Conseils pour la gestion des pâturages au printemps

Les producteurs peuvent effectuer certaines choses dès maintenant pour obtenir de meilleurs rendements des pâturages pendant toute la saison qui vient.

Au cours de mars ou au début d'avril, commencer par ensemencer des légumineuses en sol gelé dans vos pâturages de graminées. Les légumineuses produisent des cultures fourragères de haute qualité pour le bétail et en plus elles offrent un supplément d'azote que les plants de graminées utiliseront en maximisant leur croissance. Pour obtenir une production maximale, il devrait y avoir de 40 à 50 % de légumineuses dans un pâturage. Les semis à la volée de plusieurs kilos (livres) de semences de la fin de février au début d'avril, selon la profondeur de la neige et le gel, permettent d'augmenter la teneur en légumineuses d'un pâturage. Le trèfle blanc, le trèfle rouge et le lotier corniculé sont les légumineuses idéales à ensemencer en sol gelé. Même si la luzerne constitue une excellente culture fourragère, elle ne s'établit pas très bien en sol gelé. Les espèces de graminées ne donnent pas en général de résultats satisfaisants en sol gelé.

Prévoir une rotation des pâturages afin que le bétail soit déplacé d'un pâturage à un autre avant que le fourrage soit trop court. Une hauteur résiduelle de pâturage de 7,6 à 10,0 cm (3 à 4 po) est idéale. C'est suffisant pour une repousse rapide des plantes. Rappelons que le système racinaire tend à atteindre environ la même longueur que la partie aérienne du plant. Si vous coupez les végétaux trop courts, il y aura aussi une diminution de la longueur du système racinaire qui soutient la repousse.

Tous les trois à cinq ans, une analyse de sol des pâturages est nécessaire, et il faut au besoin ajouter le phosphore et le potassium nécessaire. Les teneurs en phosphore et en potassium doivent se situer dans la moyenne; si elles sont faibles, le sol ne comporte pas assez d'éléments nutritifs pour assurer une croissance optimale des plantes. Une analyse de sol indique aussi le pH du sol; s'il est faible, appliquer de la chaux selon les recommandations de l'analyse de sol. L'azote est un autre élément de fertilité. S'il y a moins de 35 à 40 % de légumineuses dans le pâturage, il y aura une réaction à l'ajout d'azote.

Mettre le bétail dans un pâturage avant que les plantes ne soient trop hautes. Idéalement, elles devraient être d'une hauteur de 25,0 à 35,6 cm (10-14 po) quand les bovins sont placés au pâturage. C'est la longueur optimale de fourrages que les bovins peuvent physiquement manger tout en maintenant un équilibre entre rendement et qualité. Pour la première rotation des pâturages ce printemps, il faudra commencer avant que les herbages n'aient atteint cette hauteur. Puis, effectuer vite la rotation d'un pâturage à l'autre pour suivre le rythme rapide de la croissance des végétaux. Les rotations subséquentes devraient suivre les directives mentionnées plus haut.

Les plants commencent à repousser environ 5 jours après avoir été récoltés. Le bétail préfèrent la nouvelle repousse et la consomme dès son apparition, ce qui rallonge grandement la période de récupération avant la prochaine pâture. Pour une utilisation optimale des fourrages le bétail devrait être déplacé tous les 1 ou 2 jours, le maximum devant être tous les 5 jours.

Habituer le bétail aux clôtures électriques. Si le bétail respecte une clôture électrique, les animaux seront bien plus faciles à gérer et les pâturages pourront être délimités pour convenir aux besoins des animaux avec une clôture temporaire à un seul fil. Une clôture électrique efficace devrait procurer à l'animal une «expérience mémorable», il doit se rappeler de ne plus y toucher. Un bon électrificateur adéquatement mis à la terre, adapté à la longueur de la clôture qu'il faut électrifier, avec toutes les connexions produisant un bon contact, devrait offrir cette «expérience».

Les producteurs devraient s'attendre à une pénurie de fourrages entre le milieu et la fin de l'été et prévoir comment ils pourront y remédier. Disposent-ils de champs de foin de deuxième ou de troisième coupes où le bétail pourrait aller paître? Doivent-ils semer certaines cultures fourragères, p. ex. hybrides sorgho soudan, céréales tardives, navet ou maïs fourrager? Y a-t-il des possibilités d'approvisionnement d'autres fourrages comme des résidus de maïs sucré dans le secteur, à prix convenable? Doivent-ils faire des balles de foin, de l'ensilage avec un trop-plein de croissance hâtive des pâturages? Ce qui convient bien dans une ferme peut être différent de ce qu'il faut chez le voisin, ou pour d'autres producteurs ailleurs dans la province.

Chaque producteur doit évaluer ce qui fonctionne dans sa situation.

Les producteurs devraient tenir un registre sur les pâturages, pour y noter entre autres : les dates auxquelles les animaux sont entrés et ont quitté chaque enclos, de combien d'animaux il s'agit, et un estimé de la quantité de fourrages présent dans le champ. Inscrire aussi les conditions météorologiques. Les producteurs voudront commencer à saison en ayant élaboré un plan leur permettant de prendre les décisions de gestion et d'effectuer les ajustements nécessaires pendant la saison pour réaliser le plein potentiel de leurs pâturages.


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