Mildiou du basilic - Stratégies de lutte biologique

Le mildiou est une nouvelle maladie du basilic de champ ou de serre. Causé par le champignon Peronospora belbahrii (pathogène différent de celui qui est à l'origine du mildiou dans d'autres cultures légumières), le mildiou du basilic est d'abord apparu en Suisse, en 2001, et s'est ensuite propagé à de nombreux pays en Europe, en Afrique, en Amérique du Nord et du Sud. Il a été signalé la première fois en Ontario dans le basilic de champ pendant la saison de culture 2010; la plupart des rapports ayant été communiqués vers la fin de la saison. Bien que le mildiou du basilic ne soit pas toxique pour les humains, il affecte l'apparence des plants et les rend non commercialisables.

Cette maladie peut être propagée par le vent et par la vente de feuilles infectées. Elle peut se propager aussi par des semences contaminées, ce qui expliquerait pourquoi la maladie a été repérée dans des serres où le basilic n'avait jamais été cultivé auparavant. C'est pourquoi il est très important de voir si les plants repiqués ne présentent pas de symptôme de la maladie avant la mise au champ, où un grand nombre de spores peuvent être propagées sur de grandes distances par le vent. Le mildiou du basilic a causé d'importantes pertes de récolte depuis son apparition en Ontario. Son apparition dans les champs de basilic en Ontario a toujours été fin juillet ou début août, bien qu'il puisse être présent beaucoup plus tôt sur le basilic de serre.

La lutte biologique contre les mildious, qui sont très actifs et peuvent se propager rapidement, peut être très difficile. Les mildious sont causés par les oomycètes, organismes semblables aux champignons, souvent appelés champignons aquatiques. Mais puisque les oomycètes ne sont pas de vrais champignons, ils ne sont pas aisément contrôlés au moyen de pratiques de cultures ou autres utilisées dans la lutte contre d'autres maladies fongiques, comme l'oïdium, ou maladie du blanc.

Il n'y a pas de produit de protection phytosanitaire (biologique ou traditionnel) homologué au Canada pour combattre le mildiou du basilic. L'utilisation de produits de protection phytosanitaires maisons, comme les thés de compost, n'est pas recommandée, en partie à cause des risques d'insalubrité associés à l'application de ces produits sur une récolte fraîche destinée à la vente et aussi parce que ces produits ne se sont pas montrés efficaces dans la lutte contre le mildiou du basilic.

Photo 1. Le mildiou du basilic prend d'abord la forme d'une chlorose ou d'un jaunissement des feuilles, confiné à l'intérieur des nervures.

Le mildiou du basilic prend d'abord la forme d'une chlorose ou d'un jaunissement des feuilles, confiné à l'intérieur des nervures.

Des essais ont été effectués au cours des deux dernières années pour découvrir des méthodes qui permettraient d'empêcher ou de retarder l'apparition de la maladie ou d'en réduire les conséquences. Les premiers essais, effectués par le personnel du MAAARO en 2010, comprenaient une étude limitée de la réceptivité relative de diverses variétés de basilic à la maladie. En 2011, un projet de recherche plus ambitieux a été lancé à l'Université de Guelph; il a comme objectif de comparer une vaste gamme de variétés de basilic et d'évaluer l'efficacité de produits biologiques de protection phytosanitaire.

De nombreux types de basilic, notamment les basilics grand vert, fin, pourpre, thaï et épicé ont été comparés. Le seul type de basilic qui n'a pas développé les symptômes est le basilic épicé. Bien que ce basilic ait certaines utilisations, il n'est pas une solution de rechange acceptable aux basilics communs. Début septembre, près de 100 % de la surface des feuilles de pratiquement toutes les autres variétés de basilic était endommagée. La variété « Médinette » de basilic, dont 40 % de la surface des feuilles était affectée à la même date, a représenté la seule exception. Bien que ce degré d'infection ne soit pas acceptable pour la commercialisation, le développement de la maladie était plus lent sur cette variété, ce qui peut prolonger la production de quelques semaines.

Photo 2. Le matin, l'envers des feuilles infectées présente des spores grises violacées d'apparence pelucheuse.

Le matin, l'envers des feuilles infectées présente des spores grises violacées d'apparence pelucheuse.

Trois produits biologiques de lutte contre les maladies ont aussi été mis à l'essai en 2011, notamment un produit fondé sur un extrait de renouée de Sakhaline (Reynoutria sachalinensis), un autre, sur l'huile de sésame et un troisième, sur la bactérie Bacillus subtilis. Aucun de ces produits n'est actuellement homologué au Canada pour la lutte contre du mildiou du basilic. En outre, ces produits n'ont pas sensiblement réduit l'occurrence de la maladie par comparaison aux basilics non traités d'un groupe témoin. Cependant, avec le produit à base de Bacillus subtilis, le rendement total du basilic a légèrement augmenté. La recherche se poursuit cet hiver en vue d'évaluer une gamme plus importante d'options de lutte biologique.

Plusieurs stratégies de gestion des cultures semblent réduire ou retarder le développement de cette maladie dans les champs de basilic en Ontario. Le début de la maladie tend à être retardé pour le basilic planté dans un site ouvert et exposé aux vents dominants. Un plus grand espacement des plants favorisera aussi une bonne circulation de l'air autour des plants, ce qui réduira aussi l'incidence de la maladie, pourvu que les mauvaises herbes entre les plants soient contrôlées. Les producteurs devraient aussi éviter d'irriguer par aspersion, particulièrement après la mi-juillet. On doit noter cependant que ces techniques ne semblent pas empêcher complètement la présence de la maladie, mais elles peuvent parfois retarder suffisamment longtemps celle des symptômes pour qu'une récolte additionnelle puisse être effectuée. Faites en sorte d'acheter vos semences chez un fournisseur réputé. On ne doit pas utiliser de semences récoltées dans des champs où le mildiou du basilic est apparu. La maladie est moins grave quand le temps est chaud et sec pendant la croissance des plants.

Les producteurs devraient constamment être à l'affût de symptômes du mildiou dans leurs champs. Dès l'apparition des premiers symptômes, ils devraient songer à récolter puisque la récolte sera probablement invendable quelques semaines plus tard. Cependant, après l'infection des feuilles par le mildiou, les symptômes ne se manifestent pas avant au moins une semaine. C'est pourquoi des feuilles qui semblent saines à la récolte peuvent développer des symptômes plus tard. Ce problème ne touche pas le basilic séché, pourvu que le séchage soit effectué dès que possible après la récolte.

Photo 3. Après une année de recherche, la variété de basilic " Médinette " semble moins réceptive au mildiou du basilic.

Après une année de recherche, la variété de basilic " Médinette " semble moins réceptive au mildiou du basilic.

Les producteurs biologiques peuvent retarder l'apparition du mildiou du basilic en combinant un bon choix de cultivar, l'achat de semences ou de plants de grande qualité, le choix du site et l'espacement des plants. La recherche se poursuit afin de mettre à l'essai encore plus de variétés de basilic et de produits de protection phytosanitaire biologiques. Ce sont les thèmes de recherche sur les Systèmes de production et de Gestion des situations d'urgences du partenariat entre le MAAARO et l'Université de Guelph qui financent ce projet.


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