Publication 360F, Recommandations pour les cultures fruitiéres :
Chapitre 8: Raisin - Nutrition de la vigne



Extrait du Publication 360F, Recommandations pour les cultures fruitières 2010-11
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Table des matiéresl'image de couverture du Publication 360F, Recommandations pour les cultures fruitières

  1. Nutrition de la vigne
  2. Le fumier dans les vignobles
  3. Besoins en matière de pH
  4. Analyse des pétioles de vigne
  5. Engrais pour les vignobles
  6. Calendrier - Raisin (PDF 216)
  7. D'autres matières des raisins
  8. Pub 360 - Chapitre 8: Raisin PDF 276 kb
  9. Liens connexes

 

Nutrition de la vigne

Faire analyser le sol une année avant la plantation des vignes, ou deux ans avant si l'on pense devoir corriger le pH. La période qui précède les plantations est la seule occasion de bien incorporer au sol des matières, telles que matière organique, phosphore, potassium et chaux destinée à modifier le pH, qui ne se déplacent pas rapidement dans le sol, mais qui sont nécessaires si l'on veut optimiser la productivité du vignoble


Le fumier dans les vignobles

Dans bien des cultures fruitières, les épandages de fumier peuvent engendrer des problèmes de salubrité des aliments. S'assurer qu'au moins 120 jours s'écoulent entre l'épandage et les vendanges.

Le fumier renferme de la matière organique utile et bien des macro-éléments et des oligo-éléments. L'azote organique contenu dans le fumier se minéralise avec le temps, ce qui donne lieu à une libération graduelle de l'azote en quantités décroissantes pendant plusieurs années suivant l'épandage. Si du fumier a été épandu, corriger les apports d'azote inorganique de manière à éviter une surfertilisation azotée. Un apport excessif d'azote, surtout dans la seconde moitié de la saison de croissance, peut provoquer des défauts de coloration du raisin, une croissance terminale excessive et un retard dans l'aoûtement des tissus ligneux, ce qui rend les pieds de vigne plus vulnérables à l'hiver. Voici des consignes à respecter pour tirer parti du fumier tout en réduisant au minimum les problèmes qui peuvent y être associés :

  • Épandre au plus, à l'hectare, 7 tonnes de fumier de volaille (20 m3 de fumier liquide), ou 40 tonnes de fu-mier de bovins (100 m3 de fumier liquide), ou encore 35 tonnes de fumier de porc (65 m3 de fumier liquide). Comme la teneur en éléments nutritifs du fumier varie considérablement, le faire analyser avant l'épandage. Voir Azote contenu dans le fumier.
  • Épandre le fumier en pleine surface et l'incorporer au sol à la fin de l'automne ou au début du printemps avant la mise en place des plants de vigne.
  • Pour éviter les blessures causées par l'hiver, ne pas épandre de fumier autour des pieds de vigne nouvelle-ment plantés.
  • Sur les terres qui ont reçu du fumier, corriger les doses d'azote, de phosphore et de potassium en fonction des concentrations de ces éléments dans le fumier. Voir le tableau 3-11, Valeurs de remplacement moyennes en fertilisants de différents types de fumier.
  • Pour plus d'information sur les répercussions que peuvent avoir les épandages de fumier sur la salubrité des aliments et l'environnement, voir les rubriques Azote contenu dans le fumier, et Utiliser le fumier de manière responsable.

Besoins en matière de pH

Le pH d'un sol est la mesure de son acidité. Il influence l'absorption des éléments nutritifs et le rendement des cultures. Selon les résultats du rapport d'analyse de sol, corriger le pH de manière à le porter à 6,5 dans les sols sableux et à 6,0 dans les sols argileux.

En ce qui concerne les vignobles déjà établis, effectuer tous les trois ans une analyse du sol sur un échantillon prélevé dans les rangs pour vérifier que le pH est à un niveau satisfaisant. Si le pH est bas (sol acide), épandre de la chaux sur la couverture herbacée à l'automne ou avant de travailler le sol au printemps. Les résultats ne seront pas immédiats parce que la chaux réagit lentement dans le sol. Épandre de la chaux dans un vignoble établi lorsque le pH tombe en deçà de 5,1 dans un loam argileux ou en deçà de 5,6 dans un sol sableux. Le chaulage élève le pH du sol (en réduit l'acidité) et fournit aussi du calcium. Pour des précisions sur les doses et les types de chaux à utiliser, voir Acidité du sol et chaulage.


Analyse des pétioles de vigne

Pour ce qui concerne les plantations établies, l'analyse des pétioles des feuilles de vigne est le meilleur moyen de déterminer les besoins en éléments nutritifs. L'étude simultanée des résultats des analyses du sol et des résultats des analyses de pétioles donne une bonne idée des besoins en fertilisants. Pour plus d'information sur ces analyses, voir Analyse des tissus végétaux.

