La punaise marbrée de nouveau détectée en Ontario

La punaise marbrée (PM) est une espèce invasive étrangère provenant de Chine, de la Corée du Sud, de Taiwan et du Japon. Elle a probablement été introduite en Amérique du Nord au milieu des années 1990, et elle avait été détectée pour la première fois à Allentown, en Pennsylvanie en 2001. Alors que la PM est capable de se propager de façon naturelle, elle peut faire facilement de l'auto-stop sur de grandes distances dans les cargaisons de marchandises et les véhicules. À l'heure actuelle sa présence a été signalée dans 39 états, malgré que nombre de ces signalements ne confirment pas son établissement au champ.

La punaise marbrée possède une très vaste gamme d'hôtes qui comprennent les fruits à noyau et à pépins, les petits fruits, les raisins, les légumes, les cultures agricoles, les arbres et les arbustes ornementaux. Des dommages surviennent quand les nymphes et les adultes se nourrissent des parties végétatives ou des organes de fructification. La punaise marbrée est bien adaptée à une diversité de milieux et elle n'a pas besoin d'un hôte précis pour favoriser son établissement ou sa propagation. On n'en sait pas beaucoup à l'heure actuelle sur ses modes de dispersion entre ses hôtes pendant la saison, ce qui contribue à rendre encore plus difficile de la maîtriser. C'est un ravageur très mobile qui change souvent d'hôtes, passant d'une culture à l'autre pendant la saison.

Les punaises marbrées adultes passent l'hiver dans des zones abritées, dont des domiciles et autres bâtiments chauffés. Comme elles se regroupent en très grand nombre, elles sont une nuisance considérable pour les propriétaires des domiciles qu'elles ont investis. Leur concentration à l'intérieur de structures artificielles n'est pas un comportement répandu chez les punaises, il peut constituer un indice précoce des lieux où elles se sont établies. Le comportement de recherche d'un abri contribue amplement à la vaste propagation du ravageur qui peut faire de l'auto-stop et emprunter divers moyens de transport, dont les cargos, les véhicules et les chemins de fer.

La punaise marbrée a été interceptée à plusieurs reprises depuis 1993 alors qu'elle entrait au Canada à l'intérieur de marchandises et de véhicules. À la suite de plusieurs signalements par un propriétaire de domicile en 2010 et en 2011, le MAAARO a repéré une population de punaise marbrée établie pendant l'été de 2012 à Hamilton, en Ontario. On a trouvé des centaines de nymphes et de punaises marbrées adultes dans le nerprun au sein d'un refuge faunique ainsi que le long de l'escarpement du Niagara. Malgré des relevés sur le terrain effectués dans toute la province en 2011 et en 2012, la PM n'a pas encore été détectée dans les cultures.

Dès que le temps s'est refroidi à la fin de septembre et au début d'octobre, des punaises marbrées adultes ont commencé à s'abriter à l'intérieur, et aussitôt les appels et les courriels de la part des propriétaires de domiciles ont afflué au Centre d'information agricole du MAAARO. Même si la plus grande partie des insectes ont été recueillis à Hamilton, plus de trente signalements sont venus d'un peu partout dans Burlington, ce qui laisse supposer que la PM y est établie aussi. Des insectes adultes ont aussi été prélevés en deux endroits à Toronto, et le même propriétaire de domicile de Newboro qui nous avait acheminé une punaise marbrée au printemps en a trouvé plusieurs autres cet automne. Certains propriétaires ont indiqué avoir trouvé plusieurs insectes individuels dans des jardins et à l'intérieur. Les données recueillies auprès des propriétaires de domiciles et la propagation connue du ravageur à l'heure actuelle semblent indiquer que la punaise marbrée s'est établie localement depuis quelques années.

La majorité des punaises marbrées de Hamilton se trouvaient le long de l'escarpement. C'est probablement que cette partie de la ville est un écosystème forestier dense, qui comprend de nombreux hôtes ligneux non cultivés où la PM se réfugie pendant la saison, comme le frêne puant, le catalpa, l'érable, le frêne (et le nerprun semble-t-il). Les populations peuvent proliférer dans ces zones naturelles. Les populations de PM tendent à s'établir d'abord dans les zones urbaines puis à se propager dans les cultures agricoles. L'abondance d'hôtes adéquats dans la nature et la proximité de populations de la PM présentent un risque grave immédiat pour les secteurs agricoles adjacents des comtés de Brant, de Halton, de Hamilton et de Niagara. Les producteurs de ces régions doivent être particulièrement vigilants et effectuer du dépistage de la punaise marbrée.

