Déprédateurs des grandes cultures : Ravageurs généraux des grandes cultures

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Table des matières

Ravageurs terricoles

Asticots

maïs, soya, fourrages et céréales d'automne

Plusieurs types d'asticots s'attaquent aux grandes cultures. L'asticot du hanneton européen, ou « ver blanc », est celui qui cause le plus de problèmes en Ontario, mais les asticots du hanneton commun et du scarabée japonais sont aussi à surveiller. Il faut bien identifier les espèces d'asticots à combattre puisque les stratégies de lutte doivent être adaptées au cycle de vie de chaque espèce.


Description : Les asticots sont des larves de couleur blanche en forme de « C », avec une tête brun-orange et un postérieur noir. Pour identifier correctement l'espèce, il faut examiner les soies de l'écusson anal de la larve à l'aide d'une loupe. Ces soies sont situées sous la larve, sur son dernier segment abdominal. Chaque espèce présente un écusson anal de forme différente. L'identification de l'espèce permettra de déterminer à quel moment elle se nourrit et à quel moment on pourra la combattre le plus efficacement.

Dommages : Les asticots se nourrissent des racines fibreuses des plants, à une profondeur de 3 à 5 cm (1-2 po) de la surface. Les larves coupent les racines de sorte que le plant ne peut atteindre son plein développement et finit par dépérir. Les infestations importantes se traduisent par un faible taux de levée des plants et la mort de ceux-ci. Les cultures à risque comprennent le maïs, le soya, le blé et les cultures fourragères. Les champs situés à proximité d'étendues herbeuses - comme pelouses, terrains de golf et pâturages - sont particulièrement menacés. Les dommages aux cultures dépendent de l'époque des semis et de la levée des plants en relation avec les besoins alimentaires des larves. En reportant les semis après le stade larvaire de l'espèce en question, on pourra protéger les cultures de ses attaques. On évitera aussi les dommages connexes causés par divers prédateurs, comme les moufettes et les ratons laveurs, qui creusent le sol pour y trouver les asticots dont ils se nourrissent - bien que ces dommages ont rarement une incidence économique.

La figure 13-1, Cycles biologiques et périodes d'alimentation des principaux asticots (hanneton européen, hanneton commun et scarabée japonais), fait ressortir les différences et les similitudes dans les cycles biologiques.

Figure 13-1. Cycles biologiques et périodes d'alimentation des principaux asticots (hanneton européen, hanneton commun et scarabée japonais). (Les zones ombrées indiquent les stades nuisibles).

Figure 13-1. Cycles biologiques et périodes d'alimentation des principaux asticots (hanneton européen, hanneton commun et scarabée japonais). (Les zones ombrées indiquent les stades nuisibles).


Texte correspondant - Figure 13-1. Cycles biologiques et périodes d'alimentation des principaux asticots (hanneton européen, hanneton commun et scarabée japonais). (Les zones ombrées indiquent les stades nuisibles).

 

Hanneton Européen (ver blanc) (Rhizotrogus majalis)

maïs, fourrages, céréales

Description : Les larves du hanneton européen, les « vers blancs » annuels qu'on connaît, se distinguent des autres asticots par le motif en « Y » que forment les soies de l'écusson anal (planche 59). L'adulte est un hanneton de taille moyenne, d'environ 14 mm (½ po), brun clair et de forme ovale, qui ressemble à s'y méprendre au hanneton indigène.

 

Planche 59. Blanches, à la tête brun-orangé et au postérieur sombre, les larves du hanneton européen, ou vers blancs, se distinguent des autres asticots par le motif en « Y » que forment les soies de l'écusson anal.

