Publication 360F, Recommandations pour les cultures fruitiéres : Méthodes de lutte contre les ennemis des cultures


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Table des matiéresl'image de couverture du Publication 360F, Recommandations pour les cultures fruitières

  1. Méthodes de lutte contre les ennemis des cultures
  2. Méthodes de lutte culturale
  3. Méthodes de lutte biologique
  4. Méthodes de lutte chimique
  5. D'autres matières dans la lutte contre les ennemis des cultures
  6. Chapitre 2 - Lutte contre les ennemis des cultures (PDF 240 kb)
  7. Liens connexes

Méthodes de lutte contre les ennemis des cultures

Méthodes de lutte culturale

De nombreuses méthodes de lutte culturale peuvent prévenir ou retarder l'apparition de foyers d'infection ou d'infestation. Adopter les méthodes de lutte culturale suivantes :

  • Choisir des emplacements moins propices aux ennemis des cultures. Éviter d'établir des plantations dans des zones mal drainées.
  • Choisir des cultivars moins sensibles à la pression exercée par les maladies ou les insectes (voir le tableau 6-20, Évaluation des cultivars de fraisier quant à leur résistance aux maladies, et le tableau 8-5, Sensibilité relative des cépages aux maladies)
  • Dans la mesure du possible, intégrer dans les rotations des cultures qui ne sont pas des hôtes afin de briser le cycle de l'infection ou de l'infestation. Ne pas perdre de vue que certains insectes et que de nombreux agents pathogènes hivernent dans des résidus de culture.
  • Utiliser du matériel certifié exempt de maladies ou de virus, et produit conformément aux directives visant à réduire au minimum la présence d'autres ennemis.
  • Retirer du champ ou du verger toutes les sources d'infection (tas de rebuts, fruits tombés).
  • Lutter contre les mauvaises herbes et éliminer les hôtes sauvages non seulement à l'intérieur de la plantation mais aussi tout autour. Les mauvaises herbes ainsi que les vignes, les ronces et les arbres fruitiers sauvages peuvent servir d'hôtes intermédiaires à de nombreux ennemis des cultures.
  • Planter à proximité des espèces non apparentées comme barrière contre les insectes et les maladies. Éviter d'utiliser comme cultures intercalaires des espèces visées par les mêmes complexes d'ennemis des cultures.
  • Modifier l'habitat des insectes en introduisant des cultures de couverture favorables aux organismes utiles.
  • Élaguer et retirer le matériel infecté afin de réduire la pression exercée par les ennemis des cultures. L'élagage et le tuteurage destinés à améliorer la circulation d'air à l'intérieur de la frondaison assurent du même coup un meilleur recouvrement de la culture lors des pulvérisations.
  • Garder à l'esprit que l'irrigation faite au bon moment peut réduire le stress que subissent les végétaux durant les périodes de sécheresse, et augmenter leur tolérance aux ennemis des cultures. Prévoir les arrosages de manière à éviter que les plants ne restent mouillés toute la nuit.
  • Gérer les éléments nutritifs de manière à éviter un feuillage trop abondant qui rendrait les plants plus vulnérables à certaines maladies et attirerait certains organismes nuisibles.


Méthodes de lutte biologique

La lutte biologique fait appel à l'action d'antagonistes naturels, afin de contraindre les populations des ennemis des cultures. Ces antagonistes naturels, également appelés " auxiliaires de lutte ", peuvent être des prédateurs, des parasites, des agents pathogènes ou des nématodes.

Les insectes prédateurs et parasites sont surtout efficaces pour maîtriser les populations d'ennemis indirects tels que les pucerons, les cicadelles et les acariens. Ils le sont moins lorsqu'il s'agit de maintenir à des niveaux acceptables en production commerciale les populations d'ennemis directs (ceux qui s'attaquent au produit récolté). Parmi les insectes et acariens utiles importants pour les cultures fruitières de l'Ontario, mentionnons les carabes, les punaises de la molène, les punaises anthocorides, les chrysopes, les coccinelles et les phytoséiides.

La agents pathogènes naturels des insectes et des acariens comprennent des bactéries, des virus, des champignons et des protozoaires. Ils sont tous présents à l'état naturel parmi les populations d'insectes. Sous des conditions qui leur sont favorables, ils peuvent provoquer l'éclosion de foyers de maladies pouvant contraindre considérablement les populations d'insectes. Les pucerons et chenilles sont d'ailleurs souvent touchés par des infections virales ou fongiques cycliques qui se propagent facilement si le milieu est humide.

