Dans cette section | Tests de sol et maintien de la fertilité du sol dans les fermes biologiques
Le maintien de la fertilité du sol est l'un des principes fondamentaux de l'agriculture biologique. Par la certification biologique, on encourage l'agriculteur à faire régulièrement des tests et des analyses de sol pour faire le suivi des teneurs en éléments nutritifs et pour établir, le cas échéant, si des ajouts sont nécessaires. La recherche de la durabilité environnementale et le prix d'achat relativement élevé des amendements commerciaux pouvant convenir à la production biologique font qu'il est très important, quand on le peut, de limiter les pertes d'éléments nutritifs du sol, notamment si l'on se sert de fumier ou de compost; il faut également mettre sur pied une rotation des cultures qui optimise l'utilisation de l'azote fixé par les légumineuses. Le défi consiste à refermer autant que possible le cycle des éléments nutritifs. Comment faire un test de solLa fiche technique du MAAARO Échantillonnage et analyse de sol dans le cadre de la gestion des éléments nutritifs (http://www.omafra.gov.on.ca/french/engineer/facts/06-032.htm) est une bonne présentation générale de la méthode à suivre pour prélever un échantillon de sol. Vous pouvez le faire vous-même ou faire appel à l'un des nombreux consultants en cultures et en sol de l'Ontario, qui fera les prélèvements et les interprétera pour vous (certains de ces consultants desservent spécifiquement les fermes biologiques). Dans la province, il existe plusieurs laboratoires accrédités pour effectuer les analyses de sol, dont vous pouvez consulter la liste sur la page Web http://www.omafra.gov.on.ca/french/crops/resource/soillabs.htm. Quels tests faut-il faire?La série de tests de base couvre généralement les paramètres les plus importants, soit la teneur en phosphore, en potassium et en magnésium et le pH; il est également important de faire mesurer la teneur en matière organique. On ne mesure pas la teneur en azote parce qu'elle fluctue au cours de l'année et que sa valeur à un moment donné n'est pas un bon prédicteur de ce qu'elle sera pendant la prochaine saison de croissance. La plupart des laboratoires peuvent aussi faire des mesures des autres oligoéléments et de la capacité d'échange cationique (CEC), qui sont facultatives (frais supplémentaires). De façon générale, pour la détection des carences du sol et la détermination des besoins en éléments nutritifs des cultures de la saison à venir, les tests d'oligo éléments et de CEC sont moins fiables que les mesures des paramètres de base. Interprétation du rapport d'analyse du solLa plupart des laboratoires produisent un rapport où figure la teneur en parties par million (ppm) de chacun des éléments testés selon une certaine procédure. Ils indiquent généralement aussi les quantités d'engrais conventionnel à employer; cependant, comme les agriculteurs biologiques n'emploient pas d'engrais conventionnels, ils peuvent avoir besoin d'aide pour l'interprétation de ces résultats. Certains laboratoires peuvent formuler des recommandations pour la culture biologique, demander au vôtre s'il offre ce service. Si vous vous adressez au même laboratoire que les années précédentes, ou si ceux auxquels vous faites appel emploient les mêmes méthodes, vous devriez pouvoir comparer les résultats chiffrés des rapports d'analyse successifs. Un volet important de l'interprétation des résultats est la recherche de tendances d'un test à l'autre. Les teneurs de la plupart des éléments nutritifs évoluent lentement. Une partie de l'écart peut être due aux différences dans la méthode de prélèvement de l'échantillon de sol ou aux événements météorologiques ayant précédé le prélèvement. Votre principal objectif est de maintenir la fertilité du sol et de l'augmenter au besoin. Pour les cultures biologiques, le pH est le premier paramètre à examiner; s'il est bas (inférieur à 6,0), le rapport recommandera généralement l'ajout de chaux calcitique ou de chaux dolomitique. La chaux dolomitique est habituellement un peu plus chère (selon les quantités qui sont disponibles dans votre région), mais il faut l'employer si la teneur en magnésium est également faible (ce qui est fréquent dans les sols sablonneux). La plupart des chaux à usage agricole généralement vendues dans le commerce conviennent à l'agriculture biologique, mais il faut vérifier auprès de votre organisme de certification. Un pH de 6,5 à 7,0 est idéal, mais il est difficile de le faire diminuer s'il est plus élevé. Pour plus de renseignements, voir Gestion du sol et usage de fertilisants : Recommandations d'engrais, acidité du sol et chaulage, http://www.omafra.gov.on.ca/french/crops/pub811/2limeph.htm. Examiner ensuite les teneurs en phosphore (P2O5); à cet égard, les besoins varient selon le type de culture. Les sols contiennent de grandes quantités de phosphore, mais les plantes n'ont accès qu'à un petit pourcentage de celui ci (1 à 2 %). En laboratoire, le test Olsen ou de bicarbonate de sodium est le plus fiable pour la prévision de la disponibilité du phosphore pour les plantes en Ontario. Dans la plupart des cultures, une teneur en P2O5 supérieure à 20 ppm est suffisante, et dans ce cas il est peu probable que l'ajout de quantités supplémentaires apporterait une amélioration. Si la teneur en P2O5 est