Blanches, à la tête brun-orangé et au postérieur sombre, les larves du hanneton européen, ou vers blancs, se distinguent des autres asticots par le motif en « Y » que forment les soies de l'écusson anal

 

Cycle biologique : Ce ravageur ne produit qu'une seule génération par an. Il hiverne à l'état de larve (« ver blanc ») dans le sol, sous la ligne de gel. En avril, les larves du hanneton européen remontent vers la surface et se nourrissent des racines des plantes. Elles résistent davantage au froid que les autres espèces d'asticots, de sorte qu'elles peuvent commencer à se nourrir sitôt le sol dégelé, avant même la fonte des neiges. Les larves cessent de s'alimenter à la mi-mai, qui marque le début de la pupaison. Celle-ci dure jusqu'à la mi-juin. Les hannetons adultes sortent du sol entre le début juin et le début juillet pour s'accoupler. Ils se rassemblent pour le vol nuptial et forment alors des essaims visibles à la brunante. Les femelles adultes recherchent ensuite des sols humides et frais dans les pelouses ou les champs avoisinants pour y pondre leurs œufs. Les œufs éclosent et les larves nouvellement écloses commencent à se nourrir de racines du début d'août jusqu'à ce que le sol gèle. Ces larves s'enfoncent alors sous la ligne de gel pour y hiverner.

Dommages : Au printemps, les dommages causés par l'alimentation des larves sont à craindre d'avril à la moitié ou à la fin de mai. Le maïs et les fourrages sont les cultures les plus à risque. Le soya a tendance à être épargné lorsqu'il est semé après la mi-mai. À l'automne, les dommages causés par les larves se manifestent surtout dans le blé d'automne. Les adultes causent peu de dommages, sinon aucun.

Technique de dépistage : L'idéal est de faire le dépistage du hanneton européen à l'automne dans le chaume de soya sur pied. Prêter davantage attention aux buttes sablonneuses et aux zones ayant déjà présenté des marques d'infestation. À l'aide d'une pelle, creuser un carré d'environ 30 cm (1 pi) de côté sur environ 7,5-10 cm (3-4 po) de profondeur, dans au moins cinq zones distinctes du champ. Ameublir le sol à la main de manière à briser les mottes, puis compter le nombre de vers blancs présents dans chaque échantillon.

Seuil d'intervention dans le maïs et les céréales
: La présence de deux larves ou plus par carré de 30 cm (1 pi) de côté indique la nécessité d'intervenir.

Seuil d'intervention dans les cultures fourragères : Aucun seuil n'a été établi, mais la présence de deux larves ou plus par carré de 30 cm (1 pi) de côté rend une intervention pertinente, surtout la première année de culture.
Stratégies de lutte dans toutes les cultures :

  • Le travail du sol et le passage des disques comptent parmi les méthodes de lutte culturale qui ramènent les vers blancs à la surface où ils sont exposés aux éléments et aux prédateurs (p. ex. oiseaux, moufettes, ratons laveurs). Pour de bons résultats, le labour d'automne doit se faire avant que les vers blancs migrent sous la semelle de labour.
  • Il n'existe aucun traitement de secours.

Stratégies de lutte dans le maïs et les céréales :

  • Utiliser un traitement des semences homologué pour combattre le hanneton européen.
  • Si les populations sont fortes (c.-à-d. quatre vers blancs ou plus par carré de 30 cm de côté (1 pi2), utiliser la dose supérieure de l'insecticide pour traiter les semences.
  • Éviter de semer du maïs si les populations de hannetons européens sont extrêmement abondantes; semer plutôt du soya.
  • Faire les semis dans des conditions de sol idéales afin que la culture s'établisse rapidement et soit à même de tolérer des infestations de légères à modérées.

Stratégies de lutte dans les cultures fourragères :

  • Éviter de semer de la luzerne si les populations de hannetons européens sont fortes. Semer plutôt des cultures dont les semences peuvent être traitées avec des insecticides.
  • Un pâturage bien géré comportant un bon mélange de légumineuses et de graminées peut contribuer à freiner les pertes de densités de peuplement. Les vers blancs ont tendance à se nourrir davantage des espèces de graminées. Il peut être nécessaire pendant quelques années de pratiquer un sursemis ou de reprendre les semis afin de compenser les pertes occasionnées par les vers blancs.

Hanneton Commun (Phyllophaga spp.)

soya, cultures fourragères

Description : La larve se distingue des autres asticots par la forme ovale de son écusson anal où l'on relève deux rangées parallèles d'épines (planche 60). Au stade adulte, ce hanneton est légèrement plus gros (environ 20 mm, ou 3/4 po) que le hanneton européen et de couleur brun rougeâtre à noir.

