Déprédateurs des grandes cultures : Ravageurs des cultures fourragères

Publication 811 : Guide agronomique des grandes cultures > Déprédateurs des grandes cultures > Ravageurs des cultures fourragères

 

Tableau de matières

Introduction

Cette section décrit les ravageurs qui ne s'attaquent qu'aux cultures fourragères. Les ravageurs suivants peuvent également s'attaquer à d'autres cultures :

Le tableau 13-4, Symptômes d'infestations dans les cultures fourragères, indique à quels ravageurs peuvent être attribués les symptômes décrits.

Tableau 13-4. Symptômes d'infestations dans les cultures fourragères
Symptôme

Asticots (hann-eton
euro-péen ou
hann-eton commun)

Mineuse virgule
de la luzerne (agromyze)

Chara-nçon de
la luzerne

Chara-nçon postiche
de la luzerne

Légion-naire
unipon-ctuée

Cica-delle de
la pomme de terre

Hespérie des
gram-inées

Flétrissement ou mort des plants

Dépérissement ou mort des plants, particulièrement sur des buttes sableuses et dans les champs à la première année de la culture.

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Profondes rainures en spirale dans la racine pivotante.

 
 
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Dommages causés par l'alimentation

Galeries ou tunnels entre les couches supérieures et inférieures des feuilles.

 
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Perforations ou décharnement des feuilles.

 
 
 
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Dommages aux pourtours des feuilles et aux bourgeons.

 
 
 
 
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Décoloration des feuilles

Jaunissement en forme de V à l'extrémité des feuilles; les feuilles semblent brûlées

 
 
 
 
 
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Charançon de la luzerne (Otiorhynchus ligustici)

Description : Au stade adulte, le charançon de la luzerne fait environ 12 mm (½ po) de long, est gris foncé et ne peut pas voler (planche 89). Les larves sont petites, blanches et apodes et leur tête est d'un brun rougeâtre pâle. On les trouve dans le sol; elles se nourrissent sur ou dans les racines (planche 90).

Planche 89. Au stade adulte, le charançon de la luzerne fait environ 12 mm (½ po) de long et ne peut pas voler.

Au stade adulte, le charançon de la luzerne fait environ 12 mm (½ po) de long et ne peut pas voler.

 

Planche 90. Les larves de charançon de la luzerne ceinturent la racine pivotante ou en entaillent la surface, y laissant de profondes rainures spiralées. Les larves sont blanches, apodes et à tête brun-rouge.

Les larves de charançon de la luzerne ceinturent la racine pivotante ou en entaillent la surface, y laissant de profondes rainures spiralées. Les larves sont blanches, apodes et à tête brun-rouge.

 

Cycle biologique : Le charançon de la luzerne a un cycle de deux ans. Après avoir hiverné, les adultes se réveillent en avril; ils se nourrissent des pousses de luzerne et migrent vers de nouveaux champs pour pondre leurs œufs. Les adultes peuvent marcher de courtes distances ou se laissent porter plus loin grâce au transport du sol, du gravillon, du foin ou grâce aux machineries agricoles et aux cours d'eau. Tous les adultes sont des femelles. Les œufs éclosent peu après et les larves se nourrissent des racines principales et secondaires de la plante-hôte.

Dommages : Cet insecte potentiellement dangereux pour les fourrages a été découvert pour la première fois dans l'est de l'Ontario, près de Prescott et de Brockville. Depuis, des infestations ont aussi été observées à Kemptville et à Ottawa. Les larves cernent la racine pivotante ou rongent sa surface en laissant de profondes rainures en spirale. À l'automne, certains plants attaqués par le charançon se reconnaissent à leur jaunissement et souvent à la disparition des feuilles. Les adultes se nourrissent des feuilles et des tiges, ce qui cause peu de dommages. Les dommages sont plus évidents à la fin de l'été ou au début de l'automne.

