Mise à jour sur la punaise marbrée

2017

Le 28 juin

Soyez vigilant et surveillez bien les adultes et les nymphes de la punaise marbrée dans les cultures vulnérables! Notre équipe surveille particulièrement cette année la punaise marbrée dans les arbres fruitiers et les vignes de la région de Niagara (qui est considérée comme une région à risque élevé); un certain nombre de pièges additionnels ont été mis en place dans la région de Simcoe.

Dans la région de Niagara, nous avons trouvé des adultes de la punaise marbrée dans presque tous les pièges mis en place dans les cultures commerciales; certains sites en présentaient un nombre assez élevé (un nombre de 10 punaises marbrées cumulatives dans un piège est considéré comme préoccupant). Bien qu'on n'en ait pas trouvé dans les cultures, elles ne sont certainement pas loin. Les producteurs et les conseillers devraient inclure la punaise marbrée dans leur programme de dépistage, et rechercher les signes de leur présence ou des dommages qu'elles causent à mesure que la saison avance. Les adultes sont mobiles et ont tendance à s'envoler lorsqu'on les dérange. Les nymphes (surtout les premiers instars) peuvent être difficiles à détecter sans la technique de tapotement au-dessus d'un plateau de collecte ou de filets-fauchoirs. Il existe quelques produits homologués contre la punaise terne au Canada. Lannate Toss-N-Go (groupe 1 A), Clutch 50 WDG (groupe 4 A) et Flagship (groupe 4A - pépinières extérieures et plantes ornementales) sont homologués pour la maîtrise ou la maîtrise partielle de cet insecte dans certaines cultures (vérifier sur l'étiquette).

Si vous croyez avoir trouvé des punaises marbrées, veuillez nous le faire savoir. Nous en avons encore à apprendre sur cet insecte et sur la manière dont les populations se développent en Ontario. Il est important et intéressant que nous soyons mis au courant des nouvelles constatations de leur présence, surtout dans les cultures. Pour plus d'information sur la lutte contre la punaise marbrée, voir stopBMSB.org.

Le 14 juin - La punaise marrée reprend du service!

L'Université de Guelph et le MAAARO mènent une enquête participative auprès de certains producteurs concernant la punaise marbrée, Halyomorpha halys, dans les secteurs de Niagara et de Simcoe, dans le cadre d'un projet plus vaste faisant appel à des pièges appâtés à l'aide de phéromones (figure 1) et d'inspections visuelles dans les productions fruitières et viticoles commerciales.

Figure 1. Piège tubulaire expérimental appâté de produits attractifs Trécé BMSB + punaise verte (Acrosternum hilare)

Figure 1. Piège tubulaire expérimental appâté de produits attractifs Trécé BMSB + punaise verte (Acrosternum hilare). Il existe d'autres pièges et leurres commerciaux. (Photo : Kevin Scaife, Université de Guelph)

Depuis la fin de mars, le Centre d'information agricole du MAAARO a reçu ce que l'on pourrait considérer comme un nombre « habituel » d'appels et de courriels de propriétaires de résidences disant avoir vu des punaises marbrées à l'intérieur après la période d'hivernage et certaines ont été observées essayant de se frayer un chemin vers l'extérieur. Par contre, depuis 10 ans environ, lorsque le temps se réchauffe et que le Soleil se met de la partie, plus de 150 punaises marbrées adultes ont été recueillies dans l'un de nos points chauds de Hamilton, Ontario (la plupart sur un seul arbre, un cornouiller à grandes fleurs, adjacent à un piège). Comparativement à ce que nous avons connu au cours des années précédentes, il s'agit d'un nombre plutôt grand d'insectes à un même endroit pour cette époque de l'année. À ce stade, il n'est pas certain si ce nombre est le résultat d'une population hivernante plus importante que la normale ou un résultat de la combinaison de leurres que nous utilisons en 2017. Peu importe, ces adultes sont à maturité sexuelle et pondent.

