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Gestion du sol, fertilisation, nutrition des cultures et cultures de couverture: Azote
Extrait du Publication 360F, Recommandations pour
les cultures fruitières, 2010-11 Table des matiéres
IntroductionL'azote est un élément important pour la croissance et
le développement de toutes les cultures. L'azote est présent
à l'état naturel dans tous les sols. En s'alimentant de
résidus de culture et de matière organique, les microorganismes
terricoles libèrent de l'azote dans le sol. Ainsi, plus le sol
est riche en matière organique, plus les concentrations d'azote
naturellement biodisponibles augmentent. Les pratiques de gestion qui
visent à maintenir et à accroître les teneurs en matière
organique du sol contribuent également à accroître
la fertilité du sol et la productivité des cultures. Des
légumineuses, comme la luzerne et le trèfle rouge, rendent
le sol plus fertile en prélevant l'azote dans l'atmosphère
et en le libérant dans le sol. Habituellement, les premiers signes de carence en azote se manifestent
sur les vieilles feuilles. Celles-ci pâlissent puis jaunissent au
fur et à mesure que l'azote est relocalisé des vieilles
feuilles moins productives vers les nouvelles pousses. Le temps froid
de début de saison provoque souvent des carences en azote temporaires.
Ces carences sont alors davantage attribuables aux mauvaises conditions
de croissance qu'à un manque d'azote dans le sol. Azote et environnementLa teneur du sol en azote change constamment. Des procédés comme le lessivage et la dénitrification appauvrissent le sol en azote. La dénitrification survient quand le sol est gorgé d'eau. Les microorganismes anaérobies convertissent les nitrates et l'ammoniac en oxyde de diazote. Ce gaz peut engendrer la pollution de l'air; il est environ 300 fois plus dangereux que le dioxyde de carbone comme gaz à effet de serre. L'azote des nitrates, bien qu'il soit facilement assimilable par les
végétaux, est facilement emporté par l'eau du sol.
Par conséquent, il risque de polluer les eaux souterraines et les
eaux de surface. Quand l'apport d'azote correspond aux besoins des cultures, les risques
de contamination de l'environnement sont considérablement réduits.
C'est à la fin de l'automne et au début du printemps que
les risques de perte d'azote sont les plus grands. Les apports d'azote
qui sont calculés en fonction des besoins des cultures laissent
moins d'azote résiduel dans le sol à la fin de la saison
de croissance et réduisent les pertes dans l'environnement. Il est important de tenir compte des apports d'engrais, de fumier et
d'autres sources d'azote quand on évalue les besoins d'une culture
en fertilisants. Voici d'autres pratiques de gestion qui réduisent
les risques de pertes des nitrates :
Pour plus d'information sur le cycle de l'azote et le rôle de cet
élément dans l'environnement, voir la publication 611F du
MAAARO, Manuel sur la fertilité
du sol. Sources d'azoteEngrais synthétiquesLes sources les plus courantes d'engrais azoté sont décrites
dans le tableau 3-10, Engrais - Éléments
nutritifs primaires. En général, toutes les sources
d'azote se valent. Ce sont davantage les coûts, la conduite des
cultures et la facilité d'application qui font porter le choix
sur une source plutôt qu'une autre. S'il faut épandre de l'azote au printemps quand la température du sol est encore inférieure à 10 °C, l'utilisation d'urée peut contribuer à prévenir les pertes par lessivage. Dans de telles conditions, l'urée met de trois à six semaines environ pour se convertir en azote assimilable par les végétaux, soit en azote ammoniacal et en azote des nitrates. Étant donné que seul l'azote des nitrates est sujet au lessivage, les pluies du début du printemps ne provoqueront pas de lessivage de l'azote. Au moment où se produit la conversion de l'azote, la culture amorce une phase de croissance rapide qui réduit au minimum la percolation de l'eau dans le sol et par le fait même les risques de lessivage. Tableau 3-10. Engrais - Éléments nutritifs primaires (azoté) (PDF 105 kb)
1 Liquide sous pression Voir aussi:
Produits modifiant la libération d'azoteLes engrais à libération lente sont faits de granulés
qui ont été enduits de soufre ou d'un polymère qui
assure une libération graduelle de l'azote. Des inhibiteurs de
la nitrification sont ajoutés à ces engrais azotés
pour retarder la conversion chimique de l'urée en des formes biodisponibles.
Selon les conditions météorologiques, il peut arriver que
le moment de la libération de l'azote ne coïncide pas avec
la période où les végétaux en ont le plus
besoin. Azote contenu dans le fumierEn plus de constituer une source d'éléments nutritifs et
d'oligo-éléments, le fumier est aussi une source appréciable
de matière organique qui contribue à bâtir et à
maintenir la structure du sol. Ajuster les doses d'engrais en fonction
des éléments nutritifs contenus dans le fumier. De 50 à 60 % de l'azote assimilable contenu dans le fumier est
assimilable au cours de la première saison de croissance suivant
l'épandage. L'azote organique restant devient assimilable en petites
quantités qui diminuent graduellement au cours des années
subséquentes. Jusqu'à 10 % de l'azote total contenu dans
le fumier peut être assimilable par la culture l'année suivante.
