L'importance du fourrage grossier pour les porcs biologiques en croissance/finitionLes porcs sont naturellement curieux et désireux d'explorer leur environnement. Les comportements d'exploration, de recherche de nourriture et de fouissement représentent une grande partie des activités quotidiennes des porcs et ils leur permettent de chercher les endroits où se trouve la nourriture et de mieux connaître leur milieu environnant. L'exigence en production biologique relative aux superficies allouées et à la présence d'enclos extérieurs vise à permettre aux porcs d'être plus actifs et d'exprimer davantage leurs comportements naturels. Le fourrage grossier est une composante importante des systèmes de production biologique, car il a un effet sur le type d'activités des porcs ainsi que sur leurs interactions sociales en les incitant à explorer leur milieu et à réaliser des activités de recherche de nourriture (Roberts et al., 1993). En accroissant le temps consacré à la recherche de nourriture ou au fouissement, le fourrage grossier garde les porcs occupés et peut réduire le stress et les comportements agressifs. Les fourrages grossiers peuvent aussi représenter une contribution importante au régime alimentaire des porcs. Bien que ces animaux soient des monogastriques, ils ont la capacité de digérer les fibres des fourrages dans leur intestin postérieur. Des recherches ont montré que le fourrage grossier peut représenter jusqu'à 18 à 19 % de la matière sèche de la ration totale et que les porcs pesant plus de 60 kg sont en mesure d'obtenir 10 % de leur besoin quotidien d'énergie à partir des fourrages grossiers (Carlsson et al., 1999). Ces derniers peuvent aussi contribuer à améliorer le bien-être des porcs, puisqu'ils exercent un effet positif sur le développement de la microflore et de l'épithélium de l'intestin. Dans le cadre d'une étude récente, Høøk-Presto et. al. (2009) ont examiné les effets du fourrage grossier sur les comportements et les interactions sociales des porcs biologiques en croissance/finition. Les auteurs ont présumé que l'accès à une quantité additionnelle de fourrages grossiers dans l'enclos extérieur inciterait les porcs à fréquenter plus souvent cette superficie, à modifier leurs types d'activités et contribuerait à réduire les comportements agressifs et le stress. La première partie de l'expérience a fait appel à un total de 377 porcs biologiques des deux sexes, provenant de trois troupeaux différents. Tous les porcs étaient de race (Landrace x Yorkshire) x Hampshire et avaient été achetés auprès de deux troupeaux reproducteurs de porcelets biologiques. Les porcs ont été affectés au hasard selon leur sexe et leur poids vif soit à un groupe témoin (T) soit à l'un des trois traitements qui prévoyaient l'accès à du fourrage grossier additionnel : foin (F), ensilage de graminées (EG) ou ensilage d'orge entier (EO). L'expérience a été réalisée de novembre à février lorsque les porcs étaient à l'intérieur et qu'ils avaient accès à une cour extérieure. La température moyenne durant cette période a été de 0,7 0C (min. ?10,0 °C et max. 10,5 °C). Chaque porcherie était divisée en enclos contenant une zone de repos avec litière, et offrait un accès illimité à l'eau et à des mangeoires qui permettaient aux animaux de manger en même temps. La superficie allouée à chaque porc à l'intérieur était de 1,5 m2/porc. Chaque enclos permettait aussi aux animaux d'avoir accès à une cour extérieure en béton dont la superficie par porc était d'au moins 1,0 m2/porc. Dans les enclos offrant un accès à du fourrage grossier (soit du foin, de l'ensilage de graminées ou de l'ensilage d'orge entier), les porcs avaient accès à volonté à leur fourrage respectif dans les mangeoires de la cour extérieure. Le ravitaillement en fourrages grossiers se faisait chaque matin et l'après-midi également, au besoin. Les comportements ont été observés dans tous les enclos à l'arrivée et plus tard, toutes les quatre semaines au cours de la phase de croissance/finition. Les chercheurs ont constaté que les porcs qui avaient accès au fourrage grossier dans la cour extérieure allaient plus souvent dehors que les porcs qui n'y avaient pas accès (figure 1). Les porcs à qui on a donné du foin, de l'ensilage de graminées ou d'orge entier restaient dehors dans une proportion respective de 9,6 %, 12,5 % et 10,9 % comparativement à 3,8 % pour les porcs du groupe témoin. Le comportement d'exploration (défini comme le fouissement dans la paille ou autre et la consommation de fourrages grossiers) n'a pas varié selon les traitements, ce qui peut être attribuable à la présence de litière dans tous les enclos. Il est intéressant de remarquer que le pourcentage des porcs observés qui consommaient des fourrages grossiers n'était pas significativement différent selon qu'il s'agissait de foin, d'ensilage de graminées ou d'ensilage orge entier. L'analyse de la variable sur l'activité des porcs (les porcs
actifs étant ceux qui se tiennent debout et mangent des fourrages
grossiers) a montré que les porcs ayant reçu des fourrages
grossiers étaient significativement plus actifs que les porcs
du groupe témoin (figure 1). Les porcs du groupe témoin
étaient significativement moins actifs (position de bout
et consommation de fourrages grossiers) à l'extérieur
que ceux qui avaient accès à des fourrages additionnels,
ce qui montre que le fourrage grossier incitait les porcs à
aller dehors et à demeurer plus actifs.
À l'intérieur, la fréquence des comportements agressifs dans la zone de repos était plus faible chez les porcs qui avaient accès à des fourrages grossiers que chez les porcs du groupe témoin. À l'extérieur, la fréquence des comportements agressifs n'a pas varié selon les groupes; toutefois, la fréquence des comportements agressifs à l'extérieur était habituellement faible. Les résultats de cette étude montrent que l'accès à des fourrages grossiers additionnels a réduit la fréquence des comportements agressifs dans la zone de repos. Ces conclusions confirment aussi que l'accès à de plus grandes quantités de fourrages grossiers dans la cour extérieure incite les porcs à aller dehors plus souvent, ce qui laisse croire que les porcs pourraient être davantage motivés à utiliser les fourrages grossiers pour leurs activités d'exploration et de recherche de nourriture. Même s'il y avait de la litière de paille à l'intérieur, l'accès à des fourrages grossiers additionnels à l'extérieur a accru le niveau d'activité des porcs et a réduit leurs comportements agressifs. Ces observations montrent que les fourrages grossiers constituent une ressource importante susceptible d'améliorer le bien-être des porcs et leurs comportements, surtout en production biologique. Pour plus de renseignements : Sans frais : 1 877 424-1300 Local : 519 826-4047 Courriel : ag.info.omafra@ontario.ca
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