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Pour des cultures de soya biologique à rendement élevé

Dans un récent article paru dans le bulletin Carnet horticole du MAAARO, Horst Bohner, spécialiste de la culture du soya, a présenté dix idées pour augmenter les rendements de la culture de soya. Je vous les communique ici en y ajoutant des commentaires (entre parenthèses) pour les adapter à l'agriculture biologique.

Bonne rotation des cultures - Pour un potentiel de rendement de 100 %, la rotation des cultures de soya devrait être pratiquée tous les 4 ans. La rotation maïs, soya et blé est également excellente et offre un potentiel de 98 %. En Ontario la recherche a démontré que la rotation peut accroître le rendement de 4,2 boisseaux/acre (une bonne rotation est le fondement de tout programme agricole).

Cultivars de pleine saison à rendement élevé - Consultez la brochure sur les essais de cultivars de soya (www.gosoy.ca) avant de faire votre choix. Par exemple, le cultivar OAC Wallace produit 8 boisseaux/acre de plus que l'OAC Bayfield (certains producteurs préfèrent un cultivar dont la saison est plus courte pour pouvoir semer du blé ou de l'épeautre à l'automne).

Semis hâtif - Les semis effectués au début de mai produiront un rendement supérieur d'environ 3,8 boisseaux/acre à ceux de la fin de mai (les producteurs de soya biologique doivent d'ordinaire effectuer les semis à la fin de mai, il s'agit là d'une mesure de lutte contre les mauvaises herbes, qui constitue un compromis nécessaire).

Rangs étroits et densité de semis appropriée

194 000 graines/acre dans des rangs espacés de 19 cm (7,5 po), 177 000 semences/acre dans des rangs espacés de 38 cm (15 po). Des rangs plus étroits offrent une hausse de rendement de 3,5 boisseaux l'acre (la plupart des producteurs de soya biologique sèment en rangs plus espacés puisqu'il faut pouvoir sarcler entre les rangs pour combattre les mauvaises herbes. Des rangs espacés de 50 cm (20 po) seraient l'idéal mais le matériel agricole des producteurs est souvent mieux adapté à des rangs de 76 cm (30 po). Je recommande plutôt 160 000 graines/acre, soit une culture plus dense qu'avec les recommandations de 76 cm (30 po), mais qui permet de compenser pour les pertes de plants dues à la levée des mauvaises herbes et aux dommages d'origine mécanique lors du désherbage. On devrait donc retrouver une population végétale d'environ 120 000 plants l'acre).

Inoculants - La réaction (peut-être jusqu'à 1 boisseau/acre) sera plus favorable si le sol est sablonneux, le pH est bas ou le champ n'a pas fait l'objet d'une culture de soya depuis au moins 5 ans (assurez-vous que votre organisme de certification permet l'utilisation de votre inoculant).

Destruction des mauvaises herbes au moment opportun - Prend toute son importance en culture biologique. Adoptez une approche combinant des techniques multiples (bonne lutte l'an dernier, travail du sol tôt ce printemps, hersage ou houe rotative avant et après les semis, sarclage entre les rangs et dépistage dans les champs à la recherche des mauvaises herbes plus menaçantes. Entre de bonnes et de mauvaises mesures de lutte contre les mauvaises herbes la différence peut se chiffrer à 10 boisseaux/acre).

Fertilisant et fumier - L'application de phosphore (P) et de potassium (K) est effectuée à la suite d'une analyse du sol. Toutefois, le fumier peut entraîner des augmentations de rendement même quand les niveaux d'analyse du sol sont adéquats. La recherche indique qu'une plus grande fertilité peut améliorer le rendement jusqu'à 6 boisseaux/acre (les producteurs biologiques emploient plus généralement du fumier ou du compost au lieu d'engrais du commerce mais il importe de ne pas laisser les teneurs en P et en K devenir trop faibles. L'épandage du fumier doit être pensé en fonction de la rotation des cultures dans son ensemble et il sera peut-être plus approprié avant les cultures de maïs ou de céréales d'automne. De nos jours certaines recherches semblent indiquer un plus grand nombre de pucerons du soya quand les sols sont moins riches en potassium).

Travail du sol approprié - Si le sol est compacté, il faut le travailler pour assurer de bons rendements, mais si le sol est en bon état, le travail ne procurera qu'un avantage négligeable (dans les cultures de soya biologique, le travail du sol est généralement nécessaire pour lutter contre les mauvaises herbes. Plusieurs passes de travail du sol au printemps à une ou deux semaines d'intervalle permettront de réduire les flambées de mauvaises herbes annuelles avant les semis).

Ces conseils sur la maîtrise des insectes, des maladies et les traitements de semence sont moins essentiels dans les cultures biologiques parce que nous avons des choix à notre disposition. Souvent une bonne rotation, des cultivars résistants, des semences de bonne qualité et globalement de bonnes pratiques de gestion permettent de réduire le recours aux pesticides.

Pour lire l'article original sur le soya non biologique, voir au http://www.omafra.gov.on.ca/french/crops/field/news/croptalk/2009/ct-0309a2.htm

 

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