Déprédateurs des
grandes cultures : Ravageurs du maïs
Publication
811 : Guide agronomique des grandes cultures > Déprédateurs
des grandes cultures > Ravageurs du maïs
Le tableau 13-1, Symptômes
d'infestations dans les champs de maïs, énumère
les symptômes révélant la présence de ravageurs
du maïs.
Tableau de matières
Introduction
Cette section décrit les ravageurs qui ne s'attaquent qu'au maïs.
Les ravageurs suivants peuvent également s'attaquer à d'autres
cultures :
Ver-gris noir (Agrotis ipsilon)
Description : Les larves de la noctuelle
ipsilon (appelées vers-gris noirs) sont noir grisâtre sur
le dos et plus pâles sur le ventre, sans aucune marque distinctive
sur le corps (planche 67). Les larves à
maturité mesurent environ 3,5 cm (1 ¼ po) de long et se
cachent dans le sol durant le jour. On les trouve près de plants
fraîchement coupés, sous des mottes de terre ou le long de
raies mal refermées. La noctuelle est un papillon nocturne gris
dont les ailes antérieures sont marquées d'un petit triangle
effilé noir.
Planche 67. Les larves de la noctuelle
ipsilon (vers-gris noirs) sont noir grisâtre sur le dos et plus
pâles sur le ventre. À maturité, elles mesurent environ
3,5 cm (1¼ po) de long. Elles coupent les plants de maïs au
ras du sol.

Cycle biologique : Les noctuelles n'hivernent
pas en Ontario, mais sont apportées du Sud par des fronts atmosphériques
puissants. Les migrations les plus importantes se produisent en avril
et en mai, mais parfois aussi dès le mois de mars. Les vers-gris
noirs sont donc plus fréquents dans les champs ayant une couverture
verte au début du printemps. On compte plusieurs générations
par année, mais seule la première cause des dommages d'importance
économique au maïs. Les nuits douces, claires et calmes au
début du printemps fournissent des conditions idéales pour
la ponte. Celle -ci a lieu dans la végétation dense, au
ras du sol et habituellement avant le labour de printemps. Dans les champs
peuplés de végétation avant les semis, les larves
se développent sur les mauvaises herbes jusqu'à ce que la
culture lève. Ces larves sont plus grosses et plus difficiles à
maîtriser lorsqu'elles migrent vers la culture. Les larves causent
des ravages du début mai jusqu'à la mi-juin.
Dommages : Les champs qui bordent le lac
Érié sont souvent la proie d'infestations par le ver-gris
noir. Les feuilles des plants attaqués par les jeunes larves présentent
de petits trous ou de petites entailles. Parfois, les plants flétrissent
parce que la tige a été vidée ou dévorée
sous le sol. Les larves plus grosses coupent le plant au niveau du sol
ou juste en dessous. Des infestations antérieures par le ver-gris
noir, la présence en présemis de mauvaises herbes annuel-
les d'automne (p. ex. céraiste vulgaire, blé spontané),
le semis direct et une épaisse couche de résidus comptent
parmi les facteurs qui favorisent la pullulation de ce ravageur.
Technique de dépistage : Entreprendre
le dépistage une fois tous les cinq jours dès la levée
du maïs. Inspecter au moins cinq points par tranche de 10 ha (25
ac) de champ. Porter une attention particulière aux zones lourdement
infestées de mauvaises herbes juste avant le travail du sol et
les semis. Rechercher des feuilles piquées de trous d'épingle;
il s'agit du premier indice de la présence des jeunes larves sur
le plant. Rechercher aussi des plants flétris, du feuillage dévoré
ou des plants coupés au sol. Creuser autour des plants endommagés
et examiner le sol, étant donné que les larves aiment s'y
cacher le jour. Consigner la taille des larves trouvées.
Seuil d'intervention : Si plus de 10 %
des plants ont des feuilles endommagées par les larves, un traitement
insecticide des feuilles procurera une maîtrise quasi-totale. Une
fois que le maïs atteint le stade 5 feuilles et que des racines commencent
à sortir à la base du plant, le risque est écarté.
Les vers-gris noirs presque parvenus à maturité (plus de
2,5 cm de long) sont difficiles à maîtriser à l'aide
d'insecticides et cessent de s'alimenter quelques jours après avoir
atteint leur plein développement.
Tableau 13-1. Symptômes d'infestations
dans les champs de maïs
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Symptôme
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Asticots
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Ver fil-de-fer
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Mille-pattes
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Mouche des
légum-ineuses
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Limace
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Ver-gris noir
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Altise du maïs
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Légion-naire
unipon-ctuée
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Peuplement clairsemé
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Semence dévorée ou vidée.
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Plants rabougris ou flétris.
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Plants coupés au niveau du sol ou sous le niveau du sol.
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Dommages sur les feuilles
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Trous au pourtour déchiqueté dans les feuilles.
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Feuille entière dévorée sauf la nervure principale.
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Piqûres ou trous ronds symétriques.
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Dommages parallèles aux nervures sur la face supérieure.
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Dommages sur la tige
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Galeries creusées dans la tige.
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Tige en col de cygne.
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Épi endommagé
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Gros morceaux ou grains manquants :
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trou d'entrée latéral dans l'épi et dommages
dans tout l'épi.
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aucun trou dans l'épi et dommages surtout à la
pointe.
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Grains endommagés en surface ou galeries dans les spathes.
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| Soies coupées. |
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| Épis tombés. |
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| Dommages aux panicules |
| Panicules brisées. |
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| Panicules décolorées ou
collantes. |
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| Traces d'alimentation sur les panicules. |
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Symptôme
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Noctuelle de
la pomme de
terre
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Pyrale du maïs
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Larve de chrys-omèle
des racines du maïs |
Adulte de chrys-omèle
des racines du maïs |
Ver-gris occid-ental du haricot |
Ver de l'épi du maïs |
Légion-naire d'auto-mne |
Puceron
du maïs |
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Peuplement clairsemé
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Semence dévorée ou vidée.
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Plants rabougris ou flétris.
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Plants coupés au niveau du sol ou sous le niveau du sol.
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Dommages sur les feuilles
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Trous au pourtour déchiqueté dans les feuilles.
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Feuille entière dévorée sauf la nervure principale.
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Piqûres ou trous ronds symétriques.
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Dommages parallèles aux nervures sur la face supérieure.
