Publication 360F, Guide
de la culture fruitiére : Méthodes de lutte contre
les ennemis des cultures
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Publication
360F, Guide de la culture fruitiére > Chapitre
2, Lutte contre les ennemis des cultures > Méthodes
de lutte contre les ennemis des cultures
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Extrait du Publication 360F, Guide de la
culture fruitiére 2012-13, 
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De nombreuses méthodes de lutte culturale peuvent prévenir ou retarder l'apparition de foyers d'infection ou d'infestation. Adopter les méthodes de lutte culturale suivantes :
La lutte biologique fait appel à l'action d'antagonistes
naturels, afin de contraindre les populations des ennemis des cultures.
Ces antagonistes naturels, également appelés "
auxiliaires de lutte ", peuvent être des prédateurs,
des parasites, des agents pathogènes ou des nématodes.
Les insectes prédateurs et parasites sont surtout efficaces
pour maîtriser les populations d'ennemis indirects tels que
pucerons, cicadelles et acariens. Ils le sont moins lorsqu'il s'agit
de maintenir à des niveaux acceptables en production commerciale
les populations d'ennemis directs (ceux qui s'attaquent au produit
récolté). Parmi les insectes et acariens utiles qui
sont importants pour les cultures fruitières de l'Ontario,
mentionnons les carabes, les punaises de la molène, les punaises
anthocorides, les chrysopes, les coccinelles et les phytoséiides.
Les agents pathogènes naturels des insectes et des acariens
comprennent des bactéries, des virus, des champignons et
des protozoaires. Ils sont tous présents à l'état
naturel parmi les populations d'insectes. Sous des conditions qui
leur sont favorables, ils peuvent provoquer l'éclosion de
foyers de maladies pouvant contraindre considérablement les
populations d'insectes. Les pucerons et chenilles sont d'ailleurs
souvent touchés par des infections virales ou fongiques cycliques
qui se propagent facilement si le milieu est humide.
La culture des fruits en Ontario s'assortit du recours à
plusieurs méthodes de lutte biologique, dont la lutte biologique
classique, l'augmentation des populations d'ennemis naturels par
des lâchers d'individus produits commercialement et la conservation
des ennemis naturels existants.
La lutte biologique classique repose sur l'importation d'ennemis naturels, dans l'espoir que ceux-ci parviennent à s'établir dans leur milieu d'accueil (tableau 2-4, Exemples d'agents de lutte biologique classique dans les cultures fruitières en Ontario). On a généralement recours à cette méthode pour lutter contre des ravageurs exotiques ou introduits qui ont peu d'ennemis naturels dans leur nouvel habitat. La lutte biologique classique est une stratégie à long terme qui peut mettre des années, voire des décennies, à donner des résultats. Des protocoles stricts encadrent l'introduction d'espèces utiles pour éviter que celles-ci ne deviennent à leur tour nuisibles dans les régions hôtes.
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Ennemi |
Ennemi naturel importé; origine |
Mode opératoire | Commentaires |
|---|---|---|---|
| Hoplocampe du pommier | Lathrolestes ensator (Brauns); Europe | La guêpe parasite une larve d'hoplocampe du pommier. | Cette guêpe a été importée d'Europe et introduite dans les vergers commerciaux et les blocs de vergers non traités du Québec et de l'est ontarien. |
| Punaise terne | Peristenus digoneutis; Europe | Cette guêpe minuscule parasite les ufs de punaises ternes. | Cette guêpe, d'abord introduite dans les champs de luzerne du New Jersey, se serait propagée naturellement un peu partout en Ontario. Des initiatives ont cours actuellement en Ontario pour favoriser l'établissement de ce parasite dans des fraiseraies biologiques. |
des populations d'ennemis naturels se fait au moyen de lâchers périodiques d'individus produits commercialement (tableau 2-5, Exemples d'augmentation des populations d'ennemis naturels par des lâchers d'individus produits commercialement).