Technique de dépistage : Dans les comtés de l'est de l'Ontario où sévit le charançon de la luzerne, faire le dépistage en début de saison à la recherche d'indices de la migration de ce ravageur. Plus tard dans la saison, déraciner les plants flétris et les inspecter pour voir s'ils présentent des dommages ou des larves. Le charançon de la luzerne peut s'en prendre à toute une gamme d'hôtes. Ses larves affectionnent particulièrement la luzerne, mais elles peuvent aussi s'attaquer à toutes les espèces de trèfle, de vigne et de fraisier. Elles s'en prennent même parfois à des mauvaises herbes, en particulier à celles qui ont des racines charnues comme la carotte sauvage et le pissenlit.

Seuil d'intervention : Aucun seuil n'a été établi.

Stratégies de lutte :

  • On ne peut compter sur aucun traitement chimique.
  • La rotation de la luzerne avec des cultures ne servant pas d'hôtes interrompt le cycle biologique de ce ravageur et en diminue nettement les populations, pourvu qu'il n'y ait pas de luzerne non plus dans les champs voisins.
  • Les cultures qui ne servent pas d'hôtes sont le maïs, les céréales à paille et le soya. Dans les champs très infestés, il est recommandé de cultiver des cultures de rotation pendant au moins deux ans pour réduire fortement la population du ravageur.
  • Pour minimiser le risque de transmission de ce ravageur, nettoyer consciencieusement les machines agricoles avant de quitter un champ infesté.
  • Entreposer le foin de première coupe d'une luzernière infestée au moins deux mois avant de l'expédier ailleurs. Des restrictions ont été imposées sur le transport de foin, de paille, de sol et de compost provenant de champs infestés.
  • Si on soupçonne la présence de ce ravageur, il faut communiquer avec l'entomologiste provincial en matière de grandes cultures ou un spécialiste des fourrages.
  • Des essais menés dans l'État de New York suggèrent que des nématodes parasites comprimeraient efficacement les populations de ce ravageur.

Mineuse virgule de la luzerne (Agromyza frontella)

Description : L'adulte de cette espèce, aussi connue sous le nom d'agromyze de la luzerne, est une mouche très petite, noire et arquée. Les larves sont petites, de couleur jaune pâle; on les trouve à l'intérieur des tunnels dans le tissu des feuilles.

Cycle biologique : À la fin mai, les mouches adultes émergent des pupes dans lesquelles elles ont hiverné. Les femelles pondent leurs œufs dans les feuilles des nouveaux plants de luzerne. Les larves viennent à maturité dans les petits tunnels des feuilles, puis devenues adultes, se transforment en pupes sur le sol. Une deuxième génération d'adultes apparaît environ une semaine après (mi-juillet), et une troisième vers la mi-août.

Dommages : Cet insecte présente maintenant un problème grave dans le nord de l'Ontario. En effet, on le reconnaît par les petites perforations qu'il fait dans les feuilles lorsqu'il s'alimente et pond ses œufs. Après l'éclosion, la larve se nourrit de l'intérieur des feuilles en creusant de petites galeries ou tunnels entre les couches supérieures et inférieures. Ces tunnels partent habituellement de la base de la feuille et atteignent l'extrémité en s'élargissant, créant des « pustules » sur leur chemin (planche 91). En général, les dommages dus à l'alimentation font diminuer la qualité du fourrage, mais affectent peu le rendement.

Planche 91. Les larves de l'agromyze de la luzerne, aussi appelée mineuse virgule de la luzerne, se nourrissent à l'intérieur même du foliole, creusant des galeries entre les surfaces supérieure et inférieure de la feuille.

Les larves de l'agromyze de la luzerne, aussi appelée mineuse virgule de la luzerne, se nourrissent à l'intérieur même du foliole, creusant des galeries entre les surfaces supérieure et inférieure de la feuille.

Technique de dépistage : Inspecter les champs une fois par semaine afin de déterminer le pourcentage de feuilles perforées.

