Répression du tarsonème commun dans les fraisières biologiques

Le tarsonème commun (Phytonemus pallidus) prospère dans les endroits humides et est un ravageur commun dans les serres. C'est également un ravageur redoutable des fraisières classiques et biologiques, particulièrement dans les plantations de vivaces en rangs nattés.

La première étape pour la lutte contre le tarsonème commun est de porter un diagnostic précis et hâtif sur les symptômes que le ravageur provoque sur les plants. Le tarsonème commun, en se nourrissant, entraîne une distorsion et un flétrissement des feuilles, qui deviennent légèrement plus foncées que les feuilles non infestées (figure 1). Si les populations sont faibles, les feuilles croissent jusqu'à atteindre presque les dimensions normales, mais peuvent être chiffonnées ou rugueuses. Les feuilles fortement infestées deviennent gravement chiffonnées et rabougries, de sorte que le centre de la plante se compose de feuilles durcies compactes (figures 2 et 3). Sur les plants infestés, les fruits sont petits, de couleur bronzée et les graines sont proéminentes. À défaut de mesures de répression, le tarsonème empêche les nouvelles pousses et affecte gravement la qualité des fruits.

Figure 1 : Feuilles ridées et tordues du fraisier causées par le tarsonème commun.

Figure 1 : Feuilles ridées et tordues du fraisier causées par le tarsonème commun.

Figures 2 et 3 : Feuilles du fraisier rachitiques et froissées, résultat d'une infestation grave par le tarsonème commun.Figures 2 et 3 : Feuilles du fraisier rachitiques et froissées, résultat d'une infestation grave par le tarsonème commun.

Figures 2 et 3 : Feuilles du fraisier rachitiques et froissées, résultat d'une infestation grave par le tarsonème commun.

On confond facilement le problème avec d'autres. Les plants peuvent être rabougris et lents à croître au printemps aussi bien à cause du tarsonème commun que des dommages hivernaux.

Les symptômes sont aussi légèrement analogues à ceux provoqués par une maladie virale ou un déficit en calcium.

Pour confirmer le diagnostic de dommages provoqués par le tarsonème commun, il est important d'observer la présence de tarsonèmes. Le tarsonème commun est un petit acarien (< 0,3 mm) de blanc à ambré. Il est plus facile de l'apercevoir sous un grossissement de 10x à 40x (figure 4). Il pond des œufs ovales, translucides et comparativement gros, soit presque la moitié de la taille de l'adulte. Les masses d'œufs dans les crevasses des feuilles ont l'air d'empilements de sel (figure 5). En faibles densités de population, on les trouve surtout le long de la nervure centrale des feuilles pliées et sous le calice des fruits. Si les densités de population sont plus élevées, on peut les observer sur toute partie protégée de la plante. Cet acarien préfère un milieu très humide. Lorsque les folioles se déplient, les changements de température et d'humidité incitent les acariens à migrer et à quitter le pétiole pour occuper une nouvelle foliole.

Figure 4: tarsonème commun

Figure 4 : Tarsonème commun (couleur de blanc à ambré) et œufs visualisés sous grossissement.Figure 5 : Les œufs du tarsonème commun sont ovales, translucides et approximativement de la moitié de la taille de l'adulte.

Figure 5 : Les œufs du tarsonème commun sont ovales, translucides et approximativement de la moitié de la taille de l'adulte.

Les tarsonèmes peuvent être introduits dans de nouveaux champs à partir de matériel de plantation infesté. Les infestations peuvent d'abord se présenter de façon éparse. À mesure que les populations augmentent, les tarsonèmes se déplacent vers d'autres plants le long des rangs. Les tarsonèmes peuvent également être déplacés d'un plant à l'autre par les pratiques culturales habituelles, les courants d'air, la proximité des plants ou être transportés sur les vêtements ou les mains. La femelle pond des centaine d'œufs; une seule femelle de tarsonème peut rapidement produire une colonie suffisamment importante pour provoquer des dommages et s'étendre aux plantes environnantes. Les champs plus anciens sont plus susceptibles de receler des populations plus fortes de tarsonème commun. Le ravageur connaît de multiples générations par an, mais les pointes de population se produisent au début du printemps (state du bouton rose - fruit vert) et à nouveau vers la fin de l'été (fin août-septembre).

La répression du tarsonème commun exige un assainissement poussé et des pratiques particulières de production.

  • Commencer les nouveaux champs par des plants sains. Acheter des plants sains cultivés dans le cadre d'un programme agréé.
  • Éviter de planter de nouveaux champs près de champs plus anciens.
  • Éviter de travailler dans les champs infestés et ensuite, de passer dans des plantations nouvelles ou non infestées. Au lieu de cela, planifier le travail afin que les activités soient d'abord faites dans les nouveaux champs non infestés.
  • Procéder périodiquement aux inspections de dépistage et éliminer soigneusement les plants affichant des symptômes.
  • Maintenir des cycles courts de culture de la fraise, en récoltant le champ au maximum pendant deux ans.
  • Les acariens utiles présents naturellement et les thysanoptères (thrips) se nourrissent du tarsonème commun.
  • L'introduction d'acariens prédateurs en plus fortes densités peut être utile pour contrer le tarsonème commun, mais cette stratégie demeure encore expérimentale. Il faut vérifier auprès des fournisseurs quelles sont les meilleures espèces d'acariens prédateurs à utiliser. Certains ont proposé une combinaison de Neoseiulus fallacis et de Neoseiulus californicus.

Pour en savoir plus sur le tarsonème commun, voir les modules de LIcultures du MAAARO à l'adresse http://www.omafra.gov.on.ca/IPM/french/index.html


Pour plus de renseignements :
Sans frais : 1 877 424-1300
Local : 519 826-4047
Courriel : ag.info.omafra@ontario.ca