Problèmes de santé animale: Maladies menaçantes pour la vie de l'animal

Pub 19F: La culture des pâturages > Chapitre 7: Problèmes de santé animale > Maladies menaçantes pour la vie de l'animal

Extrait du chapitre 7, La culture des pâturages, (Publication 19F) Pour commander la publication

Table des matières

  1. Tétanie d'herbage
  2. Intoxication aux nitrates
  3. Météorisation
  4. Intoxication par l'acide prussique
  5. Autres recommandations des problèmes de santé animale
  6. Liens connexes

Tétanie d'herbage

La tétanie d'herbage ou hypomagnésiémie se produit lorsque l'animal ne reçoit pas assez de magnésium dans sa ration journalière pour maintenir un taux normal de magnésium dans le sérum sanguin.

Elle frappe davantage les animaux adultes que les jeunes, et le plus souvent les vaches et les brebis peu de temps après la mise bas. Les vaches fortes productrices et les brebis avec des jumeaux ou des triplés sont plus sensibles que les animaux moins productifs.

Symptômes

Les symptômes de la tétanie d'herbage se déclarent habituellement cinq à dix jours après la mise à l'herbe. Au printemps, les pâturages de graminées luxuriants sont parfois pauvres en magnésium et leur niveau d'humidité élevé peut réduire à un niveau critique l'ingestion de matière sèche et, par le fait même, réduire à un niveau alarmant l'ingestion de magnésium assimilable.

Les symptômes typiques sont : nervosité, tremblements musculaires, démarche chancelante, convulsions et mort. La mort survient rapidement, dans les 6 à 10 heures suivant l'apparition des premiers symptômes. L'animal mort a de l'écume à la bouche et derrière lui, un tas d'excréments mous, et le sol autour de lui est habituellement fouillé. Le magnésium sanguin chute parfois si vite que la tétanie peut se produire dès la première journée au pâturage.

Une forme chronique de l'hypomagnésiémie peut se produire lorsque le magnésium du plasma baisse lentement sur une période de temps relativement longue. Les symptômes cliniques de ce trouble physiologique éclatent lorsque l'animal est soumis à un stress additionnel.

Prévention

L'approvisionnement en magnésium des pâturages est fonction de la composition botanique du pâturage, du stade de maturité des plantes, des conditions édaphiques et du régime de fertilisation.

Les légumineuses et les dicotylédones herbacées ont habituellement une teneur en magnésium plus élevée que les graminées. Le trèfle blanc est un des meilleurs accumulateurs. La plupart des graminées d'usage courant, à l'exception de la fétuque élevée et du dactyle, ont sensiblement les mêmes capacités d'accumulation. La fétuque élevée est un meilleur accumulateur que la plupart des graminées, alors que le dactyle est beaucoup moins bon. Chez les légumineuses comme chez les graminées, la teneur en magnésium diminue au fur et à mesure que les plantes mûrissent.

Les sols froids et mouillés sont les plus susceptibles de causer la tétanie. Les animaux ne doivent pas être mis dans des pâturages mal drainés, surtout durant les périodes pluvieuses du printemps et de l'automne.

Il y a deux façons par lesquelles la fertilisation peut influencer la teneur en magnésium des pâturages :

  • elle modifie la composition botanique du pâturage. L'apport d'azote dans une prairie de légumineuses et de graminées favorise la croissance des graminées et peut entraîner une diminution de la proportion de légumineuses;
  • la fertilisation agit directement sur la concentration en magnésium des plantes.
L'azote peut augmenter la concentration en magnésium dans les graminées lorsque le niveau de magnésium du sol est suffisant. Cependant, si la concentration magnésienne du sol est faible et celle de potassium élevée, une fertilisation azotée abondante peut entraîner une absorption excessive d'azote et de potassium aux dépens du magnésium. Par ailleurs, une fertilisation élevée en potassium peut à elle seule réduire l'absorption de magnésium par les plantes dans les sols pauvres en magnésium. En révélant les niveaux de potassium et de magnésium avant la fertilisation, l'analyse du sol constitue une mesure importante dans la prévention de la tétanie d'herbage.

On peut aussi, pour prévenir la maladie :

  • fournir un supplément de magnésium dans l'alimentation;
  • servir du foin avant que les animaux ne soient mis à l'herbe dans un pâturage de graminées luxuriant;
  • éviter les doses trop élevées d'azote en fractionnant les apports;
  • épandre le potassium à l'automne plutôt qu'au printemps.

Si l'on soupçonne la tétanie d'herbage, communiquer avec le vétérinaire aussitôt que possible.

