Un nombre élevé de cellules somatiques peut avoir un effet néfaste sur la fertilité des vaches

Il y a de nombreuses bonnes raisons de surveiller le nombre de cellules somatiques dans le lait de chaque vache, ne serait-ce que pour veiller à la bonne santé et à la productivité du troupeau. Un nombre élevé de cellules somatiques peut entraîner des pertes de revenus en raison d'une baisse de production de lait, de pénalités, d'altération de la qualité du lait et d'un risque plus élevé de mises à la réforme. La surveillance du nombre de cellules somatiques dans le lait de chaque vache peut améliorer la santé du troupeau, en augmentant entre autres les performances reproductives.

Les cellules somatiques dans le lait sont en fait les globules blancs de la vache. Ces derniers agissent comme de petits soldats qui luttent contre la bactérie responsable de la mammite qui pénètre par le pis. Ces cellules sont toujours présentes dans le lait. Toutefois, lorsqu'un agent infectieux s'introduit dans le pis, ou lorsque ce dernier présente une lésion, le nombre de cellules somatiques augmente de manière importante. Selon de récentes études, les infections du pis nuisent à la fertilité de la vache et c'est pourquoi il est important de surveiller le nombre de cellules somatiques de chaque vache et viser à ce que ce nombre reste peu élevé.

La mammite clinique ou visible peut être néfaste pour les fonctions reproductrices de la vache. Des études épidémiologiques menées en 2010 ont montré que la mammite clinique qui se manifeste avant ou après la première saillie peut avoir une incidence négative sur les fonctions reproductrices. Les chercheurs tentent encore d'en déterminer l'effet précis sur le taux de conception, surtout pour déterminer s'il est plus grave que l'infection survienne avant ou après la première saillie.

Quoi qu'il en soit, les chercheurs admettent généralement que la mammite clinique survenant après la saillie est fortement associée à des taux de conception plus faibles et un nombre plus élevé de saillies par conception. La mammite subclinique peut aussi perturber la fertilité et réduire le taux de conception encore plus que la mammite clinique. Cela s'explique probablement par la nature chronique et la prévalence à long terme de cette infection. Dans une étude, on a observé que le tiers des vaches ayant une mammite subclinique présentaient un développement folliculaire anormal, surtout sur le plan hormonal, ce qui retardait l'ovulation lorsque les vaches étaient affectées par la mammite subclinique avant la première saillie.

Un comptage élevé de cellules somatiques peut aussi être relié à des problèmes de reproduction. Une équipe de chercheurs japonais a analysé le lien entre un nombre élevé de cellules somatiques et une reprise anormale du cycle des chaleurs après le vêlage ainsi que les performances reproductives. Les chercheurs ont examiné ces performances chez plus de 350 vaches provenant de six troupeaux laitiers commerciaux durant une période de trois ans. Ils ont trouvé que chez les vaches présentant un nombre élevé de cellules somatiques, soit entre 200 000 et 500 000 cellules par millilitre, l'incidence de phase lutéale prolongée (corps jaune) était plus élevée que chez les vaches dont le comptage de cellules somatiques se situait entre 50 000 et 100 000.

Ces phases lutéales prolongées se produisent parce que le corps jaune est maintenu et ne peut pas se dégénérer. Une phase lutéale prolongée est associée avec un plus faible taux de conception à la première saillie et à un plus grand nombre de saillies par conception. Chez les vaches qui présentent une numération de cellules somatiques de 200 000 à 500 000, le nombre de jours entre le vêlage et la conception est plus élevé que chez les vaches dont le nombre de cellules somatiques est inférieur à 200 000.

Une étude publiée en octobre dernier a permis d'apporter un certain éclairage sur le lien entre le nombre de cellules somatiques et une baisse de fertilité chez les vaches. Les chercheurs ont étudié les effets de la mammite sur la capacité de maturation des ovocytes et de leur fécondation ultérieure suivie du développement in vitro. Leurs conclusions montrent que la capacité de développement des ovocytes est grandement affectée lorsque le nombre de cellules somatiques est supérieur à 200 000.


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