 

Planche 60. Chez la larve du hanneton commun, l'écusson anal prend une forme ovale et présente deux rangées parallèles d'épines.

Chez la larve du hanneton commun, l'écusson anal prend une forme ovale et présente deux rangées parallèles d'épines.

 

Cycle biologique : Le hanneton commun a un cycle de vie de trois ans. Les adultes sortent du sol de la mi-mai à la mi-juin pour pondre leurs oeufs. Généralement, ils se ressemblent en grand nombre sur les arbres ou arbustes à la nuit tombante pour s'accoupler. Les oeufs sont déposés dans un sol humide et éclosent quelques semaines plus tard. Les larves du premier stade larvaire se nourrissent à même les racines des plants et muent en passant au deuxième stade larvaire, avant de s'enfoncer profondément dans le sol pour l'hiver. Le printemps suivant, une fois le sol réchauffé, les larves du deuxième stade larvaire recommencent à se nourrir et restent à l'état larvaire pendant toute la durée de cette deuxième année, mais muent une nouvelle fois pour passer au troisième stade larvaire. Cette deuxième année de leur cycle est donc la plus nuisible aux cultures. Les larves se préparent de nouveau à hiverner en s'enfonçant profondément dans le sol dès l'arrivée du froid; elles y restent jusqu'au printemps. La troisième année, les larves du troisième stade larvaire se nourrissent de racines pendant quelque temps, se transforment en pupes, puis en adultes. Ces derniers resteront en dormance dans le sol pendant le reste de la saison et ne sortiront de leur refuge qu'au printemps suivant.

Dommages : La gravité des dommages dépend de l'année du cycle de vie de la majorité des larves actives. La deuxième année est la plus préjudiciable aux cultures parce que l'insecte vit alors une pleine saison de croissance au stade larvaire. Les cultures fourragères et de soya semblent les plus touchées, surtout si les plants sont jeunes. Les adultes peuvent se nourrir d'arbres et de plantes ornementales (comme les rosiers), mais ne s'attaquent pas aux grandes cultures.

Technique de dépistage : Concentrer les recherches sur les monticules les plus sablonneux du champ et aux endroits où les insectes ont fait des ravages les années précédentes. Avec une pelle, creuser un trou d'environ 30 cm x 30 cm (1 pi2) et de 7 à 10 cm (3 à 4 po) de profondeur, à au moins cinq emplacements différents dans le champ. Ameublir le sol à la main (en brisant les mottes de terre au besoin) et compter le nombre d'asticots dans chaque échantillon.

Seuil d'intervention : Aucun seuil d'intervention n'a été établi pour la larve du hanneton commun, mais la présence de deux larves ou plus au même endroit justifie une intervention.

Stratégies de lutte dans toutes les cultures :

  • Traiter aux insecticides les semences utilisées dans les champs ayant subi dans le passé des dommages causés par les larves, notamment si ces dernières semblent se trouver majoritairement dans la deuxième année de leur cycle de vie.
  • Éviter les semis hâtifs lors des printemps frais et pluvieux.
  • Rechercher des conditions édaphiques et météorologiques idéales pour les semis, de façon à favoriser une germination rapide et à stimuler la croissance des plantules.
  • Il n'existe aucun traitement de secours contre les asticots, mais on peut, en retournant la terre, tuer une partie des larves et les exposer à leurs prédateurs : oiseaux, moufettes et ratons laveurs.

Stratégies de lutte dans les cultures fourragères :

  • Éviter de semer des plantes fourragères dans des champs infestés, notamment si les asticots semblent se trouver majoritairement dans la deuxième année de leur cycle.
  • Les champs ayant subi dans le passé des pertes attribuables aux asticots doivent être convertis à une culture dont les semences peuvent être traitées avec un insecticide capable de maîtriser les asticots. Après la mise en oeuvre de cette mesure, réévaluer la population d'asticots pour savoir si le champ peut être ensemencé d'une culture fourragère.
  • Un pâturage bien géré comportant un bon mélange de légumineuses et de graminées peut contribuer à réduire les pertes de densité de peuplement, étant donné que les asticots préfèrent les graminées. Une reprise des semis ou un sursemis pourrait être indiqué pendant quelques années pour compenser les pertes dues aux asticots.

