Notes sur les maladies des pommiers
Tavelure du pommier

 

Identification

La tavelure du pommier, Venturia inaequalis, est la maladie fongique la plus redoutable chez les pommiers en Ontario. Le champignon attaque le feuillage, les fleurs et les fruits, entraîne la défoliation de l'arbre et rend les fruits impossibles à commercialiser. Outre les pommiers cultivés, la tavelure infecte aussi les pommetiers, le sorbier d'Amérique et le -buisson-ardent.

Les infections par la tavelure sont de deux types. L'infection primaire est causée par des ascospores présentes dans l'air qui hivernent sur les feuilles infectées qui sont tombées sur le sol du verger. Ces ascospores infectent les feuilles et les jeunes fruits en croissance. Les lésions causées par l'infection primaire forment des conidies. Ces conidies sont éclaboussées par les gouttes de pluie sur les jeunes tissus et provoquent des infections secondaires.

Périodes d'infection primaire

À partir du moment où la dormance est levée chez les pommiers et que le débourrement commence, il y a risque d'infection primaire quand les trois conditions suivantes se trouvent réunies :

  • présence d'ascospores mûres,
  • libération des ascospores,
  • humidité disponible.

Des ascospores mûres sont toujours présentes dans les vergers au moment du débourrement. Le nombre d'ascospores dépend de la quantité d'inoculum qui se trouve sur les feuilles de l'année précédente. Le rythme auquel les ascospores mûrissent sur les feuilles de l'année précédente est surtout fonction de la température.

Des chercheurs de l'Université Cornell ont mis au point un modèle qui établit le lien entre la température et la maturation des ascospores (exprimé en degrés-jours Celsius, DJC). Le modèle permet de prédire le pourcentage d'ascospores qui ont mûri (voir la figure 1, Pourcentage cumulatif des ascospores mûres en fonction des degrés-jours,

Pourcentage cumulatif des ascospores mûres en fonction des degrés-jours

Fig 1. Pourcentage cumulatif des ascospores mûres en fonction des degrés-jours

Le nombre de degrés-jours se calcule, pour chaque journée, à l'aide de l'équation suivante :

DJC = (Temp. max. de la journée °C +
Temp. min. de la journée °C) /2 - 0°C

Par exemple, pour une journée où le maximum est de 10°C et le minimum de 2°C, le nombre de degrés-jours sera de 6 DJC. À noter que pour les journées où l'une ou l'autre des températures est au-dessous du point de congélation (au-dessous de 0), on retient la valeur 0 DJC. On doit commencer à additionner les degrés-jours à partir du stade débourrement, c.-à-d. à partir du jour où, chez les pommiers McIntosh, les écailles de la moitié au moins des boutons ont atteint un stade intermédiaire entre le débourrement et le bouton vert.

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On se sert de la somme des degrés-jours pour estimer le pourcentage des ascospores mûres à partir de la courbe centrale de la figure 10-4. Les courbes qui encadrent la courbe centrale représentent les limites inférieure et supérieure de l'intervalle de confiance de 90 % se rapportant aux estimations portées sur le graphique. Cela veut dire que dans 90 % des cas, l'estimation doit être contenue dans cet intervalle.

Sur ce graphique, deux points présentent un intérêt particulier :

  • À 125 DJC - il y a une maturation rapide des ascospores, d'où un risque plus élevé d'infections.
  • À 418 DJC - plus de 95 % de la réserve d'ascospores devrait être épuisée s'il s'est produit suffisamment d'épisodes pluvieux (voir le tableau 10-11, Pourcentage des ascospores disponibles qui seront libérées dans diverses conditions environnementales). Ce point marque la fin de la saison des infections primaires. Grâce à ce modèle, le producteur peut obtenir une prédiction de la maturité des ascospores et de leur libération qui est spécifique à son ou ses vergers.