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Dommages sur la tige
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Galeries creusées dans la tige.
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Tige en col de cygne.
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Épi endommagé
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Gros morceaux ou grains manquants :
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trou d'entrée latéral dans l'épi et dommages
dans tout l'épi.
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aucun trou dans l'épi et dommages surtout à la
pointe.
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Grains endommagés en surface ou galeries dans les spathes.
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| Soies coupées. |
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| Épis tombés. |
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| Dommages aux panicules |
| Panicules brisées. |
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| Panicules décolorées
ou collantes. |
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| Traces d'alimentation sur les panicules. |
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Stratégies de lutte :
- Il est déconseillé de traiter les semences avec un
insecticide dirigé spécifiquement contre le ver-gris noir,
puisqu'il est un ravageur périodique. Dans les champs souvent
infestés, on peut semer des hybrides de maïs Bt renfermant
la protéine Cry 1F et/ou traiter les semences à l'aide
d'insecticides; ces derniers sont surtout efficaces contre les jeunes
larves.
- Les traitements avec des insecticides foliaires sont le plus efficaces
quand ils sont appliqués au sol peu après l'éclosion
des larves. Comme celles-ci sont surtout actives le soir, les traitements
faits en soirée ou la nuit sont préconisés. Les
applications d'insecticides foliaires sur les larves à maturité
(de plus de 2,5 cm ou 1 po) sont déconseillés, car le
gros des dommages est alors déjà fait et les traitements
s'avèrent peu utiles.
- Il n'est pas nécessaire de traiter le champ au complet, mais
uniquement les zones qui présentent des signes d'infestation.
- Dans les champs soumis au semis direct, éliminer la végétation
qui attire les noctuelles au début du printemps. À l'automne,
la destruction chimique céréales spontanées et
des mauvaises herbes est recommandée. Les champs doivent rester
à nu au moins 2-3 semaines avant les semis.
Altise du maïs (Chaetocnema pulicaria)
Description : Coléoptère minuscule (1,8
mm), noir et brillant, aux pattes postérieures allongées
qui lui permettent de sauter lorsqu'il est dérangé (planche
68).
Planche 68. Les altises du maïs laissent
derrière elles de longues égratignures parallèles
à la nervure de la feuille. Elles sont des vecteurs de la maladie
de Stewart (une brûlure bactérienne des feuilles).

Cycle biologique : Ce ravageur hiverne au stade adulte
à la base des graminées. Au début du printemps, les
altises émergent et les femelles fécondées pondent
leurs oeufs dans le sol, près de la base des plants de maïs.
En moins de six jours, les oeufs donnent naissance à des larves,
qui se transforment bientôt en pupes. Les adultes émergent
du sol en moins de deux semaines. Trois ou quatre générations
se chevauchent chaque année. Seules les générations
présentes du début mai à la fin juin (durant la levée
du maïs), sont considérées comme étant un problème
potentiel.
Dommages : L'activité des altises du maïs
est plus grande les printemps qui suivent des hivers doux. Seuls les cultivars
sensibles et les lignées de maïs de semence affichent des
pertes de rendement. Les dommages causés aux feuilles par les altises
prennent la forme de longues égratignures ou de " fenêtres
" généralement parallèles aux nervures.
Les altises du maïs sont des vecteurs de la maladie de Stewart,
causée par une bactérie qui hiverne dans l'appareil digestif
des altises du maïs adultes. La maladie de Stewart se manifeste sur
les feuilles par des lésions linéaires aux contours ondulés.
Les plants atteints peuvent se flétrir ou voir leur croissance
s'arrêter.
Technique de dépistage : Répéter
les opérations de dépistage tous les quatre ou cinq jours.
Inspecter cinq jeux de vingt plantules par champ pour déterminer
la présence et la densité de population des altises.
Seuil d'intervention : Dans le cas des cultivars sensibles,
six altises par cent plants avant le stade de la cinquième feuille
justifient une intervention. Dans le cas des cultivars tolérants,
une moyenne de cinq altises ou plus par plant avant le stade de la quatrième
feuille peut justifier une intervention.
Stratégies de lutte : Des modèles aident
à prévoir chaque année les risques d'une activité
intense des adultes en fonction des températures hivernales et
de la survie des adultes.
- Traiter les semences à l'aide d'insecticides s'il s'agit de
cultivars ou de lignées sensibles ou de champs ayant déjà
présenté des infestations d'altises du maïs.
- Éviter de semer tôt en début de saison des cultivars
sensibles à la maladie de Stewart. Dans les champs parfois infectés
par la maladie de Stewart, semer des hybrides résistants.
- Des pulvérisations foliaires supplémentaires peuvent
être nécessaires pour protéger le maïs de semence
et les cultivars sensibles si les populations sont très fortes.
Les traitements insecticides destinés à prévenir
la transmission de la maladie de Stewart par les altises du maïs
ne sont rentables que dans le cas des peuplements d'hybrides et de lignées
très sensibles.
Noctuelle de la pomme de terre (Hydraecia micacea)
Description : Les larves vont du violacé clair au rose.
Elles mesurent environ 4 cm (1 ½ po) de longueur à leur
complet développement (planche 70). Les
adultes sont des papillons de nuit bruns qui sont actifs en août
et en septembre.
Planche 70. Larve de la noctuelle de la
pomme de terre émergeant de la base d'une tige de maïs. Les
dommages sont habituellement concentrés dans les rangs périmétriques.

Cycle biologique : Cette noctuelle cause plus de dommages
dans les comtés de l'Est, mais des infestations peuvent se produire
partout en Ontario. Il n'y a qu'une seule génération par
an. Le ravageur hiverne à l'état d'oeuf sur les graminées.
La ponte se fait en deux ou trois rangées parallèles sous
les spathes. Les larves éclosent à la fin avril et creusent
des trous dans les tiges des graminées. À la fin mai, les
larves sont trop grosses pour les graminées et migrent vers les
cultures avoisinantes (p. ex. maïs) dont les tiges sont plus larges.
Elles continuent de s'alimenter jusqu'à la fin juin, puis se transforment
en pupes et émergent sous forme d'adultes à la fin juillet.
Dommages : Le stade larvaire est le seul stade nuisible.
