous la ligne de gel. Le printemps suivant, une fois que la température du sol dépasse 15 °C, les larves se rapprochent de la surface et se nourrissent de racines de plantes jusqu'à la mi ou la fin juin, moment où elles se transforment en pupes et deviennent adultes. L'adulte s'extirpe du sol au début juillet et vit une quarantaine de jours. Après l'accouplement, les femelles pondent leurs ufs dans le sol. Ceux-ci éclosent quelques semaines plus tard. Les larves commencent alors à se nourrir de racines et passent par trois stades larvaires avant de se préparer à hiverner, au début octobre, en s'enfonçant sous la ligne de gel. Dommages : Le scarabée japonais, aux stades larvaires et adulte, peut s'en prendre aux grandes cultures. Ce ravageur, qu'on trouve partout en Ontario, est surtout présent dans la région de Niagara/Hamilton. Ce sont particulièrement les champs de soya et de foin qui souffrent des dommages aux racines causés par les larves. Les adultes, de leur côté, se nourrissent aussi de soya, de haricots secs comestibles, de cultures fruitières et de plantes ornementales, laissant derrière eux des feuilles qui ne possèdent plus que des nervures. Technique de dépistage des larves (asticots) : Concentrer les recherches sur les monticules les plus sablonneux du champ et aux endroits où les insectes ont fait des ravages les années précédentes. Avec une pelle, creuser un trou d'environ 30 cm x 30 cm (1 pi2) et de 7 à 10 cm (3 à 4 po) de profondeur, à au moins cinq emplacements différents dans le champ.
Traiter aux insecticides les semences utilisées dans les champs ayant subi dans le passé des dommages causés par les larves.
Ver fil-de-fer (Limonius spp. et autres)maïs, soya, céréales, haricots secs comestibles Description : Le ver fil-de-fer (ou larve de taupin) est une larve de 7 à 35 mm (1/4 - 1 1/3 po) de long, cylindrique et de couleur brun cuivré, à exosquelette dur (planche 63). L'adulte est un coléoptère qui est capable de se redresser à la verticale lorsqu'il est mis sur le dos, produisant alors un bruit sec qui lui vaut en anglais le nom de « click beetles ».
Cycle biologique : Le ver fil-de-fer peut mettre jusqu'à six ans pour compléter son cycle biologique. Il passe la plus grande partie de sa vie à l'état larvaire. Il hiverne à l'état de larve dans le sol sous la ligne de gel. Lorsque la température du sol s'adoucit au printemps, les larves migrent vers la surface pour s'alimenter. En raison de leur long cycle de vie, les larves peuvent endommager plusieurs cultures successives, en dévorant des racines de mauvaises herbes, de graminées et de plantes cultivées. Une fois que le sol s'est bien réchauffé et que l'humidité du sol diminue, les larves s'enfoncent dans le sol et sont parfois difficiles à trouver. Au moment d'évoluer au stade adulte, les larves migrent à nouveau vers la surface, se transforment en pupes, d'où les adultes émergent pour s'accoupler et pondre des ufs dans les prairies ou les zones envahies de mauvaises herbes. Dommages : Les vers fil-de-fer sont surtout actifs entre avril et juin. Ils sont en plus grand nombre dans les champs peu dérangés. Les larves s'attaquent aux racines, aux semences et aux plantules en germination de nombreuses cultures (p. ex. maïs, soya, céréales de printemps, haricots secs comestibles, pommes de terre). Une croissance non uniforme ou un peuplement clairsemé peut avoir été causé par le ver fil-de-fer qui s'est nourri de semences en germination. Les plantules atteintes sont rabougries et flétries. La pointe des feuilles devient parfois violacée ou bleue. Les vers fil-de-fer sont rarement problématiques dans les céréales semées à l'automne, mais peuvent causer de graves dégâts dans les céréales semées au printemps. Le problème est généralement plus grave la deuxième année après une sole de gazon, après des années de forte pression exercée par les graminées adventices ou lorsque le maïs et les céréales reviennent souvent dans la rotation. Les vers fil-de-fer sont généralement plus nombreux en sols sableux, sur les buttes..
