Gestion du sol, fertilisation, nutrition des cultures et cultures de couverture: Azote


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Extrait du Publication 360F, Recommandations pour les cultures fruitières, 2010-11
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Table des matiéres

  1. Introduction
  2. Azote et environneme
  3. Sources d'azote
    • Tableau 3-10. Engrais - Éléments nutritifs primaires (azoté) (PDF 105 kb)
    • Tableau 3-11. Apport azoté des légumineuses enfouies comme engrais vert (PDF 106 kb)
    • Tableau 3-12. Valeurs de remplacement moyennes en fertilisants de différents types de fumier (PDF 99 kb)
  4. D'autres matières dans la Gestion du sol, fertilisation et nutrition des cultures
  5. Chapitre 3 - Gestion du sol, fertilisation et nutrition des cultures - PDF 317 kb
  6. Liens connexes

Introduction

L'azote est un élément important pour la croissance et le développement de toutes les cultures. L'azote est présent à l'état naturel dans tous les sols. En s'alimentant de résidus de culture et de matière organique, les microorganismes terricoles libèrent de l'azote dans le sol. Ainsi, plus le sol est riche en matière organique, plus les concentrations d'azote naturellement biodisponibles augmentent. Les pratiques de gestion qui visent à maintenir et à accroître les teneurs en matière organique du sol contribuent également à accroître la fertilité du sol et la productivité des cultures. Des légumineuses, comme la luzerne et le trèfle rouge, rendent le sol plus fertile en prélevant l'azote dans l'atmosphère et en le libérant dans le sol.

Habituellement, les premiers signes de carence en azote se manifestent sur les vieilles feuilles. Celles-ci pâlissent puis jaunissent au fur et à mesure que l'azote est relocalisé des vieilles feuilles moins productives vers les nouvelles pousses. Le temps froid de début de saison provoque souvent des carences en azote temporaires. Ces carences sont alors davantage attribuables aux mauvaises conditions de croissance qu'à un manque d'azote dans le sol.

Azote et environnement

La teneur du sol en azote change constamment. Des procédés comme le lessivage et la dénitrification appauvrissent le sol en azote. La dénitrification survient quand le sol est gorgé d'eau. Les microorganismes anaérobies convertissent les nitrates et l'ammoniac en oxyde de diazote. Ce gaz peut engendrer la pollution de l'air; il est environ 300 fois plus dangereux que le dioxyde de carbone comme gaz à effet de serre.

L'azote des nitrates, bien qu'il soit facilement assimilable par les végétaux, est facilement emporté par l'eau du sol. Par conséquent, il risque de polluer les eaux souterraines et les eaux de surface.

Quand l'apport d'azote correspond aux besoins des cultures, les risques de contamination de l'environnement sont considérablement réduits. C'est à la fin de l'automne et au début du printemps que les risques de perte d'azote sont les plus grands. Les apports d'azote qui sont calculés en fonction des besoins des cultures laissent moins d'azote résiduel dans le sol à la fin de la saison de croissance et réduisent les pertes dans l'environnement.

Il est important de tenir compte des apports d'engrais, de fumier et d'autres sources d'azote quand on évalue les besoins d'une culture en fertilisants. Voici d'autres pratiques de gestion qui réduisent les risques de pertes des nitrates :

  • utiliser des plantes couvre-sol;
  • faire les épandages d'azote au moment le plus rapproché de celui où les cultures prélèveront cet azote;
  • réduire la quantité totale d'azote épandu.

Pour plus d'information sur le cycle de l'azote et le rôle de cet élément dans l'environnement, voir la publication 611F du MAAARO, Manuel sur la fertilité du sol.

Sources d'azote

Engrais synthétiques

Les sources les plus courantes d'engrais azoté sont décrites dans le tableau 3-10, Engrais - Éléments nutritifs primaires. En général, toutes les sources d'azote se valent. Ce sont davantage les coûts, la conduite des cultures et la facilité d'application qui font porter le choix sur une source plutôt qu'une autre.

