Déprédateurs des grandes cultures : Ravageurs du maïs

Publication 811 : Guide agronomique des grandes cultures > Déprédateurs des grandes cultures > Ravageurs du maïs

 

Le tableau 13-1, Symptômes d'infestations dans les champs de maïs, énumère les symptômes révélant la présence de ravageurs du maïs.

Tableau de matières

Introduction


Cette section décrit les ravageurs qui ne s'attaquent qu'au maïs. Les ravageurs suivants peuvent également s'attaquer à d'autres cultures :


Ver-gris noir (Agrotis ipsilon)

 

Description : Les larves de la noctuelle ipsilon (appelées vers-gris noirs) sont noir grisâtre sur le dos et plus pâles sur le ventre, sans aucune marque distinctive sur le corps (planche 67). Les larves à maturité mesurent environ 3,5 cm (1 ¼ po) de long et se cachent dans le sol durant le jour. On les trouve près de plants fraîchement coupés, sous des mottes de terre ou le long de raies mal refermées. La noctuelle est un papillon nocturne gris dont les ailes antérieures sont marquées d'un petit triangle effilé noir.

Planche 67. Les larves de la noctuelle ipsilon (vers-gris noirs) sont noir grisâtre sur le dos et plus pâles sur le ventre. À maturité, elles mesurent environ 3,5 cm (1¼ po) de long. Elles coupent les plants de maïs au ras du sol.

Les larves de la noctuelle ipsilon (vers-gris noirs) sont noir grisâtre sur le dos et plus pâles sur le ventre. À maturité, elles mesurent environ 3,5 cm (1¼ po) de long. Elles coupent les plants de maïs au ras du sol.

 

Cycle biologique : Les noctuelles n'hivernent pas en Ontario, mais sont apportées du Sud par des fronts atmosphériques puissants. Les migrations les plus importantes se produisent en avril et en mai, mais parfois aussi dès le mois de mars. Les vers-gris noirs sont donc plus fréquents dans les champs ayant une couverture verte au début du printemps. On compte plusieurs générations par année, mais seule la première cause des dommages d'importance économique au maïs. Les nuits douces, claires et calmes au début du printemps fournissent des conditions idéales pour la ponte. Celle -ci a lieu dans la végétation dense, au ras du sol et habituellement avant le labour de printemps. Dans les champs peuplés de végétation avant les semis, les larves se développent sur les mauvaises herbes jusqu'à ce que la culture lève. Ces larves sont plus grosses et plus difficiles à maîtriser lorsqu'elles migrent vers la culture. Les larves causent des ravages du début mai jusqu'à la mi-juin.

Dommages : Les champs qui bordent le lac Érié sont souvent la proie d'infestations par le ver-gris noir. Les feuilles des plants attaqués par les jeunes larves présentent de petits trous ou de petites entailles. Parfois, les plants flétrissent parce que la tige a été vidée ou dévorée sous le sol. Les larves plus grosses coupent le plant au niveau du sol ou juste en dessous. Des infestations antérieures par le ver-gris noir, la présence en présemis de mauvaises herbes annuel- les d'automne (p. ex. céraiste vulgaire, blé spontané), le semis direct et une épaisse couche de résidus comptent parmi les facteurs qui favorisent la pullulation de ce ravageur.

Technique de dépistage : Entreprendre le dépistage une fois tous les cinq jours dès la levée du maïs. Inspecter au moins cinq points par tranche de 10 ha (25 ac) de champ. Porter une attention particulière aux zones lourdement infestées de mauvaises herbes juste avant le travail du sol et les semis. Rechercher des feuilles piquées de trous d'épingle; il s'agit du premier indice de la présence des jeunes larves sur le plant. Rechercher aussi des plants flétris, du feuillage dévoré ou des plants coupés au sol. Creuser autour des plants endommagés et examiner le sol, étant donné que les larves aiment s'y cacher le jour. Consigner la taille des larves trouvées.

Seuil d'intervention : Si plus de 10 % des plants ont des feuilles endommagées par les larves, un traitement insecticide des feuilles procurera une maîtrise quasi-totale. Une fois que le maïs atteint le stade 5 feuilles et que des racines commencent à sortir à la base du plant, le risque est écarté. Les vers-gris noirs presque parvenus à maturité (plus de 2,5 cm de long) sont difficiles à maîtriser à l'aide d'insecticides et cessent de s'alimenter quelques jours après avoir atteint leur plein développement.

 

Tableau 13-1. Symptômes d'infestations dans les champs de maïs

Symptôme

Asticots

Ver fil-de-fer

Mille-pattes

Mouche des
légum-ineuses

Limace

Ver-gris noir

Altise du maïs

Légion-naire
unipon-ctuée

Peuplement clairsemé

Semence dévorée ou vidée.

 

x

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x

 

 

 

Plants rabougris ou flétris.

x

x

x

 

 

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x

Plants coupés au niveau du sol ou sous le niveau du sol.

 

 

 

 

 

x

 

x

Dommages sur les feuilles

Trous au pourtour déchiqueté dans les feuilles.

 

 

 

 

x

x

 

x

Feuille entière dévorée sauf la nervure principale.

 

 

 

 

 

 

 

x

Piqûres ou trous ronds symétriques.

 

 

 

 

 

 

 

 

Dommages parallèles aux nervures sur la face supérieure.

 

 

 

 

 

 

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Dommages sur la tige

Galeries creusées dans la tige.

 

 

 

 

 

 

 

 

Tige en col de cygne.

 

 

 

 

 

 

 

 

Épi endommagé

Gros morceaux ou grains manquants :

 

 

 

 

 

 

 

 

trou d'entrée latéral dans l'épi et dommages dans tout l'épi.

 
 
 
 
 
 
 
 

aucun trou dans l'épi et dommages surtout à la pointe.

 
 
 
 
 
 
 
 

Grains endommagés en surface ou galeries dans les spathes.

 
 
 
 
 
 
 
 
Soies coupées.
 
 
 
 
 
 
 
 
Épis tombés.
 
 
 
 
 
 
 
 
Dommages aux panicules
Panicules brisées.
 
 
 
 
 
 
 
 
Panicules décolorées ou collantes.
 
 
 
 
 
 
 
 
Traces d'alimentation sur les panicules.
 
 
 
 
 
 
 
 

 

Symptôme

Noctuelle de
la pomme de
terre

Pyrale du maïs

Larve de chrys-omèle
des racines du maïs
Adulte de chrys-omèle
des racines du maïs
Ver-gris occid-ental du haricot Ver de l'épi du maïs Légion-naire d'auto-mne Puceron
du maïs

Peuplement clairsemé

Semence dévorée ou vidée.