Tableau 1. Pourcentage des ascospores disponibles qui seront libérées dans diverses conditions environnementales

Type d'épisode pluvieuxPourcentage d'ascospores libérées
Pluie seulement la nuit
5%
Pluie le jour < 0,25 cm; < 10°C
25%
Pluie le jour > 0,25 cm; < 10°C
50%
Pluie le jour < 0,25 cm; > 10°C
50%
Pluie le jour > 0,25 cm; > 10°C
90%

Les ascospores sont libérées quand la pluie humidifie les pseudothèces qui se trouvent sur les feuilles mortes. La majorité des spores mûres disponibles sont libérées dans les deux heures qui suivent le début d'un épisode pluvieux. La libération des ascospores est fortement conditionnée par la lumière. Seulement un petit pourcentage des ascospores disponibles est libéré pendant la nuit, entre 19 h et 8 h, heure avancée de l'Est (HAE).

Dans les vergers à faible réserve d'inoculum, les ascospores ne sont pas libérées en quantité appréciable durant la nuit. Dans un verger où l'inoculum est élevé, même si le pourcentage des ascospores libérées est faible, le nombre total d'ascospores libérées sera élevé et pourra causer d'importants foyers d'infections primaires par la tavelure.

Dans un verger à faible réserve d'inoculum, calculer la durée de la période de mouillage en utilisant la méthode suivante :

  • Quand la pluie commence pendant la journée, entre 8 h et 19 h (HAE), compter le nombre d'heures s'écoulant à partir du début de la pluie jusqu'au moment où les feuilles sont de nouveau sèches.
  • Quand la pluie commence pendant la nuit, entre 19 h et 8 h (HAE), compter le nombre d'heures pendant lesquelles les feuilles restent humides à partir de 8 h le matin.

Dans un verger où l'inoculum est élevé, calculer la longueur de la période de mouillage, à partir du début de la pluie jusqu'à ce que les feuilles soient sèches, quel que soit le moment de la journée.

La libération des ascospores n'est possible que lorsqu'il pleut, et les feuilles et les fruits doivent rester mouillés pendant un certain temps pour être atteints par l'infection. La longueur de la période de mouillage requise pour que l'infection se déclare varie avec la température. Le rapport entre la durée du mouillage et la température est indiqué au tableau 2, Relation entre la température, l'humidité et l'infection par la tavelure du pommier.

Tableau 2. Relation entre la température, l'humidité et l'infection par la tavelure du pommier

 Nombre d'heures minimal où le feuillage doit être mouillé
Tempéra-ture moyenne
(oC)

Infection primaire (infection par ascospores)Infection secondaire (infection par conidies)
1
40
37
2
34
33
4
27
26
5
21
23
6
18
20
7
15
17
8
13
15
9
12
13
10
11
12
11
9
10
12
8
9
13
8
9
14
7
9
15
7
9
16
6
9
17
6
8
18
6
8
19
6
8
20
6
7
21
6
7
22
6
7
23
6
8
24
6
9
25
8
11
26
11
14

D'après Stensvand, Gadoury, Amundsen, Semb et Seem, 1997, Phytopathology 87: 1046-1053.

Une fois que l'on a déterminé la durée de la période de mouillage, on calcule la température moyenne durant cette période et on consulte le tableau 2 pour vérifier si les feuilles sont restées mouillées assez longtemps pour que l'infection se déclenche.

Périodes d'infection secondaire

L'infection secondaire par la tavelure se produit lorsque des conidies qui proviennent de lésions primaires sur les feuilles sont propagées par les éclaboussures de pluie. Comme les infections primaires, les infections secondaires ne se produisent que si l'humidité apportée par la pluie est présente suffisamment longtemps, à une température donnée Comme les infections secondaires peuvent se déclarer le jour et la nuit, calculer tout le temps écoulé depuis le début de la période de pluie et non seulement les heures où il fait jour. Les infections qui se poursuivent au cours de l'été sont le résultat de lésions causées par des conidies.

Tableau 3. Relation entre la température, la période de mouillage, le nombre de semaines après la floraison et l'infection secondaire des fruits par la tavelure du pommier

 Semaines après la floraison
 151015
Tempéra-ture moyenne
(°C)
Heures de mouillage pour une infection de 2 % des fruits
10
13
26
37
45.5
12
10
21.6
31
38
14
8.5
18.5
26.5
32.5
16
7.5
16
23
28.5
18
6.5
14.5
20.5
25.5
10
6
13
18.5
23

D'après Schwabe et al., 1984
Les cultivars suivants sont mis à l'essai : Golden Delicious, Starking Delicious, Starkrimson Delicious, White Winter Pearmain.

