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Principes de lutte intégrée contre les mauvaises herbes : Méthodes culturales

Auteur : Le personnel du MAAARO
Date de création : 29 mars 2005
Dernière révision : 03 novembre 2006

Extrait du chapitre 1, Guide de lutte contre les mauvaises herbes, Pour commander la publication

Table des matières

  1. Lutte non chimique
  2. Rotation des cultures
  3. Observation sur le terrain
  4. Cultures de couverture
  5. Cultures intercalaires
  6. Fertilisation azotée
  7. Modèles de plantation
  8. Système cultural
  9. Hersage de prélevée ou hersage en plein
  10. Herse-bineuse
  11. Houe rotative
  12. Sarclage ou binage
  13. Fauchage
  14. Autres informations sur les principes de lutte intégrée contre les mauvaises herbes
  15. Liens connexes

Lutte non chimique

La lutte non chimique repose sur une combinaison de plusieurs pratiques que l'on intègre dans le programme de lutte contre les mauvaises herbes :

  • Identification et connaissance des mauvaises herbes à combattre (annuelles, bisannuelles, vivaces);
  • Interventions planifiées (stratégie souple);
  • Inspections périodiques des champs pour corriger le tir;
  • Pratiques de travail du sol (semis direct, travail de conservation, labour);
  • Choix de la fréquence et du moment du travail du sol;
  • Semis sur sol rassis;
  • Rotation des cultures pour qu'elles fassent concurrence aux mauvaises herbes;
  • Choix des cultures et des cultivars;
  • Choix du moment des semis;
  • Écartement des rangs, densité de peuplement;
  • Utilisation de semence propre;
  • Nettoyage du matériel entre les champs (cultivateurs, moissonneuses-batteuses);
  • Prévention de la production de graines par la maîtrise des échappées de mauvaises herbes;>
  • Lisières des champs et abords de la propriété;
  • Maîtrise des apports d'éléments fertilisants;
  • Fumier composté;
  • Cultures de couverture pour garder le sol couvert et tenir les mauvaises herbes en échec;
  • Sols sains, biologiquement actifs;
  • Prédation des graines de mauvaises herbes;
  • Paillis de plastique ou de résidus de culture;
  • Hersage après les semis, avant la levée de la culture;
  • Passage de la houe rotative après les semis, avant la levée de la culture;
  • Hersage après la levée de la culture;
  • Passage de la houe rotative après la levée de la culture;
  • Sarclage des rangs;
  • Traitements thermiques à la flamme ou à la vapeur ou l'eau chaude;
  • Binage, arrachage, dépistage;
  • Fauchage.

Rotation des cultures

La rotation des cultures consiste à produire en alternance sur une même terre différentes cultures suivant une séquence systématique. Il s'agit d'une stratégie importante et efficace dans le cadre d'un programme à long terme de lutte contre les mauvaises herbes. Les mauvaises herbes ont tendance à prospérer dans les cultures qui ont les mêmes exigences de croissance qu'elles et lorsque les pratiques culturales destinées à profiter à la culture sont également favorables à leur croissance et à leur propagation. La monoculture, c.-à-d. la culture de la même espèce dans le même champ, année après année, amène une accumulation des espèces de mauvaises herbes qui se sont adaptées aux conditions de croissance de la culture. Lorsque la rotation comprend une diversité d'espèces, la germination des graines et les cycles de croissance se trouvent perturbés par les variations dans les pratiques culturales associées à chaque culture (travail du sol, dates de semis, concurrence exercée par la culture, etc.).

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Observation sur le terrain

L'observation sur le terrain, un élément clé de la lutte intégrée, consiste à parcourir le champ et à recueillir des données sur les mauvaises herbes et la culture (distribution des mauvaises herbes, stades de croissance des mauvaises herbes et de la culture, peuplements, etc.). À court terme, cette information sert à prendre des décisions immédiates pour contrer les mauvaises herbes et éviter les pertes économiques. À long terme, l'observation sur le terrain joue un rôle important dans l'évaluation de la réussite ou de l'échec des programmes de lutte contre les mauvaises herbes et dans les décisions qui seront prises à l'avenir.