De nombreuses conditions influent sur l'absorption des éléments nutritifs dans les vignobles. C'est pourquoi les concentrations d'éléments nutritifs varient légèrement chaque année selon la saison de croissance. Pour que la croissance et la qualité du fruit soient optimales, les pétioles doivent renfermer des concentrations convenables de tous les éléments nutritifs. Voir le tableau 8-1, Concentrations convenables d'éléments nutritifs dans les pétioles de feuilles de vigne.

Tableau 8-1. Concentrations convenables d'éléments nutritifs dans les pétioles de feuilles de vigne (prélevés en septembre sur des vignes à maturité) (PDF 98 kb)

    Cépage
    N %
    P %
    K* %
    Ca %
    Mg %
    Fe (ppm)
    B (ppm)
    Zn (ppm)
    Mn (ppm)
    Vinifera
    0,8-1,4
    0,15-0,40
    1,2-2,3
    1,0-3,0
    0,6-1,5
    15-100
    20-60
    15-100
    20-200
    Fredonia
    0,6-1,2
    0,15-0,40
    0,8-1,8
    1,0-3,0
    0,6-1,5
    15-100
    20-60
    15-100
    20-200
    Autres
    0,7-1,3
    0,15-0,40
    1,0-2,0
    1,0-3,0
    0,6-1,5
    15-100
    20-60
    15-100
    20-200

    * Les concentrations de potassium sont plus élevées dans les vignes cultivées sur loam sableux.

    Pour tirer le meilleur parti possible de l'analyse des pétioles, prélever les échantillons sur les mêmes pieds de vigne tous les ans. Utiliser les résultats de ces analyses ainsi que ceux des analyses de sol pour établir le programme de fertilisation. Les besoins en fertilisants sont aussi fonction des pratiques de gestion du sol, de l'âge de la vigne, du porte-greffe, du type de sol, des fertilisations précédentes, de la croissance, du calibre du fruit, de sa couleur et de son aptitude à la conservation.

     

    Engrais pour les vignobles

Pour enrichir convenablement le sol en potassium, en phosphore, en bore et en chaux, l'idéal est de faire les apports avant les plantations. Dans un sol où l'on prévoit installer un vignoble, on considère comme adéquates des teneurs de 12-20 ppm pour le phosphore, de 120-150 ppm pour le potassium, de 100-250 ppm pour le magnésium et de 1 000-5 000 ppm pour le calcium. Le tableau 8-2, Besoins du sol en phosphore et en potassium dans les nouveaux vignobles, renseigne sur les doses d'engrais à incorporer avant la plantation. Si l'on incorpore au sol de la matière organique, notamment par un apport de fumier, ces taux devraient permettre de subvenir aux besoins des vignes durant leurs premières années.

  • Sur des sols peu fertiles à texture grossière, utiliser une solution de démarrage de 10-52-10 ou de 20 20 20 au moment de la mise en culture.
  • Des concentrations trop élevées d'azote peuvent causer une croissance excessive et un aoûtement incomplet des vignes. Semer des plantes couvre-sol pour réduire les concentrations d'azote en fin de saison dans les vignobles sarclés, en particulier s'ils sont jeunes. Pour qu'elles absorbent une bonne part de l'azote biodis-ponible dans le sol, semer les plantes couvre-sol telles que le ray-grass d'Italie vers le 1er juillet.


Azote (N)

Procéder à l'analyse des pétioles pour déterminer les besoins en azote. En l'absence d'analyse, utiliser une dose de seulement 34 kg d'azote par hectare. Épandre cet azote en pleine surface avant le premier sarclage ou le plus tôt possible au printemps dans les vignobles dont les entre-rangs sont gazonnés. Si l'on épand de l'urée (46-0-0), on doit l'incorporer au sol afin de limiter les pertes par volatilisation. S'abstenir d'épandre de l'urée dans les vignobles dont les entre-rangs sont gazonnés, car l'incorporation est alors impossible. Réduire ou éliminer les apports d'azote s'il y a eu épandage de fumier ou si la croissance est excessive. Si les boutons ont été endommagés par les grands froids, il peut être nécessaire de fractionner les pulvérisations d'azote. Faire la première pulvérisation vers la mi-avril et la deuxième, si nécessaire, après la floraison et à la fin de mai. Pendant les printemps secs, irriguer pour faire descendre l'engrais au niveau des racines, juste avant le début de la floraison ou immédiatement après le calice. Envisager d'apporter de l'azote par des pulvérisations foliaires, selon la performance de la vigne et les résultats de l'analyse des pétioles.