Seuil d'interventions : N'intervenir que si 40 % des feuilles ont été perforées par des adultes.

Stratégies de lutte :

  • Il existe une espèce de parasite qui est efficace contre la mineuse virgule de la luzerne dans le sud de l'Ontario.
  • Les insecticides sont nuisibles à ce parasite et, par conséquent, on ne conseille pas de les utiliser à moins que la population de mineuses virgules de la luzerne soit extrêmement élevée.
  • Pour qu'un insecticide soit efficace, on doit l'appliquer au plus tard au moment où les perforations apparaissent.

Charançon postiche de la luzerne (Hypera postica)

Description : Au stade adulte, le charançon postiche de la luzerne est brun, mesure environ 5 mm (1/5 po) de long et a une bande longitudinale brun foncé au milieu du dos (planche 92). Les larves, vert vif, ont la tête noire, six pattes et une rayure blanche au milieu du dos. À leur plein développement, elles mesurent environ 8 mm (1/3 po) de long (planche 93).

Planche 92. Au stade adulte, le charançon postiche de la luzerne mesure environ 8 mm de long. Il se caractérise par une bande sombre longitudinale sur le dos.

Au stade adulte, le charançon postiche de la luzerne mesure environ 8 mm de long. Il se caractérise par une bande sombre longitudinale sur le dos.

 

Planche 93. Les larves du charançon postiche de la luzerne se nourrissent de feuilles dont elles ne laissent que les nervures. Les larves ont la tête noire.

Les larves du charançon postiche de la luzerne se nourrissent de feuilles dont elles ne laissent que les nervures. Les larves ont la tête noire.


Il ne faut pas confondre les larves du charançon postiche de la luzerne et celles du charançon des feuilles du trèfle. Ces dernières sont en fait plus grosses, leur tête est de couleur brun pâle et non noire, et leur rayure est blanche et bordé de rose. Il ne faut pas non plus confondre les larves du charançon postiche de la luzerne et celles des mouches prédatrices, apodes et acéphales.


Cycle biologique : Les adultes hivernent dans les résidus de culture et émergent au printemps pour se nourrir des nouvelles pousses; la ponte a lieu dans les tiges de luzerne en mai. Après l'éclosion, les larves atteignent le sommet des plants, d'où elles se nourrissent de feuilles et de bourgeons. À la fin juin, début juillet, elles s'enferment dans des cocons blancs peu serrés, dans les feuilles (pupaison).

Dommages : Les larves causent le plus de dégâts, en s'alimentant de l'intérieur des bourgeons à feuilles et en se déplaçant vers le haut des plants. Les dommages se manifestent d'abord par des trous d'épingle, puis des tissus d'apparence décharnée entre les nervures. Dans les champs fortement infestés, les feuilles sont endommagées au point que les champs ont l'air blanc grisâtre ou givré. Les adultes qui se nourrissent pendant l'été ne causent pas de dégâts considérables.

Technique de dépistage : Inspecter plusieurs parties de chaque champ deux fois par semaine entre la mi-mai et le mois de juin. Les premiers dommages se manifestent dans les sols peu profonds ou sur les pentes exposées au sud, surtout si le printemps est chaud et sec. En Ontario, on a observé que le point culminant des dommages coïncide normalement avec le stade du bouton de la première culture. Pour compter les larves, prélever trente tiges suivant un tracé en forme de « M ». Les placer dans un seau blanc et les frapper contre la paroi afin d'enlever les larves des troisième et quatrième stades. Les larves des premier et deuxième stades (au plus 3 mm de long) sont d'une couleur variant de jaune pâle à vert pâle, et leur rayure blanche est absente. Il peut y en avoir dans les feuilles supérieures, mais il ne faut pas compter ces larves plus jeunes. Vérifier si les larves sont actives et saines. Les larves infectées par le champignon pathogène se déplacent lentement et sont de couleur jaune ou havane.