Cette pratique donne de très bons résultats dans les serres et les milieux offrant une maîtrise des conditions de culture. Elle est moins efficace en plein air où elle est soumise à l'influence des pulvérisations de pesticides, des conditions environnementales, des infestations et de la culture elle-même. Dans le cas de certaines espèces d'agents de lutte biologique, il faut prévoir une source de nourriture de rechange quand leur source de nourriture principale vient à manquer. La qualité du produit et la durée de conservation sont des facteurs importants à prendre en compte quand il s'agit d'utiliser des agents de lutte biologique. Pour savoir où se procurer les insectes et acariens utiles, voir l'annexe A, Fournisseurs de matériel de surveillance et d'agents de lutte biologique, ou cliquer sur le lien Sources d'intrants culturaux à la page www.ontario.ca/cultures
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Agents de lutte biologique |
Exemples |
Ennemi | Cultures hôtes | Taux de lâcher | Remarques |
|---|---|---|---|---|---|
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Acariens prédateurs
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Phytoseiulus persimilis
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Tétranyque à deux points
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Fraisiers et framboisiers, surtout sous
hauts tunnels
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À l'apparition des tétranyques
:
3-4 individus/m² Zones de forte infestation : 10-20 individus/m² |
Donnent de meilleurs résultats quand
le taux d'humidité est d'au moins 75 %. Ont besoin
de tétranyques pour survivre. Ne faire les lâchers
qu'une fois les premiers tétranyques aperçus.
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Amblyseius californicus
Amblyseius fallacis |
Tétranyque à deux points
|
Fraisiers et framboisiers, surtout sous
hauts tunnels
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Prévention :
1-2 individus/m² Zones de forte infestation : 4-6 individus/m² |
Donnent de meilleurs résultats par
temps doux et sec.
Peuvent se nourrir de pollen en l'absence de leurs proies. |
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Nématodes se nourrissant de l'intérieur
des larves d'insectes (nématodes entomo-pathogènes)
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Heterorhabditis megidis
Steinernema kraussei |
Larves du charançon de la racine
du fraisier
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Fraisiers
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25 000 nématodes par plant
(approx. 1,2-5 milliards de nématodes/ha) |
Appliquer dans l'eau servant au bassinage
du sol ou à l'irrigation quand des larves du charançon
de la racine du fraisier sont présentes.
Vérifier la température du sol et choisir le produit qui convient le mieux aux conditions de sol |
Lorsqu'on a recours aux méthodes de lutte biologique, il est important de surveiller les populations des organismes nuisibles et de leurs ennemis afin de savoir à quel moment des lâchers supplémentaires s'imposent. Choisir avec soin les pesticides employés, car ceux-ci peuvent avoir des répercussions négatives à court et à long terme sur un ou plusieurs stades de la croissance des acariens prédateurs. Pour de l'information détaillée sur la façon d'utiliser les agents de lutte biologique dans les cultures fruitières, communiquer avec les fournisseurs. Voir l'annexe A, Fournisseurs de matériel de surveillance et d'agents de lutte biologique.
La conservation s'entend de la protection des ennemis naturels. Cette méthode repose essentiellement sur un choix judicieux des produits pesticides employés et du moment de leur application. Les programmes de LI visent à réduire au minimum les répercussions négatives des pesticides sur les organismes utiles. Par exemple, on évite d'utiliser des insecticides à base d'organophosphorés après la chute des pétales, de manière à protéger Pholetesor ornigis, parasite important de la mineuse marbrée dans les pommiers. L'utilisation de certains fongicides peut compromettre l'efficacité de certains champignons pathogènes affectant des ennemis comme les pucerons et les coléoptères.
Le milieu offert par la culture et l'habitat avoisinant peuvent aussi influencer les populations des antagonistes naturels. Les programmes de LI cherchent aussi à offrir un habitat aux insectes utiles. Pour les ennemis naturels, les cultures périmétriques et les haies-clôtures sont des refuges et les plantes à fleurs, des sources de nectar.
Voici des pratiques permettant de protéger les insectes utiles dans les cultures fruitières :
La lutte chimique repose sur l'emploi de pesticides synthétiques, inorganiques, botaniques et biologiques. Ces produits tuent les ennemis ciblés, en limitent les populations et sont d'importants outils de protection des cultures quand ils font partie d'un programme de LI.
