Série
sur les problèmes de mauvaises herbes dans les vergers et les vignobles
- le chiendent
Mauvaise herbe problème :
Le chiendent.
Autres
noms :
Agropyron repens, chiendent rampant, chiendent ordinaire, chiendent
des boutiques ou chiendent pied-de-poule.
Habitudes de croissance :
Vivace,
avec un vaste réseau de rhizomes souterrains au printemps et à l'automne.
Tendance à pousser en talle toujours plus épaisse.
Se propage
par :
Germination (semences) ou par les racines (rhizomes). Le travail
du sol brise souvent les rhizomes aux entrenuds, ce qui donne naissance
à une nouvelle talle où les fragments sont tombés.
Sources
d'inquiétude :
Concurrence fortement la culture. On a rapporté
des pertes de rendement de 25 à 85 % causées par le chiendent. Il
se retrouve dans tous les types de sol et la plupart des cultures, et il infeste
plus de 50 % de la totalité des terres agricoles au Canada.
Peut
être confondu avec les plantes suivantes :
- Brome inerme -
autre mauvaise herbe vivace répandue dans les vergers, souvent utilisée
dans les pâturages. Cependant, elle est dotée d'une tête ramifiée
plus dense portant les graines, sans oreillette. Le chiendent possède des
oreillettes qui s'enroulent autour de la tige et une tête mince non ramifiée
portant les graines.
- Muhlenbergie mexicaine - qui est aussi vivace, avec
de petits rhizomes écailleux comme une masse enchevêtrée partant
de la couronne, plutôt que les longs rhizomes très ramifiés
que l'on connaît au chiendent. La muhlenbergie commence à pousser
beaucoup plus tôt au printemps, en talles très denses. Comme son
nom anglais l'indique (wirestem), ses tiges semblent dures et filiformes, surtout
après la fauche. Il faut donc de plus grandes doses de glyphosate pour
l'éradiquer.
Lutte chimique :
- Notons que dans
les vergers et les vignobles, le système racinaire du chiendent est dans
un sol qui n'est pas dérangé, la mauvaise herbe sera donc plus difficile
à éradiquer que dans les champs cultivés.
- Un herbicide
systémique comme le glyphosate ou l'amitrole (dans la pomme seulement),
est nécessaire pour une maîtrise à long terme. Les traitements
sont plus efficaces aux stades 4-6 feuilles au printemps ou à l'automne.
Notons qu'il faut une dose médiane de glyphosate (4,75 à 7 L/ha)
contre le chiendent. Des doses plus faibles ne l'éliminent que pour une
seule saison.
- Certains herbicides radiculaires (là où ils
sont homologués) comme la simazine (à des doses plus élevées),
Casoron, Kerb et Sinbar, peuvent aussi éradiquer le chiendent.
- Les
herbicides de contact sont efficaces au milieu de l'été si le chiendent
est en croissance active. Pendant les étés plus secs, il vaut mieux
faucher et attendre la repousse d'automne.
Lutte culturale :
Des
méthodes de lutte culturale mécanique (travail du sol, flammage)
peuvent réduire la quantité de chiendent si elles sont effectuées
tôt, fréquemment, à fond et répétées
souvent. La fauche doit être fréquente et favorise souvent l'arrivée
d'autres espèces bénéfiques. Le paillage est efficace contre
le chiendent si le paillis est très épais et qu'il est maintenu
ainsi dans les années qui suivent.
Attention :
Le travail
du sol peut propager très vite les rhizomes de chiendent sur de larges
superficies. Il est à éviter dans les talles de chiendent, ou il
faut y avoir recours en dernier lieu et bien nettoyer les instruments.
Références
et photos :
- Galerie de mauvaises herbes de l'Ontario, en ligne www.omafra.gov.on.ca
- La
publication 75, Guide de lutte contre les mauvaises herbes
Liens connexes