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Intoxication aux nitrates

Le nitrate est un métabolite normal des plantes. Dans le système digestif des ruminants les nitrates sont décomposés en nitrites et en ammoniac. Il peut y avoir toxicité quand le taux de production de nitrites excède le taux de conversion en ammoniac. La formation de quantités importantes de nitrites est dangereuse pour l'animal. Les nitrites sont absorbés dans le système sanguin où ils réagissent avec l'hémoglobine pour former de la méthémoglobine. Ce composé ne peut libérer l'oxygène et, dans les cas extrêmes, l'animal meurt par manque d'oxygène.

Les bovins sont plus sensibles à l'empoisonnement aux nitrates dans les pâturages que les moutons, les chèvres et les chevaux. Les animaux exposés à un stress grave sont plus vulnérables à ce type d'empoisonnement.

Symptômes

Les symptômes d'intoxication aiguë sont les suivants : tremblements, démarche chancelante, respiration rapide et muqueuses cyanosées. La mort peut se produire en deça de 3 à 4 heures. L'intoxication, si elle n'est pas mortelle, peut ralentir la croissance, abaisser la production de lait et provoquer des avortements. L'emmagasinage de la vitamine A est aussi entravé chez les bovins. Communiquer avec le vétérinaire dès qu'on soupçonne une intoxication aux nitrates.

Causes

Habituellement, les teneurs en nitrates sont faibles dans les graminées et les légumineuses couramment utilisées dans les pâturages. Il peut cependant se produire à l'occasion des accumulations de nitrates suffisantes pour causer l'intoxication. Plusieurs facteurs influencent l'accumulation des nitrates dans les plantes :

  • Les conditions du milieu telles que sécheresse, répartition inégale des précipitations, longues périodes de temps couvert, températures élevées et gel favorisent l'accumulation des nitrates en ralentissant le taux normal de croissance des plantes. Dès que les conditions de végétation s'améliorent et que les plantes se remettent à pousser, une partie des nitrates accumulés est utilisée et le danger d'intoxication diminue.
  • Certaines plantes sont de bons accumulateurs naturels de nitrates. Elles comprennent les variétés habituellement utilisées dans les pâturages annuels (céréales à paille, sorgho, herbe du Soudan, chou fourrager et colza fourrager) et des mauvaises herbes comme le chénopode blanc, les chardons, les amarantes et le panic capillaire.
  • Les teneurs en nitrates des plantes sont plus élevées au stade végétatif, l'accumulation maximale s'observant habituellement juste avant le début de la floraison.
  • Il y a réponse directe des teneurs de nitrates de la plante à l'accroissement de la fertilisation azotée. Des taux élevés d'azote peuvent amener certaines espèces de graminées (dactyle, fétuque élevée, vulpin des prés et alpiste roseau) à accumuler des teneurs dangereuses de nitrates. L'accumulation de nitrates est aussi plus forte lorsqu'on utilise les engrais sous forme de nitrates plutôt que d'urée ou de sulfate d'ammonium.

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Prévention

Il est impossible de prévoir facilement quand il y aura intoxication aux nitrates à cause du nombre de facteurs susceptibles d'influencer l'accumulation des nitrates dans les plantes. Pour réduire les risques au minimum, éviter de mettre les animaux dans un pâturage contenant une grande proportion de plantes accumulatrices de nitrates ou dans un pâturage de graminées qui a reçu de fortes doses d'engrais azoté, pendant ou après des périodes de faible croissance. Attendre 10 à 14 jours. Pour vérifier les teneurs en nitrates, envoyer un échantillon (de plantes coupées dans le pâturage) à un laboratoire d'analyse des aliments des animaux.

L'eau peut également être une source de nitrates pour les animaux au pâturage. Si l'on soupçonne une intoxication, on doit faire analyser les plantes et l'eau afin de déterminer la source du problème.

Météorisation

La météorisation se produit lorsque des gaz distendent le rumen et le réseau d'un animal. Dans les cas de météorisation spumeuse, le gaz est emprisonné dans des millions de bulles, donnant au liquide un aspect mousseux.

Symptômes

L'animal est incapable de faire un renvoi ou d'expulser ces petites bulles. Le flanc gauche de l'animal commence à enfler. L'animal est mal à l'aise et cherche à se frapper la panse, ou se lève et se couche plus fréquemment qu'à l'accoutumée. La respiration devient difficile et rapide. La langue est parfois pendante et laisse sortir la bave. La mort peut survenir dans les 2 à 3 heures suivant la consommation des fourrages.