Scarabée japonais (Popillia japonica)

soya, cultures fourragères

Description : L'asticot du scarabée japonais se distingue des autres asticots par son écusson anal, large et peu profond, en forme de « V » (planche 61). Il est aussi beaucoup plus petit que l'asticot du hanneton européen et celui du hanneton commun. Adulte, le scarabée japonais mesure environ 13 mm (½ po) de longueur et se reconnaît facilement à sa tête vert métallique brillant, à ses ailes d'un reflet cuivré, teintées de vert aux extrémités (planche 62). Douze touffes de poils blanchâtres garnissent les bords de ses ailes.

 

Planche 61. La larve du scarabée japonais se distingue des autres asticots par le motif en « V », large et peu profond de son écusson anal.

La larve du scarabée japonais se distingue des autres asticots par le motif en « V », large et peu profond de son écusson anal.

 

Planche 62. Le scarabée japonais a la tête d'un vert métallique brillant et des ailes cuivre teintées de vert sur les bords extérieurs. Il présente douze petites touffes de poils aux limites des ailes.

Le scarabée japonais a la tête d'un vert métallique brillant et des ailes cuivre teintées de vert sur les bords extérieurs. Il présente douze petites touffes de poils aux limites des ailes.

 

Cycle biologique : Le scarabée japonais n'a qu'une seule génération par année. L'insecte hiverne sous forme de larve de troisième stade larvaire enfouie dans le sol, sous la ligne de gel. Le printemps suivant, une fois que la température du sol dépasse 15 °C, les larves se rapprochent de la surface et se nourrissent de racines de plantes jusqu'à la mi ou la fin juin, moment où elles se transforment en pupes et deviennent adultes. L'adulte s'extirpe du sol au début juillet et vit une quarantaine de jours. Après l'accouplement, les femelles pondent leurs œufs dans le sol. Ceux-ci éclosent quelques semaines plus tard. Les larves commencent alors à se nourrir de racines et passent par trois stades larvaires avant de se préparer à hiverner, au début octobre, en s'enfonçant sous la ligne de gel.

Dommages : Le scarabée japonais, aux stades larvaires et adulte, peut s'en prendre aux grandes cultures. Ce ravageur, qu'on trouve partout en Ontario, est surtout présent dans la région de Niagara/Hamilton. Ce sont particulièrement les champs de soya et de foin qui souffrent des dommages aux racines causés par les larves. Les adultes, de leur côté, se nourrissent aussi de soya, de haricots secs comestibles, de cultures fruitières et de plantes ornementales, laissant derrière eux des feuilles qui ne possèdent plus que des nervures.

Technique de dépistage des larves (asticots) : Concentrer les recherches sur les monticules les plus sablonneux du champ et aux endroits où les insectes ont fait des ravages les années précédentes. Avec une pelle, creuser un trou d'environ 30 cm x 30 cm (1 pi2) et de 7 à 10 cm (3 à 4 po) de profondeur, à au moins cinq emplacements différents dans le champ.


Technique de dépistage des adultes dans un champ de soya
: Inspecter vingt plants à au moins cinq endroits différents dans le champ. Évaluer ensuite les dommages par comparaison avec la figure 13-2, Défoliation du soya due aux insectes défoliateurs.


Seuil d'intervention contre les larves (asticots)
: Aucun seuil d'intervention n'a été établi pour l'asticot du scarabée japonais, mais la présence de deux larves ou plus au même endroit peut justifier une intervention.


Seuil d'intervention contre les adultes dans des champs de soya
: Si la défoliation dépasse les seuils indiqués dans le tableau 13-3, Seuils de nuisibilité des insectes défoliateurs pour le soya, un traitement de secours peut être justifié pour éviter des pertes de rendement excessives.


Stratégies de lutte dans toutes les cultures :

Traiter aux insecticides les semences utilisées dans les champs ayant subi dans le passé des dommages causés par les larves.

  • Éviter les semis hâtifs lors des printemps frais et pluvieux. Rechercher des conditions édaphiques et météorologiques idéales pour les semis, de façon à favoriser une germination rapide et à stimuler la croissance des plantules.
  • Il n'existe aucun traitement de secours contre les asticots, mais on peut, en retournant la terre, tuer une partie des larves et les exposer à leurs prédateurs : oiseaux, moufettes et ratons laveurs.
  • Pour d'autres recommandations concernant la lutte contre les adultes, voir sous Insectes défoliateurs.

