Dépistage : Dépistage


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Publication 811 : Guide agronomique des grandes cultures > Dépistage > Dépistage


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Table des matières

Dépistage

Le dépistage consiste à parcourir un champ en s'arrêtant de temps en temps pour recueillir des observations. Des opérations de dépistage périodiques aident à déterminer avec exactitude les facteurs qui nuisent au rendement durant la saison de croissance alors qu'il est encore temps d'intervenir pour préserver le plein potentiel de la culture. Il faudrait, au début de chaque saison, consigner sur un formulaire des renseignements importants relatifs à la fertilité du sol et aux diverses opérations culturales. On trouve des exemples de tels formulaires sur le site du MAAARO, www.ontario.ca/cultures. Cette information, conjuguée à l'observation périodique sur le terrain, à l'identification et au diagnostic des problèmes, ainsi qu'à la conservation d'un registre de ces observations concourent au succès du programme de surveillance. En plus de servir à corriger des problèmes observés dans l'immédiat, les registres tenus sur le dépistage peuvent par la suite être consultés afin de planifier les interventions dans les années à venir. Par exemple, un ennemi des cultures, comme le nématode à kyste du soya, influe à la fois sur la rotation des cultures et le choix d'un cultivar lorsqu'on produit à nouveau du soya dans le même champ. Des registres précis facilitent les décisions à prendre en présence de ce ravageur.


Quand effectuer les opérations de dépistage

C'est en détectant et en maîtrisant rapidement les ennemis des cultures qu'on réduit au minimum leur incidence économique sur une culture. Dans cette publication, les chapitres consacrés aux différentes cultures donnent des calendriers de dépistage et indiquent la période de l'année associée aux ennemis des cultures les plus répandus en Ontario. L'observation sur le terrain doit se faire fréquemment et de façon suivie, car les dynamiques liées aux ravageurs peuvent changer rapidement pendant la saison. Comme il faut une densité de peuplement optimale pour obtenir de bons rendements, procéder à une évaluation de la densité de peuplement en deçà de 1-2 semaines de la levée. Tôt en saison, effectuer le dépistage chaque semaine. À l'approche d'un seuil d'intervention nécessitant, par exemple, l'application d'un fongicide ou d'un herbicide de postlevée, il faudra peut-être effectuer un dépistage quotidien. Plus tard en saison, un dépistage aux deux semaines est généralement suffisant. Se rappeler que certains insectes et certaines maladies sévissent plus tard en saison et peuvent atteindre les seuils d'intervention en quelques jours. C'est le cas notamment de la légionnaire, du puceron du soya et des pourritures des tiges. Lorsque les conditions et le terrain favorisent ces ennemis de fin de saison, il faut effectuer un dépistage hebdomadaire.


Outils et techniques de dépistage

Les outils servant à surveiller les ennemis des cultures et la croissance des cultures varient selon la culture et l'ennemi en cause. Voici le matériel de base nécessaire au dépistage :

  • une planchette à pinces et des formulaires de dépistage ou un calepin pour consigner les observations;
  • des cartes du terrain;
  • une pelle;
  • un canif;
  • des sacs en papier et en plastique pour y déposer des spécimens;
  • une loupe grossissant dix fois et un cadre d'échantillonnage (p. ex., un cerceau).

Les dépisteurs professionnels se munissent souvent d'autres articles, notamment de photos aériennes, d'un appareil photo, d'étiquettes d'identification, de guides de référence, d'un filet fauchoir, de petits flacons et d'alcool isopropylique, de pièges ou de plaquettes encollés destinés à la détection des insectes nuisibles, d'un GPS pour noter l'emplacement, de matériel de balisage, etc. Il est par ailleurs sage de porter des vêtements adéquats afin de se protéger du soleil et des éléments nuisibles comme les plantes vénéneuses et les maringouins. Vérifier s'il y a eu récemment des traitements pesticides sur le terrain et, le cas échéant, se conformer aux délais de non-retour dans les zones traitées indiqués sur les étiquettes des produits.