Lorsque du fumier est appliqué régulièrement sur
un champ, la concentration d'azote résiduel assimilable par une
culture peut être appréciable. Les quantités d'éléments nutritifs contenus dans le fumier peuvent varier considérablement. Le type d'élevage, la ration, la litière, les liquides ajoutés et le système de stockage sont autant de facteurs qui influencent la composition du fumier. Le tableau 3-11. Valeurs de remplacement moyennes en fertilisants de différents types de fumier, montre la teneur approximative des fumiers en azote assimilable. Une analyse du fumier, offerte par plusieurs laboratoires en Ontario, donne un portrait plus précis de la composition d'un fumier en particulier. Voir l'annexe C, Laboratoires accrédités pour les analyses de sol en Ontario, pour une liste de laboratoires offrant ce service. Tableau 3-11a. Valeurs de remplacement moyennes en fertilisants de différents types de fumier (PDF 106 kb)
Tableau 3-11b. Valeurs de remplacement moyennes en fertilisants de différents types de fumier (PDF 106 kb)
Données fondées sur une moyenne des résultats d'analyse de plus de 3000 échantillons. Les données varient considérablement d'un fumier à l'autre, si bien que l'analyse du fumier reste la meilleure indication des éléments nutritifs assimilables.1 1 Données tirées des analyses de fumier fournies
par les laboratoires de l'Ontario entre 1992 et 2007 Utiliser le fumier de manière responsable
:
Fumier et salubrité des alimentsLes fruits peuvent devenir contaminés au champ s'ils entrent en contact avec des agents pathogènes responsables de maladies chez l'être humain. Ces agents pathogènes peuvent provenir du fumier et des composts à base de fumier. On sait peu de choses sur leur persistance dans le fumier. Un compostage bien conduit du fumier, pendant lequel celui-ci reste à une température donnée pendant un certain temps, présente l'avantage de réduire la concentration de la plupart des agents pathogènes. Éviter les épandages de fumier dans les 120 jours qui précèdent la cueillette. LégumineusesLes légumineuses sont capables de piéger et de fixer l'azote atmosphérique. Lors de la décomposition des résidus d'une culture de légumineuses, l'azote devient assimilable par les cultures subséquentes. Quand une culture fruitière suit une culture de luzerne fourragère ou une culture de couverture de légumineuses comme le trèfle rouge, il faut réduire la dose d'engrais azoté tel qu'il est indiqué dans le tableau 3-12, Apport azoté des légumineuses enfouies comme engrais vert. Autres sources organiques d'éléments nutritifsCertains producteurs épandent des matières sèches
biologiques (biosolides) provenant de la pulpe et du papier dans leurs
vergers et leurs vignobles pour maintenir les concentrations de matière
organique dans le sol. Au préalable, il leur faut absolument obtenir
un certificat d'autorisation du ministère de l'Environnement de
l'Ontario (MEO) relativement au site. Les doses, qui dépendent
de la teneur du produit en azote, peuvent osciller entre 25-30 tonnes
sèches/ha. C'est le MEO qui décide en dernière analyse
si la matière peut être épandue et à quel taux.
Toutes les restrictions touchant cette opération sont stipulées
sur le certificat d'autorisation. Les biosolides produits par les usines d'épuration des eaux ou les papetières peuvent être une source importante d'éléments nutritifs et de matière organique. L'utilisation des biosolides est régie par des lignes directrices dont on peut obtenir copie en s'adressant au MAAARO ou au MEO. Le producteur qui veut épandre des biosolides sur ses terres agricoles doit obtenir au préalable un certificat d'autorisation délivré par le MEO. L'entreprise qui épand des biosolides doit normalement fournir des rapports d'analyse au propriétaire des terres sur lesquelles ces matières sont épandues. Les producteurs de légumes doivent toujours se renseigner auprès de l'usine de transformation, de la conserverie ou de l'entreprise de courtage à laquelle ils vendent leurs produits, avant d'épandre des biosolides d'épuration municipaux sur une terre où la rotation culturale inclut des légumes. Dans les trois mois qui précèdent la cueillette ou les vendanges, il est interdit d'épandre des biolsolides d'épuration municipaux dans les vergers et les vignobles. Dans les plantations de petits fruits (fraises, framboises et bleuets), ce délai est de quinze mois. Tableau 3-12. Valeurs de remplacement moyennes en fertilisants de différents types de fumier (PDF 99 kb)
1 En supposant une forte densité du peuplement et une hauteur des plants de légumineuses supérieure à 40 cm. Évitez de brûler les cultures!Bien des engrais à base d'azote et de potasse renferment beaucoup
de sel. Un éventuel contact entre les plantules en germination
ou les jeunes plants et une bande de fertilisant concentré risque
d'endommager gravement les racines fragiles. Il est donc important, à
chaque application, de veiller à choisir le bon fertilisant et
à utiliser la bonne dose. L'urée est une source d'azote efficace et économique pour
les épandages de pleine surface, mais sa teneur en sel est relativement
élevée. L'urée ne convient donc pas aux engrais de
démarrage ni aux applications en bandes latérales. Si le
sol est sec au moment des plantations, l'urée risque de provoquer
des brûlures dans les loams sableux à texture grossière,
ce qui devrait inciter les producteurs à opter pour une autre source
d'azote. L'ammoniac anhydre renferme aussi passablement de sel. C'est
une bonne source d'azote pour les épandages en bandes latérales,
pourvu que le produit soit injecté dans le sol. Veiller à ce que les engrais utilisés au départ
d'une culture ou au moment de sa mise en place renferment tout juste la
quantité d'azote nécessaire pour assurer le démarrage
de la culture. Les engrais qui ont une teneur en azote correspondant à
plus de la moitié de leur teneur en phosphate renferment souvent
de l'urée et risquent d'endommager la culture. Liens connexes
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