Points à considérer concernant la production commerciale de quinoa

L'année 2013 a été déclarée l'Année internationale du quinoa (IYQ) par l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO). Le quinoa (Chenopodium quinoa) est une céréale à paille (pseudo-céréale) classée comme culture spéciale qui provient des Andes et qui suscite de plus en plus l'intérêt des producteurs ontariens de cultures biologiques. Cette céréale a d'abord été introduite dans les magasins d'alimentation naturelle il y a quelques années, parce qu'elle ne contient pas de gluten et que sa teneur en protéines est élevée. On la retrouve maintenant dans les principales chaînes d'alimentation au Canada et elle constitue souvent le principal ingrédient de recettes concoctées par des grands chefs dans divers restaurants. Au cours de l'année internationale du quinoa, un certain nombre de programmes et de ressources ont été mis en place pour souligner l'importance de cette culture, notamment un symposium international de recherche sur le quinoa qui a eu lieu en août 2013. On peut consulter diverses présentations données à ce symposium sur le site suivant : eOrganic website. (en anglais seulement)

Grâce à la popularité croissante de cette culture, quelques projets de recherche ont été entrepris en Ontario au cours des quatre dernières années, afin de mieux comprendre les exigences régionales de la production de quinoa dans la province. Des organismes, comme Agriculture et Agroalimentaire Canada, le ministère de l'Agriculture et de l'Alimentation de l'Ontario et le ministère des Affaires rurales de l'Ontario, l'Association pour l'amélioration des sols et des récoltes de l'Ontario et d'autres, ont commencé à produire de la documentation sur le quinoa à l'intention des producteurs ontariens. Bien que bon nombre d'agriculteurs de l'Ontario aient tenté de cultiver du quinoa à petite échelle, il demeure important de tenir compte de certains éléments avant de se lancer dans la production commerciale de quinoa.

  1. L'accès aux semences en vrac. La semence de quinoa n'est pas offerte actuellement en vrac par les fournisseurs de semences ordinaires. Toutefois, de nombreux semenciers accroissent de plus en plus leur offre de semences de quinoa et le nombre de variétés vendues en petites quantités au Canada et aux États-Unis. Étant donné que le quinoa est une plante à pollinisation directe (autogame), il est possible d'accumuler les semences pour les cultures ultérieures en vue de cultiver des superficies plus importantes. La production de semences de quinoa exige des conditions environnementales particulières et le pollen peut devenir stérile à des températures supérieures à 28 oC. Pour accumuler des semences provenant de variétés qui conviennent à une région de production en particulier, il est important d'obtenir le plus grand nombre de variétés possibles et de les semer dans des parcelles d'essai de l'exploitation. Observer ensuite les variétés qui donnent de bons résultats dans la région et garder les semences pour de futurs semis. Les variétés qui ont bien fonctionné en Ontario jusqu'à maintenant sont Brightest Brilliant (Figure 1), Faro et Temuco.

Figure 1 : Plants de quinoa de la variété Brightest Brilliant dans une parcelle d'essai en Ontario, 2012

Figure 1 : Plants de quinoa de la variété Brightest Brilliant dans une parcelle d'essai en Ontario, 2012.

  1. Lutte contre les mauvaises herbes. Le quinoa est étroitement apparenté au chou gras (Chenopodium album L.), une mauvaise herbe répandue en Ontario. Des essais dans des parcelles provinciales ont montré que le chou gras semble un meilleur compétiteur que le quinoa, et la pression de cette mauvaise herbe peut gravement affecter la croissance de la culture. Un désherbage hâtif en saison par un binage entre les rangs ou d'autres moyens mécaniques est important pour assurer une croissance adéquate du quinoa (Figures 2 et 3). D'autres pratiques culturales comme la modification de l'espace entre les rangs peuvent accroître la compétition du quinoa et réduire la pression des mauvaises herbes dans le champ. Jusqu'à maintenant, des espacements de 50 à 75 cm ont été utilisés dans des essais en Ontario et dans les parcelles de démonstration. On a également eu recours à des espacements de 20 cm dans le cadre de recherches réalisées au Danemark. Dans les essais ontariens sur le terrain, ce sont les espacements de 50 cm qui semblaient être associés avec une meilleure compétition du quinoa contre les mauvaises herbes, comparativement aux espacements de 75 cm. Toutefois, les effets de l'espacement plus étroit sur la pression des mauvaises herbes et le rendement n'ont pas été évalués directement. Note : il n'existe pas d'herbicides biologiques ou conventionnels (ou d'autres produits de lutte antiparasitaire) qui sont homologués pour utilisation sur le quinoa au Canada.

Figure 2 : Parcelles d'essai en Ontario, 2011 : mauvaises herbes en début de saison entre les rangs de quinoa avant le désherbage.

Figure 2 : Parcelles d'essai en Ontario, 2011 : mauvaises herbes en début de saison entre les rangs de quinoa avant le désherbage.

Figure 3 : Parcelles d'essai en Ontario, 2011 : parcelles de quinoa en mi-saison avec méthodes de lutte minimale contre les mauvaises herbes.

Figure 3 : Parcelles d'essai en Ontario, 2011 : parcelles de quinoa en mi-saison avec méthodes de lutte minimale contre les mauvaises herbes.

  1. Récolte et traitement post-récolte. Le quinoa se présente sous forme de petit grain en forme de disque. Il peut être récolté mécaniquement à l'aide d'une moissonneuse-batteuse (Figure 4). Des grilles et des contre-batteurs appropriés sont nécessaires pour prévenir les pertes de grains et les dommages. Après la récolte, le quinoa doit être traité en vue de retirer la saponine de la surface des grains avant sa mise en marché. La saponine est une substance amère, d'apparence savonneuse produite par la plante et qui peut être retirée par une laveuse écaleuse. Certains producteurs de quinoa utilisent aussi une polisseuse à riz à la fin pour s'assurer que toute la saponine a été retirée du grain. S'il en reste sur le grain, cela risque de rebuter les consommateurs en raison de l'amertume et nuire ainsi aux ventes futures. Sur certains emballages, il est suggéré de rincer le quinoa avant de le faire cuire afin de s'assurer que toute la saponine a bien été enlevée. Note : si le quinoa est cultivé pour accroître la quantité de semences pour les semis futurs, on ne doit pas traiter les graines afin de préserver leur capacité de germination.

Figure 4 : Les grains de quinoa sont petits et en forme de disque

Figure 4 : Les grains de quinoa sont petits et en forme de disque

C'était quelques points dont il faut tenir compte lorsqu'on envisage de produire du quinoa en Ontario. Pour de plus amples renseignements de nature agronomique ou sur la lutte antiparasitaire dans le quinoa, consulter la base de données du MAAO et du MAR sur les cultures spéciales à : www.omafra.gov.on.ca/CropOp/fr/field_grain/spec_grains/quin.html. On peut aussi trouver de l'information générale sur le site de l'Année internationale du quinoa : http://www.fao.org/quinoa-2013/fr/


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