Phosphore (P)

Les vignes ne requièrent pas de grandes quantités de phosphore dans le sol. À quelques exceptions près, les sols de l'Ontario sont suffisamment riches en phosphore pour la culture du raisin. Dans les plantations établies, se fier aux résultats d'une analyse des tissus végétaux et à ceux d'une analyse de sol pour évaluer les besoins en phosphore. Des teneurs en phosphore du sol de 12-20 ppm sont suffisantes pour assurer la reprise des jeunes vignes, puis la production. Voir le tableau 8-2. Besoins du sol en phosphore et en potassium dans les nouveaux vignobles. Épandre le phosphore avant les plantations et bien l'incorporer au sol. Des apports supplémentaires de phosphore peuvent être nécessaires pour l'entretien du gazon ou des plantes couvre-sol.

Tableau 8-2a. Besoins du sol en phosphore dans les vignobles
Nouvelles plantations de vigne* (PDF 98 kb)

    Analyse de sol
    (ppm de P)
    Besoins en phosphate
    (P205 req'd kg/ha)
    0-3 80 EE **
    4-5 60 EE
    6-7 50 EE
    8-9 40 EM
    10-12 20 EM
    13-15 0 EF
    16-20 0 EF
    21-25 0 ETF
    26-30 0 ETF
    31-40 0 ETF
    41-50 0 ETF
    51-60 0 ETF
    61-80 0 EN
    80 + 0 EN

    * Dans les nouveaux vignobles, appliquer une fois tous les deux ans. Dans les vignobles établis, se fier à l'analyse des tissus végétaux pour estimer les besoins en N, P et K.
    Les cotes d'efficacité EE (efficacité élevée), EM (efficacité moyenne), EF (efficacité faible), ETF (efficacité très faible) et EN (efficacité nulle) indiquent la probabilité que l'apport de l'élément nutritif ait un avantage économique.

 

Potassium (K)

Les vignes requièrent une plus grande quantité de potassium que les arbres fruitiers. Dans les plantations établies, se fier aux résultats d'une analyse des tissus végétaux et à ceux d'une analyse de sol pour évaluer les besoins. Une quantité excessive de potassium peut causer une carence en magnésium (Mg). Il faut donc se garder d'en apporter trop.


Avant l'établissement, incorporer du potassium au sol suivant les doses indiquées dans le tableau 8-2, Besoins du sol en phosphore et en potassium dans les nouveaux vignobles. Dans les vignobles établis qui sont sarclés, épandre le potassium en pleine surface avant le premier sarclage au printemps. Dans les vignobles établis dont les entre-rangs sont enherbés ainsi que dans les vignobles en sols argileux, épandre le potassium en bandes, afin de réduire la fixation du potassium dans le sol et d'en faciliter l'assimilation par les vignes. S'il est placé trop près des ceps, le chlorure de potassium (0-0-60) peut endommager les racines et les ceps.

Pulvérisation foliaire de potassium dans les vignes

Au cours des saisons sèches, le potassium n'est pas facilement assimilable par les plantes. En présence d'une carence en potassium, des pulvérisations foliaires de potassium peuvent se révéler bénéfiques. Une pulvérisation de potassium au moment de la véraison (moment où le raisin commence à mûrir) peut améliorer le rendement et la qualité des fruits.

Tableau 8-2b. Besoins du sol en potassium dans les vignobles
Nouvelles plantations de vigne* (PDF 98 kb)

    Analyse de sol
    (ppm de K)
    Besoins en potasse
    (K2O req'd kg/ha)
    0-15 270 EE **
    16-30 270 EE
    31-45 270 EE
    46-60 270 EE
    61-80 270 EE
    81-100 270 EE
    101-120 270 EE
    121-150 270 EM
    151-180 270 EM
    181-210 270 EM
    211-250 270 EF
    250 + 270 EF

    * Dans les nouveaux vignobles, appliquer une fois tous les deux ans. Dans les vignobles établis, se fier à l'analyse des tissus végétaux pour estimer les besoins en N, P et K.
    Les cotes d'efficacité EE (efficacité élevée), EM (efficacité moyenne), EF (efficacité faible), ETF (efficacité très faible) et EN (efficacité nulle) indiquent la probabilité que l'apport de l'élément nutritif ait un avantage économique.


Magnésium (Mg)

Des teneurs du sol en magnésium de 100-250 ppm sont tout à fait convenables dans un vignoble. Dans les sols acides, la chaux dolomitique peut contribuer à élever le pH et à fournir du magnésium. On observe de plus en plus de carences en magnésium dans les vignobles, particulièrement ceux qui ont reçu beaucoup de potassium

Une carence en magnésium peut provoquer la chute prématurée des fruits. Les feuilles les plus vieilles des pieds de vigne carencés sont pâles, puisque le magnésium fait partie intégrante de la structure moléculaire de la chlorophylle. L'analyse des pétioles est le meilleur moyen de révéler les besoins en magnésium.

