Dépistage : Dépistage
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Table des matières
Dépistage
Le dépistage consiste à parcourir un champ
en s'arrêtant de temps en temps pour recueillir des observations.
Des opérations de dépistage périodiques aident à
déterminer avec exactitude les facteurs qui nuisent au rendement
durant la saison de croissance alors qu'il est encore temps d'intervenir
pour préserver le plein potentiel de la culture. Il faudrait, au
début de chaque saison, consigner sur un formulaire des renseignements
importants relatifs à la fertilité du sol et aux diverses
opérations culturales. On trouve des exemples de tels formulaires
sur le site du MAAARO, www.ontario.ca/cultures.
Cette information, conjuguée à l'observation périodique
sur le terrain, à l'identification et au diagnostic des problèmes,
ainsi qu'à la conservation d'un registre de ces observations concourent
au succès du programme de surveillance. En plus de servir à
corriger des problèmes observés dans l'immédiat,
les registres tenus sur le dépistage peuvent par la suite être
consultés afin de planifier les interventions dans les années
à venir. Par exemple, un ennemi des cultures, comme le nématode
à kyste du soya, influe à la fois sur la rotation des cultures
et le choix d'un cultivar lorsqu'on produit à nouveau du soya dans
le même champ. Des registres précis facilitent les décisions
à prendre en présence de ce ravageur.
Quand effectuer les opérations de dépistage
C'est en détectant et en maîtrisant rapidement
les ennemis des cultures qu'on réduit au minimum leur incidence
économique sur une culture. Dans cette publication, les chapitres
consacrés aux différentes cultures donnent des calendriers
de dépistage et indiquent la période de l'année associée
aux ennemis des cultures les plus répandus en Ontario. L'observation
sur le terrain doit se faire fréquemment et de façon suivie,
car les dynamiques liées aux ravageurs peuvent changer rapidement
pendant la saison. Comme il faut une densité de peuplement optimale
pour obtenir de bons rendements, procéder à une évaluation
de la densité de peuplement en deçà de 1-2 semaines
de la levée. Tôt en saison, effectuer le dépistage
chaque semaine. À l'approche d'un seuil d'intervention nécessitant,
par exemple, l'application d'un fongicide ou d'un herbicide de postlevée,
il faudra peut-être effectuer un dépistage quotidien. Plus
tard en saison, un dépistage aux deux semaines est généralement
suffisant. Se rappeler que certains insectes et certaines maladies sévissent
plus tard en saison et peuvent atteindre les seuils d'intervention en
quelques jours. C'est le cas notamment de la légionnaire, du puceron
du soya et des pourritures des tiges. Lorsque les conditions et le terrain
favorisent ces ennemis de fin de saison, il faut effectuer un dépistage
hebdomadaire.
Outils et techniques de dépistage
Les outils servant à surveiller les ennemis des cultures
et la croissance des cultures varient selon la culture et l'ennemi en
cause. Voici le matériel de base nécessaire au dépistage
:
- une planchette à pinces et des formulaires de dépistage
ou un calepin pour consigner les observations;
- des cartes du terrain;
- une pelle;
- un canif;
- des sacs en papier et en plastique pour y déposer des spécimens;
- une loupe grossissant dix fois et un cadre d'échantillonnage
(p. ex., un cerceau).
Les dépisteurs professionnels se munissent souvent d'autres articles,
notamment de photos aériennes, d'un appareil photo, d'étiquettes
d'identification, de guides de référence, d'un filet fauchoir,
de petits flacons et d'alcool isopropylique, de pièges ou de plaquettes
encollés destinés à la détection des insectes
nuisibles, d'un GPS pour noter l'emplacement, de matériel de balisage,
etc. Il est par ailleurs sage de porter des vêtements adéquats
afin de se protéger du soleil et des éléments nuisibles
comme les plantes vénéneuses et les maringouins. Vérifier
s'il y a eu récemment des traitements pesticides sur le terrain
et, le cas échéant, se conformer aux délais de non-retour
dans les zones traitées indiqués sur les étiquettes
des produits.