Pour les utiliser rationnellement, il est indispensable de comprendre le cycle vital de l'organisme et de faire le traitement au stade où il est le plus vulnérable. Pour lutter contre les insectes et les acariens, surveiller les parcelles du verger de près et pulvériser quand les seuils d'intervention établis pour chaque espèce sont atteints. Pour lutter contre les maladies cryptogamiques (fongiques), épandre les fongicides protecteurs lorsque les conditions météorologiques sont favorables et avant l'apparition des dommages.
L'Agence de réglementation de la lutte antiparasitaire
évalue l'efficacité de tous les insecticides/acaricides
et fongicides. Les allégations figurant sur les étiquettes
des produits antiparasitaires, telles que « maîtrise
», « maîtrise partielle » et « réduction
des dégâts », sont utilisées pour décrire
l'efficacité de ces produits. Les définitions de
«maîtrise » et de «maîtrise partielle
» utilisées pour les insecticides sont quelque peu
différentes de celles qui sont utilisées pour les
fongicides, comme il est indiqué au tableau 2-6. Degrés
d'efficacité des insecticides, des acaricides et des fongicides,
plus haut.
Pour lutter contre des ennemis directs causant des dommages aux
fruits, il importe de choisir des produits antiparasitaires capables
de maîtriser l'ennemi à combattre plutôt que
d'en assurer une maîtrise partielle. Cependant, les produits
assurant une maîtrise partielle peuvent être utiles
pour lutter contre des ennemis indirects n'affectant pas directement
les fruits. Utilisés en combinaison avec des antagonistes
naturels ou des agents de lutte biologiques, les produits assurant
une maîtrise partielle des ennemis des cultures peuvent
suffire à prévenir d'importants dommages culturaux.
Des produits assurant une maîtrise partielle peuvent aussi
jouer un rôle dans la gestion des résistances. En
utilisant en alternance des produits de différents groupes
chimiques, on peut réduire le risque de voir apparaître
une résistance à des produits antiparasitaires importants.
Le prix et le marché visé sont des facteurs importants
à prendre en considération dans la décision
d'utiliser des produits de maîtrise partielle. Il arrive
que ces produits soient les seuls moyens de lutte biologique qui
puissent être utilisés contre l'ennemi à combattre.
Cependant, si un nouveau produit de maîtrise partielle est
utilisé, essayer de laisser une zone non traitée,
puis faire l'évaluation coûts-avantages de l'utilisation
de ce produit.
| Pesticide |
Allégation |
Définition |
|---|---|---|
| Insecticide Acaricide |
Maîtrise | Degré d'efficacité constant dans la lutte contre les ennemis des cultures, répondant aux normes commerciales et aux attentes du marché et confirmé par la comparaison de résultats d'essais dans des parcelles traitées et des parcelles témoins. |
| Insecticide Acaricide |
Maîtrise partielle ou réduction des dégâts | - Indique que le produit, lorsqu'il
est utilisé conformément au mode d'emploi figurant
sur l'étiquette, n'abaisse pas de façon constante
à un niveau commercialement acceptable les populations
des ennemis combattus ni les dommages causés par ces
derniers. Dans ces cas, le niveau d'efficacité du produit
doit quand même présenter un avantage dans un
programme de lutte contre les ennemis des cultures. - L'allégation « Réduction des dégâts » est davantage utilisée pour des pesticides non classiques. |
| Fongicide | Maîtrise | o Indique que le produit, lorsqu'il
est utilisé conformément au mode d'emploi figurant
sur l'étiquette, abaisse de façon constante
à un niveau commercialement acceptable l'incidence
et la gravité des maladies combattues, tout en protégeant
le potentiel de rendement de la culture. |
| Fongicide | Maîtrise partielle |
Indique que le produit procure de façon constante un niveau d'efficacité qui, sans être optimal, comporte quand même un avantage commercial. Cette allégation n'est pas utilisée pour les produits qui affichent une efficacité hautement variable. |
| Auteur : | Le personnel du MAAARO |
|---|---|
| Date de création : | 25 juin 2007 |
| Dernière révision : | 27 janvier 2011 |