 

 

 

 

 

 

 

 

Plants rabougris ou flétris.

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Plants coupés au niveau du sol ou sous le niveau du sol.

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Dommages sur les feuilles

Trous au pourtour déchiqueté dans les feuilles.

 

 

 

 

 

 

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Feuille entière dévorée sauf la nervure principale.

 

 

 

 

 

 

 

 

Piqûres ou trous ronds symétriques.

 

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Dommages parallèles aux nervures sur la face supérieure.

 

 

 

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Dommages sur la tige

Galeries creusées dans la tige.

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Tige en col de cygne.

 

 

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Épi endommagé

Gros morceaux ou grains manquants :

 

 

 

 

 

 

 

 

trou d'entrée latéral dans l'épi et dommages dans tout l'épi.

  
 
 
 
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aucun trou dans l'épi et dommages surtout à la pointe.

 
 
 
 
 
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Grains endommagés en surface ou galeries dans les spathes.

 
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Soies coupées.
 
 
 
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Épis tombés.
 
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Dommages aux panicules
Panicules brisées.
 
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Panicules décolorées ou collantes.
 
 
 
  
 
 
 
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Traces d'alimentation sur les panicules.
 
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Stratégies de lutte :

  • Il est déconseillé de traiter les semences avec un insecticide dirigé spécifiquement contre le ver-gris noir, puisqu'il est un ravageur périodique. Dans les champs souvent infestés, on peut semer des hybrides de maïs Bt renfermant la protéine Cry 1F et/ou traiter les semences à l'aide d'insecticides; ces derniers sont surtout efficaces contre les jeunes larves.
  • Les traitements avec des insecticides foliaires sont le plus efficaces quand ils sont appliqués au sol peu après l'éclosion des larves. Comme celles-ci sont surtout actives le soir, les traitements faits en soirée ou la nuit sont préconisés. Les applications d'insecticides foliaires sur les larves à maturité (de plus de 2,5 cm ou 1 po) sont déconseillés, car le gros des dommages est alors déjà fait et les traitements s'avèrent peu utiles.
  • Il n'est pas nécessaire de traiter le champ au complet, mais uniquement les zones qui présentent des signes d'infestation.
  • Dans les champs soumis au semis direct, éliminer la végétation qui attire les noctuelles au début du printemps. À l'automne, la destruction chimique céréales spontanées et des mauvaises herbes est recommandée. Les champs doivent rester à nu au moins 2-3 semaines avant les semis.

Altise du maïs (Chaetocnema pulicaria)

Description : Coléoptère minuscule (1,8 mm), noir et brillant, aux pattes postérieures allongées qui lui permettent de sauter lorsqu'il est dérangé (planche 68).

Planche 68. Les altises du maïs laissent derrière elles de longues égratignures parallèles à la nervure de la feuille. Elles sont des vecteurs de la maladie de Stewart (une brûlure bactérienne des feuilles).

Les altises du maïs laissent derrière elles de longues égratignures parallèles à la nervure de la feuille. Elles sont des vecteurs de la maladie de Stewart (une brûlure bactérienne des feuilles)

Cycle biologique : Ce ravageur hiverne au stade adulte à la base des graminées. Au début du printemps, les altises émergent et les femelles fécondées pondent leurs oeufs dans le sol, près de la base des plants de maïs. En moins de six jours, les oeufs donnent naissance à des larves, qui se transforment bientôt en pupes. Les adultes émergent du sol en moins de deux semaines. Trois ou quatre générations se chevauchent chaque année. Seules les générations présentes du début mai à la fin juin (durant la levée du maïs), sont considérées comme étant un problème potentiel.

Dommages : L'activité des altises du maïs est plus grande les printemps qui suivent des hivers doux. Seuls les cultivars sensibles et les lignées de maïs de semence affichent des pertes de rendement. Les dommages causés aux feuilles par les altises prennent la forme de longues égratignures ou de " fenêtres " généralement parallèles aux nervures.

Les altises du maïs sont des vecteurs de la maladie de Stewart, causée par une bactérie qui hiverne dans l'appareil digestif des altises du maïs adultes. La maladie de Stewart se manifeste sur les feuilles par des lésions linéaires aux contours ondulés. Les plants atteints peuvent se flétrir ou voir leur croissance s'arrêter.

Technique de dépistage : Répéter les opérations de dépistage tous les quatre ou cinq jours. Inspecter cinq jeux de vingt plantules par champ pour déterminer la présence et la densité de population des altises.

Seuil d'intervention : Dans le cas des cultivars sensibles, six altises par cent plants avant le stade de la cinquième feuille justifient une intervention. Dans le cas des cultivars tolérants, une moyenne de cinq altises ou plus par plant avant le stade de la quatrième feuille peut justifier une intervention.

Stratégies de lutte : Des modèles aident à prévoir chaque année les risques d'une activité intense des adultes en fonction des températures hivernales et de la survie des adultes.

  • Traiter les semences à l'aide d'insecticides s'il s'agit de cultivars ou de lignées sensibles ou de champs ayant déjà présenté des infestations d'altises du maïs.
  • Éviter de semer tôt en début de saison des cultivars sensibles à la maladie de Stewart. Dans les champs parfois infectés par la maladie de Stewart, semer des hybrides résistants.
  • Des pulvérisations foliaires supplémentaires peuvent être nécessaires pour protéger le maïs de semence et les cultivars sensibles si les populations sont très fortes. Les traitements insecticides destinés à prévenir la transmission de la maladie de Stewart par les altises du maïs ne sont rentables que dans le cas des peuplements d'hybrides et de lignées très sensibles.


Noctuelle de la pomme de terre (Hydraecia micacea)


Description
: Les larves vont du violacé clair au rose. Elles mesurent environ 4 cm (1 ½ po) de longueur à leur complet développement (planche 70). Les adultes sont des papillons de nuit bruns qui sont actifs en août et en septembre.

Planche 70. Larve de la noctuelle de la pomme de terre émergeant de la base d'une tige de maïs. Les dommages sont habituellement concentrés dans les rangs périmétriques.

Larve de la noctuelle de la pomme de terre émergeant de la base d'une tige de maïs. Les dommages sont habituellement concentrés dans les rangs périmétriques.

