Réflexions sur les systèmes de mise bas libresLa plupart des truies en lactation en Amérique du Nord sont hébergées dans une forme ou une autre de systèmes avec des cases. D'abord introduites dans les années 1960, les cases de mise bas offraient aux producteurs de nombreux avantages : moins de bagarre entre les truies, mortalité des porcelets plus faible, meilleures conditions d'hygiène dans la porcherie, sécurité et rendement améliorés des travailleurs. Cependant, depuis que les truies sont dans des cases, des recherches ont montré qu'elles passaient maintenant beaucoup plus de temps debout, inactives. Cette inactivité peut entraîner des problèmes aux articulations, une faiblesse musculaire dans les pattes et éventuellement une mobilité réduite. De plus, dans les cases les truies ne peuvent adopter de comportements normaux comme se préparer un nid ou déraciner des herbes. Cette dépossession provoque certains troubles dont du stress chronique, de la dépression et de la frustration, de l'agressivité et des comportements stéréotypés et anormaux. En réaction aux soucis sur le bien-être des animaux, dans de nombreux pays de l'Union européenne dorénavant les cases ne sont plus permises ou sont graduellement éliminées. Au Canada, les systèmes de production certifiée biologique et la production sans cruauté envers les animaux ne permettent pas les cases et les truies en lactation doivent être logées dans des systèmes de maternité ou des porcheries libres. Toutefois, deux éléments préoccupent surtout les producteurs qui comptent s'adapter à ces systèmes; une mortalité plus grande des porcelets avant sevrage parce qu'ils sont écrasés et des besoins beaucoup plus élevés en main d'uvre. Une récente recherche menée en Autriche a examiné trois types de systèmes de maternité libres et a comparé le comportement, la santé, le rendement et les besoins en main d'uvre. L'expérience a duré de juin 2005 à décembre 2006 dans un élevage commercial autrichien de truies. Le troupeau de 600 truies a fait l'objet d'une mise bas simultanée et les porcelets ont été sevrés à 3 semaines. Trois types de systèmes de mise bas libres ont été observés :
Le comportement des truies et des portées a été indirectement observé au moyen d'un système d'enregistrement vidéo numérique. Les chercheurs ont observé l'activité générale des truies (marche, station debout, assises, couchées), le temps passé couché et debout, l'utilisation du coin à porcelets et les situations dans le contexte de l'écrasement des porcelets. De plus, les besoins en main d'uvre et les données de production (porcelets nés, porcelets sevrés par portée, le poids au sevrage, la mortalité avant sevrage) ont été évalués pour chaque système. Les chercheurs ont indiqué que dans les trois systèmes, l'activité des truies étaient à son maximum pendant les dernières 24 heures avant la mise bas, représentant un comportement de préparation du nid. Les truies du système 1 (FS1) ont été plus actives pendant la période de mise bas et de lactation comparées à celles des deux autres systèmes. Dans les trois systèmes, les changements de posture couchée de la truie étaient l'activité la plus menaçante pour les porcelets et le centre de l'aire de couchage constituait la zone la plus dangereuse. La majorité des situations dangereuses pour les porcelets (de 60 à 80 %) ont été observées dans les 24 heures après la mise bas. Dans le système 1 (FS1) on a signalé peu de changements posturaux de la truie couchée pendant les 24 heures précédant la mise bas. Peu importe le type de plancher dans un système de mise bas libre, il était fréquent que la truie glisse en se levant et en se couchant (incidence entre 35 et 45 %), ce qui ne différait pas d'un système à l'autre. On n'a pas noté de différences statistiques entre les trois systèmes libres dans le nombre de porcelets sevrés par portée (FS1 : 8,87; FS2 : 9,05; FS3 : 9,29), dans les pertes de porcelets (FS1 : 23,12 %; FS2 : 20,96 %; FS3 : 19,09 %) et dans la proportion de porcelets perdus à cause d'un écrasement (FS1 : 49,1 %; FS2 : 52,1 %; FS3 : 53,0 %). Les besoins en main-d'uvre liés à la porcherie s'échelonnaient de 41,9 (FS3) à 63,1 (FS1) minutes par truie pendant la période de lactation. En se basant sur ces résultats, les chercheurs ont effectué les recommandations suivantes pour aider les producteurs et orienter certaines recherches à venir.
Référence :Baumgartner, J. 2008. Welfare and economic aspects of non-crate farrowing systems. Internal report. Housing of farrowing and lactating sows in non-crate systems. Aarhus University, Copenhagen, Denmark. pp 37-38.
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