Seuil d'intervention :

  • Se baser sur les niveaux de dommages aux pointes des feuilles et sur les dénombrements pour évaluer les seuils d'intervention et les mesures appropriées (coupe ou insecticide). Si 40 % des pointes des feuilles sont abîmées, s'il y a deux ou trois charançons actifs par tige, et s'il reste plus de sept à dix jours avant la date de récolte optimale, envisager d'épandre un insecticide. On entend par feuilles abîmées le pourcentage de pointes des feuilles qui présentent des signes évidents de dommages. Ne pas confondre avec le pourcentage de défoliation.
  • Moins de une larve active par tige ne nécessite pas une intervention; par contre, il faut continuer de surveiller la situation.
  • Si la luzerne mesure moins de 40 cm (16 po) de haut et contient deux larves actives par tige, il faut intervenir.
  • Si la luzerne contient plus de trois larves actives par tige, il faut intervenir immédiatement.

Si les populations de charançons sont élevées lors d'une première coupe tardive, il peut arriver que les larves survivantes s'alimentent des repousses de luzerne, ce qui peut entraîner une perte totale du peuplement. Si le champ est fortement infesté, surveiller la repousse du chaume. Le symptôme principal est que les plants de luzerne ne verdissent pas, car les charançons se nourrissent des bourgeons du collet. La présence d'au moins deux larves actives par collet, ou de 4-8 larves par carré de 30 cm de côté (1pi2) justifie la pulvérisation d'un insecticide sur le chaume.

Stratégies de lutte :

  • Des traitements insecticides ne sont recommandés que lorsqu'il est impossible de faucher la luzerne, par exemple quand celle-ci est au stade prébouton. Faucher un champ de luzerne avant le stade du bouton risque de réduire la vigueur du peuplement et de donner un fourrage de trop grande qualité pour la plupart des animaux d'élevage. La repousse peut également afficher un moins bon rendement en raison des dommages attribuables au charançon.
  • La clé de la lutte contre le charançon postiche de la luzerne est la récolte en temps opportun ou l'application d'un insecticide fondée sur l'inspection des champs. Si l'infestation est menaçante, il faut faucher immédiatement les champs afin d'éliminer les dommages dus à l'alimentation. La plupart des larves seront ainsi éliminées du champ. Quant aux larves restantes, habituellement, elles se dessèchent, meurent de faim ou sont la proie de leurs ennemis naturels.
  • À l'occasion, s'il fait chaud au mois de mai, les charançons éclosent tôt et les dommages dus à l'alimentation se manifestent avant le stade du bouton, un moment qui se prête à la récolte de la luzerne. Le cas échéant, un traitement insecticide pourrait être justifié.
  • Avant toute application, aviser les apiculteurs du voisinage pour leur laisser la chance de déménager leurs colonies à l'extérieur de la zone dangereuse. Il est à noter que la pulvérisation d'insecticides sur la luzerne tue aussi les insectes utiles, les ennemis naturels des ravageurs. L'emploi d'insecticides augmente donc les risques d'infestations futures.
  • La maîtrise du charançon postiche de la luzerne peut aussi être assurée par un champignon pathogène, Zoophthora phythonomi. Allié à des épisodes de pluie et de forte humidité durant les pics de populations de larves, ce champignon peut décimer rapidement les populations du ravageur. Les larves infectées s'enroulent autour des feuilles au sommet des plants, puis brunissent.

Légionnaire uniponctuée (Pseudaletia unipuncta)

La légionnaire uniponctuée figure parmi les principaux ennemis des cultures fourragères. Pour en savoir plus, voir Ravageurs des céréales.

Cicadelle de la pomme de terre (Empoasca fabae)

luzerne, haricots secs comestibles

Description : La cicadelle adulte est un insecte ailé, vert pâle, au corps cunéiforme, d'environ 3 mm de long, qui possède des pièces buccales de type perceur-suceur (planche 94). Les adultes ont la tête plus large. Leur corps s'affine graduellement en allant vers le bout des ailes. Le derrière de la tête est ponctué de six taches blanches rondes. Les nymphes n'ont pas d'ailes et sont plus petites que les adultes.

