Amélioration des pâturages: Fertilisation des pâturages
Extrait du chapitre 3, La culture des pâturages (Publication 19F), Pour commander la publication Table des matières
IntroductionPour pousser et pour demeurer productives, les plantes ont besoin d'un approvisionnement continu en eau, en lumière et en éléments nutritifs. Les pâturages productifs, à croissance rapide, ont de grands besoins en minéraux. Les éléments minéraux requis par les plantes sont classés en :
Les macro-éléments sont l'azote, le phosphore (phosphate) et le potassium (potasse). Les dix oligo-éléments et éléments secondaires sont le calcium, le magnésium, le soufre, le bore, le chlore, le cuivre, le fer, le manganèse, le molybdène et le zinc. Les éléments nutritifs sont fournis aux plantes à partir du sol. Si le sol n'en contient pas suffisamment ou dans les proportions désirées, ils peuvent être apportés par le fumier, par les légumineuses (fixation de l'azote de l'air) ou appliqués sous forme d'engrais du commerce. Tous les éléments nutritifs apportés au sol entrent dans le cycle des éléments nutritifs et finissent par devenir disponibles pour les plantes. Les plantes doivent avoir un système racinaire
sain afin de pouvoir utiliser les éléments nutritifs
du sol. Les plantes surpâturées, dont les racines sont
faibles et petites, ne peuvent tirer profit de l'amélioration
de la fertilité du sol.
| Haut de la page | AzoteLa croissance de la plupart des pâturages est limitée par le manque d'azote plus que de n'importe quel autre élément. L'azote, un des principaux composants des protéines végétales, est nécessaire à la croissance et au métabolisme des plantes. Les plantes qui manquent d'azote poussent lentement, sont petites et vert pâle. Les pâturages qui manquent d'azote sont peu productifs, repoussent lentement après la paissance et fournissent un fourrage de faible qualité. La meilleure source d'azote pour le pâturage est la fixation de l'azote de l'air par les bactéries qui vivent dans les nodosités des racines de légumineuses. Cette source d'azote, qui agit continuellement pendant la saison, fournit tout l'azote nécessaire aux légumineuses et un peu aussi aux graminées avoisinantes et laisse l'azote sous une forme organique non lessivable pour l'hiver. Enfin, elle ne coûte pas cher. Les pâturages contenant plus de 50 % de légumineuses ne requièrent pas d'azote additionnel pour donner de bons rendements. Une petite quantité d'azote (25 kg/ha) peut être utilisée au printemps sur un pâturage légumineuses-graminées afin d'assurer une bonne reprise des graminées et d'avoir ainsi un pâturage précoce. À mesure que la proportion des graminées augmente dans le pâturage, les besoins en azote augmentent - il faut un complément d'azote facilement assimilable, fumier ou engrais du commerce. Il est plus facile d'obtenir des rendements élevés dans les pâturages de graminées avec plusieurs petits apports d'azote qu'avec une seule grosse application. En outre des apports fréquents d'azote donnent une répartition plus égale des rendements sur toute la saison de paissance. Même au cours des saisons sèches, le rendement est meilleur avec deux à trois apports d'azote qu'avec un seul gros épandage. L'intoxication aux nitrates est possible quand les graminées reçoivent de l'azote avant une période de croissance médiocre (Voir le chapitre 7, Problèmes de santé animale). La quantité minimale d'azote nécessaire
pour amener une augmentation du rendement est de 50 kg par hectare.
Aucun apport sur les pâturages ne devrait excéder 75 kg par hectare, car les risques d'intoxication aux nitrates sont alors très élevés, particulièrement si l'épandage a lieu en été ou en automne. Les plantes à croissance rapide utilisent le mieux l'azote complémentaire. La demande pour l'azote atteint son maximum au printemps et immédiatement après la paissance. L'azote doit être épandu dans la semaine qui suit un cycle de pâturage. Dans un pâturage tournant à périodes de repos courtes (moins de 30 jours), les apports d'azote doivent être moins importants car les graminées n'ont pas assez de temps pour utiliser efficacement de fortes quantités de cet élément. Épandage de fumier sur les pâturages On peut utiliser le fumier dans les pâturages. Son efficacité dépend :
L'épandage doit se faire lorsque les plantes sont petites et prêtes à pousser rapidement. Le début du printemps est le meilleur temps de l'année bien que l'automne soit habituellement plus pratique. Il doit être épandu en couches minces car les mottes de fumier, tout comme les bouses, risquent d'étouffer les petites plantes. Tout épandage fait pendant la saison de croissance peut amener les animaux à refuser de paître la zone traitée. Lorsqu'on épand le fumier, il faut le faire sur toute la surface du pâturage pour empêcher des réactions de paissance sélective. Des doses trop fortes de fumier ou de toute autre source d'azote peuvent causer l'intoxication aux nitrates ou la tétanie d'herbage. Ne pas épandre de fumier de porc sur des pâturages pour moutons en raison des risques d'intoxication par le cuivre. PhosphoreLes plantes ont besoin de phosphore pour leur nouvelle croissance et pour le développement des racines. Les besoins sont particulièrement élevés durant le développement des plantules et le début de la croissance. Chez les plantes déjà installées qui sont déficientes en phosphore, les feuilles du haut deviennent violacées. On peut souvent constater ce phénomène dans les graminées, au début du printemps. Étant frais et mouillé, le sol retarde la croissance des racines et la plante est incapable d'extraire assez de phosphore du sol. Les marges et les extrémités des feuilles virent au pourpre. À ce stade, les symptômes de carence sont plus révélateurs des conditions climatiques que d'une réelle carence du sol. Un apport annuel de phosphore dans un pâturage installé est un moyen de corriger les carences en phosphore. Il devrait être offert sous forme minérale (engrais commercial ou phosphate naturel broyé à action lente). Le fumier n'est pas une bonne source de phosphore. Les graminées sont incapables d'utiliser le phosphore qu'il contient à moins qu'il y ait suffisamment d'azote. Les jeunes plantes déficientes en phosphore peuvent montrer une coloration pourpre sur les nouvelles pousses. Les feuilles ne se déploient pas et les plantules manquent de vigueur, ce qui peut favoriser l'implantation d'autres espèces dans la prairie au détriment des espèces semées. Il est donc important d'avoir suffisamment de phosphore dans le sol avant de créer un nouveau pâturage ou de le rénover. Les meilleurs résultats sont obtenus lorsque le phosphore est incorporé au moment du semis, puisqu'il est peu mobile dans le sol. Le phosphore épandu en bandes fournit aux jeunes plants une bonne source, facilement accessible, de cet élément nutritif essentiel. La plupart des sols de l'Ontario sont pauvres en
phosphore. L'amélioration des teneurs en phosphore du sol se
traduit par une meilleure croissance et par un accroissement de l'appétibilité,
de l'ingestion et de la digestibilité.