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Effet de la pluie intermittente et de la rosée sur la période d'infection

Les périodes de rosée ou de forte humidité (plus de 90 %) contribuent aussi à la période effective de mouillage mais elles ne jouent un rôle important que si elles ont été précédées de pluies. Il faut cumuler le nombre d'heures de mouillage durant des pluies intermittentes pour déterminer la durée d'une période d'infection, à moins que ces dernières ne soient interrompues par 10 heures ou plus de temps sec et ensoleillé.

Infection des fruits

Plus les fruits mûrissent, plus les périodes de mouillage doivent se prolonger pour que l'infection par la tavelure soit possible. Le tableau 3, Relation entre la température, la période de mouillage, le nombre de semaines après la floraison et l'infection secondaire des fruits par la tavelure du pommier, illustre cette relation.

La période pendant laquelle les fruits doivent rester mouillés pour que le champignon de la tavelure les infecte est plus longue que la période de mouillage requise pour l'infection des feuilles. Dans les vergers dont l'infection primaire des feuilles a été faible, on peut retenir la période plus longue nécessaire à l'apparition de l'infection du fruit là où seule la tavelure du fruit pose un problème. Si on ne traite pas contre la tavelure durant la saison de croissance, l'infection des feuilles est capable d'engendrer de grosses quantités d'inoculum qui libéreront des ascospores en abondance l'année suivante.

Lutte contre la tavelure à l'aide de fongicides

Les fongicides sont utilisés pour lutter contre la tavelure dans la plupart des vergers commerciaux. Le tableau 4, Caractéristiques des fongicides anti--tavelure, énumère les fongicides homologués contre la tavelure et leur efficacité contre cette maladie et d'autres maladies de la pomme.

Voici quelques définitions de l'action des fongicides :

  • Action protectrice (préventive) : Propriété qu'ont les résidus de fongicides d'inactiver et de tuer les spores des champignons, et donc d'empêcher l'infection.
  • Action pré-symptômes (post-infection) : Fongicide qui empêche la tavelure de produire des lésions après que cette maladie a infecté le végétal, s'il est appliqué dans le délai indiqué dans le tableau 4.
  • Action post-symptômes (curative) : Propriété que possède un fongicide d'empêcher ou d'inhiber très nettement la production de spores secondaires (conidies) quand il est appliqué sur les lésions secondaires sporulantes de la tavelure. Il faut généralement pulvériser plusieurs fois les fongicides d'action post-symptômes pour qu'ils fassent pleinement effet.

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Lutte en début de saison

Les programmes de lutte contre la tavelure primaire reposent principalement sur le choix du moment propice au traitement et du type de fongicide utilisé. Il y a deux approches générales : programme de traitements fongicides préventifs avant que l'infection ne se déclare ou programme de traitements fongicides post-infection, mais avant l'apparition des -symptômes.

Traitements préventifs

Les fongicides sont appliqués sur le feuillage en croissance avant que l'infection ne se déclare. Appliquer les fongicides quand les infections sont imminentes.

  • Commencer les traitements juste avant la première période prévue d'infection primaire (entre les stades du débourrement et du bouton vert).
  • De la première pulvérisation en couverture jusqu'au début août, pulvériser les fongicides à intervalles de 10-14 jours, selon la fréquence des averses. Il faut protéger les nouvelles pousses et le fruit en croissance, et remplacer les résidus emportés par la pluie.
  • Les fongicides inhibiteurs de la déméthylation (DMI) font exception à cette règle. Dans leur cas, on effectue les pulvérisations à intervalles de 7-10 jours, quelle que soit la pluviosité.
  • La pluie n'emporte pas facilement certains fongicides, et les résidus sont alors redistribués (voir le tableau 4)

Pulvérisations pré-symptômes (post-infection)

Un traitement post-infection est un traitement réalisé au cours d'une période donnée suivant le début de l'infection. La durée de la période pendant laquelle le traitement est efficace dépend du produit utilisé et de la température moyenne. Pour déterminer l'action en post-infection, on doit considérer le début de la période comme équivalant au début de l'infection. Par exemple, à 6°C, il faudrait utiliser le Captan dans les 48 heures suivant le début de l'infection.