inférieure à 12 ppm, la productivité du sol est probablement limitée par un manque de phosphore, et l'ajout de quantités supplémentaires a de bonnes chances d'apporter des améliorations. On se sert parfois de phosphate naturel pour enrichir le sol en phosphore, mais il est peu disponible pour les plantes, et une telle forme d'amendement peut ne pas être rentable, notamment si le pH est élevé. La façon la plus économique d'ajouter du P2O5 au sol est généralement l'épandage de fumier de bétail ou de compost. Dans le rapport d'analyse, il faut aussi examiner la teneur en potassium (K2O). Pour les conditions qui prévalent en Ontario, c'est le test à l'acétate d'ammonium qui donne les résultats les plus précis. Dans les sols ayant des teneurs supérieures à 120 ppm, l'ajout de potassium produit généralement peu de changements, mais cela peut dépendre du type de culture. Si le résultat est inférieur à 80 ppm, l'ajout de potassium amène habituellement des améliorations. Pour ce faire, on peut opter pour des sources d'origine naturelle telles que le sulfate de potassium, le sulfate de potasse et de magnésie ou le chlorure de potassium, mais on doit s'assurer de choisir le produit que l'organisme de certification a approuvé pour l'agriculture biologique. Le fumier de bétail et le compost sont aussi des sources de K2O très économiques. Le magnésium est un autre macro élément important; en Ontario, il se trouve généralement en quantité suffisante dans la plupart des sols argileux et loameux, mais ses teneurs sont souvent faibles dans les sols sablonneux et à pH bas. Si sa teneur est supérieure à 60 ppm, il n'y a habituellement pas lieu de s'inquiéter à moins qu'on ajoute au sol de grandes quantités de potassium. La chaux dolomitique est la source de magnésium la plus économique. Dans les champs ayant à la fois une faible teneur en magnésium et un pH supérieur à 6,5, on peut également ajouter du sulfate de potassium et de magnésium. En Ontario, la plupart des sols ont une teneur suffisante en calcium parce qu'ils sont issus de la roche mère qui en contient de grandes quantités. Cependant cet élément est peu abondant dans certains sols sablonneux, et surtout dans ceux ayant un pH bas; dans ces cas, l'ajout de chaux calcitique ou dolomitique constitue un bon apport de calcium et permet de corriger le pH. La capacité d'échange cationique (CEC), qui est parfois incluse dans le rapport, reflète le pouvoir de rétention des éléments nutritifs cationiques du sol (potassium, calcium, magnésium, ammonium). La CEC s'accroît en même temps que la teneur en argiles et la teneur en matière organique. Dans les sols à pH élevé, la présence de chaux libre peut mener à une surévaluation de ce paramètre. On évalue aussi parfois les besoins en éléments nutritifs à partir de la saturation en bases et des rapports cationiques, cependant, selon des recherches universitaires effectuées en Amérique du Nord, ces mesures ne constitueraient pas des prédicteurs précis de la nature des ajouts qui permettraient d'améliorer le rendement économique des cultures. La meilleure façon de garder une CEC adéquate est de maintenir une bonne teneur en matière organique du sol (MOS), par exemple au moyen de cultures couvre sol, de fumier de bétail et de résidus de culture. Les labours fréquents et l'érosion des sols la font diminuer. Les teneurs en matière organique évoluent très lentement. Les bonnes valeurs de MOS sont de l'ordre de 3 % pour les sols sablonneux et de 5 % pour les sols argileux et loameux. Si le rapport montre un changement de plus de 0,2 % par an, il se peut que les échantillons aient été prélevés à des profondeurs différentes ou qu'un autre facteur ait faussé les résultats. Les sols sablonneux ont généralement des teneurs en MOS plus faibles que les sols argileux ou loameux. L'analyse de sol peut porter sur toute une gamme d'oligoéléments. Pour la plupart des cultures, il existe peu de recherches sur l'interprétation de ces résultats en vue de la prévision des déficiences et de leur correction. En ce qui concerne la majorité des oligoéléments, l'observation des symptômes visibles de carence ou l'analyse des tissus foliaires donnent généralement des résultats plus fiables, et les fumiers agricoles et les composts constituent de bons apports. Pour les apports de certains oligoéléments en particulier, voir les normes biologiques et les listes de substances permises, et consulter votre fournisseur d'intrants ou votre conseiller en cultures. NOTE : Avant d'ajouter quelque produit que ce soit à une culture biologique certifiée, s'assurer qu'il est approuvé par votre organisme de certification. Pour plus d'information consulter les sites suivants : Manuel sur la fertilité du sol, publication 611F du MAAARO http://www.omafra.gov.on.ca/french/crops/pub611/p611order.htm.Gestion des éléments nutritifs destinés aux cultures (numéro de commande BMP20F) http://www.omafra.gov.on.ca/french/environment/bmp/crop_nut.htm Gestion du sol (numéro de commande BMP06F), consultation
en ligne : http://www.omafra.gov.on.ca/french/environment/soil/soilmgmt.htm Pour plus de renseignements : Sans frais : 1 877 424-1300 Local : 519 826-4047 Courriel : ag.info.omafra@ontario.ca |
Ce
site est mis à jour par le gouvernement de l'Ontario, Canada
© Imprimeur de la Reine pour l'Ontario,
Dernière mise à jour :