 

Ver fil-de-fer (Limonius spp. et autres)

maïs, soya, céréales, haricots secs comestibles

Description : Le ver fil-de-fer (ou larve de taupin) est une larve de 7 à 35 mm (1/4 - 1 1/3 po) de long, cylindrique et de couleur brun cuivré, à exosquelette dur (planche 63). L'adulte est un coléoptère qui est capable de se redresser à la verticale lorsqu'il est mis sur le dos, produisant alors un bruit sec qui lui vaut en anglais le nom de « click beetles ».


Planche 63. Le ver fil de fer (ou larve de taupin) est une larve longue et cylindrique, de couleur brun cuivré et à exosquelette dur. Il nuit à de nombreuses cultures, habituellement lorsque celles-ci suivent des graminées dans la rotation.

Le ver fil de fer (ou larve de taupin) est une larve longue et cylindrique, de couleur brun cuivré et à exosquelette dur. Il nuit à de nombreuses cultures, habituellement lorsque celles-ci suivent des graminées dans la rotation.

 

Cycle biologique : Le ver fil-de-fer peut mettre jusqu'à six ans pour compléter son cycle biologique. Il passe la plus grande partie de sa vie à l'état larvaire. Il hiverne à l'état de larve dans le sol sous la ligne de gel. Lorsque la température du sol s'adoucit au printemps, les larves migrent vers la surface pour s'alimenter. En raison de leur long cycle de vie, les larves peuvent endommager plusieurs cultures successives, en dévorant des racines de mauvaises herbes, de graminées et de plantes cultivées. Une fois que le sol s'est bien réchauffé et que l'humidité du sol diminue, les larves s'enfoncent dans le sol et sont parfois difficiles à trouver. Au moment d'évoluer au stade adulte, les larves migrent à nouveau vers la surface, se transforment en pupes, d'où les adultes émergent pour s'accoupler et pondre des œufs dans les prairies ou les zones envahies de mauvaises herbes.

Dommages : Les vers fil-de-fer sont surtout actifs entre avril et juin. Ils sont en plus grand nombre dans les champs peu dérangés. Les larves s'attaquent aux racines, aux semences et aux plantules en germination de nombreuses cultures (p. ex. maïs, soya, céréales de printemps, haricots secs comestibles, pommes de terre). Une croissance non uniforme ou un peuplement clairsemé peut avoir été causé par le ver fil-de-fer qui s'est nourri de semences en germination. Les plantules atteintes sont rabougries et flétries. La pointe des feuilles devient parfois violacée ou bleue. Les vers fil-de-fer sont rarement problématiques dans les céréales semées à l'automne, mais peuvent causer de graves dégâts dans les céréales semées au printemps. Le problème est généralement plus grave la deuxième année après une sole de gazon, après des années de forte pression exercée par les graminées adventices ou lorsque le maïs et les céréales reviennent souvent dans la rotation. Les vers fil-de-fer sont généralement plus nombreux en sols sableux, sur les buttes..


Technique de dépistage : Le meilleur moment pour dépister le ver fil-de-fer est la mi-avril, quelques semaines avant les semis; si la teneur en eau et les températures du sol sont convenables, on peut aussi faire un échantillonnage à l'automne. Installer deux pièges?appâts aux endroits du champ qui présentent le plus haut risque d'infestation (buttes sablonneuses ou zones fortement envahies de graminées). Creuser à chaque endroit un trou d'environ 15 cm (6 po) de large et de 5-8 cm (2-3 po) de profond. Mettre au fond du trou un sac en filet de nylon contenant l'équivalent d'une tasse d'une quantité égale de maïs non traité préalablement trempé, et de blé ou de pommes de terre fraîchement coupées. Remblayer en formant un léger monticule destiné à empêcher l'eau de s'accumuler au-dessus du piège-appât. Il est bon de recouvrir le monticule d'une bâche de plastique sombre pour réchauffer le piège-appât et accroître la fermentation de l'appât afin de le rendre plus attrayant aux vers fil-de-fer. Placer un ruban de marquage à l'emplacement du piège pour faciliter son repérage par la suite. Inspecter les pièges-appâts quelques jours avant les semis en tamisant le contenu du sac de manière à compter le nombre de larves par piège.