Nous avons aussi trouvé plusieurs punaises marbrées adultes (figure 2) dans un piège installé chez un producteur commercial de raisin de la région de Niagara-on-the-Lake, capturées ces quelques dernières semaines et seulement peu de temps après l'installation du piège. D'après les données recueillies dans d'autres régions, la punaise marbrée utilise le raisin comme hôte de reproduction, ce qui signifie que les femelles pondent leurs œufs et que les nymphes (figure 3) termineront leur développement dans la récolte. On considère que la pêche est un excellent hôte pour la punaise marbrée. Compte tenu de l'abondance des productions de pêche et de raisin dans la région du Niagara, les producteurs et les consultants devraient être à l'affût de signes de la présence de ce ravageur envahissant dans leurs récoltes et sur les plantes hôtes du paysage. Jusqu'à maintenant, nous n'avons pas reçu de signalement de lésions précoces causées par les punaises (punaises marbrées et autres pentatomes), mais il n'est pas trop tôt pour ajouter ces insectes à votre programme de surveillance de 2017.

Figure 2. Punaise marbrée adulte. À remarquer les deux bandes blanches sur chaque antenne.

Figure 2. Punaise marbrée adulte. À remarquer les deux bandes blanches sur chaque antenne.

Figure 3. Les nymphes plus âgées de la punaise marbrée portent une bande blanche en évidence sur chaque patte et des bandes blanches peuvent être visibles sur les antennes.

Figure 3. Les nymphes plus âgées de la punaise marbrée portent une bande blanche en évidence sur chaque patte et des bandes blanches peuvent être visibles sur les antennes.

2016

Le 7 septembre 2016 - Alerte à la punaise marbrée!

Les pomiculteurs devraient être à l'affût des signes de la présence de pentatomes dans leurs vergers. Ces quelques dernières semaines, nous avons visité des vergers du Niagara où des fruits portaient des dommages caractéristiques des pentatomes (figures 1-4). Les premières lésions peuvent facilement passer inaperçues (figures 5 et 6). Il ne faut pas confondre ces lésions avec des pathologies comme la tache liégeuse ou la tache amère. Les pentatomes se nourrissent habituellement de l'extrémité des tiges et des parois de la pomme et une masse liégeuse se développe immédiatement sous la peau. Nous avons également observé des lésions sur les tomates (figure 7).

Ces insectes sont mobiles et il peut être difficile et frustrant de les repérer au cours des inspections. Il existe des pièges destinés à la surveillance. Ils peuvent être utiles pour un dépistage précoce et, éventuellement, pour déterminer les seuils d'intervention. Selon le type de leurre, ils permettent d'attraper la punaise marbrée (figure 8) et d'autres espèces.

À défaut d'échantillons d'insecte, nous ne savons pas si la punaise marbrée est à l'origine des lésions ou si c'est une autre espèce de pentatome. Par contre, la punaise marbrée est bien établie dans la région du Niagara et d'autres parties du Sud de l'Ontario et devrait être ajoutée à tout programme de surveillance/de répression des ravageurs. Vous trouverez d'excellents renseignements sur la répression de la punaise marbrée en pomiculture et dans d'autres cultures sur le site Web de stopBMSB.org. (en anglais seulement). (À remarquer que les produits où les taux homologués diffèrent de ceux figurant à la liste; consulter la page des produits homologués contre la punaise marbrée sur le site Web du MAAARO. Il s'agit de recommandations provisoires qui changeront à mesure que nous disposerons de plus de renseignements sur la punaise marbrée. À ce stade de la saison, nous observons surtout des adultes. Certains d'entre eux commencent à se diriger vers les sites d'hivernage, mais nombreux sont ceux qui sont encore à l'extérieur cherchant de quoi se nourrir. Ils seront probablement actifs encore quelques semaines. En tant que culture de fin de saison, la pomme court un risque élevé (tout comme la poire, le maïs, les poivrons, les tomates et les raisins). La pression des ravageurs est souvent la plus forte sur les zones périphériques, particulièrement les zones boisées où se trouvent des hôtes sauvages.

Si vous croyez avoir trouvé des lésions causées par les pentatomes ou si vous avez trouvé des punaises marbrées dans votre récolte, veuillez nous le faire savoir. Ce ravageur est un nouveau venu en Ontario et nous avons encore à apprendre sur ses répercussions éventuelles dans les cultures.