Les dommages sont normalement plus graves sur les pourtours du champ ou
près des zones herbeuses ou envahies de mauvaises herbes. Les larves
se nourrissent des plantes de la fin mai au début juin. Chez les
jeunes plants, les larves creusent dans la base du plant, sous la ligne
de sol. Les plants sont parfois coupés à la base, ce qui
fait penser aux dommages causés par le ver-gris noir. À
partir du stade 3 feuilles, les larves se nourrissent à l'intérieur
du verticille à la base du plant de maïs, ce qui provoque
le flétrissement de la première ou des deux premières
feuilles du haut, tandis que la partie inférieure du plant demeure
saine. Les champs à haut risque sont ceux qui, l'année précédente,
étaient envahis de mauvaises herbes ou ont servi à la culture
de graminées, ceux qui font suite à du gazon ou sont soumis
à des méthodes de travail de conservation du sol.
Technique de dépistage : Les larves de la noctuelle
de la pomme de terre se trouvent habituellement à l'intérieur
de la tige ou dans le sol à proximité de la base du plant.
Rechercher surtout ce ravageur le long des haies clôtures ou dans
les zones herbeuses.
Seuil d'intervention : Aucun seuil n'a été
établi.
Stratégies de lutte :
- Il n'existe aucune mesure de lutte chimique qui soit efficace contre
cet insecte étant donné que la larve de la noctuelle reste
cachée à l'intérieur du plant et se trouve ainsi
protégée.
- Une bonne lutte contre les mauvaises herbes, particulièrement
dans les zones herbeuses, réduit efficacement les risques de
dommages l'année suivante.
- Le labour d'automne ou la destruction chimique de la végéta-tion
peut réduire le nombre d'ufs susceptibles d'hiverner. Certaines
guêpes parasites parviennent à maintenir ce ravageur sous
des seuils de nuisibilité économique.
Légionnaire uniponctuée (Pseudaletia
unipuncta)
La légionnaire uniponctuée fait partie des principaux ravageurs
du maïs. Pour
de l'information sur cet insecte
Pyrale du maïs (Ostrinia nubilalis)
Description : Les masses d'ufs de la pyrale du
maïs sont plates et blanc crème. Les ufs sont empilés
les uns sur les autres comme des écailles de poisson (planche
71). Les larves à maturité sont de blanc crème
à gris pâle et possèdent deux petites taches par segment
abdominal. Elles mesurent environ 2,5 cm de long et ont la tête
noire (planche 72). Les adultes sont des papillons
brun clair d'environ 2 cm de long qui arborent des lignes sombres et sinueuses
sur les ailes antérieures (planche 73).
Les papillons mâles sont plus sombres et plus petits que les femelles.
Planche 71. Masse d'ufs de la pyrale du
maïs. Chaque masse d'ufs peut compter de 15 à 40 ufs
empilés comme des écailles de poisson.

Planche 72. Les larves de la pyrale du maïs
vont du crème au rose, ont la tête noire et présentent
deux taches noires par segment abdominal. Les larves sont des vecteurs
de diverses pourritures de la tige.

Planche 73. Adulte de la pyrale du maïs.
Le papillon femelle (à droite) est plus gros et de couleur plus
claire que le mâle (à gauche).

Cycle biologique : Il existe deux souches distinctes
en Ontario. Au sud d'une ligne allant de Sarnia à Simc, une
souche bivoltine peut donner de multiples générations (en
général deux) selon la longueur de la saison. Au nord de
cette ligne, on trouve une souche univoltine qui ne produit qu'une seule
génération par année. Sur une bande large de 50 à
80 km le long de cette ligne, les deux souches se chevauchent.
L'insecte hiverne à l'état de larve dans les tiges de maïs
et d'autres résidus laissés à la surface du sol la
saison précédente. Au fur et à mesure que les journées
rallongent et que les températures moyennes s'élèvent
à plus de 10 °C le jour, les larves amorcent leur pupaison.
On trouve les pupes à l'intérieur des galeries creusées
par les larves. Il faut compter deux semaines avant que les adultes n'émergent
des pupes.
Même si, plus au sud de la province, les adultes commencent à
émerger des pupes vers la troisième semaine de mai, il faut
habituellement attendre la mi-juin pour que les papillons apparaissent
dans l'est de l'Ontario. Après leur émergence, les pyrales
se dirigent vers les « sites d'action » les plus proches -
habitats végétatifs, p. ex. haies-clôtures, fossés
et haies naturelles bordant les champs.
Après l'accouplement, les femelles quittent les sites d'action
pour pondre leurs ufs sur les plantes-hôtes. Elles pondent
en général les ufs sur le revers des feuilles, près
de la nervure principale. Là où des pyrales du maïs
univoltines sont présentes, les larves se développent tout
au long de la saison jusqu'à l'automne, moment où, parvenues
au cinquième stade larvaire, elles se préparent à
hiverner. Là où des pyrales du maïs bivoltines sont
présentes, les larves de la première génération
subissent la pupaison au milieu de l'été, émergent
sous forme d'adultes et complètent une deuxième génération
avant d'entrer en diapause à l'automne.
Dommages : Les larves de début de saison se nourrissent des feuilles,
qu'elles couvrent de petites piqûres et quittent tôt ou tard
pour migrer dans le verticille et s'attaquer à la panicule mâle.
Les larves de fin de saison se nourrissent brièvement des feuilles,
puis s'enfoncent dans la nervure principale et migrent dans la tige du
plant et les spathes. Parfois, les larves se nourrissent directement des
grains en formation. Des infestations graves peuvent donner lieu à
des tiges qui versent et à des épis retombants. Ce ravageur
peut être un vecteur à la fois de pourritures de la tige
et de pourritures de l'épi. Parmi les principaux facteurs responsables
des dommages par la pyrale du maïs, mentionnons : le semis direct,
une couche épaisse de résidus, des rotations comprenant
plusieurs cycles de maïs, la prépondérance du maïs
dans une région (plus de 50 %) et le chevauchement des souches
univoltines et bivoltines.
Technique de dépistage : En début de saison,
les pyrales adultes sont attirées par les champs de maïs plus
hauts qui ont été semés tôt. Les champs semés
plus tard sont plus vulnérables aux attaques de la deuxième
génération, car la présence de soies et de panicules
mâles attire les femelles adultes. Examiner au moins cinq séries
de vingt plants par champ (cent plants).