Des pulvérisations foliaires corrigent les carences en magnésium, mais seulement pour la durée de l'année même. Pour les corrections à long terme, épandre le magnésium au sol au début du printemps. Sur certains types de sol, un épandage au sol de magnésium, effectué une seule fois au début du printemps, ne suffit pas toujours. Un deuxième ou un troisième traitement le printemps suivant sont parfois nécessaires avant que les teneurs en magnésium de la vigne se rétablissent.

Des pulvérisations foliaires sont recommandées au cours des deux premières années, en plus des épandages au sol. Voir le tableau 8-3, Pulvérisations foliaires de magnésium.

La pulvérisation d'une bouillie de pesticides additionnée de sulfate de magnésium peut blesser les fruits ou le feuillage. Il faut donc épandre le sulfate de magnésium séparément. Voir les étiquettes des produits pour connaître la compatibilité des chélates de magnésium et des pesticides. Utiliser les chélates recommandés pour les pulvérisations foliaires.

Tableau 8-3. Pulvérisations foliaires de magnésium (PDF 93 kb)

    Moment Produit Dose Notes
    Trois pulvérisations à intervalles de 10 jours à compter de la mi-juillet Sulfate de magnésium (sels d'Epsom) 20 kg/1,000 L d'eau Pulvériser pratiquement jusqu'au point de ruissellement. Ne pas dépasser une concentration de 40 kg/1 000 L d'eau.
    Formulations liquides, y compris les chélates* Consulter l'étiquette Peut être compatible avec certains pesticides. Consulter l'étiquette.

    *Utiliser des chélates recommandés pour les pulvérisations foliaires.


Calcium (Ca)

On a attribué la pourriture de la tige et de la rafle des raisins Canada Muscat et Himrod à une carence en calcium. Certaines formulations de chlorure de calcium (CaCl2) nuisent à la qualité des fruits lorsqu'on les applique trop près du moment des vendanges.

Pulvériser du CaCl2 (paillettes à 77 %) à raison de 4 kg/1 000 L d'eau, depuis le début juillet jusqu'à la mi-août. Utiliser un volume d'eau suffisant pour mouiller la vigne au complet. Effectuer trois pulvérisations à intervalles de 10-12 jours. Ne pas pulvériser de bouillie concentrée, sous peine de brûler le feuillage. Pour que l'absorption soit efficace, la bouillie doit entrer en contact avec le fruit. Ne pas pulvériser de formulations de Ca contenant de l'azote après la fin juillet, sous peine de diminuer la qualité du fruit.

Si l'on utilise des chélates, on doit s'assurer qu'ils sont recommandés pour les pulvérisations foliaires. Quelle que soit la formulation, toujours consulter le mode d'emploi afin d'en connaître la concentration et la compatibilité avec les pesticides. Le produit utilisé n'est pas aussi important que la quantité totale du calcium effectivement épandue (calcium exprimé en poids élémentaire). Par exemple, le chlorure de calcium (paillettes à 77 %) contient 28 % de calcium élémentaire. Pour obtenir des résultats acceptables, il faut souvent appliquer jusqu'à 12 kg de Ca élémentaire/ha en quatre pulvérisations ou plus. Les pulvérisations foliaires de calcium risquent de brûler le feuillage et les fruits si elles sont faites par temps froid et humide, des conditions qui ralentissent le ressuyage au printemps. Des lésions sont aussi à craindre quand le calcium est pulvérisé par temps très chaud (plus 25 °C) ou humide.

Oligo-éléments pour les vignes

Les carences en oligo-éléments ne sont pas très fréquentes dans les plantations fruitières de l'Ontario. La variation acceptable des concentrations en oligo-éléments n'est pas très grande. Les excès sont parfois plus dommageables que les carences. En conséquence, ne pas apporter d'oligo-éléments, sauf si on a fait une analyse des pétioles et que celle-ci confirme une carence. N'appliquer que l'oligo-élément qui est déficitaire et en quantités tout juste suffisantes pour corriger le problème.

La chlorose induite par la chaux est une carence en fer ou en manganèse parfois induite par des sols alcalins riches en bicarbonates ou par des apports excessifs de chaux. Pour plus de détails, voir la rubrique Oligo-éléments.


Attention : Ne pas pulvériser des formulations concentrées d'éléments nutritifs et ne pas faire de pulvérisations lorsque la température dépasse 25 ºC.



Auteur : Le personnel du MAAARO
Date de création : 18 février 2010
Dernière révision : 09 août 2010

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