S'il faut épandre de l'azote au printemps quand la température du sol est encore inférieure à 10 °C, l'utilisation d'urée peut contribuer à prévenir les pertes par lessivage. Dans de telles conditions, l'urée met de trois à six semaines environ pour se convertir en azote assimilable par les végétaux, soit en azote ammoniacal et en azote des nitrates. Étant donné que seul l'azote des nitrates est sujet au lessivage, les pluies du début du printemps ne provoqueront pas de lessivage de l'azote. Au moment où se produit la conversion de l'azote, la culture amorce une phase de croissance rapide qui réduit au minimum la percolation de l'eau dans le sol et par le fait même les risques de lessivage.

Tableau 3-10. Engrais - Éléments nutritifs primaires (azoté) (PDF 105 kb)

Engrais azotés
Présentation Azote (% de N)
Nitrate d'ammonium
sèche
34
Urée
sèche
46
Sulfate d'ammonium
sèche
20
Nitrate d'ammonium et de calcium
sèche
27
Nitrate de calcium
sèche
15,5
Nitrate d'ammonium et urée
liquide
28-32
Ammoniac anhydre
liquide1
82

1 Liquide sous pression

Voir aussi:

Produits modifiant la libération d'azote

Les engrais à libération lente sont faits de granulés qui ont été enduits de soufre ou d'un polymère qui assure une libération graduelle de l'azote. Des inhibiteurs de la nitrification sont ajoutés à ces engrais azotés pour retarder la conversion chimique de l'urée en des formes biodisponibles. Selon les conditions météorologiques, il peut arriver que le moment de la libération de l'azote ne coïncide pas avec la période où les végétaux en ont le plus besoin.

Azote contenu dans le fumier

En plus de constituer une source d'éléments nutritifs et d'oligo-éléments, le fumier est aussi une source appréciable de matière organique qui contribue à bâtir et à maintenir la structure du sol. Ajuster les doses d'engrais en fonction des éléments nutritifs contenus dans le fumier.

De 50 à 60 % de l'azote assimilable contenu dans le fumier est assimilable au cours de la première saison de croissance suivant l'épandage. L'azote organique restant devient assimilable en petites quantités qui diminuent graduellement au cours des années subséquentes. Jusqu'à 10 % de l'azote total contenu dans le fumier peut être assimilable par la culture l'année suivante. Lorsque du fumier est appliqué régulièrement sur un champ, la concentration d'azote résiduel assimilable par une culture peut être appréciable.

Les quantités d'éléments nutritifs contenus dans le fumier peuvent varier considérablement. Le type d'élevage, la ration, la litière, les liquides ajoutés et le système de stockage sont autant de facteurs qui influencent la composition du fumier. Le tableau 3-11. Valeurs de remplacement moyennes en fertilisants de différents types de fumier, montre la teneur approximative des fumiers en azote assimilable. Une analyse du fumier, offerte par plusieurs laboratoires en Ontario, donne un portrait plus précis de la composition d'un fumier en particulier. Voir l'annexe C, Laboratoires accrédités pour les analyses de sol en Ontario, pour une liste de laboratoires offrant ce service.

Tableau 3-11a. Valeurs de remplacement moyennes en fertilisants de différents types de fumier (PDF 106 kb)

Type de fumier
Moyenne de matière sèche (%)

N assimilable2

au printemps

P2O5
assimilable3
kg/1,000 L (lb/1,000 gal)
K2O assimilable4
kg/1,000 L (lb/1,000 gal)
Liquide - bovins laitiers 8,4 1,8 (18) 0,77 (7,7) 2,6 (26)
Liquide - porcs 3,7 2,7 (27) 1,2 (12,0) 1,9 (19)
Liquide - volaille 10,5 5,8 (58) 2,8 (28,0) 3,2 (32)