Cycle biologique : Cette noctuelle cause plus de dommages dans les comtés de l'Est, mais des infestations peuvent se produire partout en Ontario. Il n'y a qu'une seule génération par an. Le ravageur hiverne à l'état d'oeuf sur les graminées. La ponte se fait en deux ou trois rangées parallèles sous les spathes. Les larves éclosent à la fin avril et creusent des trous dans les tiges des graminées. À la fin mai, les larves sont trop grosses pour les graminées et migrent vers les cultures avoisinantes (p. ex. maïs) dont les tiges sont plus larges. Elles continuent de s'alimenter jusqu'à la fin juin, puis se transforment en pupes et émergent sous forme d'adultes à la fin juillet.

Dommages : Le stade larvaire est le seul stade nuisible. Les dommages sont normalement plus graves sur les pourtours du champ ou près des zones herbeuses ou envahies de mauvaises herbes. Les larves se nourrissent des plantes de la fin mai au début juin. Chez les jeunes plants, les larves creusent dans la base du plant, sous la ligne de sol. Les plants sont parfois coupés à la base, ce qui fait penser aux dommages causés par le ver-gris noir. À partir du stade 3 feuilles, les larves se nourrissent à l'intérieur du verticille à la base du plant de maïs, ce qui provoque le flétrissement de la première ou des deux premières feuilles du haut, tandis que la partie inférieure du plant demeure saine. Les champs à haut risque sont ceux qui, l'année précédente, étaient envahis de mauvaises herbes ou ont servi à la culture de graminées, ceux qui font suite à du gazon ou sont soumis à des méthodes de travail de conservation du sol.

Technique de dépistage : Les larves de la noctuelle de la pomme de terre se trouvent habituellement à l'intérieur de la tige ou dans le sol à proximité de la base du plant. Rechercher surtout ce ravageur le long des haies clôtures ou dans les zones herbeuses.

Seuil d'intervention : Aucun seuil n'a été établi.

Stratégies de lutte :

  • Il n'existe aucune mesure de lutte chimique qui soit efficace contre cet insecte étant donné que la larve de la noctuelle reste cachée à l'intérieur du plant et se trouve ainsi protégée.
  • Une bonne lutte contre les mauvaises herbes, particulièrement dans les zones herbeuses, réduit efficacement les risques de dommages l'année suivante.
  • Le labour d'automne ou la destruction chimique de la végéta-tion peut réduire le nombre d'œufs susceptibles d'hiverner. Certaines guêpes parasites parviennent à maintenir ce ravageur sous des seuils de nuisibilité économique.

Légionnaire uniponctuée (Pseudaletia unipuncta)

La légionnaire uniponctuée fait partie des principaux ravageurs du maïs. Pour de l'information sur cet insecte

 

Pyrale du maïs (Ostrinia nubilalis)

Description : Les masses d'œufs de la pyrale du maïs sont plates et blanc crème. Les œufs sont empilés les uns sur les autres comme des écailles de poisson (planche 71). Les larves à maturité sont de blanc crème à gris pâle et possèdent deux petites taches par segment abdominal. Elles mesurent environ 2,5 cm de long et ont la tête noire (planche 72). Les adultes sont des papillons brun clair d'environ 2 cm de long qui arborent des lignes sombres et sinueuses sur les ailes antérieures (planche 73). Les papillons mâles sont plus sombres et plus petits que les femelles.

Planche 71. Masse d'œufs de la pyrale du maïs. Chaque masse d'œufs peut compter de 15 à 40 œufs empilés comme des écailles de poisson.

Masse d'œufs de la pyrale du maïs. Chaque masse d'œufs peut compter de 15 à 40 œufs empilés comme des écailles de poisson.


Planche 72. Les larves de la pyrale du maïs vont du crème au rose, ont la tête noire et présentent deux taches noires par segment abdominal. Les larves sont des vecteurs de diverses pourritures de la tige.

Les larves de la pyrale du maïs vont du crème au rose, ont la tête noire et présentent deux taches noires par segment abdominal. Les larves sont des vecteurs de diverses pourritures de la tige.

 

Planche 73. Adulte de la pyrale du maïs. Le papillon femelle (à droite) est plus gros et de couleur plus claire que le mâle (à gauche).

Adulte de la pyrale du maïs. Le papillon femelle (à droite) est plus gros et de couleur plus claire que le mâle (à gauche).


Cycle biologique : Il existe deux souches distinctes en Ontario. Au sud d'une ligne allant de Sarnia à Simcœ, une souche bivoltine peut donner de multiples générations (en général deux) selon la longueur de la saison. Au nord de cette ligne, on trouve une souche univoltine qui ne produit qu'une seule génération par année. Sur une bande large de 50 à 80 km le long de cette ligne, les deux souches se chevauchent.

L'insecte hiverne à l'état de larve dans les tiges de maïs et d'autres résidus laissés à la surface du sol la saison précédente. Au fur et à mesure que les journées rallongent et que les températures moyennes s'élèvent à plus de 10 °C le jour, les larves amorcent leur pupaison. On trouve les pupes à l'intérieur des galeries creusées par les larves. Il faut compter deux semaines avant que les adultes n'émergent des pupes.

Même si, plus au sud de la province, les adultes commencent à émerger des pupes vers la troisième semaine de mai, il faut habituellement attendre la mi-juin pour que les papillons apparaissent dans l'est de l'Ontario. Après leur émergence, les pyrales se dirigent vers les « sites d'action » les plus proches - habitats végétatifs, p. ex. haies-clôtures, fossés et haies naturelles bordant les champs.

Après l'accouplement, les femelles quittent les sites d'action pour pondre leurs œufs sur les plantes-hôtes. Elles pondent en général les œufs sur le revers des feuilles, près de la nervure principale. Là où des pyrales du maïs univoltines sont présentes, les larves se développent tout au long de la saison jusqu'à l'automne, moment où, parvenues au cinquième stade larvaire, elles se préparent à hiverner. Là où des pyrales du maïs bivoltines sont présentes, les larves de la première génération subissent la pupaison au milieu de l'été, émergent sous forme d'adultes et complètent une deuxième génération avant d'entrer en diapause à l'automne.
Dommages : Les larves de début de saison se nourrissent des feuilles, qu'elles couvrent de petites piqûres et quittent tôt ou tard pour migrer dans le verticille et s'attaquer à la panicule mâle. Les larves de fin de saison se nourrissent brièvement des feuilles, puis s'enfoncent dans la nervure principale et migrent dans la tige du plant et les spathes. Parfois, les larves se nourrissent directement des grains en formation. Des infestations graves peuvent donner lieu à des tiges qui versent et à des épis retombants. Ce ravageur peut être un vecteur à la fois de pourritures de la tige et de pourritures de l'épi. Parmi les principaux facteurs responsables des dommages par la pyrale du maïs, mentionnons : le semis direct, une couche épaisse de résidus, des rotations comprenant plusieurs cycles de maïs, la prépondérance du maïs dans une région (plus de 50 %) et le chevauchement des souches univoltines et bivoltines.