| Haut de la page | PotassiumLe potassium est considéré comme l'élément régulateur du métabolisme des plantes. Il est essentiel à la croissance et à la reproduction des plantes. Les principaux symptômes observés chez les plantes poussant dans des sols pauvres en potassium sont une croissance plus lente que la normale et un appauvrissement des réserves des racines. En pâturage, cela se manifeste par une baisse de la production du fait que les plantes ne poussent pas aussi rapidement au printemps ou après la paissance. Les légumineuses ont besoin de beaucoup de potassium, et des niveaux trop faibles de potassium peuvent contribuer à leur disparition dans un pâturage. Certains sols de l'Ontario ont des teneurs élevées de potassium, et les pâturages n'ont alors pas besoin de complément. Le fumier est une bonne source de potassium et des épandages réguliers réduisent les besoins en engrais chimiques. Le potassium peut être inclus dans l'engrais mixte de printemps (p. ex. 18-6-18) ou sous forme de chlorure de potassium (0-0-60), anciennement appelé muriate de potasse, à la fin de l'été pour stimuler l'accumulation des réserves dans les racines. Les légumineuses, surtout la luzerne, peuvent faire une surconsommation de potassium. Si le sol contient des teneurs excessivement élevées de potassium assimilable, les plantes extrairont le potassium de préférence à d'autres éléments comme le calcium et le magnésium. Les plantes qui ont des niveaux élevés de potassium et de faibles niveaux de magnésium peuvent causer la tétanie d'herbage. Si la culture a besoin de grosses quantités de potassium, il faut appliquer l'engrais potassique à l'automne afin de réduire les risques de tétanie d'herbage. MagnésiumLe magnésium est un élément secondaire qui parfois fait défaut dans les pâturages. Il est indispensable au métabolisme des plantes et des animaux, et toute carence peut causer la tétanie d'herbage chez les animaux. C'est un problème surtout au printemps, quand les pâturages de graminées poussent rapidement et que leurs racines ne peuvent absorber suffisamment de magnésium pour maintenir des teneurs normales dans les parties aériennes. Les pâturages cultivés dans des sols issus de matériau d'origine calcique ou acide présentent plus de risques, mais le problème peut se présenter au cours de la période de croissance rapide du printemps même dans les sols formés sur calcaire dolomitique. Bien que le magnésium soit parfois apporté au pâturage sous forme d'engrais, il est habituellement utilisé sous forme d'amendement (calcaire dolomitique). SoufreLe soufre est un élément secondaire essentiel qui est en carence dans les sols de l'Ontario. Les plantes déficientes en soufre sont vert plus pâle ou jaunâtres et les feuilles sont chlorosées. Les légumineuses, et surtout les trèfles, sont particulièrement sensibles à de faibles teneurs en soufre. Même si les sols de l'Ontario manquent de soufre, les plantes manifestent rarement des symptômes de carence car les prairies reçoivent suffisamment de soufre des précipitations. Par contre, les zones du nord-ouest de la province (districts de Thunder Bay, Rainy River et Kenora) ne reçoivent pas suffisamment de soufre sous cette forme pour la bonne croissance des plantes. On doit donc en ajouter comme complément à la chaux ou aux engrais. SéléniumLe sélénium n'est pas nécessaire à la croissance des plantes mais il l'est pour les animaux. Les sols de l'Ontario ont de très faibles concentrations de sélénium de façon que les animaux qui consomment les fourrages produits sur ces sols ont besoin d'un complément de sélénium si l'on veut leur éviter la maladie du muscle blanc (dystrophie musculaire). Liens connexes
| Haut de la page | Pour plus de renseignements :Sans frais : 1 877 424-1300 Local : 519 826-4047 Courriel : ag.info.omafra@ontario.ca
Pour plus de renseignements : Sans frais : 1 877 424-1300 Local : 519 826-4047 Courriel : ag.info.omafra@ontario.ca |
||||||||