Pour effectuer le dépistage d'insectes qui se déplacent
trop rapidement dans le feuillage pour qu'on puisse les identifier au
premier coup d'il, il est parfois plus facile d'utiliser un filet
fauchoir ou une toile. On peut étendre la toile sur le sol entre
deux rangs, saisir la culture et la secouer vigoureusement de manière
que tous les insectes présents tombent sur la toile. Il est alors
plus facile d'identifier les insectes et de les dénombrer.
Utilisation des filets fauchoirs
Le filet fauchoir constitue la meilleure méthode de dépistage
à utiliser dans une culture dense comme celles de la luzerne, du
canola et du soya semé en plein. On trouve des filets fauchoirs
standards d'un diamètre de 37 cm (15 po) auprès des divers
fournisseurs qui paraissent sur la liste de l'annexe
A, Fournisseurs de matériel pour le dépistage d'insectes.
Tout en marchant dans la culture, balancer le filet d'un côté
à l'autre comme un pendule de sorte qu'il balaie la partie supérieure
du feuillage sur 37 cm (15 po) et que le sommet du filet arrive à
égalité avec le dessus du feuillage. Éviter de heurter
le sol avec le filet lors du mouvement de va-et-vient, afin de ne pas
recueillir de terre.
Tableau 10-1. Nombre de points d'échantillonnage
recommandés selon la taille du terrain et le ravageur
| Taille du terrain |
Nombre de points d'echantillonnage |
| ha |
ac |
Insectes/maladies |
Mauvaises herbes |
|
Jusqu'à 8
|
Jusqu'à 20
|
5
|
10
|
|
De 8 à 12
|
De 20 à 30
|
8
|
15
|
|
De 12 à 16
|
De 30 à 40
|
10
|
15
|
Dans l'interprétation de nombreux seuils d'intervention, une certaine
confusion règne quant à ce qui constitue un « balayage
» du filet fauchoir. Certains chercheurs établissent les
seuils d'intervention en fonction d'un nombre x de balayages, chaque balayage
correspondant pour eux au mouvement de va-et-vient complet (aller-retour),
c.-à-d. décrivant deux arcs de 180°, qu'une personne
effectue en marchant lentement. Pour d'autres chercheurs, un balayage
s'entend d'un seul arc de 180° décrit par la moitié
du mouvement de va-et-vient complet. Par conséquent, dans l'interprétation
d'un seuil d'intervention, il est important de savoir ce qu'on entend
par « balayage » avant de déterminer les populations
d'insectes sur le terrain.
Si l'on interprète mal le mot balayage, tel qu'il est utilisé
dans le seuil d'intervention, on risque de sous-estimer ou de surestimer
le nombre d'insectes par balayage du fichet fauchoir. Dans la présente
publication, on précise le sens du mot balayage (c.-à-d.
un arc ou deux arcs de 180°) pour chaque seuil, lorsque ce sens est
connu.
Après avoir effectué le nombre de balayages indiqué,
refermer rapidement le sommet du filet en le saisissant juste sous l'ouverture.
Ouvrir lentement le filet, en extraire tout débris de plante et
identifier et dénombrer les insectes qui ont été
capturés. Répéter l'opération à cinq
endroits (ou au nombre d'endroits indiqués par le seuil d'intervention),
afin d'obtenir un portrait juste du niveau de population pour l'ensemble
du champ. Même si les filets ne permettent pas d'obtenir de nombre
absolu, ils procurent quand même une estimation relative de la pression
exercée par les insectes, lorsqu'il faut juger rapidement de l'ampleur
d'une infestation.
Nombre de points d'échantillonnage
La taille du champ, la culture et le type d'ennemis des cultures, leur
stade, le niveau d'infestation et le moment où se fait l'échantillonnage
comptent parmi les facteurs qui influent sur le nombre de points d'échantillonnage
nécessaires. Le tableau 10-1, Nombre de
points d'échantillonnage recommandés selon la taille du
terrain et le ravageur, indique, de façon générale,
le nombre de points d'échantillonnage nécessaire selon la
taille du terrain. Aux fins du dépistage, les champs d'une superficie
supérieure à 16 ha (40 acres) devraient être divisés
en unités de 16 ha (40 acres) ou moins.