Tableau 3-11b. Valeurs de remplacement moyennes en fertilisants de différents types de fumier (PDF 106 kb)

% Average
Dry Matter
kg/tonne (lb/tonne imp.)
Available N2
Spring
kg/tonne (lb/tonne imp.)
Available3
P205
kg/tonne (lb/tonne imp.)
Available4
K20
kg/tonne (lb/tonne imp.)
Solide - volaille 55,3 10,5 (21,0) 11,0 (22,0) 13,4 (26,8)
Solide - bovins laitiers 25,0 1,8 (3,6) 1,5 (3,0) 5,2 (10,5)
Composté - bovins laitiers 38,3 2,9 (5,8) 2,6 (5,2) 11,8 (23,8)
Solide - bovins de boucherie 28,4 1,9 (3,8) 2,1 (4,3) 6,1 (12,2)
Moutons 33,8 2,9 (5,9) 2,6 (5,2) 8,3 (16,7)
Chevaux 37,4 1,3 (2,6) 1,4 (2,8) 4,6 (9,3)

Données fondées sur une moyenne des résultats d'analyse de plus de 3000 échantillons. Les données varient considérablement d'un fumier à l'autre, si bien que l'analyse du fumier reste la meilleure indication des éléments nutritifs assimilables.1

1 Données tirées des analyses de fumier fournies par les laboratoires de l'Ontario entre 1992 et 2007
2En supposant un épandage au printemps avec enfouissement dans les 24 heures qui suivent. Le fumier non incorporé au sol apporte moins de N en raison des pertes d'ammoniac
3 On estime que, l'année de l'application, la biodisponibilité du phosphate provenant du fumier ou de biosolides est égale à environ 40 % de celle du phosphate contenu dans les engrais commerciaux (une autre tranche de 40 % du phosphore sera biodisponible l'année suivante).
4 On estime que, l'année de l'application, la biodisponibilité du potassium provenant du fumier ou de biosolides est égale à environ 90 % de celle du potassium contenu dans les engrais commerciaux.

Utiliser le fumier de manière responsable :

  • Éviter d'épandre du fumier sur un sol gelé ou enneigé
  • Éviter d'épandre du fumier quand le risque de ruissellement est élevé (sol détrempé, pluie imminente, etc.)
  • Travailler le sol avant d'épandre du fumier liquide de manière à briser les fissures du sol et macropores, et à empêcher le fumier d'être emporté vers les drains souterrains et les nappes d'eaux souterraines peu profon-des.
  • Injecter le fumier dans le sol ou l'incorporer au sol de manière à réduire au minimum les pertes d'ammoniac dans l'atmosphère et à conserver ainsi davantage d'azote dans le sol pour le bénéfice des cultures.
  • Pour le stockage du fumier, respecter les recommandations qui sont faites dans la fiche technique no 10-040 du MAAARO, Entreposage temporaire au champ de matières prescrites ou fumiers solides.

Fumier et salubrité des aliments

Les fruits peuvent devenir contaminés au champ s'ils entrent en contact avec des agents pathogènes responsables de maladies chez l'être humain. Ces agents pathogènes peuvent provenir du fumier et des composts à base de fumier. On sait peu de choses sur leur persistance dans le fumier. Un compostage bien conduit du fumier, pendant lequel celui-ci reste à une température donnée pendant un certain temps, présente l'avantage de réduire la concentration de la plupart des agents pathogènes. Éviter les épandages de fumier dans les 120 jours qui précèdent la cueillette.

Légumineuses

Les légumineuses sont capables de piéger et de fixer l'azote atmosphérique. Lors de la décomposition des résidus d'une culture de légumineuses, l'azote devient assimilable par les cultures subséquentes. Quand une culture fruitière suit une culture de luzerne fourragère ou une culture de couverture de légumineuses comme le trèfle rouge, il faut réduire la dose d'engrais azoté tel qu'il est indiqué dans le tableau 3-12, Apport azoté des légumineuses enfouies comme engrais vert.

