Notes sur les maladies des pommiers
Brûlure bactérienne

Identification

La bactérie qui cause la brûlure bactérienne (Erwinia amylovora) s'attaque aux fleurs, aux pousses, aux fruits et aux porte-greffes des pommiers. La brûlure des fleurs se déclare quand du temps doux et humide accompagne la floraison. Les fleurs infectées par la brûlure bactérienne paraissent gorgées d'eau. Leurs pétales, sépales et réceptacle se flétrissent et brunissent ou noircissent.

La brûlure bactérienne entrave la croissance des pousses pendant tout le printemps et l'été. Les bactéries pénètrent dans les pousses à la faveur de blessures causées par le vent, la grêle ou le sable. Les pousses infectées se décolorent et se ratatinent. Tôt ou tard, les feuilles brunissent ou noircissent et commencent à suinter. Les pousses infectées fléchissent à l'extrémité, rappelant des crosses de berger.

Les fruits endommagés par la grêle, les vents violents, la pluie ou les insectes peuvent facilement être infectés par Erwinia amylovora. Au départ, le fruit infecté paraît grisâtre, verdâtre ou gorgé d'eau; il finit par brunir et se momifier.

Certains porte-greffes comme le M.9 et le M.26 sont sensibles aux infections par la brûlure bactérienne. La brûlure bactérienne se manifeste de la même façon chez les porte-greffes que la pourriture du collet (Phytophthora). Au départ, les sites infectés paraissent sombres, gorgés d'eau et d'une teinte tirant sur le magenta. Les lésions ont des pourtours indéfinis. Par la suite, les pourtours deviennent plus nets et sont fissurés. L'enlèvement de l'écorce dans les zones infectées révélera les tissus internes portant des stries brun-rouge.

Période d'infection

Les fleurs deviennent infectées par la brûlure bactérienne durant la floraison. Toutefois, les infections des pousses et les infections facilitées par des traumatismes peuvent survenir durant toute la saison de croissance. Une fois que les pousses terminales se sont endurcies durant l'été, elles risquent moins d'être infectées par la brûlure bactérienne.

Seuils d'intervention

Maryblyt et Cougarblight sont deux logiciels utiles pour juger de la pertinence des pulvérisations et du meilleur moment pour les faire afin de lutter contre la brûlure bactérienne durant la floraison. Ces programmes de modélisation prévoient les épisodes d'infection par la brûlure bactérienne. Ils calculent le risque de brûlure bactérienne à partir de données sur les températures quotidiennes maximales et minimales, les précipitations, l'humidité résultant d'une rosée abondante et les prévisions météorologiques. Ainsi, les producteurs peuvent être avisés tôt (1-4 jours à l'avance) quand le risque d'infection s'annonce élevé pendant des stades critiques de croissance. Pour que la prévision des infections soit la plus précise possible pour une exploitation donnée, il faut recueillir au niveau local les données nécessaires. Le programme Maryblyth est offert par Gary Lightner, 293 Tuscawilla Hills, Charles Town, WV 25414; téléphone : 540-869-8372; courriel : gary.lightner@fishersci.com. Pour de l'information sur le programme Cougarblight, voir www.ncw.wsu.edu/treefruit/fireblight/2000f.htm.

Conseils sur la lutte

Au printemps, des températures douces (18 °C et plus) et l'humidité (pluie ou rosée abondante) sont les conditions propices à l'infection des fleurs. Quand ces conditions sont annoncées et qu'elles persistent pendant la floraison, protéger les fleurs par une pulvérisation de Streptomycin 17. Traiter à un moment où l'assèchement est lent. La pulvérisation donne le maximum d'effet quand elle est faite en dilué (dans de grandes quantités d'eau) avant la période de mouillage. Pour obtenir les meilleurs résultats, employer la Streptomycin 17 seule dans la cuve.

La Streptomycin 17 est sensible aux rayons UV et son action ne dure que 2-3 jours. Par temps chaud et humide, 2-4 pulvérisations peuvent être nécessaires durant la floraison pour protéger les fleurs nouvellement ouvertes. L'utilisation abusive de la Streptomycin 17 risque de favoriser l'apparition de souches résistantes à la brûlure bactérienne chez les agents pathogènes.

Dans les vergers non fructifères, les pulvérisations cupriques peuvent remplacer la Streptomycin 17, mais elles sont moins efficaces pour contrer la brûlure bactérienne. Ajouter de la chaux aux bouillies cupriques, comme l'indique l'étiquette.

Pour une liste des cultivars sensibles, voir le tableau, Exemples de cultivars de pommiers sensibles aux principales maladies.

La lutte culturale est très importante dans la réduction de l'incidence de la brûlure bactérienne. Pour un supplément d'information sur les pratiques culturales visant à contrer la brûlure bactérienne, voir Brûlure bactérienne du poirier.

Le régulateur de croissance des plantes Apogee est homologué depuis peu pour maîtriser temporairement la brûlure bactérienne. Apogee ralentit la croissance des pousses terminales, ce qui les rend moins vulnérables aux infections par la brûlure. Apogee ne maîtrise pas la brûlure des fleurs; il est absolument sans effet contre les bactéries responsables de ce type d'infection. Employer une dose d'Apogee de 1 350 g/ha dans un volume d'eau de dilution de 3 000 L/ha. Faire le traitement à la fin de la floraison ou au début du stade du calice quand les pousses atteignent 2,5-5,5 cm de longueur. Répéter le traitement à 14-21 jours d'intervalles tant que le risque de brûlure bactérienne reste élevé selon les indications des modèles de prévision et du dépistage sur le terrain. Pour une lutte efficace contre la brûlure bactérienne, appliquer Apogee à titre préventif, car ce produit est un régulateur de croissance puissant qui limite l'extension des pousses. Si l'on emploie une forte dose destinée à supprimer temporairement la maladie dans un verger peu vigoureux, il peut arriver que le produit ralentisse la croissance des pousses plus qu'il ne serait souhaitable.

Pour en savoir plus

 

Pour plus de renseignements :
Sans frais : 1 877 424-1300
Local : 519 826-4047
Courriel : ag.info.omafra@ontario.ca

Auteur : Le personnel du MAAARO
Date de création : 17 mai 2006
Dernière révision : 17 mai 2006

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