Causes

La météorisation se produit habituellement dans des pâturages luxuriants comportant une forte proportion de luzerne ou de trèfle, mais elle peut aussi survenir lorsque les animaux pâturent des céréales vertes, du colza fourrager et de jeunes pâturages de graminées riches en protéines. La luzerne et le trèfle ladino sont plus dangereux que le trèfle blanc hollandais, le trèfle rouge et le trèfle d'alsike.

Les bovins semblent plus prédisposés à cet accident que les autres ruminants, et certains animaux sont plus sensibles que d'autres.

Prévention

Il y a de nombreuses façons de réduire les risques de météorisation :

  • Semer des mélanges à pâturage ne contenant pas une proportion élevée de légumineuses météorisantes. Les pâturages pour bovins doivent contenir au maximum 30 % de ces légumineuses, alors que pour les autres ruminants, la proportion peut aller jusqu'à 50 %;
  • Utiliser du lotier corniculé. C'est la seule légumineuse usuelle qui ne cause pas la météorisation;
  • Ne pas mettre des animaux affamés dans un pâturage douteux. Servir du foin avant de les mettre à l'herbe afin de les empêcher de se gorger des plantes météorisantes;
  • Habituer les animaux en ne les laissant au début que peu de temps à la fois dans les pâturages à risque. Augmenter graduellement la durée de séjour dans ces pâturages pendant quelques jours;
  • Ne mettre les animaux à l'herbe dans les pâturages suspects que lorsque les plantes sont sèches. Une forte rosée ou la pluie augmentent les risques de météorisation;
  • Attendre que les plantes météorisantes soient en fleurs avant de les faire pâturer par les animaux. Les plantes au stade végétatif et les légumineuses au stade bouton et pré-bouton causent davantage de météorisation;
  • Utiliser un système de pâturage en rotation pour maintenir un niveau d'ingestion constant et réduire la paissance sélective;
  • Attendre quelques jours après un gel meurtrier pour faire pâturer les animaux dans des pâturages douteux. Le risque de météorisation augmente après un tel gel;
  • Utiliser un produit antimousse comme le poloxalène lorsque les risques de météorisation sont élevés.

La météorisation peut survenir n'importe quand au cours de la saison de paissance. Toujours être aux aguets, car les propriétés météorisantes du pâturage peuvent changer rapidement.

Traitement

Les animaux atteints doivent être traités promptement. Dès les premiers symptômes, retirer les animaux du pâturage et consulter le vétérinaire. Garder les animaux debout et leur administrer un antimousse ou un surfactant comme l'huile minérale, l'huile de lin pure ou du détergent à vaisselle liquide. Dans les cas graves, quand l'animal est couché et que la mort est imminente, il faut perforer le rumen pour permettre aux gaz de s'échapper.

Intoxication par l'acide prussique

Plusieurs espèces de plantes contiennent des glucosides qui peuvent empoisonner les animaux. Les glucosides cyanogènes existent dans les cerises sauvages, le troscart des marais, certaines lignées de trèfle blanc de Nouvelle-Zélande et dans les plantes de la famille du sorgho. La quantité de glucosides cyanogènes que l'on retrouve dans ces plantes est influencée par la constitution génétique de la plante, par le stade de croissance et par les conditions du milieu.

Causes

Après leur ingestion, les glucosides cyanogènes se transforment en acide prussique, qui est très toxique. L'acide prussique entrave le passage de l'oxygène des poumons aux tissus.

Symptômes

Les symptômes d'intoxication aiguë sont : tremblements musculaires, respiration rapide et difficile et convulsions. La mort peut se produire avant même qu'on puisse remarquer les autres symptômes.

Prévention

Les niveaux de glucosides les plus élevés se retrouvent normalement au cours des premiers stades de croissance de la plante. Les hybrides sorgho-Soudan devraient avoir atteint un minimum de 75 cm de hauteur et l'herbe du Soudan 45 cm de hauteur avant d'être pâturés.

Tout stress dû à des facteurs environnementaux peut porter la quantité de glucosides cyanogènes à des niveaux dangereux. Il ne faut pas pâturer le sorgho avant au moins une semaine suivant des stress comme la sécheresse, de longues périodes de temps couvert ou de gelée. Les concentrations de glucosides cyanogènes peuvent être déterminées par un laboratoire d'analyse des aliments pour animaux.


Liens connexes

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Auteur : Le personnel du MAAARO
Date de création : 05 juin 2006
Dernière révision : 06 juin 2006

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