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Principes de lutte intégrée contre les mauvaises herbes : Lutte chimique contre les mauvaises herbes
Extrait du chapitre 1, Guide de lutte contre les mauvaises herbes, Pour commander la publication Table des matières
IntroductionOn utilise des produits chimiques pour détruire les mauvaises herbes, soit de façon sélective sur des sols cultivés, soit de façon non sélective dans le cas de mauvaises herbes vivaces ou sur les terrains non cultivés comme le bord des routes, le long des clôtures et dans les endroits difficiles à travailler. Les recommandations concernant les traitements qui figurent dans ce guide sont basées sur de nombreux essais en conditions réelles. Ne pas utiliser d'herbicides dans des couches froides ou des serres.
Périodes de désherbage chimique des culturesLa sensibilité des cultures et des mauvaises herbes aux herbicides dépend de l'époque où ceux-ci sont appliqués. Il est donc important d'utiliser le produit au moment où la culture présente le maximum de résistance et où les mauvaises herbes sont les plus sensibles. Ce moment varie selon la culture et selon l'herbicide utilisé. Différents termes désignant les périodes d'application des herbicides sont passés dans l'usage courant. Sauf indications contraires, ces moments se rapportent au stade du développement des plantes cultivées.
Lutte chimique contre les mauvaises herbes dans les endroits non cultivés
Pratiques de conservation du solTous les herbicides recommandés dans la section portant sur les pratiques de conservation du sol conviennent à ces pratiques dans la mesure où l'on respecte les utilisations et doses indiquées sur l'étiquette. On appelle travail réduit du sol une préparation sommaire du lit de semence faisant appel à très peu d'instruments aratoires. Le lit de semence ainsi obtenu a une structure relativement motteuse par rapport à celle que donnent les méthodes traditionnelles; après le semis, plus de 20 % de la surface du sol est recouverte de résidus de culture, mais les végétaux vivants sont peu nombreux. Dans ce système de culture, le désherbage s'effectue selon des méthodes semblables à bien des égards à celles du travail traditionnel du sol. Cependant, la présence abondante de résidus de cultures peut gêner l'application et l'incorporation dans le sol des herbicides de présemis. En effet, ces herbicides ne donnent des résultats satisfaisants que s'ils sont incorporés uniformément dans le sol. Lorsque cette condition ne peut pas être remplie sans un travail supplémentaire du sol, il vaut mieux appliquer des herbicides de prélevée ou de postlevée. Avec ce genre d'herbicides, il est recommandé de sarcler entre les rangs. Dans le système de travail réduit du sol, la destruction chimique des mauvaises herbes déjà levées n'est généralement pas nécessaire. Le semis sur billons consiste en un semis effectué directement sur la crête des billons ou en légères ondulations du sol créées l'année précédente par un labour spécial. Un semoir spécialement conçu prélève sur le dessus du billon une couche de 2 à 5 cm de sol et la dépose, avec les résidus de culture, les mauvaises herbes et les graines de ces dernières, dans la dérayure séparant les billons. Ce système de culture ne permet guère l'application des herbicides à incorporer en présemis, mais se prête bien à l'épandage à la volée et/ou en bandes d'herbicides de prélevée ou de postlevée. On a obtenu d'excellents résultats en appliquant en bande, directement derrière le semoir, des herbicides de prélevée sur un sol frais et humide. On peut également obtenir d'excellents résultats en sarclant entre les rangs au bon moment et en pulvérisant un herbicide de postlevée en bande sur les rangs. Les travaux de billonnage de l'automne suivant complètent le désherbage mécanique. Un réglage judicieux du semoir et un sarclage effectué peu de temps après le semis permettent parfois d'éliminer la nécessité d'une destruction chimique des mauvaises herbes. (Celle-ci peut cependant être nécessaire, avant la levée de la culture, si le sarclage n'est pas fait rapidement après le semis.) Dans le système de la culture en bandes, seules des bandes étroites de la surface à semer sont ameublies à l'aide soit de coutres cannelés, soit de cultivateurs rotatifs entraînés par la prise de force. Les entre-rangs ne sont pas travaillés et les résidus de culture restent à la surface du sol. Le succès de l'application des herbicides incorporés en présemis dépend de la quantité et du type de résidus, de la nature de l'herbicide en question et du type d'instrument aratoire utilisé. En général, on ne sarcle pas les entre-rangs, mais on peut le faire si l'on a les machines adaptées. La plupart du temps, on applique en pleine surface des herbicides de prélevée ou de postlevée. L'application d'herbicides en bandes est également praticable lorsque le sarclage des entre-rangs fait partie intégrante du système de culture. La destruction chimique est nécessaire en cas de végétation vivante au moment du semis. Le système de semis direct, sans travail du sol, est le plus exigeant en matière de désherbage. En effet, le sol n'est travaillé ni avant ni après le semis. Le désherbage est donc assuré uniquement par les produits chimiques. La destruction chimique des mauvaises herbes déjà levées est presque toujours nécessaire. Les herbicides de prélevée et de postlevée servent à tenir les mauvaises herbes en échec pendant toute la saison de végétation. Une partie de l'herbicide appliqué en prélevée risque d'être interceptée par les résidus de cultures. S'il pleut suffisamment pour lessiver l'herbicide retenu par les résidus et le faire pénétrer dans le sol, le désherbage donne de bons résultats. En revanche, les résultats peuvent être très décevants si le temps est sec après l'application. Par temps sec, il est conseillé d'appliquer des herbicides foliaires, en postlevée.
