Automne humide + compactage = effet sur les racines de l'année prochaine

Les ornières, les tournières compactées et du compactage à l'intérieur des parcelles : on a tout eu cette année. Des sols humides, du temps nuageux, peu de jours pour favoriser l'assèchement et des récoltes tardives : tout cela a contribué à une situation problématique de compactage avec des champs remplis d'ornières. Un peu de labour pourrait nous enlever ça de la vue et de l'esprit, pour le moment du moins. Devrons-nous payer pour ça l'an prochain? Probablement, mais cela dépend de la saison de croissance. En fait, cela se résume à une question de racines et d'accès à l'eau.

Des études ont montré que le compactage avait un effet sur les rendements de 0 à 80 pour cent, selon les conditions de croissance et le degré de compactage. Mais comment expliquer une telle variation? Les conditions climatiques jouent évidemment un rôle. Habituellement, si les précipitations ont lieu au bon moment, que le sol reste meuble et permet aux racines de s'étendre, et qu'il pleut régulièrement pour nourrir la culture, le compactage n'est pas un gros problème. Malheureusement, ces pluies idéales sont rares. Alors qu'arrive-t-il en fait aux racines? Selon une étude menée dans le nord de l'Europe, l'effet du compactage du sol sur les racines dépend de la présence et de la répartition des pores du sol. Nous savons que le compactage diminue dans l'ensemble la taille et le nombre des pores du sol. Les racines réagissent elles par une diminution de leur longueur et donc un accès réduit aux pores. On assiste alors à une croissance racinaire plus horizontale avec des racines qui se concentrent surtout dans les couches supérieures du sol; dans ce cas encore, moins de pores sont accessibles pour l'approvisionnement en eau. Les racines ont aussi tendance à réagir au compactage en prenant de l'épaisseur, ce qui demande un surplus d'énergie à la plante et explique la diminution de rendement et la réduction de la taille des pores accessibles aux racines. En résumé, les racines compactées sont plus courtes et plus charnues et n'ont pas accès à l'eau contenue dans les pores du sol.

Figure 1 : Des couches de sol compactées peuvent se former avec le temps ou après une récolte marquée par l'humidité comme en 2014, et nuire à la croissance des racines.

Figure 1 : Des couches de sol compactées peuvent se former avec le temps ou après une récolte marquée par l'humidité comme en 2014, et nuire à la croissance des racines.

Que faire pour remédier à la situation?

À court terme, il n'y a pas grand-chose à faire pour régler le problème. Nombreux sont ceux qui labourent ou passent les disques dans les ornières en vue de briser ou d'au moins recouvrir les ornières. Mais les dommages dans les couches de sol ne sont pas pour autant éliminés. En laissant pénétrer de l'eau et le gel éventuellement, on facilite quand même une certaine réduction du compactage. Le travail superficiel du sol au printemps peut aussi contribuer à la formation de pores à court terme pour une partie de la saison.

Figure 2 : Les ornières et la compaction des tournières peuvent vraiment réduire les pores du sol et ainsi diminuer la circulation d'eau et d'air dans le sol.

Figure 2 : Les ornières et la compaction des tournières peuvent vraiment réduire les pores du sol et ainsi diminuer la circulation d'eau et d'air dans le sol.

Si la récolte n'est pas tout à fait terminée, réduisez le poids des chariots à grains, des camions de chargement en les gardant à l'extérieur du champ (mais ne laissez pas de chemins boueux et peu sûrs). Si nécessaire, ne permettez le compactage que dans les allées réservées à la circulation. Ces zones compactées peuvent être réaménagées plus tard plutôt que d'endommager presque tout le champ.

Figure 3 : Le compactage à la surface du sol peut se produire aisément au printemps, surtout après une récolte marquée par l'humidité. Dans ce champ, par exemple, on semble pouvoir distinguer tous les passages de la machinerie au printemps.

Figure 3 : Le compactage à la surface du sol peut se produire aisément au printemps, surtout après une récolte marquée par l'humidité. Dans ce champ, par exemple, on semble pouvoir distinguer tous les passages de la machinerie au printemps.

Le long terme

Réfléchissez à toutes les méthodes qui peuvent être utilisées pour obtenir un sol plus vigoureux et plus meuble qui peut se remettre de mauvaises conditions à la récolte. Une rotation culturale variée et complexe avec du blé, l'apport de fumier ou d'autres matières organiques, l'utilisation de cultures de couverture et, bien sûr, la réduction du travail du sol et la circulation de la machinerie, tout cela contribuera à augmenter la stabilité de la structure du sol. Un meilleur drainage peut aussi améliorer la structure du sol à long terme. Utilisez de l'équipement moins lourd et des pressions de pneus plus appropriées afin de réduire la pression exercée sur le sol et les risques de compactage durable en profondeur.


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