Technique de dépistage : En début de saison, les pyrales adultes sont attirées par les champs de maïs plus hauts qui ont été semés tôt. Les champs semés plus tard sont plus vulnérables aux attaques de la deuxième génération, car la présence de soies et de panicules mâles attire les femelles adultes. Examiner au moins cinq séries de vingt plants par champ (cent plants).

Dépistage des individus de la première génération - Être à l'affût de dommages sur les feuilles. Tirer et dérouler le verticille des plants endommagés à la recherche de larves. Fendre la tige des plants de haut en bas pour localiser les larves plus vieilles. Noter le pourcentage de plants endommagés et le nombre et la taille des larves trouvées.

Dépistage des individus de la deuxième génération - Rechercher des masses d'œufs sur le revers des feuilles, près de la nervure principale. Concentrer les efforts d'observation sur le terrain aux trois feuilles qui se trouvent au-dessus et en dessous de l'épi. Noter le pourcentage de plants qui comportent des masses d'œufs. Faire le dépistage tous les cinq à sept jours jusqu'à ce que les pics de capture soient passés (environ 1 mois).

Seuil de nuisibilité économique dans les hybrides de maïs non-Bt : Voir l'annexe G, p. 264, pour savoir comment déterminer ce seuil. Dans le cas du maïs de semence, voir la publication Seed Corn Best Management Practices for Ontario, diffusée sur le site www.seedcorngrowers.on.ca.

Stratégies de lutte applicables aux hybrides de maïs non-Bt :

  • En général, les insecticides n'ont pas permis jusqu'ici de combattre de manière rentable les pyrales dans le maïs de grande culture.
  • S'il n'est pas possible de combattre la pyrale du maïs à l'aide d'hybrides de maïs Bt, choisir des hybrides de maïs non-Bt qui affichent une résistance ou une tolérance à la pyrale du maïs et qui possèdent de bonnes valeurs agronomiques.
  • Le déchiquetage des débris après la récolte est un moyen efficace de détruire les pyrales qui hivernent dans les tiges et le chaume; laisser le moins possible de tiges.
  • Les stades immatures sont la proie d'ennemis naturels qui contribuent à en réduire les populations. Certains prédateurs (coccinelles, anthocorides) se nourrissent des oeufs et des jeunes larves. Des guêpes parasites et des acariens prédateurs peuvent aussi contribuer à maîtriser ce ravageur.

Stratégies de lutte applicables aux hybrides de maïs Bt :

  • Si la pyrale du maïs constitue un risque de moyen à élevé dans la région, envisager de semer des hybrides de maïs Bt transgéniques. Utiliser des hybrides de maïs qui expriment la toxine Bt dans l'épi ainsi que dans la tige afin d'éviter les pourritures de l'épi et de la tige.
  • Si l'on compte combattre la pyrale à l'aide de maïs Bt, l'Agence canadienne d'inspection des aliments exige la mise en place de stratégies de lutte contre les résistances. La Coalition canadienne contre les ravageurs du maïs endosse cette exigence.

Font partie des stratégies de lutte contre les résistances :

  • l'utilisation d'une culture-refuge non-Bt afin de réduire le risque d'apparition d'une résistance à Bt. L'endroit où semer cette culture-refuge par rapport à l'emplacement de l'hybride Bt et le pourcentage de la superficie totale ensemencée de maïs que doit représenter la culture-refuge dépendent de l'hybride Bt utilisé et de l'ennemi visé;
  • le positionnement de la culture-refuge et de l'hybride de maïs Bt destiné à contrer la pyrale dans des zones qui se situent à moins de 100-150 UTC l'une de l'autre afin que les pyrales adultes soient autant attirées par la culture-refuge;
  • l'absence de pulvérisations d'insecticides foliaires dans la culture-refuge.

Le site de la Coalition canadienne contre les ravageurs du maïs, www.cornpest.com, et la publication, A Grower's Handbook: Controlling Corn Insect Pests With Bt Corn Technology, fournissent toutes les exigences à respecter relativement aux cultures-refuge et à la biologie de la pyrale du maïs.

Les producteurs qui sèment des hybrides de maïs Bt à gènes empilés qui possèdent à la fois un transgène Bt donnant la résistance à la pyrale du maïs et un autre donnant la résistance à la chrysomèle des racines du maïs doivent obligatoirement respecter les exigences liées aux cultures-refuges décrites pour les cultures servant de refuge aux chrysomèles des racines du maïs.

Chrysomèle des racines du maïs (Diabrotica virgifera et Diabrotica barberi)


Description : Il existe en Ontario deux espèces de chrysomèles des racines du maïs (CRM) : la chrysomèle occidentale des racines du maïs (CORM) et la chrysomèle septentrionale des racines du maïs (CSRM). La CORM adulte va du jaune au vert et possède trois bandes noires sur les ailes (planche 75). Les femelles ont sur les élytres trois bandes noires sinueuses. Chez les mâles, ces trois bandes se fondent en une seule. Les mâles adultes de la CORM sont plus petits et leurs antennes sont plus longues. Les adultes de la CSRM, d'un vert uniforme tirant sur le beige jaunâtre, sont dépourvus de marques particulières qui permettent de distinguer les mâles des femelles (planche 76). Les larves sont blanches et ont la tête brune et une plaque sombre distinctive sur la queue. Elles mesurent environ 1 cm (½ po) de longueur (planche 74).

Planche 74. C'est au stade larvaire que la chrysomèle des racines du maïs cause le plus de dommages : sectionnement des racines, incurvation des tiges en col de cygne et verse des plants depuis leur base.

C'est au stade larvaire que la chrysomèle des racines du maïs cause le plus de dommages : sectionnement des racines, incurvation des tiges en col de cygne et verse des plants depuis leur base.


Planche 75. Les adultes de la chrysomèle occidentale des racines du maïs ont le corps qui va du jaune au vert et possèdent trois bandes noires sinueuses sur le dos.

Les adultes de la chrysomèle occidentale des racines du maïs ont le corps qui va du jaune au vert et possèdent trois bandes noires sinueuses sur le dos.