Il ne faut pas compter sur les traitements pré--symptômes (post-infection) pour combattre la tavelure. Pour que ce genre de programme de pulvérisations soit efficace, il est nécessaire de posséder un pulvérisateur capable d'effectuer un bon traitement de couverture sous de mauvaises conditions météorologiques. Il est indispensable de placer dans chaque verger des appareils fiables et précis pour enregistrer la température et l'humidité des feuilles.

Utilisation des fongicides inhibiteurs de la déméthylation (DMI)

Le Nova 40 W et le Nustar font partie des inhibiteurs de la déméthylation (DMI), un groupe de fongicides plutôt connus sous le nom d'inhibiteurs de la synthèse des stérols. Ces produits doivent être utilisés différemment des fongicides à action préventive comme le captane ou le mancozèbe.

Le principal intérêt des fongicides du groupe DMI est leur action post-infection et pré-symptômes relativement prolongée. S'ils sont épandus dans les 72-96 heures suivant l'infection, ces produits ont la faculté d'enrayer les jeunes foyers d'infection de la tavelure. En revanche, l'action préventive des fongicides DMI ne dure généralement que 3-5 jours.

Les fongicides DMI ont une action systémique et donc n'agissent que s'ils sont absorbés par les tissus des feuilles et des fruits. Leur absorption prend moins d'une heure et l'efficacité du traitement n'est pas réduite par une pluie survenant au moins une heure après.

Une fois épandus, les fongicides du groupe DMI se redistribuent peu. Une bonne protection contre la maladie exige donc un recouvrement uniforme.

Ne pas utiliser le Nova 40 W ni le Nustar avant le stade prébouton rose. Appliquer ces fongicides en les combinant avec un fongicide à action préventive par séries de deux pulvérisations à la fois, à 7-10 jours d'intervalle. Les fongicides DMI étant peu efficaces contre la tavelure sur les fruits, il est déconseillé de commencer à les appliquer après la floraison. Pulvériser le Nova 40 W ou le Nustar en même temps qu'un fongicide à action préventive (p. ex. le Captan) dans les 72-96 heures suivant le début de la première période d'infection observée. Ne pas laisser passer plus de 10 jours entre deux pulvérisations. Traiter au moins 2 fois/saison de croissance et au maximum 4 fois, de préférence entre les stades prébouton rose et première pulvérisation d'été.

Après l'application d'un DMI combiné à un fongicide à action préventive, les feuilles et les fruits sont protégés pendant seulement 5 jours. Appliquer un fongicide à action préventive avant la flambée suivante d'infection par la tavelure. Faire suivre au besoin d'un programme fongicide préventif pendant le reste de la saison de croissance. Voir également Résistance aux fongicides.

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Utilisation des fongicides à base de strobilurines

Le Sovran et le Flint 50 WG font partie des strobilurines, un nouveau groupe de fongicides. Ces produits ont une bonne action protectrice, post-infection et antisporulante sur la tavelure du pommier et le blanc (oïdium). Ne pas utiliser le Sovran ni le Flint 50 WG avant le stade prébouton rose. Faire des pulvérisations jumelées, à 10 jours d'intervalle. En raison du mode d'action, il est important de respecter les stratégies visant à prévenir l'apparition de souches résistantes. Avant de revenir à ces produits, faire deux traitements avec un fongicide appartenant à un autre groupe chimique. Après un traitement au Sovran ou au Flint 50 WG, la protection des tissus végétaux dure 5-8 jours. En cas de croissance rapide des arbres, traiter à intervalles plus courts.

Les fongicides à base de strobilurines sont parfois phytotoxiques pour certaines autres cultures fruitières (c'est notamment le cas du Sovran pour les cerises douces et du Flint pour le raisin Concord). Toujours vérifier les mises en garde indiquées sur l'étiquette.