Planche 94. La cicadelle de la pomme de terre est un insecte ailé vert pâle, au corps cunéiforme. Les nymphes n'ont pas d'ailes et sont plus petites que les adultes.

La cicadelle de la pomme de terre est un insecte ailé vert pâle, au corps cunéiforme. Les nymphes n'ont pas d'ailes et sont plus petites que les adultes.

Cycle biologique : La cicadelle de la pomme de terre n'hiverne pas en Ontario. Elle migre vers le nord chaque printemps, portée par les masses d'air venant du golfe du Mexique. Les adultes peuvent arriver à la fin du printemps et se nourrissent d'abord de la sève des plants. Les femelles pondent leurs œufs dans le tissu des nervures principales et des pétioles des feuilles. Le passage d'œuf à adulte prend environ quatre semaines.

Dommages dans la luzerne : Les plantules et les jeunes repousses sont les plus vulnérables aux dommages. Ceux-ci sont causés tant par les nymphes que les adultes qui sucent la sève des feuilles et y injectent des protéines qui obstruent les vaisseaux. À son tour, le pourtour des feuilles jaunit et développe des cloques. Ce symptôme se manifestant sous forme de « V » jaune commençant à l'extrémité des feuilles. Lorsque la situation est grave, les feuilles semblent roussies, ce qu'on appelle « brûlure de la cicadelle » (planche 95). Les dommages causés par l'alimentation de la cicadelle de la pomme de terre compromettent l'élongation des tiges, nuisent à la croissance des racines et provoquent l'enroulement des feuilles et le rabougrissement du plant. Une infestation grave peut entraîner jusqu'à 50 % de pertes de rendement et une réduction de 2-3 % de la teneur en protéines des fourrages. Le manque de vigueur du peuplement ralentit la repousse après une coupe, ce qui expose davantage la culture à la destruction par l'hiver. Les rangs périmétriques sont habituellement les premiers touchés. Les symptômes de la cicadelle de la pomme de terre sont souvent confondus avec des problèmes occasionnés par les herbicides et des carences nutritives. La plupart des dommages surviennent entre juin et la mi-août. Les principaux facteurs de risque sont les saisons chaudes plus sèches que la normale. Les symptômes sont parfois confondus avec des carences nutritives ou des dommages causés par les herbicides et sont souvent attribués aussi à la sécheresse.

Planche 95. La brûlure de la cicadelle, causée par la cicadelle de la pomme de terre, est plus grave chez les nouvelles plantules et les jeunes repousses.

La brûlure de la cicadelle, causée par la cicadelle de la pomme de terre, est plus grave chez les nouvelles plantules et les jeunes repousses.

Dommages dans les haricots secs comestibles : La cicadelle s'alimente en perçant les tissus des végétaux et en en suçant la sève. En réaction, les feuilles s'enroulent et développent des cloques. Tôt ou tard, le pourtour des feuilles devient roussi. Ces symptômes sont appelés « brûlure de la cicadelle ». Les rangs périmétriques sont les premiers touchés. Comme les pertes de rendements sont manifestes avant même que la brûlure de la cicadelle ne soit observable, il ne faut pas se fier à la présence de la brûlure de la cicadelle pour intervenir. Les cicadelles ont tendance à s'attaquer aux champs de soya et de haricots comestibles une fois que les champs de luzerne ont été fauchés. Les symptômes de la cicadelle de la pomme de terre sont souvent confondus avec des problèmes occasionnés par des herbicides, des carences nutritives et un stress hydrique. Les principaux facteurs de risque sont les saisons chaudes plus sèches que la normale.

Technique de dépistage dans la luzerne : Voir Utilisation des filets fauchoirs, pour un exposé sur l'utilisation des filets fauchoirs lors des opérations de dépistage.

