Dans cette section

Fabriquer du compost en été

Auteur : Hugh Martin - Chef du programme de culture biologique/MAAARO
Date de création : 15 August 2005
Dernière révision : 15 August 2005

Le printemps et l’été sont une époque propice pour fabriquer du compost. Il s’agit de se procurer du fumier au printemps et, au besoin, y ajouter des matières riches en carbone pour obtenir un rapport C:N autour de 30:1. Mettre en tas. La température devrait monter à plus de 55o C sans aucun problème, surtout une année comme celle que nous connaissons présentement.

Il y a toutefois un autre facteur de très grande importance – l’eau ! Pour réussir à faire un bon compost, la teneur en humidité devrait se situer environ entre 50 et 60 %. Il est relativement facile d’obtenir cette teneur avec les matières humides du printemps ou encore quand il peut. Toutefois, au cours d’une année sèche comme 2005, il n’y a pas suffisamment de précipitations (dans plusieurs régions) pour remplacer l’humidité qui se perd dans le processus de compostage. Si le compost devient trop sec, les microorganismes cessent de travailler et la durée de compostage sera prolongée. Une conséquence encore plus importante d’un compost trop sec est le risque de combustion spontanée qui pourrait être une source d’incendie et (ou) détruire le compost.

Il faut vérifier périodiquement la température du tas de compost. Durant la phase active, la température devrait s’élever à plus de 55o C pendant au moins 15 jours quand il s’agit de compost en tas (ou 3 jours quand le compost est fait dans un bac ou avec système d’aération). C’est au cours de cette phase que les bactéries et les champignons décomposent les matières carbonées (paille, copeaux de bois, etc) en dioxyde de carbone, eau et autres gaz. Une certaine quantité d’eau va migrer par gravité vers la partie inférieure du tas de compost et une autre partie s’évapore avec la circulation de l’air chaud. À mesure que le compost s’assèche dans le haut et sur les côtés du tas, la température dépasse le point optimal et entraîne la mort d’une certaine quantité de bactéries et champignons. Le retournement du tas à ce stade va aider à uniformiser le tas (ou l’andain) de compost en éliminant les zones chaudes et les zones humides, assurant la continuité du processus de compostage.

Il faudra également vérifier la teneur en humidité du tas de compost. La façon la plus facile est de saisir avec la main une poignée de compost à plusieurs endroits dans le tas. Refermez la main fermement, puis ouvrez-la. Si, lorsque vous serrez la main, vous voyez de la vase s’écouler entre vos doigts, c’est que le compost est trop humide. Si, lorsque vous ouvrez la main, vous voyez quelques perles d’eau sans excès, c’est que le contenu en humidité semble adéquat. Si vous ne voyez aucun signe d’humidité et que la motte de compost se défait dans la main, alors il est peut-être un peu trop sec.

Quand le compost est trop sec, il faut y ajouter de l’eau. La meilleure façon d’humidifier le compost est d’ajouter de l’eau quand on retourne le tas. Certaines machines qui servent à retourner le compost sont munies d’un dispositif servant à ajouter de l’eau durant le retournement. La quantité d’eau nécessaire peut être assez importante. Arroser le dessus du tas peut aider mais, en général, l’eau demeure en surface et s’écoule. Comme le tas devient boueux, il est alors quasiment impossible de le retourner pour incorporer l’eau qu’on vient d’ajouter.

Recouvrir le tas de compost est une autre façon de réduire les pertes d’humidité au cours de l’été. Il vous faudra quand même continuer à vérifier l’humidité et la température. Pour recouvrir le tas, on peut utiliser une toile ou encore ajouter une couche de compost ou de paille de 6 pouces d’épaisseur. Le plastique en feuille ne convient pas vraiment, car le matériel doit être poreux pour permettre au dioxyde de carbone et aux autres gaz de passer au travers et à l’oxygène de pénétrer dans le tas.

Il est facile de démarrer le compostage et ensuite de l’oublier parce qu’on est occupé ailleurs. Néanmoins, il faut s’arrêter et l’examiner une fois de temps en temps. Pour de plus amples renseignements, consultez les nouvelles fiches techniques du MAAARO intitulées - Agricultural Composting Basics (Les bases du compostage en agriculture) (N° de commande #05-023) ou Manure Composting as a Pathogen Reduction Strategy (Compostage du fumier comme stratégie de lutte contre les agents pathogènes) (N° de commande #05-021).

| Haut de la page |

Pour plus de renseignements :
Sans frais : 1 877 424-1300
Local : 519 826-4047
Courriel : ag.info.omafra@ontario.ca