Dépistage des individus de la première génération
- Être à l'affût de dommages sur les feuilles. Tirer
et dérouler le verticille des plants endommagés à
la recherche de larves. Fendre la tige des plants de haut en bas pour
localiser les larves plus vieilles. Noter le pourcentage de plants endommagés
et le nombre et la taille des larves trouvées.
Dépistage des individus de la deuxième génération
- Rechercher des masses d'ufs sur le revers des feuilles, près
de la nervure principale. Concentrer les efforts d'observation sur le
terrain aux trois feuilles qui se trouvent au-dessus et en dessous de
l'épi. Noter le pourcentage de plants qui comportent des masses
d'ufs. Faire le dépistage tous les cinq à sept jours
jusqu'à ce que les pics de capture soient passés (environ
1 mois).
Seuil de nuisibilité économique dans les hybrides
de maïs non-Bt : Voir l'annexe G, p. 264, pour savoir comment
déterminer ce seuil. Dans le cas du maïs de semence, voir
la publication Seed Corn Best Management Practices for Ontario,
diffusée sur le site www.seedcorngrowers.on.ca.
Stratégies de lutte applicables aux hybrides de maïs
non-Bt :
- En général, les insecticides n'ont pas permis jusqu'ici
de combattre de manière rentable les pyrales dans le maïs
de grande culture.
- S'il n'est pas possible de combattre la pyrale du maïs à
l'aide d'hybrides de maïs Bt, choisir des hybrides de maïs
non-Bt qui affichent une résistance ou une tolérance à
la pyrale du maïs et qui possèdent de bonnes valeurs agronomiques.
- Le déchiquetage des débris après la récolte
est un moyen efficace de détruire les pyrales qui hivernent dans
les tiges et le chaume; laisser le moins possible de tiges.
- Les stades immatures sont la proie d'ennemis naturels qui contribuent
à en réduire les populations. Certains prédateurs
(coccinelles, anthocorides) se nourrissent des oeufs et des jeunes larves.
Des guêpes parasites et des acariens prédateurs peuvent
aussi contribuer à maîtriser ce ravageur.
Stratégies de lutte applicables aux hybrides de maïs
Bt :
- Si la pyrale du maïs constitue un risque de moyen à élevé
dans la région, envisager de semer des hybrides de maïs
Bt transgéniques. Utiliser des hybrides de maïs qui expriment
la toxine Bt dans l'épi ainsi que dans la tige afin d'éviter
les pourritures de l'épi et de la tige.
- Si l'on compte combattre la pyrale à l'aide de maïs Bt,
l'Agence canadienne d'inspection des aliments exige la mise en place
de stratégies de lutte contre les résistances. La Coalition
canadienne contre les ravageurs du maïs endosse cette exigence.
Font partie des stratégies de lutte contre les résistances
:
- l'utilisation d'une culture-refuge non-Bt afin de réduire
le risque d'apparition d'une résistance à Bt. L'endroit
où semer cette culture-refuge par rapport à l'emplacement
de l'hybride Bt et le pourcentage de la superficie totale ensemencée
de maïs que doit représenter la culture-refuge dépendent
de l'hybride Bt utilisé et de l'ennemi visé;
- le positionnement de la culture-refuge et de l'hybride de maïs
Bt destiné à contrer la pyrale dans des zones qui se situent
à moins de 100-150 UTC l'une de l'autre afin que les pyrales
adultes soient autant attirées par la culture-refuge;
- l'absence de pulvérisations d'insecticides foliaires dans
la culture-refuge.
Le site de la Coalition canadienne contre les ravageurs du maïs,
www.cornpest.com, et la publication,
A Grower's Handbook: Controlling Corn Insect Pests With Bt Corn Technology,
fournissent toutes les exigences à respecter relativement aux cultures-refuge
et à la biologie de la pyrale du maïs.
Les producteurs qui sèment des hybrides de maïs Bt
à gènes empilés qui possèdent à la
fois un transgène Bt donnant la résistance à la pyrale
du maïs et un autre donnant la résistance à la chrysomèle
des racines du maïs doivent obligatoirement respecter les exigences
liées aux cultures-refuges décrites pour les cultures servant
de refuge aux chrysomèles des racines du maïs.
Chrysomèle des racines du maïs
(Diabrotica virgifera et Diabrotica barberi)
Description : Il existe en Ontario deux espèces
de chrysomèles des racines du maïs (CRM) : la chrysomèle
occidentale des racines du maïs (CORM) et la chrysomèle septentrionale
des racines du maïs (CSRM). La CORM adulte va du jaune au vert et
possède trois bandes noires sur les ailes (planche
75). Les femelles ont sur les élytres trois bandes noires sinueuses.
Chez les mâles, ces trois bandes se fondent en une seule. Les mâles
adultes de la CORM sont plus petits et leurs antennes sont plus longues.
Les adultes de la CSRM, d'un vert uniforme tirant sur le beige jaunâtre,
sont dépourvus de marques particulières qui permettent de
distinguer les mâles des femelles (planche
76). Les larves sont blanches et ont la tête brune et une plaque
sombre distinctive sur la queue. Elles mesurent environ 1 cm (½
po) de longueur (planche 74).
Planche 74. C'est au stade larvaire que la chrysomèle
des racines du maïs cause le plus de dommages : sectionnement des
racines, incurvation des tiges en col de cygne et verse des plants depuis
leur base.

Planche 75. Les adultes de la chrysomèle
occidentale des racines du maïs ont le corps qui va du jaune au vert
et possèdent trois bandes noires sinueuses sur le dos.

Planche 76. Les adultes de la chrysomèle
septentrionale des racines du maïs ont un corps de couleur uniforme
qui va du vert au jaune sans bandes noires sur le dos.

Ne pas confondre la chrysomèle occidentale des racines du maïs
avec la chrysomèle rayée du concombre. Cette dernière
est noire sous l'abdomen et les bandes alaires sont parallèles
et ne sont pas sinueuses.
Cycle biologique : La distribution à la fois
de la CORM et de la CSRM est uniforme en Ontario. Dans le sud-ouest de
la province, la CORM prédomine, le ratio de la CORM à la
CSRM étant supérieur de 4 à 1. Dans l'est de la province
et au Québec, la situation est inversée, le ratio de la
CSRM à la CORM étant de 8 à 1. Les deux espèces
ne comptent qu'une seule génération par année. Les
ufs sont déposés dans le sol à partir de juillet
jusqu'à la première gelée meurtrière à
l'automne. Les ufs hivernent et éclosent au début
juin. Les adultes émergent à la fin juillet et se nourrissent
des soies et des panicules mâles.