Seuil d'intervention : Un ver fil-de-fer par piège appât. Stratégies de lutte dans toutes les cultures :
Mille-pattes (diverses espèces)maïs, soya Description : Le mille-pattes n'est pas un insecte,
mais un arthropode à carapace, de forme cylindrique, qui fait environ
2,5 à 5 cm (1 à 2 po) de longueur. Il tient son nom de ses
très nombreuses pattes : deux courtes paires par segment corporel
au stade adulte. Le mille-pattes adulte est de couleur brun rougeâtre
foncé à gris-noir et possède une carapace dure, tandis
qu'à l'état immature il est blanc, possède moins
de pattes et a le corps mou. En parvenant à maturité, le
mille-pattes acquiert un plus grand nombre de pattes et devient plus foncé.
Autre caractéristique notable : il s'enroule serré sur lui-même
lorsqu'il est dérangé. Ne pas confondre le mille-pattes avec le vers fil-de-fer; ce dernier est de couleur brun cuivre et possède seulement six pattes. Cycle biologique : Aux stades immature et adulte, il hiverne dans le sol, sous débris, pierres, etc. Il peut y demeurer plusieurs années et mettre jusqu'à cinq ans pour parvenir à maturité. La popularité du semis direct et du travail réduit, en entraînant l'accumulation de résidus en surface, a favorisé la diffusion de l'espèce. Dommages : En général, le mille-pattes joue un rôle utile : il facilite la décomposition de la matière organique et se nourrit d'autres insectes; mais des semis effectués trop tôt lors de printemps frais et pluvieux incitent le mille-pattes à se nourrir des semences et des racines des jeunes plants, dont le maïs et le soya. Les champs soumis au semis direct, qui sont couverts d'une couche de résidus plus épaisse et de beaucoup de matière organique, présentent un plus grand risque à cet égard, bien que le problème ait aussi été constaté dans des champs travaillés selon des méthodes traditionnelles. Des semis profonds peuvent entraîner plus de dommages, tandis qu'un temps sec peut les atténuer.
Seuil d'intervention : Aucun seuil d'intervention n'a encore été établi. Stratégies de lutte dans le maïs et le soya :
Mouche des légumineuses (Delia platura)maïs, haricots secs comestibles, soya Description : Le stade nuisible est une petite larve acéphale et apode (sans tête ni pattes), de couleur blanc jaunâtre planche 64; son corps est fuselé vers l'avant et les pièces buccales de la larve sont deux crochets rétractiles. Les larves creusent des galeries dans les graines en germination et dans les parties enterrées des plantules en train de lever, ce qui affaiblit les plantules. L'adulte ressemble à une petite mouche domestique élancée, de couleur gris pâle et d'environ 5 mm (1/5 po) de long.
Cycle biologique : La mouche des légumineuses hiverne au stade de pupe. Les adultes sortent des pupes au début du printemps.Après l'accouplement, soit entre le début d'avril et le milieu de juin, la femelle adulte recherche un site de ponte. Elle est attirée par des sols humides qui dégagent une odeur de matière organique en décomposition (p. ex. résidus de culture, zones où du fumier a été épandu ou sol fraîchement travaillé). Les femelles sont aussi attirées par les mauvaises herbes. Elles pondent leurs oeufs dans le sol. Les larves se développent ensuite dans le sol et dans les résidus organiques, en se nourrissant des graines en germination. Dommages : Les larves sévissent surtout les printemps frais et pluvieux quand la germination est retardée. Elles se nourrissent des graines gonflées n'ayant pas encore germé. On les trouve dans le cotylédon, l'embryon et l'hypocotyle. Elles peuvent aussi creuser des galeries dans la tige des plantules. Elles provoquent une levée lente et/ou l'éclaircissement du peuplement. Les plantules endommagées qui germent finissent souvent par mourir ou poussent lentement. Technique de dépistage : Contrairement au ver fil-de-fer, la mouche des légumineuses cause des dommages qui sont normalement perceptibles dans une bonne partie du champ. Rien ne permet de réchapper un champ endommagé. Il faut parfois reprendre les semis. Les facteurs à haut risque à surveiller comprennent : sol fraîchement travaillé, résidus de culture abondants, fumier fraîchement épandu, culture d'engrais vert fraîchement enfouie, semis profond et semis hâtif suivi d'un printemps frais et pluvieux. Rechercher des signes de mauvaise levée et des lésions à la base des plants nouvellement levés. Seuil d'intervention : Aucun seuil n'a encore été établi. Stratégies de lutte :
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| Auteur : | Le personnel du MAAARO |
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| Date de création : | 20 août 2009 |
| Dernière révision : | 20 août 2009 |