La culture des pâturages : Pâturages annuels
Extrait du chapitre 1, La culture des pâturages (Publication 19F), Pour commander la publication Table des matières
IntroductionLes cultures annuelles peuvent faire partie du programme de pâture ou être utilisées en cas d'urgence les années où les pâturages ordinaires ont été détruits par le froid ou souffrent de la sécheresse. Le tableau 1-2, Place des fourrages annuels dans la saison de paissance, illustre le rôle que ces espèces peuvent jouer au cours de la saison de paissance. Malgré la souplesse qu'elles confèrent aux programmes de pâture, il faut tenir compte de ce qu'il en coûte pour réensemencer chaque année. Pour compléter la paissance estivale, on peut envisager la pâture des repousses ou la distribution de foin. Tableau 1- 2. Place des fourrages
annuels dans la saison de paissance * L'avoine peut être semée pendant toute la saison;
elle fournit un pâturage au bout de six semaines. Céréales de printempsLes céréales sont des graminées annuelles et constituent un bon choix quand on a besoin de pâturage supplémentaire rapidement. Quelle que soit la céréale, quand elle est broutée suffisamment tôt (à l'état végétatif), elle présentera une certaine repousse. Au stade végétatif, elles constituent une bonne source de protéines, mais ont une très faible teneur en matière sèche et en fibre. Il faut enrichir la ration de foin sec, car les animaux qui brouteraient uniquement de jeunes céréales n'y trouveraient pas de quoi combler leurs besoins en énergie ou en fibres. Pour éviter d'avoir à donner du foin sec, attendre que les céréales aient formé des tiges avant de les donner à brouter aux animaux. Les céréales ont tendance à accumuler les nitrates. Si l'on épand de fortes doses d'engrais azoté par temps frais ou nuageux, les plants risquent d'accumuler des concentrations toxiques de nitrates. Pour éviter ce risque, limiter les apports d'azote à 30 50 kg/ha. Les céréales procurent un maximum de fourrages lorsqu'elles sont semées et fertilisées de façon à produire un bon rendement en grain. Voir la publication 811F du MAAARO, intitulée Guide agronomique des grandes cultures, pour des détails sur les doses d'engrais. Les céréales n'ont pas toutes la même productivité, la même appétence ni la même valeur nutritive. L'avoine est plus appétente que le blé, l'orge et le seigle. Tout bien considéré, l'avoine est la meilleure céréale de printemps pour le pâturage. AvoineL'avoine est prête à être pâturée
6-8 semaines après le semis. Elle peut de plus être semée
en tout temps, du printemps à l'automne. Un semis effectué
tôt au printemps peut être fauché et donner du
foin, puis donner une repousse qui servira de pâturage jusqu'à
l'automne. Semer au taux de 80-100 kg/ha. Ne pas laisser les animaux brouter les jeunes semis fourragers. Les retirer du pâturage sitôt qu'ils ont fini de brouter l'avoine. | Haut de la page | Céréales d'automneSeigle d'automneLe seigle d'automne est une culture de pâturage polyvalente. Il peut être pâturé l'automne et, pourvu qu'on le sème avant la mi août, peut aussi l'être le printemps suivant. La pousse automnale peut être pâturée tant que la neige n'est pas trop épaisse. Si on le sème sur des terres qui s'assèchent rapidement, le seigle peut procurer un pâturage de printemps très hâtif. Le sol doit être suffisamment ferme au printemps pour supporter le piétinement. Au printemps, fertiliser le seigle destiné au pâturage à raison de 50-80 kg d'azote/ha juste au moment où le seigle commence à verdir. Le seigle qui est pâturé précocement, mais soustrait au pâturage avant qu'il ne commence à mûrir, a encore la chance de produire une récolte si les conditions de croissance sont propices. Cette culture parvient à maturité extrêmement rapidement après la mi mai. Il faut bien prêter attention au stade où se trouve la culture. Semer à un taux de 150 kg/ha et fertiliser le sol en fonction des résultats des analyses de sol. Triticale d'automneLa triticale d'automne est un croisement entre le blé et le seigle qui procure un pâturage de début de printemps. On peut la cultiver dans différents types de sol, mais comme le seigle d'automne, la triticale d'automne ne convient pas aux sols mal drainés. Semer assez tôt à l'automne pour laisser le temps à la culture de s'établir. La date de semis varie selon l'endroit. Voir la publication 811F du MAAARO, intitulée Guide agronomique des grandes cultures, et s'aligner sur les dates de semis recommandées pour le blé d'automne. Semer la triticale d'automne au taux de 100-125 kg/ha. Au