Épandages
de fumier en fin d'automne : avantageux pour le sol et pour le porte-monnaie
du producteur!
| Auteur : |
Donna Speranzini
- chef du programme Gestion des nutriments, Horticulture/MAAARO) |
| Date de création : |
25 novembre
2004 |
| Dernière révision : |
25 novembre
2004 |
À la recherche d'un élément avantageux pour
le sol et le porte-monnaie du producteur?
Il faudrait penser à épandre du fumier à la
fin de l'automne. La fin de l'automne n'est pas seulement l'un des
moments les plus sûrs pour l'environnement, mais c'est également
là qu'est favorisée la récupération d'éléments
nutritifs par les cultures dans les années qui suivront.
Élever la teneur en matières organiques du sol?
Le fumier présente de nombreux avantages comme chacun sait.
Il constitue un excellent apport de matières organiques pour
le sol, ce qui augmente la capacité de retenue de l'humidité
dans le sol, améliore le drainage interne, donne au sol de
la stabilité et de la structure et fournit une bonne source
d'éléments nutritifs en vue de maintenir une population
biologique diversifiée. Pour le sol, un apport de fumier ne
peut constituer qu'un avantage considérable!
À la recherche d'éléments nutritifs valables?
Lorsqu'on épand du fumier, il importe d'en connaître
la teneur en éléments nutritifs. Les fumiers sont tous
différents, si on fait analyser le produit, on dispose de l'information
nécessaire pour décider de la dose appropriée.
Le fumier est composé de deux sources principales d'azote,
l'azote minéral disponible sous la forme d'ammonium, et l'azote
lié à un élément de carbone sous la forme
organique, qui est dispersé plus lentement. L'azote organique
se disperse lentement avec le temps, suivant la température
et l'aération du sol. L'ammonium, l'azote sous forme minérale,
est un ion chargé positivement qui se lie aux particules du
sol. Plus l'ammonium reste longtemps sous cette forme avant d'être
converti en nitrate, plus le potentiel de perte par lessivage sera
faible. Voici l'un des grands avantages de l'épandage en fin
d'automne. C'est pourquoi ce moment de l'année est tellement
mieux choisi qu'en début d'automne. L'ammonium qui est épandu
dans des sols plus frais ne sera pas converti en nitrate et ne sera
pas perdu. Qu'est-ce que l'on considère la fin de l'automne?
De façon générale, c'est quand le sol atteint
des températures inférieures à 10 °C. Le
manuel sur la gestion des éléments nutritifs indique
que la fin de l'automne commence le 10 novembre.
Pour être un bon gestionnaire de son environnement?
Le producteur doit tenir compte de l'indice de phosphore pour déterminer
les écarts à respecter des sources d'eau de surface,
et dans tous les cas, quand les analyses de sol indiquent un indice
supérieur à 30 ppm. Avec l'indice de phosphore, on tient
compte de cinq facteurs dont la pente du champ, sa longueur, la classe
de drainage du sol et la texture de ce dernier, pour déterminer
les doses de fumier et une distance appropriée à maintenir
par rapport aux eaux de surface.
Si on utilise du lisier, il faut respecter les limites de charge
maximale de liquide. Ces limites s'appliquent afin que le lisier ne
puisse ruisseler le long de la pente et parvenir à une source
d'eau. Il importe de s'assurer que le fumier appliqué au sol
reste à l'endroit où il est appliqué. On a ainsi
une distribution uniforme des éléments nutritifs partout
dans le champ. La limite maximale de charge de liquide pour le type
de sol et la pente peut être calculée au moyen des tableaux
1 et 2 du cahier de gestion des éléments nutritifs NMAN.
Par exemple, il ne faut pas épandre du lisier sur un sol argileux
avec une pente de 5 % à une dose supérieure à
4 450 gal/acre en deçà de 150 m des eaux de surface.
Le producteur devrait se préoccuper de l'arrivée de
l'hiver. Il n'est jamais profitable d'épandre du fumier sur
un sol gelé ou recouvert de neige. Le sol peut être saturé
par la neige, la glace et l'eau de dégel, ce qui réduit
sa capacité d'absorber et de retenir les éléments
nutritifs. Les agents pathogènes et les éléments
nutritifs se mélangent facilement dans l'eau de ruissellement
et peuvent ainsi parvenir aux sources d'eau de surface. Une bonne
règle à respecter : si l'on peut encore incorporer le
fumier ou l'injecter, ça va. En cas de doute, respecter un
écart de 100 m par rapport aux sources d'eau de surface, éviter
les plaines inondables et les zones de ruissellement au printemps
et choisir des champs qui présentent une pente inférieure
à 3 %.
Dans tous les cas, il faut établir par rapport aux sources
d'eau la distance la plus grande possible afin de mieux protéger
les cours d'eau.
Un dernier mot, comme dans toute application au champ, attention
au compactage du sol. Si le sol est en bon état, que la récolte
est effectuée, l'application de fumier à la fin de l'automne
peut améliorer la santé du sol, fournir des éléments
nutritifs aux cultures à venir et si elle est effectuée
correctement, elle n'aura aucun impact négatif sur l'environnement.
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