Dommages : Les adultes et les larves ravagent le maïs.
Les larves s'attaquent à l'extérieur et à l'intérieur
des racines entre la mi-juin et la mi-juillet, nuisant à l'absorption
des éléments nutritifs et de l'eau et causant un stress
aux plants. Les larves plus grosses s'attaquent aux racines échasses,
entravant la stabilité du plant et le portant à verser ou
à former un col de cygne. Les adultes consomment le pollen et coupent
les soies, entravant la pollinisation. Si ni les panicules ni les épis
ne sont sortis, les chrysomèles s'alimentent des feuilles, dévorant
les tissus internervaires du revers et laissant ainsi des « fenêtres
» dans la feuille. Les facteurs de risque sont : la mono-culture
de maïs, de fortes populations du coléoptère la saison
précédente et le fait qu'un champ a été le
dernier ensemencé la saison précédente.
Technique de dépistage : Inspecter chaque semaine
vingt plants en cinq points différents du champ, à partir
du moment où les adultes émergent, soit entre la fin juillet
et la fin août.
Seuil d'interventions : S'il y a en moyenne moins de
un adulte par plant de maïs pendant le mois d'août, aucun traitement
insecticide n'est nécessaire pour la culture de maïs de la
saison suivante. (Nota : Au moment de dénombrer les adultes, 1
CORM vaut 2 CSRM). En général, il faut au moins dix adultes
par épi avant qu'une intervention ne s'impose dans le maïs
de grande culture, car celui-ci peut supporter de fortes populations d'adultes.
Dans le maïs de semence, toutefois, des traitements peuvent être
nécessaires si les populations d'adultes ont cassé beaucoup
de soies, ce qui interrompt la pollinisation. Des conditions sèches
empêchent parfois le plant de produire des soies pour compenser
les dommages causés par l'alimentation de la chrysomèle.
Un traitement est justifié quand les soies sont en moyenne cassées
à moins de 1,25 cm (½ po) de la pointe de l'épi.
Une fois la pollinisation terminée, les dommages causés
par l'alimentation des chrysomèles ne sont plus menaçants.
Stratégies de lutte :
- La rotation des cultures est la meilleure stratégie de lutte;
son efficacité à réduire les populations de chrysomèles
est supérieure à celles des insecticides. Comme le maïs
est le principal hôte, éviter de semer du maïs après
du maïs. La monoculture de maïs produit jusqu'à 4 millions
de chrysomèles par hectare.
- Même si les insecticides contre les chrysomèles peuvent
protéger la culture, ils parviennent tout au plus à réduire
en moyenne de 25 % l'émergence des adultes.
- Si la rotation des cultures ne peut être pratiquée,
il peut être nécessaire de traiter les champs soumis à
une monoculture de maïs en employant la dose supérieure
d'un insecticide destiné au traitement des semences ou d'un insecticide
radiculaire, ou en utilisant des hybrides de maïs possédant
un transgène Bt donnant la résistance à la chrysomèle
des racines du maïs.
- Si le symptôme du col de cygne est fréquemment observé
ou que la surveillance des adultes en août révèle
des populations considérables et que du maïs doit à
nouveau être semé dans ce champ l'année suivante,
adopter une stratégie de lutte pour protéger la culture
suivante.
La chrysomèle des racines du maïs fait partie des insectes
nuisibles qui possèdent une rare capacité d'adaptation.
Elle a développé une résistance à de multiples
méthodes de lutte. Il est par conséquent important de n'utiliser
les produits destinés à combattre spécifiquement
cette espèce qu'en cas d'absolue nécessité.
Stratégies de lutte avec des hybrides Bt résistant
à la CRM et avec des hybrides Bt à gènes empilés
donnant une résistance à la pyrale du maïs et à
la CRM :
- Si l'on sème du maïs Bt pour contrer la chrysomèle
des racines du maïs, il faut semer une culture-refuge afin de réduire
les risques de voir apparaître une résistance à
Bt. Il s'agit là d'une exigence de l'Agence canadienne d'inspection
des aliments. Cette exigence est endossée par la Coalition canadienne
contre les ravageurs du maïs.
- L'endroit où semer cette culture-refuge par rapport à
l'emplacement de l'hybride Bt et le pourcentage de la superficie totale
ensemencée de maïs que doit représenter la culture-refuge
dépendent de l'hybride Bt utilisé et de l'ennemi visé.
- Dès qu'on utilise un hybride de maïs Bt pour contrer
la chrysomèle des racines du maïs, il faut se conformer
à l'exigence d'offrir un refuge à l'insecte, même
si l'hybride combat également la pyrale du maïs, car le
risque d'apparition d'une résistance aux produits à base
de Bt est beaucoup plus grand chez la chrysomèle.
- Le maïs servant de refuge et l'hybride de maïs Bt doivent
parvenir à maturité à peu près au même
moment (se situer à moins de 100-150 UTC l'un de l'autre) et
les deux cultures doivent avoir les mêmes antécédents
culturaux. Aucune pulvérisation d'insecticide n'est autorisée
ni dans les peuplements de maïs Bt ni dans la culture-refuge.
- Les traitements insecticides des semences sont permis à la
fois dans la culture-refuge et dans la culture Bt.
- Pour plus d'information sur les exigences propres à la culture-refuge
et à la biologie de la chrysomèle des racines du maïs,
voir la publication, A Grower's Handbook: Controlling Corn Insect
Pests With Bt Corn Technology, diffusée sur le site de la
le site de la Coalition canadienne contre les ravageurs du maïs,
www.cornpest.com.
Ver-gris occidental du haricot (Striacosta albicosta)
maïs, haricots secs comestibles
Description : La larve du ver-gris occidental du haricot
(VGOH) est de couleur chamois ou rose et ne porte ni verrues ni taches
(tubercules) sur le corps, contrairement à la pyrale du maïs.
La seule marque distinguant les larves du VGOH se trouve sur leur pronotum,
soit la structure semblable à un bouclier située juste derrière
la tête de la larve et qui porte deux larges bandes brun foncé.