Lutte contre la tavelure du pommier sous de mauvaises conditions atmosphériques

Il arrive souvent que plusieurs jours d'averses et de temps doux se suivent au printemps. Ces conditions atmosphériques favorisent l'apparition d'infections par la tavelure du pommier. Il est alors souvent difficile de garder une quantité suffisante de fongicide sur les arbres fruitiers pour assurer la protection du feuillage et du fruit en plein développement.

Si les arbres ne semblent pas bien protégés, il est préférable de pulvériser un fongicide préventif entre deux averses que de ne faire aucun traitement. Dans un tel cas, il faut se servir d'un fongicide ayant de bonnes propriétés de rétention. Par exemple, des produits à base de mancozèbe comme le Dithane, le Manzate et le Penncozeb, ont de bonnes propriétés de rétention.

Un traitement post-infection peut s'imposer si le fongicide à action protectrice est trop dilué pour empêcher le champignon de la tavelure de s'attaquer au feuillage ou aux fruits.

S'il y a infection, les taches de la tavelure deviendront visibles sur le feuillage et sur les fruits environ 9 jours plus tard à 20°C, ou 14-21 jours plus tard si la température moyenne est à 12°C ou moins. Dès que l'infection ne fait aucun doute, il faut la combattre en suivant les directives qui figurent à la section suivante, Désactivation des lésions de tavelure.

Des vents forts peuvent nuire à la pulvérisation en faisant dériver les pesticides loin de la cible visée. Les pulvérisations faites le soir ou en matinée peuvent réduire les risques de dérive. Abaisser la trajectoire du jet pulvérisé dans le vent peut faciliter l'application du fongicide tout en s'assurant que la cime des arbres est bien couverte de fongicide.

Désactivation des lésions de tavelure

Les lésions de tavelure visibles sur le feuillage et sur les fruits contiennent beaucoup de spores susceptibles de propager la maladie par des infections secondaires. Il existe plusieurs fongicides dont l'action post-symptômes est efficace (voir le tableau 4). L'utilisation continue de ces fongicides comme éradicants favorise l'apparition de souches résistantes. Par exemple, les fongicides thiophanate-méthyl (Senator) et dodine (Equal) ont perdu leur efficacité contre la tavelure, car une résistance à ces fongicides est apparue en Ontario.

Si l'on n'a constaté aucune souche de tavelure résistante au fongicide dans un verger, mais que des lésions sont visibles, on peut essayer de traiter les tissus infectés. Il faut deux traitements d'un fongicide post-symptômes à pleine dose, à 5-7 jours d'intervalle, dès que les lésions sont remarquées. Ces produits réduisent le nombre de spores produites dans les lésions et aident à ralentir la propagation de la maladie. Ces traitements doivent être suivis du programme préventif habituel, échelonné sur toute la saison de croissance.

Lutte contre la tavelure secondaire

En utilisant le modèle fondé sur la somme des -degrés-jours (DJC), on est en mesure de déterminer la fin de la saison d'infections primaires. Quand 418 DJC se sont accumulés, plus de 95 % des ascospores sont mûres et après une pluie d'une certaine abondance, toutes les ascospores de la saison de croissance sont libérées (voir le tableau 1). Passé ce stade, attendre deux semaines avant d'examiner les arbres pour vérifier si la tavelure est encore présente. En effet, les lésions peuvent mettre 14 jours à apparaître après une période d'infection par le champignon de la tavelure. S'assurer de vérifier de près dans la partie supérieure des arbres de haute tige et en tout autre endroit qui n'aurait pas été suffisamment bien couvert par la bouillie fongicide, p. ex. dans les ramures denses.

Dans un verger où les infections primaires ont été maîtrisées, on peut réduire les doses de fongicides et allonger l'intervalle entre les pulvérisations pendant le reste de la saison de croissance. Certains producteurs ont réussi à se passer complètement de fongicides durant les mois d'été quand ils maîtrisent l'éclosion des foyers d'infections primaires. Par contre, si l'on constate des lésions de tavelure, on doit maintenir le programme de pulvérisations fongicides jusqu'à la fin de la saison de croissance.