Planche 76. Les adultes de la chrysomèle septentrionale des racines du maïs ont un corps de couleur uniforme qui va du vert au jaune sans bandes noires sur le dos.


Ne pas confondre la chrysomèle occidentale des racines du maïs avec la chrysomèle rayée du concombre. Cette dernière est noire sous l'abdomen et les bandes alaires sont parallèles et ne sont pas sinueuses.


Cycle biologique : La distribution à la fois de la CORM et de la CSRM est uniforme en Ontario. Dans le sud-ouest de la province, la CORM prédomine, le ratio de la CORM à la CSRM étant supérieur de 4 à 1. Dans l'est de la province et au Québec, la situation est inversée, le ratio de la CSRM à la CORM étant de 8 à 1. Les deux espèces ne comptent qu'une seule génération par année. Les œufs sont déposés dans le sol à partir de juillet jusqu'à la première gelée meurtrière à l'automne. Les œufs hivernent et éclosent au début juin. Les adultes émergent à la fin juillet et se nourrissent des soies et des panicules mâles.

Dommages : Les adultes et les larves ravagent le maïs. Les larves s'attaquent à l'extérieur et à l'intérieur des racines entre la mi-juin et la mi-juillet, nuisant à l'absorption des éléments nutritifs et de l'eau et causant un stress aux plants. Les larves plus grosses s'attaquent aux racines échasses, entravant la stabilité du plant et le portant à verser ou à former un col de cygne. Les adultes consomment le pollen et coupent les soies, entravant la pollinisation. Si ni les panicules ni les épis ne sont sortis, les chrysomèles s'alimentent des feuilles, dévorant les tissus internervaires du revers et laissant ainsi des « fenêtres » dans la feuille. Les facteurs de risque sont : la mono-culture de maïs, de fortes populations du coléoptère la saison précédente et le fait qu'un champ a été le dernier ensemencé la saison précédente.

Technique de dépistage : Inspecter chaque semaine vingt plants en cinq points différents du champ, à partir du moment où les adultes émergent, soit entre la fin juillet et la fin août.

Seuil d'interventions : S'il y a en moyenne moins de un adulte par plant de maïs pendant le mois d'août, aucun traitement insecticide n'est nécessaire pour la culture de maïs de la saison suivante. (Nota : Au moment de dénombrer les adultes, 1 CORM vaut 2 CSRM). En général, il faut au moins dix adultes par épi avant qu'une intervention ne s'impose dans le maïs de grande culture, car celui-ci peut supporter de fortes populations d'adultes. Dans le maïs de semence, toutefois, des traitements peuvent être nécessaires si les populations d'adultes ont cassé beaucoup de soies, ce qui interrompt la pollinisation. Des conditions sèches empêchent parfois le plant de produire des soies pour compenser les dommages causés par l'alimentation de la chrysomèle. Un traitement est justifié quand les soies sont en moyenne cassées à moins de 1,25 cm (½ po) de la pointe de l'épi. Une fois la pollinisation terminée, les dommages causés par l'alimentation des chrysomèles ne sont plus menaçants.

Stratégies de lutte :

  • La rotation des cultures est la meilleure stratégie de lutte; son efficacité à réduire les populations de chrysomèles est supérieure à celles des insecticides. Comme le maïs est le principal hôte, éviter de semer du maïs après du maïs. La monoculture de maïs produit jusqu'à 4 millions de chrysomèles par hectare.
  • Même si les insecticides contre les chrysomèles peuvent protéger la culture, ils parviennent tout au plus à réduire en moyenne de 25 % l'émergence des adultes.
  • Si la rotation des cultures ne peut être pratiquée, il peut être nécessaire de traiter les champs soumis à une monoculture de maïs en employant la dose supérieure d'un insecticide destiné au traitement des semences ou d'un insecticide radiculaire, ou en utilisant des hybrides de maïs possédant un transgène Bt donnant la résistance à la chrysomèle des racines du maïs.
  • Si le symptôme du col de cygne est fréquemment observé ou que la surveillance des adultes en août révèle des populations considérables et que du maïs doit à nouveau être semé dans ce champ l'année suivante, adopter une stratégie de lutte pour protéger la culture suivante.

La chrysomèle des racines du maïs fait partie des insectes nuisibles qui possèdent une rare capacité d'adaptation. Elle a développé une résistance à de multiples méthodes de lutte. Il est par conséquent important de n'utiliser les produits destinés à combattre spécifiquement cette espèce qu'en cas d'absolue nécessité.


Stratégies de lutte avec des hybrides Bt résistant à la CRM et avec des hybrides Bt à gènes empilés donnant une résistance à la pyrale du maïs et à la CRM :

  • Si l'on sème du maïs Bt pour contrer la chrysomèle des racines du maïs, il faut semer une culture-refuge afin de réduire les risques de voir apparaître une résistance à Bt. Il s'agit là d'une exigence de l'Agence canadienne d'inspection des aliments. Cette exigence est endossée par la Coalition canadienne contre les ravageurs du maïs.
  • L'endroit où semer cette culture-refuge par rapport à l'emplacement de l'hybride Bt et le pourcentage de la superficie totale ensemencée de maïs que doit représenter la culture-refuge dépendent de l'hybride Bt utilisé et de l'ennemi visé.
  • Dès qu'on utilise un hybride de maïs Bt pour contrer la chrysomèle des racines du maïs, il faut se conformer à l'exigence d'offrir un refuge à l'insecte, même si l'hybride combat également la pyrale du maïs, car le risque d'apparition d'une résistance aux produits à base de Bt est beaucoup plus grand chez la chrysomèle.
  • Le maïs servant de refuge et l'hybride de maïs Bt doivent parvenir à maturité à peu près au même moment (se situer à moins de 100-150 UTC l'un de l'autre) et les deux cultures doivent avoir les mêmes antécédents culturaux. Aucune pulvérisation d'insecticide n'est autorisée ni dans les peuplements de maïs Bt ni dans la culture-refuge.
  • Les traitements insecticides des semences sont permis à la fois dans la culture-refuge et dans la culture Bt.
  • Pour plus d'information sur les exigences propres à la culture-refuge et à la biologie de la chrysomèle des racines du maïs, voir la publication, A Grower's Handbook: Controlling Corn Insect Pests With Bt Corn Technology, diffusée sur le site de la le site de la Coalition canadienne contre les ravageurs du maïs, www.cornpest.com.

