Publication 360F, Recommandations pour les cultures fruitiéres : Seuils d’intervention


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l'image de couverture du Publication 360F, Recommandations pour les cultures fruitièresTable des matiéres

  1. Introduction
  2. Seuils d’intervention
  3. D'autres matières dans la Lutte contre les ennemis des cultures
  4. Chapitre 2 - Lutte contre les ennemis des cultures (PDF 240 kb)
  5. Liens connexes

Introduction

La mise en œuvre d'un programme de LI est déterminée par les seuils d'intervention, c.-à-d. les niveaux à partir desquels les traitements pesticides s'imposent pour prévenir des pertes économiques. On tolère certains dommages à la culture tant qu'ils n'excèdent pas le coût des interventions.

Dans le cas des insectes nuisibles, les seuils d'intervention reposent habituellement sur des niveaux de population précis. Les seuils d'intervention établis pour les ennemis directs (ceux qui se nourrissent des fruits et qui ont un effet immédiat sur la qualité de ceux-ci) sont généralement plus bas que les seuils d'intervention établis pour les ennemis indirects (ceux qui se nourrissent des feuilles, des tiges ou des racines).

Dans le cas des maladies, les directives peuvent être basées sur les dommages éventuels causés par les maladies. Cette estimation est faite à partir des modèles météorologiques, de la tolérance de la culture, du stade phénologique de la culture et des observations sur le terrain.

Des seuils d'intervention n'ont pas été mis au point ni validés pour tous les ennemis des cultures en Ontario. Même les seuils d'intervention établis nécessitent des ajustements en fonction des différents cultivars, des marchés et de la vigueur de la culture. Il peut aussi arriver qu'il faille réviser les seuils d'intervention établis pour optimiser l'utilisation de nouveaux produits à risque réduit.

Se servir des seuils indiqués dans le tableau 2-2, Exemples de seuils d'intervention pour différents ennemis des cultures fruitières en Ontario, à gauche, ainsi que de l'information détaillée présentée dans les chapitres consacrés aux différentes cultures en ce qui a trait aux techniques d'échantillonnage, à la taille des échanti-lons, aux stades des cultures, au moment des pulvérisations et aux caractéristiques des pesticides.

Tableau 2-2. Exemples de seuils d'intervention pour différents ennemis des cultures fruitières en Ontario (PDF 117 kb)

Culture

Ennemi

Moment de la pulvérisation

Taille minimale de l'échantillon

Seuil d'intervention

Remarques

Fraise

Punaise terme

Floraison - fruit vert

20 grappes

Environ 0,25 nymphe par grappe

Privilégier les méthodes d'échantillonnage séquentielles. Voir la page Web consacrée à la punaise terne à partir du site
LIcultures Ontario

Fraise

Anthonome de la fleur du fraisier

Avant la 1re floraison

5 endroits

13 bourgeons sectionnés
par 2 pi2 de rang

Échantillonner les rangs périmétriques.

Fraise

Tétranyque à deux points

Avant la cueillette ou en juillet-août

50 folioles

Seuil bas :
5 tétranyques par foliole
Seuil haut : 20 tétranyques par foliole

Utiliser le seuil bas pour les cultivars sensibles avant la floraison ou s'il y a eu des lâchers d'acariens utiles.
Utiliser le seuil haut après la cueillette.

Framboise

Rhizophage du framboisier

Octobre ou quand les tiges fructifères de l'année commencent à pousser au printemps

Bloc entier

5 % des tiges ayant dépéri

 

Pomme

Punaise de la molène

De la chute des pétales au calice

25 tapes par bloc

De 7 à 9 nymphes après 25 tapes

Échantillonner les cultivars sensibles comme Red Delicious et Northern Spy.

Pomme

Mineuse marbrée du pommier

Du bouton rose au calice

 

50 dards

De 3 à 5 œufs par dard

Appliquer un insecticide dès l'éclosion des premiers œufs.

Pomme

Cicadelle de la pomme de terre

Début de l'été une fois les champs avoisinants de foin de luzerne fauchés

Bloc entier

Blocs établis : au moins 25 % des jeunes feuilles portant des symptômes
Vignobles de 1 ou 2 ans : 10 % des jeunes feuilles portant des symptômes

Appliquer un insecticide quand le gros de la population est au stade nymphal.
Les symptômes comprennent le jaunissement du pourtour des feuilles et l'enroulement des feuilles.


Modèles de degrés-jours et détermination d'un repère biologique

La lumière, l'humidité et surtout la température influencent la croissance et le développement des végétaux et de leurs ennemis. Chaque nouveau stade de croissance nécessite une somme de chaleur suffisante.