Figure 10-1. Schéma de dépistage
Si les ravageurs sont uniformément répartis à la
grandeur du champ,
- choisir au hasard des points d'échantillonnage répartis
uniformément, tel qu'il est illustré ci-dessus. Ce schéma
est également valable pour l'échantillonnage du sol.
- Ce schéma de dépistage convient au dépistage,
notamment, de la chrysomèle des racines du maïs, de la pyrale
du maïs et des pourritures de la tige.

Si l'on s'attend que les ravageurs soient présents dans les tournières
et les rangs périmétriques,
- choisir au hasard des points d'échantillonnage répartis
uniformément sur le pourtour du champ, tel qu'il est illustré
ci-dessus.
- Ce schéma de dépistage convient au dépistage,
notamment, de la légionnaire, des tétranyques et des zones
où le sol a été compacté.

Si les ravageurs se manifestent dans des zones précises,
- concentrer les points d'échantillonnage dans les zones où
les organismes nuisibles ou problèmes sont le plus susceptibles
de se manifester, tel qu'il est illustré ci-dessus, mais surveiller
aussi d'autres parties des champs touchés.
- Ce schéma de dépistage convient au dépistage,
notamment, de la pourriture phytophthoréenne dans les sols argileux
détrempés et de la noctuelle ipsilon dans les zones herbeuses.
Schéma de dépistage
Opter pour un schéma de dépistage qui couvre toutes les
parties du terrain et changer de point d'observation à chaque opération
de dépistage. Cependant, si l'on découvre un foyer d'infestation,
on doit le réexaminer à nouveau pour suivre l'évolution
du ravageur.
Tableau 10-2. Densités de peuplement
selon la largeur des rangs
| Largeur des rangs |
Longueur de rang équivalent à
1/1 000 ac 1,2 |
| cm |
po |
m |
pi,po |
|
38
|
15
|
10,6
|
34 pi 10 po
|
|
51
|
20
|
8,0
|
26 pi 1 po
|
|
56
|
22
|
7,3
|
23 pi 10 po
|
|
71
|
28
|
5,7
|
18 pi 8 po
|
|
76
|
30
|
5,3
|
17 pi 5 po
|
|
81
|
32
|
5,0
|
16 pi 4 po
|
|
86
|
34
|
4,7
|
15 pi 5 po
|
|
91
|
36
|
4,4
|
14 pi 6 po
|
|
97
|
38
|
4,2
|
13 pi 9 po
|
1Pour évaluer le nombre de plants sur un millième
de un hectare, multiplier le nombre de plants dans une longueur de rang
par 2,47.
2Multiplier par 1000 le nombre de plants dans la longueur de
rang qui précède pour déterminer le nombre de plants/acre.
Il y a deux points à considérer dans la détermination
du schéma de dépistage :
- Celui-ci doit tenir compte des changements de cultivars ou d'hybrides,
du type de sol, des cultures antérieures, des applications de
fumier ou d'engrais et de tout autre facteur influençant la croissance.
On doit opter pour un schéma de dépistage qui couvre toutes
les parties du terrain et changer de point d'observation à chaque
opération de dépistage. Voir figure
10-1, Schémas de dépistage.
- Les points d'échantillonnage doivent être choisis au
hasard toujours selon un schéma aléatoire prédéterminé,
plutôt qu'en fonction de facteurs comme l'apparence des cultures.
- Commencer le dépistage au moins 20 m (66 pi) à l'intérieur
du périmètre du champ. Éviter de faire le dépistage
dans les rangs périmétriques et les tournières,
à moins d'avoir une raison précise d'échantillonner
ces zones (p. ex. si l'on craint que les légionnaires n'envahissent
les champs de maïs en provenance des champs de céréales).
Densité de peuplement et niveaux d'infestation
On peut déterminer la densité de peuplement de la culture
et certains niveaux d'infestation en effectuant un décompte sur
une surface donnée, puis en multipliant ce nombre par un facteur
permettant d'obtenir le total par hectare ou acre.
Pour les cultures en rangs, on peut calculer la densité de peuplement
en comptant le nombre de plants dans un millième (1/1000) de un
acre, puis en multipliant ce nombre par 1 000 pour obtenir le nombre de
plants par acre. Voir le tableau 10-2, Densités
de peuplement selon la largeur des rangs.