Ver-gris occidental du haricot (Striacosta albicosta)

maïs, haricots secs comestibles

Description : La larve du ver-gris occidental du haricot (VGOH) est de couleur chamois ou rose et ne porte ni verrues ni taches (tubercules) sur le corps, contrairement à la pyrale du maïs. La seule marque distinguant les larves du VGOH se trouve sur leur pronotum, soit la structure semblable à un bouclier située juste derrière la tête de la larve et qui porte deux larges bandes brun foncé. Les individus adultes sont faciles à distinguer des autres ravageurs du maïs : chaque aile du papillon présente une bande blanche le long de son rebord et une marque en forme de croissant de lune ou de boomerang (planche 77). Les œufs sont déposés en amas de 5 à 200 unités, ils sont de la taille d'une pointe d'épingle, de couleur blanc perle à la ponte et de la forme d'un minuscule cantaloup (planche 78). Dans les jours qui suivent la ponte, les œufs prennent une teinte chamois, puis mauve. L'éclosion à lieu au bout de 5 à 7 jours.

Cycle biologique : Le ver-gris occidental du haricot est natif d'Amérique du Nord. Son habitat se limitait essentiellement au sud-ouest des États-Unis jusqu'à ce qu'une récente poussée en direction du nord-est l'amène à travers le Midwest américain et jusqu'en Ontario. Le VGOH passe l'hiver hors de la ptovince, sous forme de larve enfermée dans une logette aménagée dans le sol (on s'attend toutefois à ce qu'il apprenne à survivre à l'hiver ontarien). Les individus adultes sortent de terre et envahissent les airs du début juin au début juillet. Ils pondent à la face supérieure des plus hautes feuilles du maïs (les hybrides dont les feuilles sont bien droites ont leur préférence). Les adultes sont attirés par les champs de maïs, du stade verticille à ceux précédant la floraison mâle; ils se dirigent vers les champs de haricots comestibles pour la ponte après que le maïs atteint le stade de la floraison mâle. Les oeufs éclosent au bout d'une semaine. Les larves, très mobiles, peuvent se déplacer en hauteur et en périphérie et s'attaquer ainsi aux rangs de maïs voisins. Les champs en semis direct et les terrains sablonneux présentent les plus grands risques.

Dommages dans le maïs : Les jeunes larves se nourrissent de la panicule mâle et des soies jusqu'à ce qu'elles soient assez grosses pour creuser un tunnel dans l'épi et dévorer les grains. Au stade verticille, les larves consoment le pollen en formation. Les trous d'entrée sont parfois visibles à l'extérieur des enveloppes, mais les larves peuvent aussi passer par les soies. Contrairement au ver de l'épi de maïs, le ver-gris occidental n'est pas cannibale, de sorte que plusieurs larves peuvent séjourner sur le même épi. Des dommages secondaires sont à prévoir en raison des pourritures sèches pouvant se développer sur les épis et de l'activité d'autres ravageurs qui profitent des brèches pour s'attaquer aux épis.

Dommages dans les haricots secs comestibles : Les larves s'attaqueront d'abord aux feuilles du plant, mais dès qu'elles en auront la force, elles perceront les gousses et se nourriront des gousses et des graines.

Technique de dépistage dans le maïs : Choisir vingt plants à cinq endroits différents. Examiner soigneusement les trois ou quatre feuilles supérieures des plants, à la recherche de masses d'oeufs et de jeunes larves. On peut installer des pièges aux phéromones pour suivre les déplacements des papillons, ce qui permet de déterminer le moment de la ponte et l'opportunité du dépistage. Communiquer avec l'entomologiste provincial pour savoir comment disposer les pièges, où se les procurer et quel protocole de surveillance appliquer.

Technique de dépistage dans les haricots secs comestibles : On établit les seuils d'intervention en surveillant les déplacements des papillons adultes au moyen de pièges aux phéromones. Communiquer avec l'entomologiste provincial pour savoir comment disposer les pièges, où se procurer le matériel nécessaire et quel protocole de surveillance appliquer. La surveillance consiste à installer deux pièges aux phéromones pour VGOH dans chaque champ de haricots, sur deux côtés opposés du champ, au plus tard la dernière semaine de juin (ces pièges devront être relevés tout au long de la saison végétative). Le nombre de papillons capturés est noté chaque semaine, jusqu'à ce qu'on atteigne le point culminant de l'infestation. On saura que ce point a été atteint lorsque le nombre de prises d'une semaine donnée sera inférieur aux prises de la semaine précédente, celle-ci correspondant au sommet. La méthode suppose le relevé régulier des pièges, pour suivre l'évolution des prises.

Seuil d'intervention dans le maïs : Une pulvérisation est justifiée si 5 % des plants hébergent des œufs ou de petites larves. La pulvérisation doit avoir lieu lorsque 95 % des panicules mâles sont déployées ou, si celles-ci sont déjà déployées, lorsque la plupart des œufs sont à la veille d'éclore.

Seuil d'intervention dans les haricots secs comestibles : Pour un champ donné, si le nombre total de papillons pris dans chaque piège est inférieur à 700, il y a peu de chance que le VGOH y atteigne des niveaux préoccupants. Si le nombre se situe entre 700 et 1 000, le risque de dommages devient modéré, ce qui justifie une surveillance rapprochée. Dans les dix à vingt jours suivant le pic des captures, faire une tournée des champs pour y relever la présence de larves et de traces d'alimentation. Procéder à une pulvérisation si les larves ont commencé à attaquer les gousses. Si le nombre de papillons dépasse 1 000 individus au moment du pic des captures, le risque de dommages est élevé et justifie un traitement de dix à vingt joursplus tard. Il faut aussi appliquer un insecticide sur tout champ de haricots comestibles voisin d'un champ de maïs où le seuil d'intervention pour une infestation par le VGOH a été atteint.

Stratégies de lutte dans le maïs et les haricots secs comestibles :

  • Les hybrides de maïs transgénique BT contenant la protéine Cry1F procurent une certaine protection contre le VGOH.
  • Le moment choisi pour appliquer l'insecticide foliaire est crucial : une fois que les larves ont pénétré dans l'épi de maïs ou la gousse de haricot, elles sont à l'abri des insecticides.
  • L'application de l'insecticide doit coïncider avec l'éclosion des œufs, moment où les larves se nourrissent de la plante hôte.
  • Un travail du sol en profondeur peut contribuer à éliminer les larves qui s'y sont réfugiées pour l'hiver.
  • Des pluies abondantes peuvent affecter le taux de survie des jeunes larves.
  • Plusieurs ennemis naturels se nourrissent des œufs et des jeunes larves de VGOH, notamment les coccinelles et les araignées.