Trois produits de lutte conventionnelle ont été homologués pour lutter contre la punaise marbrée au Canada, et d'autres solutions ont été identifiées à la rencontre nationale canadienne pour l'établissement des priorités en matière d'usage limité en 2012.

Le Conseil canadien de l'horticulture et le Centre de la lutte antiparasitaire d'Agriculture et Agroalimentaire Canada ont formé le nouveau Groupe de coordination sur les espèces exotiques envahissantes, qui a pour objet de faciliter la recherche et les efforts de sensibilisation en vue de lutter contre la menace que représentent pour les producteurs canadiens les espèces exotiques envahissantes comme la punaise marbrée (et la drosophile à aile tachetée, aussi désignée espèce envahissante). On a mis sur pied un groupe technique de travail à l'échelle nationale visant à définir quels sont les besoins de recherche prioritaires, et les solutions de lutte potentielles. Aux États-Unis, des efforts considérables ont été consacrés à l'élaboration d'outils de surveillance, d'évaluation des ennemis naturels et de mesures de lutte chimique. Les connaissances tirées de ces travaux viendront en aide aux producteurs canadiens.

Figure 1 : PM adulte. Rechercher deux bandes blanches sur chaque antenne foncée, deux triangles blancs pointant vers l'intérieur entre des marques pâles et foncées sur la marge de l'abdomen, et un rebord lisse le long du pronotum ou des " épaulettes ". L'insecte a le dos de couleur brun gris et l'abdomen est pâle. Les pattes ont de bandes blanches un peu estompées (photo gracieuseté de Jennifer Read, NRCan).

Figure 1 : PM adulte. Rechercher deux bandes blanches sur chaque antenne foncée, deux triangles blancs pointant vers l'intérieur entre des marques pâles et foncées sur la marge de l'abdomen, et un rebord lisse le long du pronotum ou des «épaulettes». L'insecte a le dos de couleur brun gris et l'abdomen est pâle. Les pattes ont de bandes blanches un peu estompées (photo gracieuseté de Jennifer Read, NRCan).

La lutte représente surtout un défi dans les cultures biologiques. Aucun des produits homologués à l'heure actuelle au Canada et aux États-Unis ne peut être utilisé dans les cultures biologiques. Du financement a récemment été accordé pour de la recherche sur la lutte contre la punaise marbrée dans les cultures biologiques par l'Organic Agriculture Research and Extension Initiative du ministère de l'agriculture américain. Pour plus de détails et des mises à jour sur les moyens de lutte biologique, notamment les cultures pièges, consulter les sites www.stopbmsb.org/managing-bmsb/organic-bmsb-links/ et www.opm.msu.edu/?tag=bmsb

Il importe d'effectuer la détection précoce du ravageur pour que les programmes de lutte soient efficaces à long terme. Nous voulons savoir où l'insecte se trouve et dans quelle mesure les populations sont bien établies. Il existe un réseau de surveillance de ce ravageur et nous espérons effectuer des relevés en 2013 - 2014; toutefois, nous avons de meilleures chances de détecter des poches de petites populations si plus de gens participent à la recherche. Il nous faut un bon suivi de sa distribution et de sa propagation.

Parmi les personnes dont proviennent des signalements, ils sont nombreux à préciser avoir observé ces insectes depuis trois ou quatre ans; ils n'avaient simplement pas réalisé qu'il s'agissait d'un nouveau ravageur. Il faut un échantillon pour confirmer la présence de la PM. Pour des photos de la PM et d'insectes semblables, voir www.ontario.ca/stinkbug. Si vous croyez avoir trouvé des PM, veuillez communiquer avec le Centre d'information agricole en appelant au 1 877 424-1300 ou en écrivant à l'adresse ag.info.omafra@ontario.ca, et nous vous indiquerons quoi faire avec votre échantillon (des photos haute résolution sont très utiles à l'identification). Pour les cartes les plus récentes (aux États-Unis et au Canada), visiter le www.stopBMSB.org.


Pour plus de renseignements :
Sans frais : 1 877 424-1300
Local : 519 826-4047
Courriel : ag.info.omafra@ontario.ca