Comme des pertes économiques surviennent avant même l'apparition des symptômes, il est important de déceler les fortes infestations de cicadelles avant qu'il ne soit trop tard. Aussi, est-il particulièrement avisé de surveiller les nouveaux semis.

Tableau 13-5. Seuils d'intervention contre la cicadelle de la pomme de terre dans la luzerne et les haricots secs comestibles
Seuils d'intervention
Luzerne Haricots secs comestibles
Hauteur des tiges3 Nombre de cicadelles par balayage1 Stade de croissance des haricots Seuil/feuille trifoliée2

9 cm
(3 ½ po)

0,2 adulte

feuille unifoliée

0,25

15 cm
(6 po)

0,5 adulte

2e feuille trifoliée

0,5

25 cm
(10 po)

1,0 adulte ou nymphe

4e feuille trifoliée

1,0

36 cm
(14 po)

2,0 adultes ou nymphes

1re floraison

2,0

1 Un balayage du filet fauchoir s'entend du mouvement consistant à décrire un arc de 180°.
2 Adultes et nymphes.
3 Plus la luzerne est haute, plus on peut tolérer de cicadelles avant d'intervenir.

Le dépistage à l'aide du filet fauchoir est utile pour déterminer s'il y a lieu de devancer la récolte ou de procéder à une pulvérisation. Faire un dépistage tous les cinq à sept jours, en commençant après la première coupe. À partir de la fin juin, faire vingt balayages à l'aide d'un filet fauchoir en cinq points du champ. Éviter les rangs périmétriques. Calculer la moyenne de cicadelles dans le filet après vingt balayages. Ensuite, prendre vingt tiges de luzerne au hasard et en mesurer leur hauteur moyenne.

Techniques de dépistage dans les haricots secs comestibles : Parcourir le champ le long de deux diagonales qui se croisent en leur centre. Ramasser dix feuilles trifoliées, déployées en totalité ou en partie au milieu du feuillage à dix endroits dans le champ. Il est important de noter que les cicadelles de la pomme de terre adultes sont prestes à s'envoler quand elles sont dérangées, ce qui complique leur dénombrement sur des feuilles coupées. Appliquer un insecticide foliaire si l'infestation approche du seuil d'intervention. Se fier pour le déterminer au nombre de nymphes dénombrées et au nombre d'adultes observés dans le feuillage.

Stratégies de lutte dans la luzerne :

  • Voir le tableau 13-5, Seuil d'interventions contre la cicadelle de la pomme de terre dans la luzerne et les haricots secs comestibles, sur cette page.
  • Il existe des cultivars résistants dont la pubescence agit comme facteur de résistance. Ces poils, tant sur les feuilles que sur les tiges, empêchent la cicadelle de se nourrir. Les poils glandulaires ne sont pas entièrement exprimés la première année.
  • Traiter les nouveaux semis de cultivars résistant à la cicadelle de la pomme de terre comme s'il s'agissait d'un cultivar de luzerne ordinaire.
  • Avant de décider de la pertinence d'utiliser un cultivar résistant, tenir compte des niveaux d'infestation types (ceux-ci étant plus élevés dans les comtés bordant le lac Érié), du coût du dépistage, des coûts associés aux insecticides et à leur pulvérisation, du supplément payé pour des cultivars résistants et des caractéristiques du cultivar au chapitre notamment du rendement et de la résistance aux maladies.
  • Faucher la luzerne tôt dans la saison peut contribuer à réduire le nombre d'œufs, de nymphes et d'adultes. De plus, il existe un champignon pathogène à l'état naturel qui permet de réduire les populations de cicadelles de la pomme de terre lorsque le temps est frais et humide.
  • Les prédateurs et parasites semblent pour leur part jouer un rôle mineur dans la diminution des populations de cet insecte. Si les populations dépassent les seuils d'intervention, il vaudrait peut-être mieux appliquer un insecticide.
  • La pulvérisation d'insecticides sur la luzerne tue aussi les insectes utiles, les ennemis naturels de la cicadelle de la pomme de terre, du charançon postiche de la luzerne et de la punaise terne.