La culture des fruits en Ontario s'assortit du recours à plusieurs méthodes de lutte biologique, dont la lutte biologique classique, l'augmentation des populations d'ennemis naturels par des lâchers d'individus produits commercialement, et la conservation des ennemis naturels existants.

La lutte biologique classique repose sur l'importation d'ennemis naturels, dans l'espoir que ceux-ci parviennent à s'établir dans leur milieu d'accueil (tableau 2-4, Exemples d'agents de lutte biologique classique dans les cultures fruitières en Ontario, ci-dessous). On a généralement recours à cette méthode pour lutter contre des ravageurs exotiques ou introduits qui ont peu d'ennemis naturels dans leur nouvel habitat. La lutte biologique classique est une stratégie à long terme qui peut mettre des années, voire des décennies, à donner des résultats. Des protocoles stricts encadrent l'introduction d'espèces utiles pour éviter que celles-ci ne deviennent à leur tour nuisibles dans les régions hôtes.

Tableau 2-4. Exemples d'agents de lutte biologique classique dans les cultures fruitières en Ontario (PDF 106 kb)

Ennemi

Ennemi naturel importé; origine

Mode opératoire Remarques
Hoplocampe limace Lathrolestes ensator (Brauns); Europe La guêpe parasite une larve d'hoplocampe limace. Cette guêpe a été importée d'Europe et introduite dans les vergers commerciaux et les blocs de vergers non traités du Québec et de l'est ontarien.
Punaise terne Peristenus digoneutis; Europe Cette guêpe minuscule parasite les œufs de punaises ternes. Cette guêpe, d'abord introduite dans les champs de luzerne du New Jersey, se serait propagée naturellement un peu partout en Ontario. Des initiatives ont cours actuellement en Ontario pour favoriser l'établissement de ce parasite dans des fraiseraies biologiques.

 

L'augmentation des populations d'ennemis naturels se fait au moyen de lâchers périodiques d'individus pro-duits commercialement (tableau 2-5, Exemples d'augmentation des populations d'ennemis naturels par des lâchers d'individus produits commercialement, ci-dessus).

Tableau 2-5. Exemples d'augmentation des populations d'ennemis naturels par des lâchers d'individus produits commercialement (PDF 106 kb)

Agents de lutte biologique

Exemples

Ennemi combattu Cultures hôtes Taux de lâcher Remarques
Acariens prédateurs
Phytoseiulus persimilis
Tétranyque à deux points
Fraisiers et framboisiers, surtout sous hauts tunnels
À l'apparition des tétranyques :
3-4 individus/m²
Zones de forte infestation :
10-20 individus/m²
Donnent de meilleurs résultats quand le taux d'humidité est d'au moins 75 %. Ont besoin de tétranyques pour survivre. Ne faire les lâchers qu'une fois les premiers tétranyques aperçus.
Amblyseius californicus
Amblyseius fallacis
Tétranyque à deux points
Fraisiers et framboisiers, surtout sous hauts tunnels
Prévention :
1-2 individus/m²
Zones de forte infestation :
4-6 individus/m²
Donnent de meilleurs résultats par temps doux et sec.
Peuvent se nourrir de pollen en l'absence de leurs proies.
Nématodes se nourrissant de l'intérieur des larves d'insectes (nématodes entomo-pathogènes)
Heterorhabditis megidis
Steinernema kraussei
Larves du charançon de la racine du fraisier
Fraisiers
25 000 nématodes par plant
(approx.
1,2-5 milliards de nématodes/ha)
Appliquer dans l'eau servant au bassinage du sol ou à l'irrigation quand des larves du charançon de la racine du fraisier sont présentes.
Vérifier la température du sol et choisir le produit qui convient le mieux aux conditions de sol.

 

Cette pratique donne de très bons résultats dans les serres et les milieux offrant une maîtrise des conditions de culture. Elle est moins efficace en plein air où elle est soumise à l'influence des pulvérisations de pesticides, des intempéries, des infestations et de la culture elle-même. Dans le cas de certaines espèces d'agents de lutte biologique, il faut prévoir une source de nourriture de rechange quand leur source de nourriture principale vient à manquer. La qualité du produit et la durée de conservation sont des facteurs importants à prendre en compte quand il s'agit d'utiliser des agents de lutte biologique. Pour savoir où se procurer les insectes et aca-riens utiles, voir l'annexe A, Fournisseurs de matériel de surveillance et d'agents de lutte biologique, ou cliquer sur le liens Sources d'intrants culturaux à la page www.ontario.ca/cultures.