Cultures de couverture

Le fait d'inclure dans l'assolement des cultures de couverture comme le seigle, le trèfle rouge, le sarrasin et le radis oléagineux ou des cultures qui restent sur pied l'hiver comme les fourrages ou blés d'automne peut retarder la croissance des mauvaises herbes. Les cultures à croissance rapide ou les cultures qui affichent des propriétés allélopathiques peuvent aussi maîtriser temporairement les mauvaises herbes. On peut aussi produire pendant une courte durée des cultures offrant une forte concurrence afin d'étouffer les mauvaises herbes. De plus, les résidus des cultures de couverture laissées à la surface du sol retardent la croissance des plantes adventices en gardant le sol plus frais et protégé des rayons du soleil. La destruction temporaire des mauvaises herbes dans une culture et après une culture réduit le nombre de graines de mauvaises herbes viables dans le sol. Au moment de choisir une culture de couverture, toujours se demander quels effets la culture de couverture peut avoir sur la culture qui la suit.

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Cultures intercalaires

L'établissement d'une culture intercalaire a pour effet d'étouffer les mauvaises herbes entre les rangs de la culture principale et de maîtriser de ce fait temporairement les mauvaises herbes. Il faut cependant faire preuve de prudence dans l'utilisation d'une culture intercalaire, car celle-ci peut abaisser considérablement le rendement de la culture principale, si elle entre en concurrence avec cette dernière pour l'eau et les éléments nutritifs.

Fertilisation azotée

L'utilisation d'engrais azoté peut influencer la concurrence qui s'exerce entre les cultures et les mauvaises herbes et ce, même dans les cultures subséquentes. Par exemple, il est connu que le nitrate favorise la germination et la production de graines chez certaines espèces de mauvaises herbes. La fertilisation azotée peut donc favoriser la croissance des mauvaises herbes plutôt que le rendement de la culture. La localisation sélective de l'azote en bande peut favoriser la culture et non les mauvaises herbes. L'utilisation de résidus de légumineuses au lieu d'engrais chimiques azotés pour répondre aux besoins de fertilisation azotée d'une culture peut retarder la croissance des mauvaises herbes. Les résidus de légumineuses libèrent l'azote lentement et stimulent moins la croissance des mauvaises herbes.

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Modèles de plantation

La densité de peuplement de la culture, l'arrangement spatial et le choix du cultivar (variété) peuvent influencer la croissance des mauvaises herbes. Ainsi, des études montrent que des rangs étroits et une densité de semis plus élevée réduisent la biomasse des mauvaises herbes qui lèvent plus tard en réduisant la quantité de lumière dont bénéficient les mauvaises herbes situées sous le feuillage de la culture. De même, les cultivars qui viennent plus rapidement ont une longueur d'avance sur les mauvaises herbes.

Système cultural

Le système cultural modifie la teneur du sol en graines et la profondeur d'enfouissement des graines de mauvaises herbes. Des études montrent que dans les champs où se pratique le semis direct, près de 75 % des graines de mauvaises herbes présentes dans le sol sont concentrées dans les 5 premiers cm de sol. Dans les champs labourés, toutefois, les graines sont mieux réparties sur toute la profondeur du sol. D'autres méthodes de travail du sol offrent des situations à mi-chemin entre les deux.

Quand les graines de mauvaises herbes sont enfouies peu profondément, la levée des plantules est souvent plus uniforme et la maîtrise se trouve de ce fait facilitée. Quand les graines de mauvaises herbes se trouvent plus près encore de la surface du sol, elles sont davantage dévorées ou endommagées par les insectes, les animaux, les prédateurs et les organismes pathogènes.

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Hersage de prélevée ou hersage en plein

Le hersage se fait après le semis, quand la semence a germé et qu'elle est sur le point de lever. À ce moment crucial, le hersage détruit les plantules de mauvaises herbes déjà présentes. La culture lèvera peu après; elle aura pris de l'avance sur les mauvaises herbes qui lèveront ensuite. Bien pratiquée, cette méthode peut être très efficace contre les mauvaises herbes annuelles dans les cultures à grosses graines. Souvent, elle donne aussi d'assez bons résultats contre les dicotylédones annuelles dans les céréales. Dans les cultures en lignes, le hersage permet d'attendre que ces cultures soient assez vigoureuses pour supporter les autres méthodes mécaniques. N'importe quelle herse légère peut être utilisée. Ne pas herser les cultures contre-ensemencées de graminées ou de légumineuses.

