Insectes et arbres pollinisateurs, et pollinisation

La santé et la sécurité des abeilles ont été soulignées dans de nombreux médias récemment, et les producteurs de fruits sont tout à fait conscients de l'importance de nos insectes pollinisateurs. La plupart des producteurs investissent dans la location de ruches pour une meilleure pollinisation de leurs cultures, et travaillent en étroite collaboration avec des apiculteurs pour assurer la sécurité et la santé de ces pollinisateurs.

Les arbres pollinisateurs (qui fournissent la source de pollen) contribuent aussi de façon importante à la réussite de la pollinisation. On a parfois tendance à négliger de se doter de variétés pollinisatrices adéquates, surtout dans les vergers intensifs où l'on recherche une grande productivité. Le pollen doit être transporté d'une fleur de pommier à une autre fleur sur une variété d'arbres différente (et compatible). Traditionnellement, les vergers étaient plantés en blocs de quatre rangées de manière à contenir des pollinisateurs, mais cette proximité élevée soulève d'autres difficultés (ex. : le moment d'application des régulateurs de croissance, les différences dans la sensibilité à la roussissure, les délais d'attente avant récolte, la planification de la cueillette). Dans les vergers à haute densité, les abeilles sont portées à se déplacer le long des rangées plutôt que d'une rangée à l'autre. Le recours à des pommetiers plantés comme pollinisateurs entre les pommiers est à la hausse et peut aussi être utile lorsque la pollinisation n'a pas été suffisante. Pour en savoir davantage, lire la fiche technique intitulée « Utilisation de pommetiers pour la pollinisation des pommiers ».

Les insectes indigènes contribuent aussi à la pollinisation des cultures, et les recherches montrent l'importance de protéger ces agents de pollinisation sauvages. Au cours des printemps froids et venteux, lorsque les abeilles mellifères peinent à voler et à recueillir du nectar, ces pollinisateurs sauvages représentent une source additionnelle de pollinisation. Durant la tournée estivale de l'IFTA en Pennsylvanie, l'été dernier, des chercheurs ont repéré de nombreuses espèces d'insectes dans les vergers de pommes qui assurent la pollinisation. Ils collaborent donc avec des producteurs pour semer des refuges de fleurs qui durent toute la saison afin de favoriser la présence de ces insectes. Il se peut qu'il y ait des endroits à proximité de votre exploitation qui puissent se prêter à ce genre d'expérience avantageuse pour vos vergers.

Les producteurs de fruits aussi peuvent adopter plusieurs mesures pour protéger les abeilles mellifères. Consulter la Publication 360F, Guide de la culture fruitière, pour se rappeler comment prévenir les empoisonnements des abeilles. Voici quelques conseils pour protéger les abeilles :

  • Ne pas appliquer d'insecticide lorsque les arbres fruitiers sont en fleurs. Cette pratique est interdite par la Loi sur l'apiculture.
  • Informer les voisins que des ruches ont été placées à la ferme afin qu'ils évitent le plus possible de pulvériser des pesticides.
  • Aviser l'apiculteur une journée à l'avance de la pulvérisation d'insecticide dans un rayon de 1 km.
  • Ne pas pulvériser d'insecticide sur toute culture butinée par des abeilles.
  • Surveiller les cultures de couverture ou les mauvaises herbes en fleurs, car elles sont la principale source des intoxications d'abeilles.
  • Fournir une source d'eau propre aux abeilles.

Si des insecticides doivent être utilisés à proximité :

  • Ne pas pulvériser d'insecticide durant la journée. Les abeilles retournent à leur ruche en début de soirée; les pulvérisations effectuées après 19 h sont les plus sécuritaires. Les pulvérisations réalisées tôt le matin doivent être terminées pour 7 h.
  • Choisir des journées plus fraîches pour les pulvérisations. En effet, les abeilles ne butinent pas à des températures inférieures à 13 ºC.
  • Bloquer l'entrée de la ruche avec des sacs mouillés durant les 12 heures qui suivent une pulvérisation. Laisser un espace aux abeilles pour qu'elles puissent sortir et rafraîchir la ruche.
  • Éviter les dérives de pesticides en évitant de faire des pulvérisations les jours venteux.

Lorsque la pollinisation est terminée :

  • Retirer les abeilles dès que possible après la fin de la floraison avant les pulvérisations effectuées au stade du calice.
  • Choisir des insecticides qui sont moins toxiques pour les abeilles.
  • Le tableau 11-2 de la Publication 360F mentionne la relative toxicité des pesticides pour les abeilles mellifères. Prendre le temps de faire des choix judicieux.

Nos pollinisateurs, dont les abeilles mellifères et les insectes indigènes, sont essentiels à l'avenir de notre production fruitière. On doit faire tout ce qu'on peut pour assurer leur santé et leur sécurité.


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