Préparation des troupeaux de bovins de boucherie pour l'hiver

Avec le temps sec qu'on a connu cet été dans toute la province, la gestion des troupeaux de bovins de boucherie a été particulièrement difficile cette année. L'hiver est à nos portes. L'an dernier, l'hiver doux a permis de réduire les coûts d'alimentation du bétail, mais a détruit des parcelles de luzerne.

Alors, que doit-on faire pour se préparer à l'hiver qui vient?

Faire face aux pénuries d'aliments pour animaux

La plupart des agriculteurs de la province ont récolté moins de foin qu'à l'habitude et ont dû avoir recours à d'autres sources d'alimentation. Certains se sont dotés d'un mélangeur à RTM, ce qui leur a permis de mélanger différents ingrédients et d'obtenir ainsi, pour leurs bovins de boucherie, une ration acceptable sur le plan de la nutrition, à un prix raisonnable. À long terme, le mélangeur à RTM sera amorti grâce à une ration moins coûteuse mieux adaptée aux besoins des bovins de boucherie.

D'autres utilisent des ingrédients qu'ils n'avaient jamais employés auparavant, comme de la paille, des tiges de maïs, de l'avoine fourragère, du navet, des pois, etc. Les producteurs ont aussi consulté Internet; ils ont rendu visite à des confrères ou à des conseillers pour en apprendre davantage sur ces aliments en ce qui a trait à leur valeur nutritive, les exigences d'entreposage et les modes d'alimentation. Ils ont dû s'informer sur toutes sortes de choses, comme la période idéale de mise en balles et le niveau d'humidité optimal des aliments. La présence de nitrates a soulevé certaines inquiétudes dans le maïs qui a été soumis à toutes sortes de stress; les nitrates sont actuellement problématiques aussi dans l'avoine fourragère, surtout si elle a été fauchée tôt et entreposée humide. L'intoxication aux nitrates fait en sorte que le sang perd sa capacité à transporter l'oxygène. Il est donc important de surveiller si les animaux sont haletants ou ont une démarche chancelante, etc. Avec le temps et l'ensilage, les teneurs en nitrates vont diminuer, mais il vaut tout de même la peine de faire analyser l'avoine fourragère par un laboratoire fiable. Si les teneurs en nitrates sont élevées, on devra la mélanger avec d'autres types de fourrages. Il est toujours bon pour la santé du rumen et l'efficacité alimentaire de mélanger les divers types de fourrages.

Le programme d'alimentation utilisé doit se limiter aux ingrédients dont les bovins ont besoin sans excès tout en réduisant le gaspillage au minimum. L'épandage de fourrages sur sol gelé peut être efficace pour minimiser les gaspillages de nourriture, du moment qu'on donne aux animaux uniquement ce dont ils ont besoin (figure 1).

Figure 1: Épandage de fourrages sur sol gelé

Figure 1: Épandage de fourrages sur sol gelé.

Évaluation du troupeau

L'automne est un bon moment pour prendre le temps d'évaluer le rendement du troupeau en comparant certains paramètres importants avec ceux des années précédentes, comme :

  • Le taux de gestation, soit le pourcentage de vaches exposées qui sont gestantes.
  • Les poids au sevrage. Le poids moyen corrigé au sevrage risque d'être moins élevé en raison des faibles rendements des pâturages par temps sec, à moins que des aliments de premier âge aient été donnés aux veaux.
  • Poids de vente.
  • Poids de vente comparativement aux poids des vaches.
  • Pourcentage de veaux sevrés : pourcentage de vaches exposées ayant produit un veau sevré.
  • Productivité : poids des veaux en livres par vache exposée.

Réforme

Après avoir examiné les paramètres du troupeau, on peut maintenant se pencher sur les caractéristiques individuelles des vaches. Les années de pénurie de fourrages, il devient plus important de réformer les vaches qui ne seront pas assez productives pour être rentables l'année suivante, soit :

  • Toute vache non saillie.
  • Les vaches dont la condition des pattes et du pis est suffisamment mauvaise pour nuire à leur productivité.
  • Les vaches à vêlage tardif ou les vaches qui sont peu performantes en vertu des critères décrits ci-dessus.
  • Les vaches qu'il ne semble pas pertinent de garder pour une autre année.

Il faut aussi évaluer les taureaux. Les exigences nutritionnelles et les coûts associés à l'entretien d'un taureau sont habituellement plus élevés que pour une vache. Il est donc important de bien examiner s'il n'y a pas lieu de réformer les taureaux qui présentent les caractéristiques suivantes :

  • Taureaux âgés.
  • Taureaux ayant des troubles aux pattes ou un tempérament difficile.
  • Taureaux pesant plus d'une tonne.
  • Taureaux ayant ont déjà plusieurs filles dans le troupeau.
  • Taureaux dont les veaux sont très ordinaires, et qu'on pourrait remplacer au printemps par un jeune taureau plus performant.

Comme toujours, les mois d'hivers seront difficiles, mais certaines décisions peuvent nous permettre de faciliter les choses et d'améliorer la rentabilité de l'exploitation.


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