Ver de l'épi du maïs (Helicoverpa zea)

Description : Ce ver est de couleur très variable (vert clair à jaune). Il peut atteindre jusqu'à 4 cm (1 ½ po) de long. Son corps est parcouru longitudinalement de bandes proéminentes (planche 79).

Planche 79. Ver de l'épi du maïs sur un épi. Les dommages causés par le ver sont habituellement concentrés autour de la pointe de l'épi.

Ver de l'épi du maïs sur un épi. Les dommages causés par le ver sont habituellement concentrés autour de la pointe de l'épi.


La taille du ver de l'épi du maïs et la présence de bandes sur son corps permettent de le différencier de la pyrale du maïs, et sa tête de couleur chamois permet de le différencier de la légionnaire d'automne.


Le ravageur adulte est un papillon de nuit de couleur fauve ou chamois. Ses ailes antérieures sont marquées d'un point brun central, visible du revers. Ses ailes postérieures sont pâles, bordées d'une large bande d'un brun plus foncé. Les masses d'oeufs sont difficiles à voir, étant de couleur et de largeur similaires aux soies.

Cycle biologique : Le ver de l'épi du maïs, aussi appelé noctuelle de la tomate, ne résiste pas à l'hiver en Ontario. Au stade adulte, la noctuelle migre du sud des États-Unis où elle envahit les champs de coton. Elle arrive habituellement en août, mais elle peut arriver aussi tôt que la fin juin. La noctuelle pond ses oeufs un à un sur les soies fraîches. Après l'éclosion, les larves consomment soies et grains à la pointe de l'épi. Elles amorcent ensuite la pupaison, mais meurent peu après l'arrivée du gel.

Dommages : Les larves se nourrissent de feuilles et de panicules, mais on les trouve surtout sur les soies et les grains en formation. Elles endommagent les panicules mâles, nuisant ainsi à la pollinisation et consomment les soies, ce qui nuit au développement de l'épi. Les champs à risque sont ceux qui sont semés tard et qui produisent des soies pendant le pic de la population de larves.


Contrairement à la pyrale du maïs, au ver-gris occidental du haricot et à la légionnaire d'automne, le ver de l'épi du maïs ne laisse pas de trous d'entrée dans les spathes, car il pénètre directement dans les canaux des soies et se nourrit surtout dans le tiers supérieur de la pointe de l'épi.


Technique de dépistage : Localiser cinq jeux de dix plants par champ et ouvrir l'épi à la recherche de dommages ou de traces de vers de l'épi du maïs (p. ex. moisissures de l'épi, dont il est un vecteur). Déterminer le pourcentage d'épis infestés. Le ver de l'épi du maïs est sujet au cannibalisme, ce qui explique qu'il n'y ait habituellement pas plus de une larve par épi de maïs. Ses oeufs étant de grosseur et de couleur similaires aux soies de maïs, il sont difficiles à distinguer.


Seuil d'intervention : Ce ravageur n'entraîne habituellement de pertes économiques que dans le maïs sucré, mais il peut être nuisible dans le maïs de semence qui a été semé tard et qui est au stade de l'apparition des soies pendant la ponte.

Stratégies de lutte :

  • Le maïs semé plus tôt peut échapper aux pics de populations du ravageur si les soies apparaissent précocement.
  • En général, il n'est pas rentable de recourir aux insecticides pour combattre le ver de l'épi du maïs dans les champs de maïs de grande culture, mais il peut être avantageux de traiter les semences pour préserver la qualité des grains.
  • On trouve dans le champ plusieurs ennemis naturels, dont les trichogrammes (des guêpes parasitoïdes), les coccinelles, les chrysopes et les mouches parasites, qui contribuent à tenir en échec les populations de vers de l'épi du maïs.
  • Certains hybrides de maïs Bt transgéniques procurent une maîtrise temporaire des vers de l'épi du maïs, mais ils ne doivent pas être utilisés à seule fin de maîtriser un ennemi sporadique comme celui-ci.

Légionnaire d'automne (Spodoptera frugiperda)

maïs, céréales d'automne

Description : À son plein développement, la larve de la légionnaire d'automne mesure 4 cm (1½ po) de long; sa couleur varie de chamois ou vert pâle à presque noir (planche 80). Les larves ont trois minces rayures blanches le long du dos, ainsi qu'une large rayure jaune picotée rouge sur les côtés, juste au-dessus des pattes.

Planche 80. La larve de la légionnaire d'automne a une tête sombre marquée d'un « Y » inversé et son corps porte des bandes similaires à celles de la légionnaire uniponctuée, en plus de taches bombées surmontées de poils.

Planche 80. La larve de la légionnaire d'automne a une tête sombre marquée d'un « Y »  inversé et son corps porte des bandes similaires à celles de la légionnaire uniponctuée, en plus de taches bombées surmontées de poils.


On distingue les larves de la légionnaire d'automne de celles de la légionnaire uniponctuée par le devant de leur tête qui comporte un « Y » blanc inversé. La légionnaire d'automne a la tête brun foncé ou noire. Les larves des deux espèces présentent des rayures similaires. Cependant, les larves de la légionnaire d'automne présentent des points surélevés hérissés de poils. Quatre de ces points forment un carré sur le dessus du dernier segment abdominal des larves. Contrairement à la légionnaire uniponctuée, la légionnaire d'automne ne possède pas de bandes noires sur les fausses-pattes (grosses pattes arrière).


Les adultes sont des papillons de nuit gris foncé dont les ailes présentent un motif moucheté et une tache blanche proéminente à l'extrémité.

Cycle biologique : Une fois adultes, sous leur forme de papillons, les légionnaires d'automne migrent du sud des États-Unis et se manifestent tard dans la saison, quand le maïs est parvenu à maturité. Ils ne peuvent pas hiverner là où la terre gèle.

Dommages : La légionnaire d'automne attaque parfois des cultures de graminées (p. ex. le blé). Les larves se nourrissent des feuilles du verticille et des épis, surtout de la fin juillet à septembre. Elles se nourrissent toute la journée, tandis que les larves de la légionnaire uniponctuée font leurs ravages la nuit. Les premiers indices d'une infestation par la légionnaire d'automne sont des feuilles présentant des trous minuscules comme dans le cas des infestations par la pyrale du maïs, sauf que dans le cas de la légionnaire, au fur et à mesure que les larves grossissent, les trous deviennent très gros et leur pourtour est déchiqueté. Un autre signe est la présence, à proximité, d'excréments brun rougeâtre et humides.