Figure 1. Deux pommes, les deux attaquées par les pentatomes. La pomme de droite contient de multiples sites d'alimentation et semble irrégulière.

Figure 1. Deux pommes, les deux attaquées par les pentatomes. La pomme de droite contient de multiples sites d'alimentation et semble irrégulière.

Figure 2. Un grossissement peut être nécessaire pour voir les petites perforations d'alimentation.

Figure 2. Un grossissement peut être nécessaire pour voir les petites perforations d'alimentation.

Figure 3. La chair liégeuse apparaît immédiatement sous la peau blessée par les pentatomes, contrairement à la tache liégeuse

Figure 3. La chair liégeuse apparaît immédiatement sous la peau blessée par les pentatomes, contrairement à la tache liégeuse (non illustrée), qui peut être circulaire ou diffuse et peut être séparée de la peau par de la chair « saine ».

Figure 4. Parfois, la lésion peut être difficile à diagnostiquer. Un examen plus approfondi de cette pomme a permis de conclure que la lésion était probablement due à un pentatome.

Figure 4. Parfois, la lésion peut être difficile à diagnostiquer. Un examen plus approfondi de cette pomme a permis de conclure que la lésion était probablement due à un pentatome.

Figure 5. Lésion récente sur une pomme

Figure 5. Lésion récente sur une pomme (photo gracieuseté de Matt Peters)

Figure 6. Lésion récente sur une pomme, multiples perforations

Figure 6. Lésion récente sur une pomme, multiples perforations (photo gracieuseté de Matt Peters)

Figure 7. Lésion causée par la punaise marbrée sur la tomate

Figure 7. Lésion causée par la punaise marbrée sur la tomate

Figure 8. Punaise marbrée adulte

Figure 8. Punaise marbrée adulte

Le 10 août 2016

Nous continuons à trouver des punaises marbrées dans nos points chauds. Tous les stades du cycle biologique sont présents. Nombre de punaises marbrées ont terminé leur développement et nous voyons de jeunes adultes. Les adultes et les nymphes sont d'une couleur très pâle à la première mue. La pigmentation brune prend quelques heures avant d'apparaître.

Jusqu'à maintenant, nous n'avons pas trouvé d'infestation de punaises marbrées dans les cultures. Toutefois, nous en avons pris au piège dans certains de nos emplacements d'enquête agricole et dans un cas (Niagara), nous avons recueilli des adultes et des nymphes dans les hôtes sauvages adjacents aux cultures. Puisque les populations augmentent, il est très important d'inclure la punaise marbrée et les indices de lésions par l'insecte dans les inspections hebdomadaires. De plus, nous avons confirmé la présence d'une population établie à Toronto. Nous avions soupçonné que le ravageur s'était établi à cet endroit après avoir trouvé des adultes de punaise marbrée à l'intérieur ces quelques dernières années. Plusieurs propriétaires de résidence ont maintenant fourni des photographies et des échantillons de nymphes de punaise marbrée depuis deux semaines. Ces signalements ont contribué de façon appréciable à notre connaissance de la répartition de ce ravageur en Ontario.

Figure 1. Les adultes et les nymphes de la punaise marbrée sont d'une coloration très pâle à la première mue. La pigmentation brune apparaît plus marquée après quelques heures.

Figure 1. Les adultes et les nymphes de la punaise marbrée sont d'une coloration très pâle à la première mue. La pigmentation brune apparaît plus marquée après quelques heures.

Le 13 juillet 2016

La semaine dernière (le 6 juillet), nous avons mentionné que les effectifs signalés de punaises marbrées commençaient à augmenter dans les points chauds et urbains. Le temps sec et chaud que nous avons connu semble être favorable à la croissance et au développement de ce ravageur. Nous trouvons maintenant tous les stades de développement, y compris les nymphes du dernier instar, ce qui signifie que nous verrons probablement les premiers nouveaux adultes très bientôt. La gamme d'hôtes de cet insecte est plutôt vaste. Veuillez vous assurer de prendre les moyens pour déceler sa présence dans vos cultures.