Les individus adultes sont faciles à distinguer des autres ravageurs
du maïs : chaque aile du papillon présente une bande blanche
le long de son rebord et une marque en forme de croissant de lune ou de
boomerang (planche 77). Les ufs sont déposés
en amas de 5 à 200 unités, ils sont de la taille d'une pointe
d'épingle, de couleur blanc perle à la ponte et de la forme
d'un minuscule cantaloup (planche 78). Dans les
jours qui suivent la ponte, les ufs prennent une teinte chamois,
puis mauve. L'éclosion à lieu au bout de 5 à 7 jours.
Cycle biologique : Le ver-gris occidental du haricot
est natif d'Amérique du Nord. Son habitat se limitait essentiellement
au sud-ouest des États-Unis jusqu'à ce qu'une récente
poussée en direction du nord-est l'amène à travers
le Midwest américain et jusqu'en Ontario. Le VGOH passe l'hiver
hors de la ptovince, sous forme de larve enfermée dans une logette
aménagée dans le sol (on s'attend toutefois à ce
qu'il apprenne à survivre à l'hiver ontarien). Les individus
adultes sortent de terre et envahissent les airs du début juin
au début juillet. Ils pondent à la face supérieure
des plus hautes feuilles du maïs (les hybrides dont les feuilles
sont bien droites ont leur préférence). Les adultes sont
attirés par les champs de maïs, du stade verticille à
ceux précédant la floraison mâle; ils se dirigent
vers les champs de haricots comestibles pour la ponte après que
le maïs atteint le stade de la floraison mâle. Les oeufs éclosent
au bout d'une semaine. Les larves, très mobiles, peuvent se déplacer
en hauteur et en périphérie et s'attaquer ainsi aux rangs
de maïs voisins. Les champs en semis direct et les terrains sablonneux
présentent les plus grands risques.
Dommages dans le maïs : Les jeunes larves se nourrissent
de la panicule mâle et des soies jusqu'à ce qu'elles soient
assez grosses pour creuser un tunnel dans l'épi et dévorer
les grains. Au stade verticille, les larves consoment le pollen en formation.
Les trous d'entrée sont parfois visibles à l'extérieur
des enveloppes, mais les larves peuvent aussi passer par les soies. Contrairement
au ver de l'épi de maïs, le ver-gris occidental n'est pas
cannibale, de sorte que plusieurs larves peuvent séjourner sur
le même épi. Des dommages secondaires sont à prévoir
en raison des pourritures sèches pouvant se développer sur
les épis et de l'activité d'autres ravageurs qui profitent
des brèches pour s'attaquer aux épis.
Dommages dans les haricots secs comestibles : Les larves
s'attaqueront d'abord aux feuilles du plant, mais dès qu'elles
en auront la force, elles perceront les gousses et se nourriront des gousses
et des graines.
Technique de dépistage dans le maïs : Choisir
vingt plants à cinq endroits différents. Examiner soigneusement
les trois ou quatre feuilles supérieures des plants, à la
recherche de masses d'oeufs et de jeunes larves. On peut installer des
pièges aux phéromones pour suivre les déplacements
des papillons, ce qui permet de déterminer le moment de la ponte
et l'opportunité du dépistage. Communiquer avec l'entomologiste
provincial pour savoir comment disposer les pièges, où se
les procurer et quel protocole de surveillance appliquer.
Technique de dépistage dans les haricots secs comestibles
: On établit les seuils d'intervention en surveillant les déplacements
des papillons adultes au moyen de pièges aux phéromones.
Communiquer avec l'entomologiste provincial pour savoir comment disposer
les pièges, où se procurer le matériel nécessaire
et quel protocole de surveillance appliquer. La surveillance consiste
à installer deux pièges aux phéromones pour VGOH
dans chaque champ de haricots, sur deux côtés opposés
du champ, au plus tard la dernière semaine de juin (ces pièges
devront être relevés tout au long de la saison végétative).
Le nombre de papillons capturés est noté chaque semaine,
jusqu'à ce qu'on atteigne le point culminant de l'infestation.
On saura que ce point a été atteint lorsque le nombre de
prises d'une semaine donnée sera inférieur aux prises de
la semaine précédente, celle-ci correspondant au sommet.
La méthode suppose le relevé régulier des pièges,
pour suivre l'évolution des prises.
Seuil d'intervention dans le maïs : Une pulvérisation
est justifiée si 5 % des plants hébergent des ufs
ou de petites larves. La pulvérisation doit avoir lieu lorsque
95 % des panicules mâles sont déployées ou, si celles-ci
sont déjà déployées, lorsque la plupart des
ufs sont à la veille d'éclore.
Seuil d'intervention dans les haricots secs comestibles
: Pour un champ donné, si le nombre total de papillons pris dans
chaque piège est inférieur à 700, il y a peu de chance
que le VGOH y atteigne des niveaux préoccupants. Si le nombre se
situe entre 700 et 1 000, le risque de dommages devient modéré,
ce qui justifie une surveillance rapprochée. Dans les dix à
vingt jours suivant le pic des captures, faire une tournée des
champs pour y relever la présence de larves et de traces d'alimentation.
Procéder à une pulvérisation si les larves ont commencé
à attaquer les gousses. Si le nombre de papillons dépasse
1 000 individus au moment du pic des captures, le risque de dommages est
élevé et justifie un traitement de dix à vingt joursplus
tard. Il faut aussi appliquer un insecticide sur tout champ de haricots
comestibles voisin d'un champ de maïs où le seuil d'intervention
pour une infestation par le VGOH a été atteint.
Stratégies de lutte dans le maïs et les haricots
secs comestibles :
- Les hybrides de maïs transgénique BT contenant la protéine
Cry1F procurent une certaine protection contre le VGOH.
- Le moment choisi pour appliquer l'insecticide foliaire est crucial
: une fois que les larves ont pénétré dans l'épi
de maïs ou la gousse de haricot, elles sont à l'abri des
insecticides.
- L'application de l'insecticide doit coïncider avec l'éclosion
des ufs, moment où les larves se nourrissent de la plante
hôte.
- Un travail du sol en profondeur peut contribuer à éliminer
les larves qui s'y sont réfugiées pour l'hiver.
- Des pluies abondantes peuvent affecter le taux de survie des jeunes
larves.
- Plusieurs ennemis naturels se nourrissent des ufs et des jeunes
larves de VGOH, notamment les coccinelles et les araignées.
