Publication 360F, Recommandations
pour les cultures fruitiéres : Méthodes de lutte contre
les ennemis des cultures
|
|||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
|
Publication
360F, Recommandations pour les cultures fruitiéres
> Chapitre
2, Lutte contre les ennemis des cultures > Méthodes
de lutte contre les ennemis des cultures
|
Extrait du Publication 360F, Recommandations pour les cultures fruitières, Pour commander la publication

De nombreuses méthodes de lutte culturale peuvent prévenir ou retarder l'apparition de foyers d'infection ou d'infestation. Adopter les méthodes de lutte culturale suivantes :
La lutte biologique fait appel à l'action d'antagonistes naturels,
afin de contraindre les populations des ennemis des cultures. Ces antagonistes
naturels, également appelés " auxiliaires de lutte
", peuvent être des prédateurs, des parasites, des agents
pathogènes ou des nématodes.
Les insectes prédateurs et parasites sont surtout efficaces pour
maîtriser les populations d'ennemis indirects tels que les pucerons,
les cicadelles et les acariens. Ils le sont moins lorsqu'il s'agit de
maintenir à des niveaux acceptables en production commerciale les
populations d'ennemis directs (ceux qui s'attaquent au produit récolté).
Parmi les insectes et acariens utiles importants pour les cultures fruitières
de l'Ontario, mentionnons les carabes, les punaises de la molène,
les punaises anthocorides, les chrysopes, les coccinelles et les phytoséiides.
La agents pathogènes naturels des insectes et des acariens comprennent
des bactéries, des virus, des champignons et des protozoaires.
Ils sont tous présents à l'état naturel parmi les
populations d'insectes. Sous des conditions qui leur sont favorables,
ils peuvent provoquer l'éclosion de foyers de maladies pouvant
contraindre considérablement les populations d'insectes. Les pucerons
et chenilles sont d'ailleurs souvent touchés par des infections
virales ou fongiques cycliques qui se propagent facilement si le milieu
est humide.
La culture des fruits en Ontario s'assortit du recours à plusieurs
méthodes de lutte biologique, dont la lutte biologique classique,
l'augmentation des populations d'ennemis naturels par des lâchers
d'individus produits commercialement, et la conservation des ennemis naturels
existants.
La lutte biologique classique repose sur l'importation d'ennemis naturels, dans l'espoir que ceux-ci parviennent à s'établir dans leur milieu d'accueil (tableau 2-4, Exemples d'agents de lutte biologique classique dans les cultures fruitières en Ontario, ci-dessous). On a généralement recours à cette méthode pour lutter contre des ravageurs exotiques ou introduits qui ont peu d'ennemis naturels dans leur nouvel habitat. La lutte biologique classique est une stratégie à long terme qui peut mettre des années, voire des décennies, à donner des résultats. Des protocoles stricts encadrent l'introduction d'espèces utiles pour éviter que celles-ci ne deviennent à leur tour nuisibles dans les régions hôtes.
|
Ennemi |
Ennemi naturel importé; origine |
Mode opératoire | Remarques |
|---|---|---|---|
| Hoplocampe limace | Lathrolestes ensator (Brauns); Europe | La guêpe parasite une larve d'hoplocampe limace. | Cette guêpe a été importée d'Europe et introduite dans les vergers commerciaux et les blocs de vergers non traités du Québec et de l'est ontarien. |
| Punaise terne | Peristenus digoneutis; Europe | Cette guêpe minuscule parasite les ufs de punaises ternes. | Cette guêpe, d'abord introduite dans les champs de luzerne du New Jersey, se serait propagée naturellement un peu partout en Ontario. Des initiatives ont cours actuellement en Ontario pour favoriser l'établissement de ce parasite dans des fraiseraies biologiques. |
L'augmentation des populations d'ennemis naturels se fait au moyen de lâchers périodiques d'individus pro-duits commercialement (tableau 2-5, Exemples d'augmentation des populations d'ennemis naturels par des lâchers d'individus produits commercialement, ci-dessus).
|
Agents de lutte biologique |
Exemples |
Ennemi combattu | Cultures hôtes | Taux de lâcher | Remarques |
|---|---|---|---|---|---|
|
Acariens prédateurs
|
Phytoseiulus persimilis
|
Tétranyque à deux points
|
Fraisiers et framboisiers, surtout sous hauts
tunnels
|
À l'apparition des tétranyques :
3-4 individus/m² Zones de forte infestation : 10-20 individus/m² |
Donnent de meilleurs résultats quand le
taux d'humidité est d'au moins 75 %. Ont besoin de tétranyques
pour survivre. Ne faire les lâchers qu'une fois les premiers
tétranyques aperçus.
|
|
Amblyseius californicus
Amblyseius fallacis |
Tétranyque à deux points
|
Fraisiers et framboisiers, surtout sous hauts
tunnels
|
Prévention :
1-2 individus/m² Zones de forte infestation : 4-6 individus/m² |
Donnent de meilleurs résultats par temps
doux et sec.
Peuvent se nourrir de pollen en l'absence de leurs proies. |
|
|
Nématodes se nourrissant de l'intérieur
des larves d'insectes (nématodes entomo-pathogènes)
|
Heterorhabditis megidis
Steinernema kraussei |
Larves du charançon de la racine du fraisier
|
Fraisiers
|
25 000 nématodes par plant
(approx. 1,2-5 milliards de nématodes/ha) |
Appliquer dans l'eau servant au bassinage du sol
ou à l'irrigation quand des larves du charançon de
la racine du fraisier sont présentes.