Lorsqu'on a recours aux méthodes de lutte biologique, il est important de surveiller les populations des orga-nismes nuisibles et de leurs ennemis afin de savoir à quel moment des lâchers supplémentaires s'imposent. Choisir avec soin les pesticides employés, car ceux-ci peuvent avoir des répercussions négatives à court et à long terme sur un ou plusieurs stades de la croissance des acariens prédateurs. Pour de l'information détaillée sur la façon d'utiliser les agents de lutte biologique dans les cultures fruitières, communiquer avec les fournis-seurs. Voir l'annexe A, Fournisseurs de matériel de surveillance et d'agents de lutte biologique.

La conservation s'entend de la protection des ennemis naturels. Cette méthode repose essentiellement sur un choix judicieux des produits pesticides employés et du moment de leur application. Les programmes de LI vi-sent à réduire au minimum les répercussions négatives des pesticides sur les organismes utiles. Par exemple, on évite d'utiliser des insecticides à base d'organophosphorés après la chute des pétales, de manière à protéger Pholetesor ornigis, parasite important de la mineuse marbrée dans les pommiers. L'utilisation de certains fon-gicides peut compromettre l'efficacité de certains champignons pathogènes affectant des ennemis comme les pucerons et les coléoptères.

Le milieu offert par la culture et l'habitat avoisinant peuvent aussi influencer les populations des antagonistes naturels. Les programmes de LI cherchent aussi à offrir un habitat aux insectes utiles. Pour les ennemis naturels, les cultures périmétriques et les haies-clôtures sont des refuges et les plantes à fleurs, des sources de nec-tar.

Voici des pratiques permettant de protéger les insectes utiles dans les cultures fruitières :

  • Éviter d'utiliser des pesticides qui sont toxiques pour les organismes utiles les plus importants dans le système cultural. Voir Protection des abeilles contre l'intoxication.
  • Favoriser un habitat diversifié sur les pourtours du champ pour que les insectes utiles puissent y vivre. Les petites plantes à fleurs sont une source importante de nourriture pour les guêpes parasitaires.
  • Éviter de laisser le sol trop à nu. Des résidus de culture, du paillis ou une couverture végétale favorisent les carabes et autres prédateurs importants dans le sol.

Pour plus d'information sur les prédateurs et les parasitoïdes, consulter la publication 208F du MAAARO, In-sectes prédateurs dans les vergers du sud de l'Ontario.

Méthodes de lutte chimique

La lutte chimique repose sur l'emploi de pesticides synthétiques, inorganiques, botaniques et biologiques. Ces produits tuent les ennemis ciblés, en limitent les populations et sont d'importants outils de protection des cultures quand ils font partie d'un programme de LI.

Pour les utiliser rationnellement, il est indispensable de comprendre le cycle vital de l'organisme et de faire le traitement au stade où il est le plus vulnérable. Pour lutter contre les insectes et les acariens, surveiller les parcelles du verger de près et pulvériser quand les seuils d'intervention établis pour chaque espèce sont atteints. Pour lutter contre les maladies cryptogamiques (fongiques), épandre les fongicides protecteurs lorsque les conditions météorologiques sont favorables et avant l'apparition des dommages.

L'Agence de réglementation de la lutte antiparasitaire évalue l'efficacité de tous les pesticides et les classe dans l'une de trois catégories d'efficacité. À chacune correspond une allégation d'efficacité dont on trouve la définition dans le tableau 2-6, Degrés d'efficacité des pesticides, ci-dessus.

Tableau 2-6. Degrés d'efficacité des pesticides (PDF 106 kb)

Allégation

Définition

Degré d'efficacité (%)
Maîtrise Degré d'efficacité constant dans la lutte contre les ennemis des cultures, répondant aux normes commerciales et aux attentes du marché et confirmé par la comparaison de résultats d'essais dans des parcelles traitées et des parcelles témoins. Degré d'efficacité se situant généralement entre 85 et 100 %.
Maîtrise partielle Degré d'efficacité constant dans la lutte contre les ennemis des cultures, correspondant à une maîtrise jugée partielle selon les normes commerciales et les attentes du marché et confirmé par la comparaison de résultats d'essais dans des parcelles traitées et des parcelles témoins.
Degré d'efficacité se situant généralement entre 65 et 85 %.
Réduction des dégâts
Degré d'efficacité dans la lutte contre les ennemis des cultures jugé moins grand que la maîtrise partielle selon les normes commerciales et les attentes du marché. Cette allégation est éventuellement utilisée pour des pesticides non classiques. Elle peut cependant être aussi utilisée pour des pesticides classiques.
Degré d'efficacité inférieur à 65 %.


Liens connexes

 


Auteur : Le personnel du MAAARO
Date de création : 25 juin 2007
Dernière révision : 27 janvier 2011

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