Changements dans les peuplements d'espèces nuisiblesOn observe des changements dans les peuplements d'espèces nuisibles à la suite des changements dans le système de travail du sol. La réduction des façons culturales entraîne des modifications du milieu dans lequel vivent les graines des mauvaises herbes et les parties souterraines des vivaces. Ces modifications sont favorables à certaines espèces nuisibles et défavorables à d'autres. Les façons culturales traditionnelles favorisent un enfouissement profond des graines de mauvaises herbes, ce qui en renforce la dormance et en accroît la longévité, perpétuant les problèmes d'infestation. Quand les façons culturales sont réduites, un plus grand nombre de graines de mauvaises herbes restent à la surface du sol et y sont livrées aux ravages naturels. Un grand pourcentage d'entre elles est détruit avant la germination (destruction par le froid, les insectes ou les rongeurs). De celles qui parviennent à survivre, bon nombre germent de bonne heure et, lorsqu'on les combat, n'ont pas le temps de monter à graines et de se ressemer. Si l'on réussit à bien détruire les mauvaises herbes au cours des premières années d'un système de travail réduit du sol, on finit par appauvrir la réserve de mauvaises herbes qui se trouve dans le sol et par réduire le risque d'infestations graves engendrées par la germination de ces espèces nuisibles. La concurrence exercée par les annuelles tend à baisser au bout de quelques années de travail réduit du sol. Par contre, le travail réduit du sol favorise les mauvaises herbes dotées d'une capacité de reproduction prolifique grâce à leurs racines et à leurs tiges souterraines, lesquelles ne sont ni blessées ni détruites par le passage des machines. Les mauvaises herbes vivaces et bisannuelles posent en général des problèmes plus aigus dans les champs où l'on pratique le billonnage, la culture en bandes et le semis direct sans travail du sol. Dans les champs qui font l'objet d'un travail réduit, ces mauvaises herbes lèvent plus tôt et restent plus localisées que dans les champs travaillés de façon traditionnelle. Il est donc plus facile d'appliquer les herbicides au bon moment et de faire davantage de traitements localisés. Les herbicides les plus efficaces sont de type systémique, à application foliaire, qui réussissent à migrer dans les parties souterraines de la plante avant que les parties aériennes ne soient tuées. Dans le cas où l'on utilise des herbicides non sélectifs, il faut les appliquer entre deux cultures ou sacrifier la culture dans les zones traitées. La destruction chimique est destinée à tuer les végétaux déjà présents avant la levée de la culture. Elle peut s'avérer nécessaire dans plusieurs cas : quand on travaille peu le sol, en particulier quand on a semé des plantes couvre-sol; quand on pratique la culture sur billons et que le semis est retardé et (ou) en présence d'annuelles d'hiver, de bisannuelles ou de vivaces; la destruction chimique est presque toujours nécessaire quand on pratique le semis direct et la culture en bandes. La végétation peut être détruite par :
Tous ces produits sont plus efficaces lorsqu'ils sont appliqués sur des plantes jeunes et en pleine croissance. Dans le cas des herbicides de contact, il est extrêmement important que la pulvérisation atteigne uniformément toutes les plantes visées. Les traitements de destruction chimique des mauvaises herbes déjà levées n'ont pas nécessairement un effet rémanent. Une végétation dense et vigoureuse, à l'époque du semis, prélève dans le sol une importante quantité d'eau. Cet assèchement est bénéfique au cours des printemps où le sol est gorgé d'eau, mais très dommageable au cours des printemps où le temps sec domine. Il est donc conseillé, à cause de ce risque, de ne pas tarder à brûler chimiquement la végétation existante, et de le faire parfois même au cours de l'automne précédent lorsqu'on a affaire à des plantes couvre-sol vivaces ou à des pâturages.Par temps sec, il est préférable d'utiliser un herbicide à action rapide plutôt qu'un herbicide lent. Pour plus de précisions, voir aussi les chapitres consacrés
à chacune des cultures, par exemple, les chapitres consacrés
au maïs et au soya.
Application des herbicidesUn permis peut être exigé de toute personne appliquant des herbicides sur une propriété autre que la sienne. Les entrepreneurs en traitements phytosanitaires sont tenus d'avoir un permis. Pour de plus amples renseignements, consulter le bureau local du ministère de l'Environnement de l'Ontario ou la Section des pesticides, Ministère de l'Environnement de l'Ontario, 135, avenue St. Clair Ouest, Toronto, M4V 1P5. La réussite du désherbage chimique dépend de l'exactitude des doses et de l'uniformité de l'épandage. Le désherbage des grandes cultures est un travail de précision faisant appel à du matériel fiable. Le produit chimique est appliqué sous forme d'émulsion, de solution ou de suspension. Le volume de bouillie utilisée à l'hectare dépend de l'herbicide utilisé et de la culture que l'on traite. On emploie généralement de faibles volumes (50 à 200 L/ha) lorsque des produits chimiques comme le 2,4-D sont pulvérisés sur des mauvaises herbes déjà levées. De plus forts volumes (150 à 300 L/ha) servent aux applications de prélevée Les petites superficies peuvent être traitées avec un pulvérisateur dorsal, ou même un arrosoir, pourvu qu'on prenne bien soin de mouiller tout le feuillage. Il faut de l'équipement motorisé pour traiter des superficies plus considérables. Ne pas utiliser de matériel servant à appliquer des produits à base de 2,4-D pour appliquer d'autres traitements aux cultures et aux plantes de jardin sensibles au 2,4-D.
Liens connexes
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