Les dommages causés à l'épi sont similaires à ceux qu'on attribue au ver de l'épi du maïs, si ce n'est que le trou d'entrée de la légionnaire d'automne est facile à voir sur le côté de l'épi, et que que ses dégâts s'étendent à tout l'épi, tandis que le ver de l'épi du maïs pénètre dans l'épi par les canaux des soies et que ses dommages se concentrent surtout autour de la pointe de l'épi.


Technique de dépistage : Examiner vingt plants en cinq points du champ pour déterminer le niveau d'infestation. Noter la taille et le nombre de larves. Inspecter le pourtour des champs, étant donné que les légionnaires peuvent migrer dans le champ en provenance de champs de maïs voisins.

Voir si les larves portent des oeufs de parasites. Ces oeufs, petits, ovales et jaunâtres se trouvent habituellement juste derrière la tête de la larve. Il s'agit d'oeufs d'une mouche parasite. Des oeufs vont naître des asticots qui tueront les larves de légionnaires.

Seuil d'intervention dans le maïs : Si 50 % des plants sont infestés de larves non parasitées de moins de 2,5 cm (1 po) de longueur, un traitement insecticide peut être justifié, mais les dommages n'entraînent habituellement pas de pertes économiques tant que l'infestation n'est pas forte et que les dommages ne sont pas concentrés sur les panicules mâles non encore formées.
Seuil d'intervention dans les céréales d'automne : Deux ou trois larves non parasitées de moins de 2,5 cm (1 po) de longueur par 30 cm (pied linéaire) de rang, surtout lorsque la culture est au stade de jeunes plantules.

Stratégies de lutte dans le maïs :

  • Les hybrides de maïs Bt comportant la protéine Cry1F offrent une certaine protection contre la légionnaire d'automne.
  • Les légionnaires ont tendance à se déplacer par nuées d'un champ à l'autre. Le cas échéant, pulvériser le pourtour du champ infesté. La lutte chimique est inefficace contre les larves de plus de 2,5 cm (1 po) de long et contre celles situées dans l'épi.
  • Des parasites et d'autres organismes utiles réussissent habituellement à maintenir les populations de légionnaires sous le seuil de nuisibilité. Éviter tout traitement insecticide en présence d'un grand nombre de larves parasitées.
  • Le maïs semé tard est vulnérable aux dommages causés aux feuilles et au verticille. Comme les zones herbeuses dans les champs et en périphérie sont des lieux de ponte privilégiés, on recommande d'éliminer les graminées et mauvaises herbes dans le champ. Il n'est pas toujours judicieux de combattre les graminées en fin de saison, car que les larves ont alors tendance à se réfugier dans les herbes mortes, puis dans la culture.

Stratégies de lutte dans les céréales d'automne : Il est rare que les céréales d'automne soient envahies par les légionnaires d'automne. Si le seuil d'intervention est atteint, une pulvérisation peut être nécessaire.

Puceron du maïs (Rhopalosiphum maidis)

Description : Ces pucerons sont de petits insectes (de 2 mm ou moins) bleu-vert au corps mou, aux pattes noires et aux cornicules noires et courtes (les cornicules sont des protubérances) près de l'extrémité arrière de l'abdomen (planche 81). Ils ont des pièces buccales de type perceur-suceur et se nourrissent des sucs (éléments nutritifs) des jeunes tissus des plants (panicule et verticille). Ils sécrètent une substance collante appelée « miellat », qui peut être recouverte de plaques de moisissure et de fumagine.

Planche 81. Pucerons du maïs rassemblés sur un épi. La pollinisation est réduite lorsque panicules et soies sont couvertes de miellat.

Pucerons du maïs rassemblés sur un épi. La pollinisation est réduite lorsque panicules et soies sont couvertes de miellat.

Planche 82. Les pucerons du soya sont petits, de couleur vert pâle à jaune et peuvent être ailés ou non. On les trouve sur le revers des feuilles et sur les tiges.

Les pucerons du soya sont petits, de couleur vert pâle à jaune et peuvent être ailés ou non. On les trouve sur le revers des feuilles et sur les tiges.

Cycle biologique : Ce ravageur n'hiverne pas en Ontario, mais est plutôt porté chaque année par les courants d'air venant du sud où les cultures sont plus avancées. Les premiers individus à arriver au printemps se nourrissent de céréales, jusqu'à ce que le maïs offre un attrait. Les populations migrantes sont composées uniquement de femelles ailées. Une fois qu'elles sont établies, ces femelles se reproduisent sans s'accoupler et donnent naissance à des nymphes dépourvues d'ailes. Sont ainsi produites des générations d'adultes à la fois ailés et non ailés, selon la qualité des éléments nutritifs de la plante. Les pucerons ailés s'envolent ensuite vers les champs de maïs à proximité et pénètrent dans le verticille. On compte plusieurs générations de ce puceron chaque année.

Dommages : L'ampleur des dommages dépend de la taille de la population. Les nymphes et les adultes se nourrissent essentiellement du verticille, privant le plant d'éléments nutritifs et d'eau. Les symptômes de la présence des pucerons du maïs sont le jaunissement, le flétrissement et l'enroulement des feuilles. Pendant une sécheresse, quand les plants sont soumis à un stress, les symptômes peuvent être amplifiés. Au fur et à mesure que les populations augmentent et que la moisissure envahit le miellat, les surfaces foliaires et les panicules mâles deviennent souvent noires et fuligineuses. Les panicules mâles peuvent devenir collantes, ce qui nuit à la pollinisation. Les pucerons sont également des vecteurs du virus de la mosaïque nanisante du maïs et du virus de la jaunisse nanisante de l'orge.

Technique de dépistage : Examiner cinq jeux de vingt plants par champ.

Seuil d'intervention : Si l'on compte 400 pucerons par plant sur 50 % des plants entre la fin du stade du verticille et le début de la floraison mâle, et que les plants souffrent d'un stress hydrique, une intervention est nécessaire.


Stratégies de lutte
: La lutte chimique n'est justifiée que si les ennemis naturels et les parasites du puceron du maïs sont absents et que si les densités de populations de pucerons dépassent le seuil d'intervention indiqué ci-dessus. Il existe plusieurs ennemis naturels qui sont passablement efficaces contre les pucerons du maïs, notamment certaines guêpes parasites ainsi que les adultes et les larves de la coccinelle et du chrysope.


La lutte chimique tue les ennemis naturels, ce qui peut mener à une recrudescence des populations de pucerons.

 


Auteur : Le personnel du MAAARO
Date de création : 20 août 2009
Dernière révision : 20 août 2009

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