La punaise marbrée : À ajouter à votre programme d'inspection

Nous poursuivons nos efforts de relevé de la punaise marbrée en 20161, à la fois à l'aide à l'aide de pièges et par inspections visuelles (Figure 1). Nombre de producteurs et de consultants que regroupe notre programme d'éducation participative ont installé cette année dans leurs exploitations des pièges contre la punaise marbrée. Ces pièges sont efficaces pour piéger les adultes et les nymphes de la fin de juin jusqu'à octobre (époque où les adultes seront passés dans leur site d'hivernage).

Figure 1. Carte des dépistages de la punaise marbrée en Ontario (octobre 2016). Les résultats positifs sont signalés au niveau du comté.

Figure 1. Carte des dépistages de la punaise marbrée en Ontario (octobre 2016). Les résultats positifs sont signalés au niveau du comté.

Nous avons observé des adultes hivernants de punaise marbrée (figure 2) dans nos « points chauds » urbains depuis mai. Au printemps, les adultes migrent d'hôte en hôte, se nourrissant plusieurs semaines avant qu'ils ne s'accouplent et que les femelles pondent. Depuis quelques semaines (à compter de la mi-juin), ces adultes pondent (figure 3) et nous commençons à voir des nymphes du premier et du deuxième instars (figure 4). Il existe un modèle des degrés-jour pour la punaise marbrée, mais nous avons constamment constaté que ce ravageur est en avance d'une semaine ou deux chaque année sur les prévisions de développement.

Figure 2. Punaise marbrée adulte. Remarquez les deux bandes blanches sur chaque antenne.

Figure 2. Punaise marbrée adulte. Remarquez les deux bandes blanches sur chaque antenne.

Figure 3. Nymphes de punaise marbrée qui viennent d'éclore.

Figure 3. Nymphes de punaise marbrée qui viennent d'éclore.

Figure 4. Groupe de nymphes du deuxième instar. Elles se disperseront finalement pour quitter la ponte.

Figure 4. Groupe de nymphes du deuxième instar. Elles se disperseront finalement pour quitter la ponte.

Quelles sont les conséquences de l'arrivée des nymphes? Dans les zones où la punaise marbrée s'est établie, le risque de dommage est plus grand. Pourquoi? C'est une question de nombre. Les nymphes et les adultes, en se nourrissant, peuvent endommager les récoltes. Les œufs éclosent là où ils ont été déposés et donnent naissance à des nymphes résidantes. Chaque punaise marbrée femelle peut pondre des centaines d'œufs pendant sa vie.

Les pièges à phéromones les leurres du commerce contre la punaise marbrée sont utiles pour des fins de dépistage et les chercheurs, aux États-Unis, travaillent à la mise au point de seuils d'intervention d'après les captures hebdomadaires. Par contre, rien ne remplace les inspections visuelles périodiques à la ferme et aux environs. Dans notre travail de relevés, nous utilisons en même temps des pièges, une estimation visuelle, des échantillons de surveillance et des individus pris au filet fauchoir, selon l'hôte ou la culture. Nous examinons à la fois la culture et tous les hôtes privilégiés du paysage le long du périmètre. Essayez de dépister la punaise marbrée et toute lésion suspecte (Figures 5 et 6).

Figure 5. Les lésions causées par la punaise marbrée près de la récolte peuvent prendre diverses formes, par exemple des dépressions distinctes avec perforations d'alimentation ou des lésions générales.

Figure 5. Les lésions causées par la punaise marbrée près de la récolte peuvent prendre diverses formes, par exemple des dépressions distinctes avec perforations d'alimentation ou des lésions générales.

Figure 6. La peau sous la surface du fruit sera brune et d'aspect liégeux.

Figure 6. La peau sous la surface du fruit sera brune et d'aspect liégeux.

Le groupe américain stopBMSB.org a préparé un excellent résumé d'information et des recommandations de gestion sur son site Web. Il a également publié un classement des risques pour diverses cultures et un guide de lutte contre la punaise marbrée dans les productions légumières.

1Subventionné dans le cadre du partenariat Université de Guelph-MAAARO sur le thème d'intervention d'urgence, « Gestion durable et surveillance de la punaise marbrée en Ontario » (C. Scott Dupree, Université de Guelph; T. Gariépy, Agriculture et Agroalimentaire Canada et H. Fraser et T. Baute, du MAAARO).


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