Ver de l'épi du maïs (Helicoverpa zea)
Description : Ce ver est de couleur très variable
(vert clair à jaune). Il peut atteindre jusqu'à 4 cm (1
½ po) de long. Son corps est parcouru longitudinalement de bandes
proéminentes (planche 79).
Planche 79. Ver de l'épi du maïs
sur un épi. Les dommages causés par le ver sont habituellement
concentrés autour de la pointe de l'épi.

La taille du ver de l'épi du maïs et la présence de
bandes sur son corps permettent de le différencier de la pyrale
du maïs, et sa tête de couleur chamois permet de le différencier
de la légionnaire d'automne.
Le ravageur adulte est un papillon de nuit de couleur fauve ou chamois.
Ses ailes antérieures sont marquées d'un point brun central,
visible du revers. Ses ailes postérieures sont pâles, bordées
d'une large bande d'un brun plus foncé. Les masses d'oeufs sont
difficiles à voir, étant de couleur et de largeur similaires
aux soies.
Cycle biologique : Le ver de l'épi du maïs,
aussi appelé noctuelle de la tomate, ne résiste pas à
l'hiver en Ontario. Au stade adulte, la noctuelle migre du sud des États-Unis
où elle envahit les champs de coton. Elle arrive habituellement
en août, mais elle peut arriver aussi tôt que la fin juin.
La noctuelle pond ses oeufs un à un sur les soies fraîches.
Après l'éclosion, les larves consomment soies et grains
à la pointe de l'épi. Elles amorcent ensuite la pupaison,
mais meurent peu après l'arrivée du gel.
Dommages : Les larves se nourrissent de feuilles et
de panicules, mais on les trouve surtout sur les soies et les grains en
formation. Elles endommagent les panicules mâles, nuisant ainsi
à la pollinisation et consomment les soies, ce qui nuit au développement
de l'épi. Les champs à risque sont ceux qui sont semés
tard et qui produisent des soies pendant le pic de la population de larves.
Contrairement à la pyrale du maïs, au ver-gris occidental
du haricot et à la légionnaire d'automne, le ver de l'épi
du maïs ne laisse pas de trous d'entrée dans les spathes,
car il pénètre directement dans les canaux des soies et
se nourrit surtout dans le tiers supérieur de la pointe de l'épi.
Technique de dépistage : Localiser cinq jeux
de dix plants par champ et ouvrir l'épi à la recherche de
dommages ou de traces de vers de l'épi du maïs (p. ex. moisissures
de l'épi, dont il est un vecteur). Déterminer le pourcentage
d'épis infestés. Le ver de l'épi du maïs est
sujet au cannibalisme, ce qui explique qu'il n'y ait habituellement pas
plus de une larve par épi de maïs. Ses oeufs étant
de grosseur et de couleur similaires aux soies de maïs, il sont difficiles
à distinguer.
Seuil d'intervention : Ce ravageur n'entraîne habituellement
de pertes économiques que dans le maïs sucré, mais
il peut être nuisible dans le maïs de semence qui a été
semé tard et qui est au stade de l'apparition des soies pendant
la ponte.
Stratégies de lutte :
- Le maïs semé plus tôt peut échapper aux
pics de populations du ravageur si les soies apparaissent précocement.
- En général, il n'est pas rentable de recourir aux insecticides
pour combattre le ver de l'épi du maïs dans les champs de
maïs de grande culture, mais il peut être avantageux de traiter
les semences pour préserver la qualité des grains.
- On trouve dans le champ plusieurs ennemis naturels, dont les trichogrammes
(des guêpes parasitoïdes), les coccinelles, les chrysopes
et les mouches parasites, qui contribuent à tenir en échec
les populations de vers de l'épi du maïs.
- Certains hybrides de maïs Bt transgéniques procurent
une maîtrise temporaire des vers de l'épi du maïs,
mais ils ne doivent pas être utilisés à seule fin
de maîtriser un ennemi sporadique comme celui-ci.
Légionnaire d'automne (Spodoptera frugiperda)
maïs, céréales d'automne
Description : À son plein développement,
la larve de la légionnaire d'automne mesure 4 cm (1½ po)
de long; sa couleur varie de chamois ou vert pâle à presque
noir (planche 80). Les larves ont trois minces
rayures blanches le long du dos, ainsi qu'une large rayure jaune picotée
rouge sur les côtés, juste au-dessus des pattes.
Planche 80. La larve de la légionnaire
d'automne a une tête sombre marquée d'un « Y »
inversé et son corps porte des bandes similaires à celles
de la légionnaire uniponctuée, en plus de taches bombées
surmontées de poils.

On distingue les larves de la légionnaire d'automne de celles
de la légionnaire uniponctuée par le devant de leur tête
qui comporte un « Y » blanc inversé. La légionnaire
d'automne a la tête brun foncé ou noire. Les larves des deux
espèces présentent des rayures similaires. Cependant, les
larves de la légionnaire d'automne présentent des points
surélevés hérissés de poils. Quatre de ces
points forment un carré sur le dessus du dernier segment abdominal
des larves. Contrairement à la légionnaire uniponctuée,
la légionnaire d'automne ne possède pas de bandes noires
sur les fausses-pattes (grosses pattes arrière).
Les adultes sont des papillons de nuit gris foncé dont les ailes
présentent un motif moucheté et une tache blanche proéminente
à l'extrémité.
Cycle biologique : Une fois adultes, sous leur forme
de papillons, les légionnaires d'automne migrent du sud des États-Unis
et se manifestent tard dans la saison, quand le maïs est parvenu
à maturité. Ils ne peuvent pas hiverner là où
la terre gèle.
Dommages : La légionnaire d'automne attaque parfois
des cultures de graminées (p. ex. le blé). Les larves se
nourrissent des feuilles du verticille et des épis, surtout de
la fin juillet à septembre. Elles se nourrissent toute la journée,
tandis que les larves de la légionnaire uniponctuée font
leurs ravages la nuit. Les premiers indices d'une infestation par la légionnaire
d'automne sont des feuilles présentant des trous minuscules comme
dans le cas des infestations par la pyrale du maïs, sauf que dans
le cas de la légionnaire, au fur et à mesure que les larves
grossissent, les trous deviennent très gros et leur pourtour est
déchiqueté. Un autre signe est la présence, à
proximité, d'excréments brun rougeâtre et humides.