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Herse-bineuse

La herse-bineuse est munie de dents semi-rigides qui n'endommagent pas les plantes cultivées, mais qui arrachent ou recouvrent les mauvaises herbes annuelles qui sont plus petites. La différence de développement entre les plantes cultivées et les mauvaises herbes est donc importante. Cette technique est plus efficace si elle est faite avant la levée de la culture. Dans de nombreuses cultures, elle peut aussi être utilisée après la levée. Il s'ensuivra un certain éclaircissement du peuplement. Les réglages de la vitesse et de la pression sont importants si l'on veut réduire au minimum la perte de plants. Les herses-bineuses sont surtout efficaces dans les cultures légumières de plein champ, le maïs, le soya et les céréales.

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Houe rotative

Les dents de la houe rotative soulèvent et malaxent la terre, déracinant ainsi les petites mauvaises herbes. Il est important de maintenir une vitesse de 10 à 20 km/h, pour obtenir des résultats satisfaisants. On obtient les meilleurs résultats en fin d'avant-midi ou l'après-midi quand la chaleur du soleil fait faner les mauvaises herbes déracinées. De plus, les plantes cultivées ont tendance à être plus flexibles durant cette période de la journée de telle sorte que les dommages sont ainsi réduits. Les houes rotatives causent normalement moins de dommages aux cultures que les herses. Elles permettent aussi de briser la croûte du sol et d'incorporer les herbicides appliqués en surface, ce qui améliore la destruction des mauvaises herbes. Sur les sols légers ou les sols meubles, il faut veiller à ce que le travail de la houe rotative demeure superficiel.

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Sarclage ou binage

Le travail superficiel entre les rangs des cultures en lignes déracine les mauvaises herbes jeunes et sectionne les plus développées. Divers types d'équipement peuvent être utilisés, mais quand on utilise des pattes d'oie, il faut prévoir jusqu'à 50 % de chevauchement pour obtenir un désherbage complet. Équiper les machines de caches protecteurs pour éviter d'ensevelir les petites cultures. Le sarclage complète avantageusement un traitement herbicide. Il renforce l'action de l'herbicide dont une dose inférieure suffit, en particulier, avec des applications en bande. Dans les cultures qui ont une longue saison de végétation, comme le maïs, il faut souvent sarcler à deux reprises. Le premier sarclage est sans doute le plus important car les mauvaises herbes qui y échappent atteindront habituellement leur pleine maturité. La hauteur de la culture par rapport au stade de croissance des mauvaises herbes est importante et est probablement le facteur limitant qui empêche un désherbage à 100 %. Les techniques mentionnées précédemment, hersage en plein, passage d'une herse-bineuse et/ou d'une joue rotative, créent des conditions favorables qui contribuent à ce que le sarclage donne de bons résultats lorsque la lutte contre les mauvaises herbes se fait sans emploi de produits chimiques

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Fauchage

Le fauchage ou la tonte contribue à réduire la population de mauvaises herbes dans les vergers, en bordure de routes, dans les pelouses, etc. La récolte du foin et des céréales aide aussi à limiter les mauvaises herbes. Le fauchage des chaumes de céréales au mois d'août peut réduire la croissance des mauvaises herbes et leur montée à graines, surtout si la céréale a été contre-ensemencée d'une culture comme le trèfle rouge qui rivalise avec la repousse des mauvaises herbes. Le meilleur moment pour faucher les mauvaises herbes vivaces est au stade du bouton floral avant que leurs racines accumulent des réserves et que les tiges montent à graines. Si une application d'herbicide est prévue plus tard en saison, il faut laisser passer suffisamment de temps pour que la mauvaise herbe repousse après le fauchage.

Pour plus de détails, voir les différentes sections sur les cultures.

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Liens connexes

Pour plus de renseignements :
Sans frais : 1 877 424-1300
Local : 519 826-4047
Courriel : ag.info.omafra@ontario.ca