Seuil d'intervention : Un ver fil-de-fer par piège appât.

Stratégies de lutte dans toutes les cultures :

  • Dans les champs où les infestations ont atteint le seuil d'intervention, qui ont déjà été infestés par les vers fil-de-fer ou à la suite d'une couverture gazonnée, traiter les semences avec un insecticide ou faire des traitements insecticides dans la raie de semis ou en bandes latérales.
  • Il n'existe aucun traitement de secours. Toutefois, la maîtrise des graminées adventices dans les cultures qui précèdent le maïs constitue une bonne mesure de prévention.

Mille-pattes (diverses espèces)

maïs, soya

Description : Le mille-pattes n'est pas un insecte, mais un arthropode à carapace, de forme cylindrique, qui fait environ 2,5 à 5 cm (1 à 2 po) de longueur. Il tient son nom de ses très nombreuses pattes : deux courtes paires par segment corporel au stade adulte. Le mille-pattes adulte est de couleur brun rougeâtre foncé à gris-noir et possède une carapace dure, tandis qu'à l'état immature il est blanc, possède moins de pattes et a le corps mou. En parvenant à maturité, le mille-pattes acquiert un plus grand nombre de pattes et devient plus foncé. Autre caractéristique notable : il s'enroule serré sur lui-même lorsqu'il est dérangé.


Ne pas confondre le mille-pattes avec le vers fil-de-fer; ce dernier est de couleur brun cuivre et possède seulement six pattes.

Cycle biologique : Aux stades immature et adulte, il hiverne dans le sol, sous débris, pierres, etc. Il peut y demeurer plusieurs années et mettre jusqu'à cinq ans pour parvenir à maturité. La popularité du semis direct et du travail réduit, en entraînant l'accumulation de résidus en surface, a favorisé la diffusion de l'espèce.

Dommages : En général, le mille-pattes joue un rôle utile : il facilite la décomposition de la matière organique et se nourrit d'autres insectes; mais des semis effectués trop tôt lors de printemps frais et pluvieux incitent le mille-pattes à se nourrir des semences et des racines des jeunes plants, dont le maïs et le soya. Les champs soumis au semis direct, qui sont couverts d'une couche de résidus plus épaisse et de beaucoup de matière organique, présentent un plus grand risque à cet égard, bien que le problème ait aussi été constaté dans des champs travaillés selon des méthodes traditionnelles. Des semis profonds peuvent entraîner plus de dommages, tandis qu'un temps sec peut les atténuer.


Technique de dépistage : Il n'existe aucune technique de dépistage recommandée. Il s'agit simplement d'examiner les racines, les semences en voie de germination et le sol dans les zones correspondant à des trouées dans le peuplement. Des mille-pattes pourraient se trouver sur les racines ou dans les semences. Si des dommages apparaissent tôt dans la saison sans qu'on puisse déceler la présence de mille-pattes, installer un piège à vers fil-de-terre constitué de grains de maïs ayant trempé dans l'eau à proximité des endroits clairsemés. Ces pièges sont aussi efficaces contre les mille-pattes et permettront de déterminer s'ils sont présents et voraces.

Seuil d'intervention : Aucun seuil d'intervention n'a encore été établi.

Stratégies de lutte dans le maïs et le soya :

  • Le traitement insecticide des semences ne semble pas efficace. Aucun traitement de secours n'est actuellement disponible.
  • Faire les semis dans des conditions idéales, de façon à favoriser la germination des semences, surtout si on prévoit un printemps frais et pluvieux.

Mouche des légumineuses (Delia platura)

maïs, haricots secs comestibles, soya

Description : Le stade nuisible est une petite larve acéphale et apode (sans tête ni pattes), de couleur blanc jaunâtre planche 64; son corps est fuselé vers l'avant et les pièces buccales de la larve sont deux crochets rétractiles. Les larves creusent des galeries dans les graines en germination et dans les parties enterrées des plantules en train de lever, ce qui affaiblit les plantules. L'adulte ressemble à une petite mouche domestique élancée, de couleur gris pâle et d'environ 5 mm (1/5 po) de long.