Les dommages causés à l'épi sont similaires à
ceux qu'on attribue au ver de l'épi du maïs, si ce n'est que
le trou d'entrée de la légionnaire d'automne est facile
à voir sur le côté de l'épi, et que que ses
dégâts s'étendent à tout l'épi, tandis
que le ver de l'épi du maïs pénètre dans l'épi
par les canaux des soies et que ses dommages se concentrent surtout autour
de la pointe de l'épi.
Technique de dépistage : Examiner vingt plants
en cinq points du champ pour déterminer le niveau d'infestation.
Noter la taille et le nombre de larves. Inspecter le pourtour des champs,
étant donné que les légionnaires peuvent migrer dans
le champ en provenance de champs de maïs voisins.
Voir si les larves portent des oeufs de parasites. Ces oeufs, petits,
ovales et jaunâtres se trouvent habituellement juste derrière
la tête de la larve. Il s'agit d'oeufs d'une mouche parasite. Des
oeufs vont naître des asticots qui tueront les larves de légionnaires.
Seuil d'intervention dans le maïs : Si 50 % des
plants sont infestés de larves non parasitées de moins de
2,5 cm (1 po) de longueur, un traitement insecticide peut être justifié,
mais les dommages n'entraînent habituellement pas de pertes économiques
tant que l'infestation n'est pas forte et que les dommages ne sont pas
concentrés sur les panicules mâles non encore formées.
Seuil d'intervention dans les céréales d'automne : Deux
ou trois larves non parasitées de moins de 2,5 cm (1 po) de longueur
par 30 cm (pied linéaire) de rang, surtout lorsque la culture est
au stade de jeunes plantules.
Stratégies de lutte dans le maïs :
- Les hybrides de maïs Bt comportant la protéine Cry1F
offrent une certaine protection contre la légionnaire d'automne.
- Les légionnaires ont tendance à se déplacer
par nuées d'un champ à l'autre. Le cas échéant,
pulvériser le pourtour du champ infesté. La lutte chimique
est inefficace contre les larves de plus de 2,5 cm (1 po) de long et
contre celles situées dans l'épi.
- Des parasites et d'autres organismes utiles réussissent habituellement
à maintenir les populations de légionnaires sous le seuil
de nuisibilité. Éviter tout traitement insecticide en
présence d'un grand nombre de larves parasitées.
- Le maïs semé tard est vulnérable aux dommages
causés aux feuilles et au verticille. Comme les zones herbeuses
dans les champs et en périphérie sont des lieux de ponte
privilégiés, on recommande d'éliminer les graminées
et mauvaises herbes dans le champ. Il n'est pas toujours judicieux de
combattre les graminées en fin de saison, car que les larves
ont alors tendance à se réfugier dans les herbes mortes,
puis dans la culture.
Stratégies de lutte dans les céréales d'automne
: Il est rare que les céréales d'automne soient envahies
par les légionnaires d'automne. Si le seuil d'intervention est
atteint, une pulvérisation peut être nécessaire.
Puceron du maïs (Rhopalosiphum maidis)
Description : Ces pucerons sont de petits insectes (de
2 mm ou moins) bleu-vert au corps mou, aux pattes noires et aux cornicules
noires et courtes (les cornicules sont des protubérances) près
de l'extrémité arrière de l'abdomen (planche
81). Ils ont des pièces buccales de type perceur-suceur et
se nourrissent des sucs (éléments nutritifs) des jeunes
tissus des plants (panicule et verticille). Ils sécrètent
une substance collante appelée « miellat », qui peut
être recouverte de plaques de moisissure et de fumagine.
Planche 81. Pucerons du maïs rassemblés
sur un épi. La pollinisation est réduite lorsque panicules
et soies sont couvertes de miellat.

Planche 82. Les pucerons du soya sont petits,
de couleur vert pâle à jaune et peuvent être ailés
ou non. On les trouve sur le revers des feuilles et sur les tiges.

Cycle biologique : Ce ravageur n'hiverne pas en Ontario,
mais est plutôt porté chaque année par les courants
d'air venant du sud où les cultures sont plus avancées.
Les premiers individus à arriver au printemps se nourrissent de
céréales, jusqu'à ce que le maïs offre un attrait.
Les populations migrantes sont composées uniquement de femelles
ailées. Une fois qu'elles sont établies, ces femelles se
reproduisent sans s'accoupler et donnent naissance à des nymphes
dépourvues d'ailes. Sont ainsi produites des générations
d'adultes à la fois ailés et non ailés, selon la
qualité des éléments nutritifs de la plante. Les
pucerons ailés s'envolent ensuite vers les champs de maïs
à proximité et pénètrent dans le verticille.
On compte plusieurs générations de ce puceron chaque année.
Dommages : L'ampleur des dommages dépend de la
taille de la population. Les nymphes et les adultes se nourrissent essentiellement
du verticille, privant le plant d'éléments nutritifs et
d'eau. Les symptômes de la présence des pucerons du maïs
sont le jaunissement, le flétrissement et l'enroulement des feuilles.
Pendant une sécheresse, quand les plants sont soumis à un
stress, les symptômes peuvent être amplifiés. Au fur
et à mesure que les populations augmentent et que la moisissure
envahit le miellat, les surfaces foliaires et les panicules mâles
deviennent souvent noires et fuligineuses. Les panicules mâles peuvent
devenir collantes, ce qui nuit à la pollinisation. Les pucerons
sont également des vecteurs du virus de la mosaïque nanisante
du maïs et du virus de la jaunisse nanisante de l'orge.
Technique de dépistage : Examiner cinq jeux de
vingt plants par champ.
Seuil d'intervention : Si l'on compte 400 pucerons par
plant sur 50 % des plants entre la fin du stade du verticille et le début
de la floraison mâle, et que les plants souffrent d'un stress hydrique,
une intervention est nécessaire.
Stratégies de lutte : La lutte chimique n'est justifiée
que si les ennemis naturels et les parasites du puceron du maïs sont
absents et que si les densités de populations de pucerons dépassent
le seuil d'intervention indiqué ci-dessus. Il existe plusieurs
ennemis naturels qui sont passablement efficaces contre les pucerons du
maïs, notamment certaines guêpes parasites ainsi que les adultes
et les larves de la coccinelle et du chrysope.
La lutte chimique tue les ennemis naturels, ce qui peut mener à
une recrudescence des populations de pucerons.