Pour effectuer le dépistage d'insectes qui se déplacent trop rapidement dans le feuillage pour qu'on puisse les identifier au premier coup d'œil, il est parfois plus facile d'utiliser un filet fauchoir ou une toile. On peut étendre la toile sur le sol entre deux rangs, saisir la culture et la secouer vigoureusement de manière que tous les insectes présents tombent sur la toile. Il est alors plus facile d'identifier les insectes et de les dénombrer.


Utilisation des filets fauchoirs

Le filet fauchoir constitue la meilleure méthode de dépistage à utiliser dans une culture dense comme celles de la luzerne, du canola et du soya semé en plein. On trouve des filets fauchoirs standards d'un diamètre de 37 cm (15 po) auprès des divers fournisseurs qui paraissent sur la liste de l'annexe A, Fournisseurs de matériel pour le dépistage d'insectes. Tout en marchant dans la culture, balancer le filet d'un côté à l'autre comme un pendule de sorte qu'il balaie la partie supérieure du feuillage sur 37 cm (15 po) et que le sommet du filet arrive à égalité avec le dessus du feuillage. Éviter de heurter le sol avec le filet lors du mouvement de va-et-vient, afin de ne pas recueillir de terre.

Tableau 10-1. Nombre de points d'échantillonnage recommandés selon la taille du terrain et le ravageur
Taille du terrain Nombre de points d'echantillonnage
ha ac Insectes/maladies Mauvaises herbes
Jusqu'à 8
Jusqu'à 20
5
10
De 8 à 12
De 20 à 30
8
15
De 12 à 16
De 30 à 40
10
15

 

Dans l'interprétation de nombreux seuils d'intervention, une certaine confusion règne quant à ce qui constitue un « balayage » du filet fauchoir. Certains chercheurs établissent les seuils d'intervention en fonction d'un nombre x de balayages, chaque balayage correspondant pour eux au mouvement de va-et-vient complet (aller-retour), c.-à-d. décrivant deux arcs de 180°, qu'une personne effectue en marchant lentement. Pour d'autres chercheurs, un balayage s'entend d'un seul arc de 180° décrit par la moitié du mouvement de va-et-vient complet. Par conséquent, dans l'interprétation d'un seuil d'intervention, il est important de savoir ce qu'on entend par « balayage » avant de déterminer les populations d'insectes sur le terrain.

Si l'on interprète mal le mot balayage, tel qu'il est utilisé dans le seuil d'intervention, on risque de sous-estimer ou de surestimer le nombre d'insectes par balayage du fichet fauchoir. Dans la présente publication, on précise le sens du mot balayage (c.-à-d. un arc ou deux arcs de 180°) pour chaque seuil, lorsque ce sens est connu.

Après avoir effectué le nombre de balayages indiqué, refermer rapidement le sommet du filet en le saisissant juste sous l'ouverture. Ouvrir lentement le filet, en extraire tout débris de plante et identifier et dénombrer les insectes qui ont été capturés. Répéter l'opération à cinq endroits (ou au nombre d'endroits indiqués par le seuil d'intervention), afin d'obtenir un portrait juste du niveau de population pour l'ensemble du champ. Même si les filets ne permettent pas d'obtenir de nombre absolu, ils procurent quand même une estimation relative de la pression exercée par les insectes, lorsqu'il faut juger rapidement de l'ampleur d'une infestation.


Nombre de points d'échantillonnage

La taille du champ, la culture et le type d'ennemis des cultures, leur stade, le niveau d'infestation et le moment où se fait l'échantillonnage comptent parmi les facteurs qui influent sur le nombre de points d'échantillonnage nécessaires. Le tableau 10-1, Nombre de points d'échantillonnage recommandés selon la taille du terrain et le ravageur, indique, de façon générale, le nombre de points d'échantillonnage nécessaire selon la taille du terrain. Aux fins du dépistage, les champs d'une superficie supérieure à 16 ha (40 acres) devraient être divisés en unités de 16 ha (40 acres) ou moins.

