Quel été pour les fourrages!

Quel étrange été! Jusqu'à maintenant, il a fait chaud et sec et les cultures fourragères ne poussent pas très bien. Les pâturages ont également souffert du manque de précipitations, et la repousse a été retardée ou compromise. Dans bon nombre de cas, il a fallu donner des fourrages additionnels aux vaches pour maintenir la production.

Même s'il n'est pas tout à fait terminé, on peut tout de même affirmer qu'il s'agit d'un été très particulier. Dans les jours qui suivront, il faudra prendre le temps d'évaluer les stocks de fourrages disponibles pour décider des prochaines étapes. Il est toujours utile d'avoir un plan à sa disposition pour réduire son niveau de stress.

On estime de manière générale que les stocks de fourrages produits à la ferme risquent d'être insuffisants cette année et qu'il sera très important au cours des prochaines semaines de voir à s'approvisionner à l'extérieur et de se procurer des fourrages additionnels. En réglant rapidement cette question, on pourra non seulement avoir un meilleur choix, mais réduire aussi le stress associé à l'incertitude. Pour atténuer l'effet de la pénurie de fourrages, on pourra aussi envisager de faire une coupe plus tard en saison pour augmenter les stocks.

Les jours qui commencent à raccourcir auront aussi un effet sur la croissance des pâturages. La diminution progressive de la matière sèche fourragère produite par les pâturages signifie qu'il faudra donner davantage de fourrages additionnels aux vaches. De plus, le type de concentré et les quantités de nourriture données devront être révisés. Il sera peut-être opportun de discuter de cet aspect du programme alimentaire avec un conseiller en nutrition animale.

Il sera également très important cette année de faire analyser les fourrages et les autres aliments en laboratoire. En raison de la variabilité possible entre les cultures et des conditions météorologiques inhabituelles, l'analyse des fourrages risque de donner des résultats assez différents d'une année dite normale. Il est bon de prélever des échantillons de fourrages dès que possible, tout au long de l'été, afin de disposer de toute l'information requise lorsque le temps est venu de prendre une décision.

Une fois que l'on connaît bien la quantité et la qualité de fourrages disponibles pour formuler la ration, on doit alors tenir compte du type de plantes fourragères qui sera offert à chaque groupe d'animaux. De toute évidence, certains systèmes fourragers offriront plus de souplesse dans le choix des fourrages. Il est facile, par exemple, d'identifier individuellement les balles rondes avec un numéro qui correspond au champ d'origine et à la date de coupe. Habituellement, les meilleurs fourrages disponibles dans une ferme laitière devraient être utilisés pour les rations des vaches en lactation. Cela s'applique autant à l'ensilage qu'au foin. Les fourrages de meilleure qualité devraient être réservés aux vaches en début de lactation, puisque c'est à cette période que leurs besoins en éléments nutritifs sont les plus élevés. Même si le troupeau laitier est petit, le regroupement des vaches selon leur production de lait et leur stade de lactation peut aider à optimiser la répartition des éléments nutritifs dans le troupeau. Une analyse complète du foin et de l'ensilage donnés aux vaches aidera aussi à déterminer la meilleure protéine et le meilleur concentré énergétique satisfaisant aux exigences de la ration.

Une mise en garde s'impose toutefois dans le cas des rations contenant du maïs à ensilage : le maïs ayant subi un stress en raison du temps sec qui reçoit des précipitations un peu avant la récolte peut contenir des teneurs élevées en nitrate, susceptibles d'être toxiques pour les ruminants. Bien que le processus de fermentation réduise les quantités de nitrate présent, les niveaux résiduels peuvent toutefois demeurer une source de problèmes. Pour cette raison, la fermentation de l'ensilage doit être terminée avant de faire l'analyse des nitrates.

Bien que l'offre d'aliments biologiques certifiés pour animaux puisse être limitée, il pourrait valoir la peine cet automne de trouver et de se procurer des ingrédients qui pourraient être utilisés pour accroître la proportion de fourrages et de fibres dans la ration. Bien sûr, lorsqu'on formule une ration pour vaches laitières, il faut toujours garder en mémoire que selon la Norme canadienne sur l'agriculture biologique, au moins 25 % de la portion fourrages doit être sous forme de foin sec et pas plus de 40 % de la matière sèche de la ration doit provenir de concentrés.


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