Tableau 4. Caractéristiques des fongicides anti-tavelure

ProduitProtectant activity
(pre-infection)
Action protectrice
(pré-infection)
Action post-infection maximale1
(heures)
Rétention
(50 mm de pluie)
Redistribution (12 mm de pluie)
  6°C12°C17°C   
Captan 50 WP
TB
48
24
18
N
TB
B
Dikar WP
TB
48
28
18
TB
E?
TB?
Dithane M 45/80 WP
TB
48
24
18
N
E
TB
Equal 65 WP
TB
48
24
18
TB
TB
TB
Flint 50 WG
E
963
963
963
E
E
P?
Manzate 200
TB
48
24
18
N
E?
TB
Nova 40 W 2
P
96
96
96
TB
P?
P?
Polyram 80 WP
TB
48
24
18
N
E?
TB
Nustar
P
96
96
96
E
E
Sovran
E
963
963
963
E
E
P?

Ces valeurs sont fondées sur des constatations faites par Szkolnik et ses collaborateurs au cours d'essais en serre avec des conidies sur la Golden Delicious, à Geneva, État de New York. L'action post-infection de ces fongicides peut ne pas être suffisante contre les foyers primaires de tavelure dans un verger commercial. Ne pas compter uniquement sur cette action post-infection pour combattre la tavelure du pommier.
Ces résultats sont spécifiques à chaque formulation. Les formulations nouvelles de certains produits n'ont pas été évaluées (p. ex. Dithane DG, Polyram DF, Manzate 200DF). Communiquer avec le fabricant pour avoir plus de renseignements.

1 L'action post-infection maximale est calculée à partir du début de la période d'infection.
2 Les données concernant le Nova s'appuient sur les données publiées dans le guide 1993 Pest Management Recommendations for Commercial Tree Fruit Production, Cornell Cooperative Extension, New York.
3 L'action post-infection peut être réduite dans les vergers où l'agent pathogène a développé une résistance aux fongicides DMI (Nova, Nustar) et QoI (Flint et Sovran).

CLÉ : E = excellent; TB = très bon; B = bon; P = passable; F = faible; N = nul. Les valeurs suivies d'un point d'interrogation (?) reposent sur des observations faites sur le terrain.

Tableau 5. Exemples de cultivars de pommiers sensibles aux principales maladies

 Très sensiblesMoins sensibles
Tavelure du pommierMcIntosh, Cameo, Sunrise, Shizuka, Gala and Golden Supreme, CortlandPristine, Enterprise, GoldRush
Brûlure bactérienneFuji, Gala, Ginger Gold, Idared, JonagoldRed Delicious, Liberty, Enterprise, Freedom
Blanc (oïdium)Cortland, Idared, PaularedRed Delicious, McIntosh, Empire, Northern Spy, Freedom, Jonafree
Tache vésiculeuseMutsu, Golden Delicious, Red Delicious, Jonagold, Cortlandall others

 

Tableau 6. Efficacité des fongicides à lutter contre les maladies des pommiers

Les cotes en caractères gras indiquent que la maladie figure sur l'étiquette du produit comme étant une maladie que le produit maîtrise ou dont il freine temporairement la propagation. Se reporter à l'étiquette du produit ou aux calendriers de culture pour connaître les utilisations homologuées. Utiliser les fongicides uniquement pour combattre les maladies indiquées sur l'étiquette du produit et uniquement dans les cultures pour lesquelles ils sont homologués. Le tableau présente de l'information supplémentaire destinée à aider le producteur à choisir le meilleur fongicide parmi les produits annoncés sur les étiquettes comme étant efficaces contre certaines maladies.