Si les ravageurs sont uniformément répartis à la grandeur du champ,

Figure 10-1. Schéma de dépistage

Si les ravageurs sont uniformément répartis à la grandeur du champ,

  • choisir au hasard des points d'échantillonnage répartis uniformément, tel qu'il est illustré ci-dessus. Ce schéma est également valable pour l'échantillonnage du sol.
  • Ce schéma de dépistage convient au dépistage, notamment, de la chrysomèle des racines du maïs, de la pyrale du maïs et des pourritures de la tige.

Si l'on s'attend que les ravageurs soient présents dans les tournières et les rangs périmétriques,

Si l'on s'attend que les ravageurs soient présents dans les tournières et les rangs périmétriques,

  • choisir au hasard des points d'échantillonnage répartis uniformément sur le pourtour du champ, tel qu'il est illustré ci-dessus.
  • Ce schéma de dépistage convient au dépistage, notamment, de la légionnaire, des tétranyques et des zones où le sol a été compacté.

Si les ravageurs se manifestent dans des zones précises,

Si les ravageurs se manifestent dans des zones précises,

  • concentrer les points d'échantillonnage dans les zones où les organismes nuisibles ou problèmes sont le plus susceptibles de se manifester, tel qu'il est illustré ci-dessus, mais surveiller aussi d'autres parties des champs touchés.
  • Ce schéma de dépistage convient au dépistage, notamment, de la pourriture phytophthoréenne dans les sols argileux détrempés et de la noctuelle ipsilon dans les zones herbeuses.


Schéma de dépistage

Opter pour un schéma de dépistage qui couvre toutes les parties du terrain et changer de point d'observation à chaque opération de dépistage. Cependant, si l'on découvre un foyer d'infestation, on doit le réexaminer à nouveau pour suivre l'évolution du ravageur.

Tableau 10-2. Densités de peuplement selon la largeur des rangs
Largeur des rangs Longueur de rang équivalent à 1/1 000 ac 1,2
cm po m pi,po
38
15
10,6
34 pi 10 po
51
20
8,0
26 pi 1 po
56
22
7,3
23 pi 10 po
71
28
5,7
18 pi 8 po
76
30
5,3
17 pi 5 po
81
32
5,0
16 pi 4 po
86
34
4,7
15 pi 5 po
91
36
4,4
14 pi 6 po
97
38
4,2
13 pi 9 po

1Pour évaluer le nombre de plants sur un millième de un hectare, multiplier le nombre de plants dans une longueur de rang par 2,47.
2Multiplier par 1000 le nombre de plants dans la longueur de rang qui précède pour déterminer le nombre de plants/acre.

Il y a deux points à considérer dans la détermination du schéma de dépistage :

  • Celui-ci doit tenir compte des changements de cultivars ou d'hybrides, du type de sol, des cultures antérieures, des applications de fumier ou d'engrais et de tout autre facteur influençant la croissance. On doit opter pour un schéma de dépistage qui couvre toutes les parties du terrain et changer de point d'observation à chaque opération de dépistage. Voir figure 10-1, Schémas de dépistage.
  • Les points d'échantillonnage doivent être choisis au hasard toujours selon un schéma aléatoire prédéterminé, plutôt qu'en fonction de facteurs comme l'apparence des cultures.
  • Commencer le dépistage au moins 20 m (66 pi) à l'intérieur du périmètre du champ. Éviter de faire le dépistage dans les rangs périmétriques et les tournières, à moins d'avoir une raison précise d'échantillonner ces zones (p. ex. si l'on craint que les légionnaires n'envahissent les champs de maïs en provenance des champs de céréales).


Densité de peuplement et niveaux d'infestation

On peut déterminer la densité de peuplement de la culture et certains niveaux d'infestation en effectuant un décompte sur une surface donnée, puis en multipliant ce nombre par un facteur permettant d'obtenir le total par hectare ou acre.

Pour les cultures en rangs, on peut calculer la densité de peuplement en comptant le nombre de plants dans un millième (1/1000) de un acre, puis en multipliant ce nombre par 1 000 pour obtenir le nombre de plants par acre. Voir le tableau 10-2, Densités de peuplement selon la largeur des rangs.