Vérifier la température du sol et choisir le produit qui convient le mieux aux conditions de sol. |
Cette pratique donne de très bons résultats dans les serres
et les milieux offrant une maîtrise des conditions de culture. Elle
est moins efficace en plein air où elle est soumise à l'influence
des pulvérisations de pesticides, des intempéries, des infestations
et de la culture elle-même. Dans le cas de certaines espèces
d'agents de lutte biologique, il faut prévoir une source de nourriture
de rechange quand leur source de nourriture principale vient à
manquer. La qualité du produit et la durée de conservation
sont des facteurs importants à prendre en compte quand il s'agit
d'utiliser des agents de lutte biologique. Pour savoir où se procurer
les insectes et aca-riens utiles, voir l'annexe
A, Fournisseurs de matériel de surveillance et d'agents de lutte
biologique, ou cliquer sur le liens Sources
d'intrants culturaux à la page www.ontario.ca/cultures.
Lorsqu'on a recours aux méthodes de lutte biologique, il est important de surveiller les populations des orga-nismes nuisibles et de leurs ennemis afin de savoir à quel moment des lâchers supplémentaires s'imposent. Choisir avec soin les pesticides employés, car ceux-ci peuvent avoir des répercussions négatives à court et à long terme sur un ou plusieurs stades de la croissance des acariens prédateurs. Pour de l'information détaillée sur la façon d'utiliser les agents de lutte biologique dans les cultures fruitières, communiquer avec les fournis-seurs. Voir l'annexe A, Fournisseurs de matériel de surveillance et d'agents de lutte biologique.
La conservation s'entend de la protection des ennemis naturels. Cette méthode repose essentiellement sur un choix judicieux des produits pesticides employés et du moment de leur application. Les programmes de LI vi-sent à réduire au minimum les répercussions négatives des pesticides sur les organismes utiles. Par exemple, on évite d'utiliser des insecticides à base d'organophosphorés après la chute des pétales, de manière à protéger Pholetesor ornigis, parasite important de la mineuse marbrée dans les pommiers. L'utilisation de certains fon-gicides peut compromettre l'efficacité de certains champignons pathogènes affectant des ennemis comme les pucerons et les coléoptères.
Le milieu offert par la culture et l'habitat avoisinant peuvent aussi influencer les populations des antagonistes naturels. Les programmes de LI cherchent aussi à offrir un habitat aux insectes utiles. Pour les ennemis naturels, les cultures périmétriques et les haies-clôtures sont des refuges et les plantes à fleurs, des sources de nec-tar.
Voici des pratiques permettant de protéger les insectes utiles dans les cultures fruitières :
Pour plus d'information sur les prédateurs et les parasitoïdes, consulter la publication 208F du MAAARO, In-sectes prédateurs dans les vergers du sud de l'Ontario.
La lutte chimique repose sur l'emploi de pesticides synthétiques,
inorganiques, botaniques et biologiques. Ces produits tuent les ennemis
ciblés, en limitent les populations et sont d'importants outils
de protection des cultures quand ils font partie d'un programme de LI.
Pour les utiliser rationnellement, il est indispensable de comprendre
le cycle vital de l'organisme et de faire le traitement au stade où
il est le plus vulnérable. Pour lutter contre les insectes et
les acariens, surveiller les parcelles du verger de près et pulvériser
quand les seuils d'intervention établis pour chaque espèce
sont atteints. Pour lutter contre les maladies cryptogamiques (fongiques),
épandre les fongicides protecteurs lorsque les conditions météorologiques
sont favorables et avant l'apparition des dommages.
L'Agence de réglementation de la lutte antiparasitaire évalue
l'efficacité de tous les pesticides et les classe dans l'une
de trois catégories d'efficacité. À chacune correspond
une allégation d'efficacité dont on trouve la définition
dans le tableau 2-6, Degrés d'efficacité des pesticides,
ci-dessus.
|
Allégation |
Définition |
Degré d'efficacité (%) |
|---|---|---|
| Maîtrise | Degré d'efficacité constant dans la lutte contre les ennemis des cultures, répondant aux normes commerciales et aux attentes du marché et confirmé par la comparaison de résultats d'essais dans des parcelles traitées et des parcelles témoins. | Degré d'efficacité se situant généralement entre 85 et 100 %. |
| Maîtrise partielle | Degré d'efficacité constant
dans la lutte contre les ennemis des cultures, correspondant à
une maîtrise jugée partielle selon les normes commerciales
et les attentes du marché et confirmé par la comparaison
de résultats d'essais dans des parcelles traitées
et des parcelles témoins. |
Degré d'efficacité se situant généralement entre 65 et 85 %. |
| Réduction des dégâts
|
Degré d'efficacité dans la
lutte contre les ennemis des cultures jugé moins grand que
la maîtrise partielle selon les normes commerciales et les
attentes du marché. Cette allégation est éventuellement
utilisée pour des pesticides non classiques. Elle peut cependant
être aussi utilisée pour des pesticides classiques. |
Degré d'efficacité inférieur à 65 %. |
| Auteur : | Le personnel du MAAARO |
|---|---|
| Date de création : | 25 juin 2007 |
| Dernière révision : | 27 janvier 2011 |