Stratégies de lutte dans les haricots secs comestibles :

  • Voir le tableau 13-5, Seuil d'interventions contre la cicadelle de la pomme de terre dans la luzerne et les haricots secs comestibles.
  • Des recherches menées à la Station de recherche de Huron de l'Université de Guelph montrent que les traitements des semences à l'aide d'insecticides sont efficaces pendant au moins quatre à six semaines suivant les semis, ce qui rend superflue au moins une application d'un insecticide foliaire.
  • Envisager de traiter les semences à l'aide d'un insecticide si elles sont destinées à des champs qui ont déjà souffert d'infestations par la cicadelle, de manière à réduire le nombre de traitements foliaires nécessaires.
  • Recourir aux insecticides foliaires si les seuils d'intervention sont atteints. De plus, il existe un champignon pathogène à l'état naturel qui permet de réduire les populations de cicadelles de la pomme de terre lorsque le temps est frais et humide. Les prédateurs et parasites semblent pour leur part jouer un rôle mineur dans la maîtrise de cet insecte. Si une pulvérisation s'impose durant la floraison, la faire en soirée, un moment où les abeilles sont moins actives, et aviser les apiculteurs locaux afin qu'ils puissent protéger leurs ruches. Utiliser en alternance des produits appartenant à différents groupes chimiques afin de réduire le risque d'apparition de résistances.

Hespérie des graminées (Thymelicus lineola)

Description : L'hespérie des graminées est un ravageur sporadique de la fléole, qu'elle soit cultivée pour le foin ou pour la semence. Normalement, on trouve les larves enroulées à l'intérieur des feuilles dont elles se nourrissent. Les jeunes larves ont une tête noire qui devient graduellement brune. À leur plein développement, les larves, vert pâle, mesurent environ 2,5 cm (1/10 po) de long et ont la tête brune et deux rayures pâles. L'adulte est un papillon citrouille de 2,5 cm d'envergure qui se déplace d'un champ de foin à l'autre à la mi-été.

Cycle biologique : Les œufs hivernent sur les tiges de résidus de culture et de mauvaises herbes et éclosent au printemps. Les jeunes larves s'enroulent dans les feuilles, qu'elles ferment grâce à un tissu soyeux. Elles se nourrissent de fléole jusqu'à la fin juin. Ensuite, les larves s'attachent aux tiges de graminées ou au revers des feuilles de mauvaises herbes et se transforment en chrysalides (le stade nymphal du papillon). Environ deux semaines après, les adultes sortent. On compte une seule génération de cet insecte par année.

Dommages : L'alimentation des larves fait en sorte que le bord des feuilles est déchiqueté de façon irrégulière. Une infestation grave peut entraîner une défoliation. Lorsqu'elles sont très nombreuses, les larves se nourrissent également du sommet des plants, ne laissant que les tiges. Les adultes s'alimentent du nectar des fleurs et des mauvaises herbes et ne causent pas beaucoup de dégâts.

Technique de dépistage : Commencer à chercher des larves à la fin avril. Au hasard, prélever cinq échantillons de fourrage sur une surface de 30 cm sur 30 cm (1 pi2) au niveau du sol et les placer dans un sac avec les résidus de culture. Fermer le sac et le laisser jusqu'au lendemain matin à la température ambiante. Les chenilles sortiront des résidus; il sera facile de les compter.

Seuil d'intervention : Six larves (stade tête brune) sur une surface de 30 cm sur 30 cm (1 pi2).

Stratégies de lutte : Pour connaître les insecticides recommandés, consulter la publication 812F du MAAARO, Guide de protection des grandes cultures.

 


Auteur : Le personnel du MAAARO
Date de création : 20 août 2009
Dernière révision : 20 août 2009

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