Autres sources organiques d'éléments nutritifs

Certains producteurs épandent des matières sèches biologiques (biosolides) provenant de la pulpe et du papier dans leurs vergers et leurs vignobles pour maintenir les concentrations de matière organique dans le sol. Au préalable, il leur faut absolument obtenir un certificat d'autorisation du ministère de l'Environnement de l'Ontario (MEO) relativement au site. Les doses, qui dépendent de la teneur du produit en azote, peuvent osciller entre 25-30 tonnes sèches/ha. C'est le MEO qui décide en dernière analyse si la matière peut être épandue et à quel taux. Toutes les restrictions touchant cette opération sont stipulées sur le certificat d'autorisation.

Les biosolides produits par les usines d'épuration des eaux ou les papetières peuvent être une source importante d'éléments nutritifs et de matière organique. L'utilisation des biosolides est régie par des lignes directrices dont on peut obtenir copie en s'adressant au MAAARO ou au MEO. Le producteur qui veut épandre des biosolides sur ses terres agricoles doit obtenir au préalable un certificat d'autorisation délivré par le MEO. L'entreprise qui épand des biosolides doit normalement fournir des rapports d'analyse au propriétaire des terres sur lesquelles ces matières sont épandues. Les producteurs de légumes doivent toujours se renseigner auprès de l'usine de transformation, de la conserverie ou de l'entreprise de courtage à laquelle ils vendent leurs produits, avant d'épandre des biosolides d'épuration municipaux sur une terre où la rotation culturale inclut des légumes.

Dans les trois mois qui précèdent la cueillette ou les vendanges, il est interdit d'épandre des biolsolides d'épuration municipaux dans les vergers et les vignobles. Dans les plantations de petits fruits (fraises, framboises et bleuets), ce délai est de quinze mois.

Tableau 3-12. Valeurs de remplacement moyennes en fertilisants de différents types de fumier (PDF 99 kb)

Composition de l'engrais vert
Pour toutes les cultures, réduction du besoin en azote
(kg de N/ha)
Moins du 1/3 en légumineuses 0
De 1/3 à 1/2 en légumineuses 55
1/2 ou plus en légumineuses 100
Légumineuses vivaces semées et enfouies la même année 451
Résidus de soya et de haricots de grande culture 0

1 En supposant une forte densité du peuplement et une hauteur des plants de légumineuses supérieure à 40 cm.

Évitez de brûler les cultures!

Bien des engrais à base d'azote et de potasse renferment beaucoup de sel. Un éventuel contact entre les plantules en germination ou les jeunes plants et une bande de fertilisant concentré risque d'endommager gravement les racines fragiles. Il est donc important, à chaque application, de veiller à choisir le bon fertilisant et à utiliser la bonne dose.

L'urée est une source d'azote efficace et économique pour les épandages de pleine surface, mais sa teneur en sel est relativement élevée. L'urée ne convient donc pas aux engrais de démarrage ni aux applications en bandes latérales. Si le sol est sec au moment des plantations, l'urée risque de provoquer des brûlures dans les loams sableux à texture grossière, ce qui devrait inciter les producteurs à opter pour une autre source d'azote. L'ammoniac anhydre renferme aussi passablement de sel. C'est une bonne source d'azote pour les épandages en bandes latérales, pourvu que le produit soit injecté dans le sol.

Veiller à ce que les engrais utilisés au départ d'une culture ou au moment de sa mise en place renferment tout juste la quantité d'azote nécessaire pour assurer le démarrage de la culture. Les engrais qui ont une teneur en azote correspondant à plus de la moitié de leur teneur en phosphate renferment souvent de l'urée et risquent d'endommager la culture.

Liens connexes


Auteur : Le personnel du MAAARO
Date de création : 8 juin 2007
Dernière révision : 22 juillet 2010

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