Planche 64

Mouche des légumineuses (Delia platura)

Cycle biologique : La mouche des légumineuses hiverne au stade de pupe. Les adultes sortent des pupes au début du printemps.Après l'accouplement, soit entre le début d'avril et le milieu de juin, la femelle adulte recherche un site de ponte. Elle est attirée par des sols humides qui dégagent une odeur de matière organique en décomposition (p. ex. résidus de culture, zones où du fumier a été épandu ou sol fraîchement travaillé). Les femelles sont aussi attirées par les mauvaises herbes. Elles pondent leurs oeufs dans le sol. Les larves se développent ensuite dans le sol et dans les résidus organiques, en se nourrissant des graines en germination.

Dommages : Les larves sévissent surtout les printemps frais et pluvieux quand la germination est retardée. Elles se nourrissent des graines gonflées n'ayant pas encore germé. On les trouve dans le cotylédon, l'embryon et l'hypocotyle. Elles peuvent aussi creuser des galeries dans la tige des plantules. Elles provoquent une levée lente et/ou l'éclaircissement du peuplement. Les plantules endommagées qui germent finissent souvent par mourir ou poussent lentement.

Technique de dépistage : Contrairement au ver fil-de-fer, la mouche des légumineuses cause des dommages qui sont normalement perceptibles dans une bonne partie du champ. Rien ne permet de réchapper un champ endommagé. Il faut parfois reprendre les semis. Les facteurs à haut risque à surveiller comprennent : sol fraîchement travaillé, résidus de culture abondants, fumier fraîchement épandu, culture d'engrais vert fraîchement enfouie, semis profond et semis hâtif suivi d'un printemps frais et pluvieux. Rechercher des signes de mauvaise levée et des lésions à la base des plants nouvellement levés.

Seuil d'intervention : Aucun seuil n'a encore été établi.

Stratégies de lutte :

  • Dans les champs qui seront semés tôt et dans lesquels de grandes quantités de fumier ou de résidus ont récemment été incorporées au sol, envisager de traiter la semence ou d'appliquer des insecticides radiculaires dans la raie de semis.
  • Utiliser de la semence de bonne qualité qui lèvera rapidement.
  • Faire les semis dans de bonnes conditions édaphiques, quand on ne prévoit aucun temps frais ni pluvieux, afin de garantir une levée rapide des plantules.
  • Aucun traitement n'existe pour réchapper une culture. S'il faut reprendre les semis, traiter les semences avec un insecti- cide ou appliquer un insecticide dans la raie de semis.


Limace (Deroceras reticulatum)

maïs, soya, nouveaux semis fourragers, canola

Description : Jeunes et adultes ont le corps mou, sont apodes, grisâtres ou mouchetés et recouverts d'une substance visqueuse ou gélatineuse qui les empêche de se dessécher. Ce sont ni plus ni moins que des escargots sans la coquille. La tête est pourvue de deux paires de tentacules. Les limaces mesurent habituellement 1-3 cm (1/3 po) de longueur, mais peuvent atteindre 10 cm (4 po).

Cycle biologique : Il n'y a qu'une seule génération par année, mais on compte deux populations qui arrivent à maturité au printemps et à l'automne, respectivement. Par conséquent, les limaces ont deux occasions d'endommager les jeunes plants. Les œufs et les adultes hivernent. Les jeunes limaces qui éclosent au printemps et à l'automne sont au stade le plus nuisible aux cultures. Les limaces sont surtout actives pendant les périodes fraîches et pluvieuses du printemps et de l'automne. Elles préfèrent des milieux caractérisés par une forte humidité et des températures relativement fraîches. Les débris (p. ex. résidus de culture, fumier) leur procurent un abri du soleil.