Pour déterminer la densité de peuplement des cultures à rangs étroits ou le degré d'infestation par les mauvaises herbes ou les insectes, on peut poser au sol un cadre d'échantillonnage d'une superficie connue et dénombrer tous les ravageurs ou mauvaises herbes qui se trouvent à l'intérieur de ses limites.

Tableau 10-3. Détermination de la densité de peuplement et des populations de ravageurs à l'aide d'un cerceau
Diamètre intérieur du cerceau en centimètres
(po)
Superficie
en m2
(pi2)
Facteur par lequel multiplier le nombre de plants à l'intérieur du cerceau pour obtenir le :
nbre de plants
par hectare
nbre de plants
par acre
91 (36)
0,65 (7,0)
15 385
6 165
84 (33)
0,55 (6,0)
18 182
7 334
76 (30)
0,45 (4,9)
22 222
8 874
69 (27)
0,37 (4,0)
27 027
10 956
61 (24)
0,29 (3,2)
34 483
13 865
Dimensions intérieures d'un cadre carré en centimètres (po)
50 x 50 (20 x 20)
0,25 (2,7)
40 000
16 133
100 x 100 (40 x 40)
1,00 (11,1)
10 000
3 924

Compter le nombre de plants qui se trouvent à l'intérieur du cerceau ou du carré et le multiplier par le facteur indiqué ci-dessus pour obtenir la densité de peuplement par hectare ou par acre.

 

On peut utiliser un cadre carré (faisant, p. ex., 50 cm x 50 cm = 0,25 m2) ou un cadre circulaire (p. ex., un cerceau). La méthode du cerceau est illustrée au tableau 10-3, Détermination des densités de peuplement et des populations de ravageurs à l'aide d'un cerceau.

Bien des seuils d'intervention sont exprimés en termes de nombre moyen d'insectes par plant, par balayage, par mètre carré ou par pied linéaire de rang. Certains peuvent être basés sur le taux de défoliation ou de dommages. Indépendamment de la méthode utilisée, il faut faire au moins dix décomptes aléatoires par champ pour déterminer les populations moyennes. Consigner le résultat de chaque décompte, puis faire la moyenne de tous les décomptes pour une estimation de la population d'ennemis présents dans le champ.

Registre des observations sur le terrain

Des registres des observations sont indispensables pour choisir les méthodes de lutte à employer maintenant et plus tard. Avec un formulaire de dépistage sur le terrain, il devient facile de noter et d'uniformiser les observations. Une fois consignées, les données de dépistage peuvent être versées au dossier du champ. Il existe également un logiciel permettant de consigner et de traiter les données provenant des observations sur le terrain.

Voici un aperçu des renseignements à consigner durant les opérations de dépistage :

  • nom ou code et emplacement du champ, et date du dépistage;
  • stade de croissance et état de la culture;
  • cultivars et hybrides semés, et s'ils sont résistants ou transgéniques;
  • dates des stades repères;
  • conditions météorologiques;
  • conditions de sol;
  • mauvaises herbes présentes, stade de croissance, emplacement et densité de peuplement (préciser les ennemis naturels présents);
  • maladies présentes, stade de croissance, emplacement et nombre de plants infectés;
  • insectes présents, stade de croissance, emplacement et populations;
  • dommages à la culture;
  • carte du terrain;
  • résultat du dépistage effectué;
  • mesures correctives nécessaires.

Nota : Indiquer séparément pour chaque espèce de mauvaise herbe ou d'ennemi, les stades de croissance et densités.

Manutention et soumission des échantillons

Il peut être difficile d'identifier les ennemis des cultures ou certains problèmes. Aussi, peut-on avoir besoin du diagnostic ou de l'aide d'experts et/ou de laboratoires de diagnostic. Pour plus d'information sur la façon correcte de prélever les échantillons, l'endroit où se procurer les formulaires de soumission des échantillons et les frais de diagnostic, voir l'annexe I, Services de diagnostic.

 


Auteur : Le personnel du MAAARO
Date de création : 20 août 2009
Dernière révision : 20 août 2009

Pour plus de renseignements :
Sans frais : 1 877 424-1300
Local : 519 826-4047
Courriel : ag.info.omafra@ontario.ca