La gestion des mouches dans la production laitière biologiqueLa gestion des mouches peut constituer un problème grave pour les producteurs laitiers biologiques, puisque les insecticides chimiques ne sont pas permis pour lutter contre les mouches nuisibles. Les mouches, en plus de transporter des maladies, peuvent également déranger et importuner les bovins dans les pâturages ou les étables. Cela signifie une production laitière et un gain pondéral moindres, de même qu'une perte économique pour les agriculteurs. Les mouches qui causent le plus de problèmes dans les pâturages sont la mouche des cornes, qui s'alimente du sang des animaux et que l'on retrouve principalement sur leurs dos, de même que la mouche faciale, qui peut entraîner des maladies comme la kérato-conjonctivite infectieuse des bovins. Dans les bâtiments, c'est la mouche domestique et la mouche piquante des étables qui sont les plus problématiques. La gestion des mouches doit utiliser simultanément plusieurs méthodes. Le stade adulte survient lorsque la mouche devient une nuisance pour le cheptel et l'objectif devrait par conséquent être de limiter la population adulte dans les étables ou les pâturages. La meilleure manière d'y parvenir est de cibler les mouches avant qu'elles ne deviennent adultes (lutte contre les ufs, les asticots et les pupes). La méthode la plus efficace est l'enlèvement ou le nettoyage du fumier et des autres résidus biologiques dans lesquels les mouches adultes pondent leurs ufs et où les asticots croissent. Un substrat riche en matière organique et contenant environ 70 % d'eau favorise la reproduction des mouches. Garder la litière sèche et l'enlever des cases au moins tous les 10 à 12 jours devrait faire baisser le nombre de nouvelles mouches adultes. On trouve généralement moins de mouches dans les étables avec une ventilation longitudinale, puisque la litière et le fumier sèchent plus rapidement, ce qui réduit la qualité de la litière pour la ponte des ufs et diminue le développement des asticots. En outre, la mouche adulte n'aime pas se retrouver dans un milieu venteux. Le type de litière peut également avoir un effet sur le nombre de mouches. La litière de paille semble entraîner un nombre plus élevé de mouches comparativement aux copeaux de bois. L'ajout de chaux ou de terre de diatomées à la litière est une autre méthode qui semble aider en rendant la litière moins appropriée pour la ponte ou le développement des asticots. Un large éventail de pièges englués existe et peut être utilisé dans l'industrie de l'élevage. Chacun de ces pièges est conçu pour répondre à un objectif précis. Cependant, il semble que les pièges en " corde à linge " sont les plus efficaces pour capturer les mouches dans les étables (comme le Sticky Roll, bien que ce genre de piège soit également commercialisé sous d'autres marques). Ce système est très facile à installer et les rouleaux se changent aisément. Quelques sortes de pièges sont conçues pour attirer et attraper les mouches adultes à l'extérieur, grâce à des appâts. Leur efficacité dépendra du type d'appât utilisé et les espèces de mouches capturées ne sont pas toujours celles qui sont ciblées. Ce genre de piège peut aider quelque peu, mais il existe d'autres méthodes plus efficaces. Quelques producteurs biologiques utilisent un mélange d'huiles essentielles appliqué directement sur les animaux pour repousser les mouches. L'efficacité de certaines huiles essentielles pour repousser les insectes a été étudiée et des essais sont actuellement réalisés afin d'évaluer leurs propriétés répulsives contre les mouches nuisibles les plus communes dans l'industrie de l'élevage. L'utilisation d'extraits de plantes présente un grand potentiel. Cependant, avant d'utiliser un produit pour lutter contre ou repousser un insecte nuisible, celui-ci doit être enregistré par l'Agence de réglementation de la lutte antiparasitaire (ARLA) de Santé Canada. Peu d'agents de lutte biologiques commerciaux, comme des guêpes parasites, des nématodes, des histers et des mouches prédatrices, peuvent être achetés et relâchés dans les fermes d'élevage. Même s'ils s'attaquent aux ufs, aux asticots ou aux pupes, ce qui en fin de compte fait diminuer le nombre de mouches adultes dans l'étable, la recherche a montré des résultats grandement variables. Il est essentiel de choisir attentivement les espèces utilisées et les taux de libération, ainsi que d'utiliser d'autres méthodes de gestion. Assurez-vous que votre fournisseur possède une expertise dans la lutte biologique. Les guêpes parasites semblent plus efficaces pour les chevaux dans les écuries que pour les autres animaux d'élevage. Il est nécessaire de faire plus de recherche afin d'améliorer l'efficacité des agents de biolutte. La gestion des mouches pour les producteurs biologiques constitue certainement un défi contre lequel il n'existe pas de panacée. La première mesure qui devrait être adoptée est le nettoyage et la gestion appropriés des matières organiques dans les étables (le fumier, l'urine, la litière et les aliments pour animaux). Les méthodes curatives s'avéreront plus coûteuses que les mesures préventives comme le nettoyage adéquat. Un projet de recherche a été entrepris à l'Université de Guelph (campus d'Alfred) pour élaborer des méthodes de réduction des risques et des méthodes biologiques afin d'offrir des choix aux producteurs laitiers biologiques et classiques. Le Dr Simon Lachance du Centre de recherche en production laitière biologique du campus d'Alfred de l'Université de Guelph est à la tête du projet, alors que les participants sont des producteurs biologiques de la région. Les guêpes parasites utilisées pour ce projet sont élevées par un laboratoire de l'état de New York, l'IPM Laboratories Inc.
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