FongicidesTavelure du pommierBlanc (oïdium)Rouille du genévrier Rouille du cognassierPourriture noirePourriture amèreTache de suieMouche-ture
captan (Supra Captan 80 WDG, Maestro 80 DF)
+++
0
0
+++
++
+++
++
copper
+
+
+
+
+
+P
+P
cyprodinil (Vangard 75 WG)
++
+
0
0
NA
0
0
dithane+ karathane (Dikar)
+++
+++
++
+
NA
+++
+++
dodine (Equal, Syllit)
+++R
 
 
0
NA
0
0
flusilazole (Nustar)
+++R
++
+++
0
0
0
0
kresoxim-methyl (Sovran)
+++
++
+
+++
++
+++
+++
mancozeb (Dithane DG, Manzate DF, Penncozeb 75 DF)
+++
0
++
0
NA
+++
+++
metiram (Polyram DF)
+++
0
++
0
NA
+++
+++
myclobutanil (Nova 40W)
++R
+++
+++
+
0
0
0
pyrimethanil (Scala)
++
0
 
 
 
NA
NA
sulphur
+
++
+
0
0
0
+
trifloxystrobin ( Flint 50 WG)
+++
++
+
+++
++
+++
+++

P = Phytotoxique, cause la roussissure.
R = Des cas de résistance sont signalés dans certains vergers.
S.O. = Sans objet, puisque le fongicide ne peut pas être employé à la fin de l'été, période où les infections par la pourriture amère se produisent.
+ = Efficacité de médiocre à passable, ++ = Bonne efficacité, quelques limitations, +++ = Excellente efficacité, limitations peu nombreuses si existantes, ? = Efficacité inconnue.

Tableau mis à jour par McSmith Research Services.

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Résistance aux fongicides

On a signalé des cas de résistance chez l'agent de la tavelure du pommier dans la plupart des régions productrices de pommes de l'Ontario.

Des essais préliminaires menés en 2004 sur des échantillons prélevés dans quelques vergers de l'Ontario suggèrent la présence de populations de l'agent responsable de la tavelure qui seraient résistantes aux inhibiteurs de déméthylation comme le Nova et le Nustar, un groupe de fongicides aussi connus sous le nom d'inhibiteurs de biosynthèse des stérols (IBS). Ces derniers demeurent néanmoins très efficaces dans la lutte contre la tavelure dans la plupart des vergers de l'Ontario.

Voici les stratégies à adopter pour éviter ou gérer l'apparition de populations d'agents de la tavelure du pommier résistantes aux fongicides dans les vergers :

  • Toujours employer en alternance des produits de différents groupes chimiques.
  • Ne jamais faire plus de quatre applications d'inhibiteurs de biosynthèse des stérols au cours d'une même saison de croissance. Pour la liste des fongicides par groupe chimique, voir le tableau 4-8, Groupement des fongicides et des bactéricides en fonction de leur site d'action, p. 69.
  • Toujours utiliser la pleine dose d'un inhibiteur de la déméthylation avec une demi-dose d'un fongicide à action préventive.
  • Ne pas sauter les pulvérisations prévues au stade de la pointe verte.
  • Accepter de faire les pulvérisations de Supra Captan, Maestro, Dikar, Manzate, Dithane, Penncozeb, Polyram, sous la pluie s'il le faut, malgré la perte de l'effet rémanent. Ne pas pulvériser Nova, Sovran, Flint, Scala ni Vangard sous la pluie.
  • Toujours appliquer les fongicides pour leur action préventive avant l'infection et non une fois l'infection déclarée. Les applications faites à des fins curatives risqueraient d'encourager la survie de populations résistantes aux fongicides.
  • Toujours employer les fongicides aux doses indiquées sur l'étiquette. Les doses réduites de fongicides peuvent augmenter le nombre de sujets résistants à l'intérieur du verger.
  • Ne pas se contenter de pulvériser une rangée sur deux.
  • Ne pas prolonger les intervalles entre les pulvérisations au delà de ceux qui sont inscrits sur l'étiquette. Raccourcir les intervalles s'il a plu.
  • Savoir que l'urée peut être pulvérisé sur les feuilles au sol en novembre et/ou au printemps pour accélérer leur décomposition et réduire l'importance de l'inoculum le printemps suivant. Il a par ailleurs été démontré que le débroussaillage réduit les niveaux d'inoculum.

Pour en savoir plus

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Pour plus de renseignements :
Sans frais : 1 877 424-1300
Local : 519 826-4047
Courriel : ag.info.omafra@ontario.ca

Auteur : Le personnel du MAAARO
Date de création : 17 mai 2006
Dernière révision : 17 mai 2006

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