Pour déterminer la densité de peuplement des cultures à
rangs étroits ou le degré d'infestation par les mauvaises
herbes ou les insectes, on peut poser au sol un cadre d'échantillonnage
d'une superficie connue et dénombrer tous les ravageurs ou mauvaises
herbes qui se trouvent à l'intérieur de ses limites.
Tableau 10-3. Détermination
de la densité de peuplement et des populations de ravageurs à
l'aide d'un cerceau
Diamètre intérieur
du cerceau en centimètres
(po) |
Superficie
en m2
(pi2) |
Facteur par lequel multiplier le nombre de
plants à l'intérieur du cerceau pour obtenir le : |
nbre de plants
par hectare |
nbre de plants
par acre |
|
91 (36)
|
0,65 (7,0)
|
15 385
|
6 165
|
|
84 (33)
|
0,55 (6,0)
|
18 182
|
7 334
|
|
76 (30)
|
0,45 (4,9)
|
22 222
|
8 874
|
|
69 (27)
|
0,37 (4,0)
|
27 027
|
10 956
|
|
61 (24)
|
0,29 (3,2)
|
34 483
|
13 865
|
| Dimensions intérieures d'un cadre
carré en centimètres (po) |
|
50 x 50 (20 x 20)
|
0,25 (2,7)
|
40 000
|
16 133
|
|
100 x 100 (40 x 40)
|
1,00 (11,1)
|
10 000
|
3 924
|
Compter le nombre de plants qui se trouvent à l'intérieur
du cerceau ou du carré et le multiplier par le facteur indiqué
ci-dessus pour obtenir la densité de peuplement par hectare ou
par acre.
On peut utiliser un cadre carré (faisant, p. ex., 50 cm x 50 cm
= 0,25 m2) ou un cadre circulaire (p. ex., un cerceau). La
méthode du cerceau est illustrée au tableau
10-3, Détermination des densités de peuplement et des populations
de ravageurs à l'aide d'un cerceau.
Bien des seuils d'intervention sont exprimés en termes de nombre
moyen d'insectes par plant, par balayage, par mètre carré
ou par pied linéaire de rang. Certains peuvent être basés
sur le taux de défoliation ou de dommages. Indépendamment
de la méthode utilisée, il faut faire au moins dix décomptes
aléatoires par champ pour déterminer les populations moyennes.
Consigner le résultat de chaque décompte, puis faire la
moyenne de tous les décomptes pour une estimation de la population
d'ennemis présents dans le champ.
Registre des observations sur le terrain
Des registres des observations sont indispensables pour choisir les méthodes
de lutte à employer maintenant et plus tard. Avec un formulaire
de dépistage sur le terrain, il devient facile de noter et d'uniformiser
les observations. Une fois consignées, les données de dépistage
peuvent être versées au dossier du champ. Il existe également
un logiciel permettant de consigner et de traiter les données provenant
des observations sur le terrain.
Voici un aperçu des renseignements à consigner durant les
opérations de dépistage :
- nom ou code et emplacement du champ, et date du dépistage;
- stade de croissance et état de la culture;
- cultivars et hybrides semés, et s'ils sont résistants
ou transgéniques;
- dates des stades repères;
- conditions météorologiques;
- conditions de sol;
- mauvaises herbes présentes, stade de croissance, emplacement
et densité de peuplement (préciser les ennemis naturels
présents);
- maladies présentes, stade de croissance, emplacement et nombre
de plants infectés;
- insectes présents, stade de croissance, emplacement et populations;
- dommages à la culture;
- carte du terrain;
- résultat du dépistage effectué;
- mesures correctives nécessaires.
Nota : Indiquer séparément pour chaque espèce de
mauvaise herbe ou d'ennemi, les stades de croissance et densités.
Manutention et soumission des échantillons
Il peut être difficile d'identifier les ennemis des cultures ou
certains problèmes. Aussi, peut-on avoir besoin du diagnostic ou
de l'aide d'experts et/ou de laboratoires de diagnostic. Pour plus d'information
sur la façon correcte de prélever les échantillons,
l'endroit où se procurer les formulaires de soumission des échantillons
et les frais de diagnostic, voir l'annexe
I, Services de diagnostic.