printemps, au moment où la triticale commence à verdir, épandre 80 kg d'azote/ha. Ray grass annuelLes ray grass annuels procurent un fourrage de première qualité. Il existe deux types de ray grass annuel : le ray grass d'Italie et le ray grass Westerwold. Le type d'Italie est en fait une plante bisannuelle, mais qui survit tellement rarement à l'hiver qu'on la considère comme une annuelle. Les ray grass d'Italie sont feuillus, trapus (jusqu'à 40 cm) et ne forment pas d'épi dans l'année du semis. Ces facteurs font du ray grass d'Italie une culture de pâturage idéale, mais qui est extrêmement difficile à récolter mécaniquement. Le ray grass annuel Westerwold vient plus haut (40- 80 cm), est plus ramifié et forme un épi si on le laisse parvenir à maturité. Il faut donc faire pâturer le ray grass Westerwold ou le faucher avant l'épiaison si l'on veut maintenir une productivité élevée et une bonne qualité d'aliment. Pour un maximum de rendement et de qualité, le ray grass annuel exige une gestion impeccable. Les rendements varient de 8 à 12 tonnes de matière sèche à l'hectare s'il y a suffisamment de pluie. Mais ce besoin d'un apport d'eau constant limite son utilisation en Ontario. Le ray grass annuel possède un système racinaire superficiel qui l'empêche d'avoir accès aux réserves d'eau dans le sol quand la pluie manque. Pendant les périodes de pluies peu abondantes ou d'absence de pluie, les plants cessent leur croissance et risquent de mourir. Semer le ray grass annuel au début du printemps, à l'aide d'un semoir de type rouleau semeur. Utiliser 20-25 kg de graines/ha. Rouler le lit de semences pour s'assurer d'une levée uniforme. La grande vitesse de croissance et le rendement élevé de ce fourrage réclament un sol bien fertile. Recourir à une analyse de sol pour déterminer les besoins en phosphore et en potassium et épandre de fortes doses d'azote en applications échelonnées (au moins 3). Le ray grass est prêt 6 semaines après le semis et, s'il dispose de suffisamment d'humidité, reste productif jusque tard l'automne. Hybrides de sorgho fourrager et de sorgho herbacé (sorgho x Soudan)On peut utiliser les hybrides sorgho x Soudan pour le pâturage ou pour l'ensilage. Si la culture sert au pâturage, attendre que les plants aient au moins 75 cm avant de commencer à faire paître les animaux. On s'assure ainsi de maintenir la productivité et d'éliminer tout risque d'empoisonnement par l'acide cyanhydrique. Toutes les plantes du genre Sorghum renferment de la dhurrine, un glucoside qui, en se dégradant, libère de l'acide cyanhydrique toxique. Normalement, la concentration d'acide cyanhydrique n'est pas suffisante pour occasionner des problèmes. Toutefois, les jeunes plants, les plants souffrant de sécheresse ou les plants qui ont été soumis au gel renferment un niveau beaucoup plus élevé d'acide cyanhydrique que la normale. Ne pas faire brouter les animaux quand les plants se remettent d'un choc dû à une sécheresse. Attendre que les plants ayant subi un gel se soient complètement asséchés. Ne jamais laisser les chevaux brouter des hybrides sorgho-Soudan. Ils risqueraient de souffrir de cystite, une infection des voies urinaires qui peut leur être fatale. La cystite se manifeste par des coliques et du sang dans l'urine. Une fois qu'elles ont atteint 90 cm de haut, les graminées sorgho Soudan poussent très rapidement. Une bonne gestion est nécessaire pour les empêcher de trop pousser. Des semis successifs, le pâturage rationné ou le fauchage mécanique peuvent être nécessaires pour éviter la surabondance de fourrage trop avancé. Le pâturage rationné est le meilleur moyen de gérer le pâturage, du fait qu'il réduit les pertes attribuables au piétinement. Semer les hybrides sorgho-Soudan dans la deuxième moitié de mai ou au début juin à raison de 14-20 kg/ha. Utiliser le taux inférieur pour les semis sur des rangs écartés de 18 ou de 36 cm. La densité la plus forte convient aux semis de pleine surface. Les exigences de fertilisation sont les mêmes que pour le maïs. Plantes fourragères du genre BrassicaLes espèces fourragères du genre Brassica peuvent donner de bons pâturages de septembre à décembre. Le colza fourrager, le chou vert frisé et le navet fourrager sont les trois principales espèces du genre Brassica qui servent au pâturage. Elles produisent jusqu'à 12 t de matière sèche de haute qualité/ha pour les pâturages d'automne. Les bovins et les ovins préfèrent le navet fourrager et le chou vert frisé. Semer les espèces du genre Brassica dans des champs bien drainés ayant un pH