La quantité de chaleur dont les insectes et les acariens ont besoin pour passer d'un stade de croissance à un autre est la même d'une année à l'autre, mais le temps nécessaire peut varier selon les conditions atmosphériques. À chaque insecte et acarien sont associés une température de base minimale et une température de base maximale au-dessous et au-dessus desquelles il n'y a pas de croissance. Ces températures de base sont différentes pour chaque ennemi.

Les degrés-jours (DJ) servent à évaluer la croissance et le développement des ravageurs durant la saison de croissance (voir le tableau 2-3, Exemples de modèles de degrés-jours utilisés pour les cultures fruitières). Ils permettent de prévoir à quel moment surviendront des événements comme la ponte, l'éclosion des œufs, la migration des larves ou l'apparition d'une maladie, information qui sert ensuite à planifier le calendrier de surveillance et les programmes de pulvérisations. Par exemple, les DJ peuvent permettre de prévoir le moment où surviendra le premier vol de carpocapses de la pomme adultes ou le pourcentage d'ascospores de la tavelure du pommier qui sont parvenus à maturité dans le verger.

Plusieurs méthodes permettent de calculer les DJ, mais la méthode habituellement utilisée avec du matériel de surveillance ordinaire est la méthode de la moyenne ou la méthode du " max./min. ". Les DJ pour un ennemi en particulier sont calculés comme suit :

DJ = ((°C quot. max.) + (°C quot. min.)÷ 2) - temp. de base min.

Les DJ s'accumulent quotidiennement jusqu'à ce que le total applicable à un ennemi en particulier soit atteint. La méthode de la moyenne fonctionne plutôt bien la plupart du temps, mais elle peut mener à des erreurs dans le choix du moment des traitements lors des longs printemps frais ou des étés très chauds, parce qu'elle peut soit sous-estimer les DJ réels dans le premier cas ou les surestimer dans le second.

Voici un exemple des résultats obtenus par la méthode de la moyenne pour une journée de printemps relativement fraîche :

Températures de base établies aux fins du calcul des DJ pour un ennemi sous observation donné :

Température de base minimale = 10°C
Température de base maximale = 35°C

Pour une journée donnée :

Température minimale = 5°C
Température maximale = 15°C
Nombre de DJ accumulés au cours de cette journée = ((15+5) ÷ 2) - 10 = 0

La température maximale était plus élevée que la température de base applicable à l'insecte, de telle sorte que la croissance et le développement étaient possibles pendant au moins une partie de la journée. Cependant, aucun DJ ne fut accumulé. Cet exemple illustre comment les températures fraîches, particulièrement au cours de plusieurs journées, peuvent mener à une sous-estimation du développement des insectes.

Les DJ commencent à s'accumuler soit à partir d'une date précise, comme le 1er avril de chaque année, soit à partir d'un repère biologique (biofix) précis, qui correspond à un événement en particulier. Un repère souvent utilisé dans le cas des insectes est la première capture substantielle de l'insecte dans les pièges à phéromone.

L'utilisation d'un repère biologique conduit à des prévisions plus précises et permet d'abréger la période de surveillance des températures.

Les modèles de DJ comportent des limites :

  • Des facteurs comme l'humidité, l'intensité de la lumière et les précipitations influencent aussi le développement des insectes. Par conséquent, les prévisions de DJ ne fournissent qu'une estimation du développement de l'ennemi, estimation qu'il reste à valider à partir des observations recueillies sur le terrain.
  • Les températures utilisées pour déterminer les DJ doivent correspondre au milieu dans lequel les ennemis se développent. Utiliser des données provenant d'endroits situés dans un rayon d'au plus 1,6 km (1 mille) du verger ou du champ qui fait l'objet de la surveillance.
  • Des modèles de DJ ont été mis au point et validés pour quelques ennemis seulement des cultures fruitières en Ontario.

Tableau 2-3. Exemples de modèles de degrés-jours utilisés pour les cultures fruitières (PDF 106 kb)

Insecte

Modèle

Punaise terne (fraisiers) · Nombre de DJ utilisés pour prévoir l'apparition des nymphes dans les fraisiers : 30-40 DJ (temp. de base 12,1 °C) après le 1er avril
Carpocapse de la pomme
(pommiers)
· Nombre de DJ utilisés pour prévoir l'éclosion des premiers œufs : 139 DJ (temp. de base 10 °C) après le repère biologique (début des captures soutenues de carpocapses)


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Auteur : Le personnel du MAAARO
Date de création : 23 août 2010
Dernière révision : 26 janvier 2011

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