L'Histoire de la culture de la pêche en Ontario


" En 1748, un voyageur dénommé Kahn, a signalé la présence de pêchers dans le sud du Canada, probablement dans la région de Niagara. La description qu'il en fait est sommaire, mais il s'agit tout de même du premier rapport sur l'industrie de la pêche dans ce pays. " 1

" Dans le Haut-Canada, les cerises et les pêches étaient récoltées, au début des années 1790, à l'embouchure de la rivière Niagara et on produisait des pêches à Grimsby, à 30 milles à l'ouest. En 1815, Charles Woolverton du canton de Grimsby exploitait une pépinière d'arbres fruitiers. " 2

" En 1856, M. C. E. Woolverton, de Grimsby, a planté le premier gros verger commercial figurant dans les archives. Le verger occupait une superficie de cinq acres et on y trouvait des variétés comme Barnard, Crawford, Oldmixon et Mountain Rose. M. Woolverton a également été le premier producteur à expédier des pêches par train sur les différents marchés de l'Ontario "3.

" De 1860 à 1890, le phytoplasme de la jaunisse du pêcher et le virus de la petite pêche ont ébranlé la production dans le nord-est des États-Unis et du Canada. À ce moment, selon divers rapports, on comptait environ 6 millions de pêchers en Ontario et leur nombre est passé à deux ou trois millions. "4

" La culture de la pêche au Canada n'était plus ce qu'elle était 5 ou 6 ans auparavant. À ce moment, toutes les régions où le sol était fertile étaient consacrées à la culture de la pêche et chaque producteur, le long de la rive sud du lac Ontario et de la rive est du lac Huron rêvait de faire fortune avec ce fruit délicat. Mais malheureusement, le mystérieux virus de la jaunisse nous a tous confrontés à la réalité et nous a fait vivre de grandes déceptions. On a dû couper nos merveilleux pêchers et retirer les souches des vergers par centaines. Nos producteurs se tournent maintenant de plus en plus vers la culture de la vigne pour remplacer les pêchers. Très peu continuer à cultiver même quelques pêchers, car ils sont trop désabusés devant ces vergers fantômes qui furent autrefois la fierté de la région. " 6.

" En 1872, l'éditeur du Canadian Fruit, Flower and Kitchen Gardener a écrit : " On ne doit pas s'attendre à ce que la distribution géographique du pêcher s'étende beaucoup plus à l'intérieur du Dominion. Les sols plus chauds à proximité des Grands Lacs, situés entre le Lac Érié et l'Ontario, le long de la rive nord du lac Ontario et de la rive sud du lac Huron, où l'air est tempéré par ces vastes étendues d'eau, vont demeurer les plus propices à la culture des abricots, des nectarines et des pêches. Les principaux cultivars sont Downton, Early Newington, Elruge, Stanwick, Violet Hative ". (Note de l'éditeur : 3 variétés de pêches à chair blanche, et 2 à chair jaune.) "5.

" La culture de la pêche était considérée comme une industrie très importante dans la péninsule de Niagara en 1880. Environ 70 000 paniers de pêches étaient expédiés de la station de chemin de fer Grimsby, dans un rayon de deux milles. Un certain M. Allen avait signalé que la culture de la pêche a prospéré pendant 40 ans à Goderich sur la rive est du Lac Huron. Selon le rapport de 1881 de la Commission, la culture de la prune prenait de l'expansion aussi dans la région de la Baie Georgienne avec de 14 000 à 16 000 boisseaux qui étaient expédiés annuellement par bateau d'Owen Sound, surtout vers Chicago. La culture des cerises était peu importante jusqu'en 1880 en raison surtout de la pourriture brune et des déprédations des oiseaux. " 2

En 1887, on pouvait lire ce qui suit dans The Canadian Horticulturalist Magazine : " Pour la première fois en trois ou quatre ans, les producteurs de pêches de l'Ontario peuvent se réjouir d'avoir une récolte décente. Les pêchers des variétés hâtives comme Alexanders, Hale's Early, Louise et Rivers débordent de fruits alors que les rendements des variétés de fruits plus petits comme Early Crawford et Old Mixen sont la moitié de la normale. " 6

" De 1890 à 1898, l'industrie a prospéré puis décliné. Bon nombre d'arbres sont morts au cours du gel de l'hiver 1897-98. Plusieurs producteurs ont dû abandonner la production et plusieurs autres ont refusé de replanter leurs vergers. Mais les meilleurs ont tenu bon et d'autres sont revenus graduellement à la culture. En 1904, la première expédition de pêches a été envoyée par train à Winnipeg. Depuis ce temps, bien que les plantations aient considérablement augmenté, il n'y a jamais eu de surproduction sur les marchés. Plusieurs centaines de wagons de pêches avaient été expédiés vers l'Ouest cette année-là. Les premiers envois en Europe ont eu lieu en 1909 et ont remporté beaucoup de succès. Le tableau ci-dessous provient du recensement des pêchers en 1910. "3

Canton
Pêchers productifs
Pêchers non productifs
Clinton
37 352
66 078
Louth
57 887
78 867
Grantham
48 913
69 287
Niagara
103 564
133 854
Total
247 617
348 086

Nombre total de pêches 595 703; Acres : 4495

En l'année 1910, plusieurs milliers de caisses ont été expédiées et bien qu'on en soit encore au stade expérimental, on croit qu'il est possible de développer un vaste marché rentable.3

Nombre de pêchers entre 1956 et 19997

Année
Pêches de transformation (Cling)
Pêches de transformation (Melting)
Marché du frais
Total
1956
-
772 750
514 400
1 287 150
1966
53 149
494 759
548 961
1 096 869
1976
100 715
119 464
776 497
996 676
1986
196 733
-
881 974
1 078 707
1999
312 695
-
849 067
1 161 762


Références
1 GOULD, H. P., Peach Growing, 1918, pp 426.
2 UPSHALL, W.H., History of Fruit Growing and Handling in United States of America and Canada 1860-1972.
3 Rapport de la Direction sur les fruits- Ministère de l'Agriculture, Ontario, 1910
4 Source inconnue
5 Canadian Fruit, Flower and Kitchen Gardener, 1872.
6 The Canadian Horticulturalist, Grimsby, septembre 1887, Vol. X, No.9.
7 Inventaire des arbres, MAAARO, 1956-1999


 


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