d'au moins 6 et un niveau de fertilité convenable. Les sols mal drainés ne donnent pas de bons résultats et engendrent des pertes de rendement élevées. Les trois espèces ont une semence très fine et produisent un maximum de rendement lorsqu'on utilise un semoir de précision et qu'on règle la profondeur du semoir à 1,5 cm tout au plus. On peut toutefois établir de bons peuplements en effectuant un semis de pleine surface. Les trois espèces se sèment l'été. Elles germent et ne poussent pas tellement pendant les chaleurs. Une fois que les températures diurnes et nocturnes s'abaissent et qu'il pleut davantage, elles se mettent à pousser rapidement. Les dates de semis sont importantes pour les trois espèces étant donné qu'un retard par rapport aux dates recommandées entraîne d'importantes baisses de rendement. Pratiquer le pâturage rationné dans les espèces du genre Brassica pour éviter un gaspillage excessif. Ces plantes ont une teneur en eau élevée, qui va de 85 à 89 %. Pour s'assurer que l'alimentation animale comporte suffisamment de fibre, on peut soit donner du foin aux animaux ou leur donner accès à des pâturages permanents de graminées ou de légumineuses. Sans une gestion attentive, toutes les espèces du genre Brassica peuvent occasionner des problèmes de santé aux animaux. Voir le chapitre 7, Problèmes de santé animale. Chou vert friséLe chou vert frisé est une plante au port érigé de petite taille (75 cm à 1,5 m) qui possède des feuilles et des tiges très digestibles. Il résiste bien au froid et continue de procurer du fourrage même après la neige. Sa teneur en protéines brutes (à l'état sec) varie de 19 % en septembre à 15 % à la fin de l'automne. Semer le chou vert frisé au début de juin. Comme cette espèce pousse lentement après le semis, un bon programme de lutte contre les mauvaises herbes est essentiel au début de la saison de croissance. On obtient un maximum de rendement quand on sème le chou vert frisé à l'aide d'un semoir de précision sur des rangs écartés de 15 à 70 cm à une densité de 2-4 kg/ha. Ne pas enfouir la semence à plus de 1,5 cm dans le sol. On peut faire un semis de pleine surface à un taux de 6 kg/ha. Il a besoin d'environ 80-120 kg d'azote/ha et pousse bien si l'on utilise du fumier. Colza fourragerDeux grands types de colza fourrager servent au pâturage. Les types à feuilles larges ou géants, qui sont feuillus et poussent en hauteur, conviennent surtout aux pâturages destinés aux ovins et aux bovins. Les types nains, qui sont plus courts et plus ramifiés, servent surtout à engraisser les agneaux. Ne pas confondre colza fourrager et colza canola. Semer le colza fourrager au début de juillet afin qu'il puisse être pâturé de septembre à novembre. Pour un rendement optimal, le semer à l'aide d'un semoir de précision sur des rangs écartés de 50 à 70 cm à une densité de 2 kg/ha. Le colza fourrager peut faire l'objet d'un semis de pleine surface à raison de 6 kg/ha, mais son rendement est alors moindre. Le colza fourrager a besoin de 80 100 kg d'azote/ha. Le colza fourrager peut provoquer des empoisonnements
si on le donne à brouter aux animaux lorsque les plants sont
rabougris, courts et de couleur pourpre. On trouve de tels plants surtout les années pluvieuses, sur des sols mal drainés et lorsqu'on n'a pas utilisé un engrais approprié. Un gel hâtif peut aggraver ce problème dans les champs détrempés et mal drainés. Le colza fourrager peut causer la météorisation chez les bovins. Lorsque les bovins broutent du colza fourrager, toujours mettre à leur disposition un aliment sec pour éviter qu'ils ne mangent en une seule fois de grandes quantités de colza fourrager. Veiller à ce que les bovins aient bien mangé avant de les mettre la première fois au pâturage dans du colza fourrager. Navet fourragerLe navet fourrager produit une masse dense de feuillage buissonnant et de grosses racines blanches. Les animaux commencent par brouter la partie aérienne des navets puis reviennent brouter une deuxième fois pour dévorer les racines. Les racines sortent suffisamment de terre pour que les animaux puissent les arracher facilement. Le pâturage rationné est recommandé pour tirer le meilleur parti de cette culture. Semer le navet comme le colza fourrager et le fertiliser à raison de 100 kg d'azote/ha. Malgré le fait que les animaux peuvent utiliser à la fois les racines et les parties aériennes, les navets donnent quand même un rendement inférieur à celui du colza fourrager ou du chou vert frisé. Liens connexes
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