Dommages : Les limaces se nourrissent dans le sol ou hors du sol, selon l'humidité. Elles se nourrissent de graines en germination et de plantules sans afficher de préférence réelle pour une partie de la plante en particulier (planche 65). Sur les plantes plus grosses, les limaces dévorent les feuilles du bas en totalité ou en partie, laissant des trous aux pourtours déchiquetés qui donnent aux feuilles un aspect squelettique (planche 66). Les dommages ressemblent parfois à ceux causés par la grêle. Elles peuvent causer une défoliation importante. En grand nombre, les limaces se nourrissent de graines en germination et les vident de leur contenu avant la levée des plants. Les champs les plus à risque sont les champs de soya, de canola et de maïs en semis direct, surtout ceux qui ont une épaisse couche de résidus, les champs de blé contre-ensemencés de trèfle rouge, les nouveaux peuplements de luzerne et les champs qui suivent des cultures fourragères, en particulier de graminées. L'évaluation des populations dans chaque champ à l'automne permet de se faire une bonne idée de l'ampleur du problème qu'elles poseront le printemps suivant. La population qui hiverne est la même qui dévorera les plants le printemps venu.

 

Planche 65. Les limaces sont dépourvues de pattes, ont le corps mou et sont grisâtres ou mouchetées. Elles sont recouvertes d'une substance visqueuse qu'elles laissent derrière elles après leur passage.

Les limaces sont dépourvues de pattes, ont le corps mou et sont grisâtres ou mouchetées. Elles sont recouvertes d'une substance visqueuse qu'elles laissent derrière elles après leur passage.

 

Planche 66. Feuilles endommagées par des limaces. Celles-ci se nourrissent de toutes les parties des plantes, laissant des trous aux pourtours déchiquetés. Si elles dévorent le point végétatif, le plant peut mourir.

Feuilles endommagées par des limaces. Celles-ci se nourrissent de toutes les parties des plantes, laissant des trous aux pourtours déchiquetés. Si elles dévorent le point végétatif, le plant peut mourir.

 

Technique de dépistage : Les limaces étant nocturnes, leur dépistage se fait la nuit ou au petit matin, lorsqu'elles sont actives. Les indices à surveiller sont des trous dans le peuplement, des bandelettes de tissu foliaire disparues et/ou de petits trous mâchouillés dans les feuilles. Examiner les débris et les mottes de terre. Des traces visqueuses de couleur argent sur les plants ou le sol sont un indice indéniable de leur présence. Pour évaluer les populations dans un champ récolté, placer sur le sol de petits morceaux de contreplaqué d'environ 0,6-0,9 m (2-3 pi) de long ou des bardeaux de toit, à une dizaine ou une quinzaine d'endroits répartis dans tout le champ. Ces objets serviront de refuges aux limaces. Il s'agit de les soulever tous les cinq jours pendant environ un mois et de compter les limaces qui s'y trouvent. Le matin est le meilleur moment pour faire cette inspection, car les limaces s'y trouveront encore.

Seuil d'intervention : Aucun seuil d'intervention n'a été établi. Si le dépistage décrit ci-dessus révèle la présence fréquente de limaces, considérer le champ comme à risque. Inspecter à nouveau ce champ au printemps. Les jeunes plantules et les semences en germination sont les plus durement touchées.

Stratégies de lutte :

  • Un bon point de départ pour minimiser les dommages par les limaces est d'effectuer les semis dans des conditions qui favorisent une croissance rapide.
  • Travailler le sol aide à combattre les limaces, car l'élimination de la culture de couverture les expose à la déshydratation et aux prédateurs (mammifères, oiseaux). Le travail du sol par bandes ou le passage de socs bineurs accélère l'assèchement sur le rang et diminue le risque de dommages. Le fait d'éloigner les débris peut aussi contribuer à réduire les dommages.
  • Il n'existe actuellement aucun traitement chimique rentable homologué pour les grandes cultures. On trouve sur le marché des appâts à limace, mais ils sont très coûteux et ne sont recommandés que pour traiter de petites zones. Pour qu'ils soient pleinement efficaces, ces appâts doivent être posés peu après le 24 mai.
  • Les expériences réalisées à l'aide de mélange d'azote 28 % et d'eau ou d'applications foliaires de potasse ont donné des résultats aléatoires, de sorte que l'utilisation de ces produits n'est pas encouragée.

 


Auteur : Le personnel du MAAARO
Date de création : 20 août 2009
Dernière révision : 20 août 2009

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