Évaluation de méthodes rapides de surveillance de la résistance de la tavelure du pommier aux fongicides

Deux méthodes de quantification du taux de résistance de la tavelure du pommier aux fongicides ont été testées dans des vergers de l’Ontario.L’une de ces méthodes se fonde sur un dépistage effectué sur les conidies des lésions primaires qui ont été prélevées sur des arbres non traités, et elle donne des résultats au bout de sept jours. La « résistance pratique » est évaluée selon la proportion de la population qui n’est pas inhibée par une certaine dose de fongicide. Lorsque plus de 40 % des échantillons ont une sensibilité réduite, on considère qu’il existe une « résistance pratique » dans le verger en question et que le fongicide à l’étude ne peut fournir de résultats fiables.

L’autre méthode se fonde sur un dépistage des ascosporesprélevées sur des feuilles infectées soumises à une hibernation artificielle ou naturelle, et elle donne des résultats en trois jours. Elle s’appuie sur des comparaisons entre des vergers témoins (oł le fongicide a un effet ou aucun effet) et ceux qui font l’objet du test.

Les deux premières années de l’essai, on a effectué un apprentissage et on a connu plusieurs difficultés d’ordre technique, de sorte qu’aucun résultat n’a été produit.En 2007, on a employé avec succès la méthode en sept jours sur sept vergers des comtés de Niagara, Middlesex et Durham, oł on a effectué un dépistage de la résistance au myclobutanil (Nova) et à la dodine (Equal) dans la population d’organismes de la tavelure du pommier. Dans trois des sept vergers, les populations sensibles au fongicide au départ étaient devenues tolérantes. Un quatrième site se situait dans la gamme sensible, mais accusait un décalage important. Selon les données historiques, les sept vergers ont toujours été sensibles à la dodine.

La méthode en trois jours n’a été employée que sur six vergers parce que le protocole d’hibernation artificielle avait échoué et qu’il a fallu prélever un second échantillon de feuilles en juin, après que les feuilles du type sauvage (aucun traitement au fongicide) ont été entièrement transformées en paillis à l’aide d’une tondeuse. Il était difficile d’interpréter ces résultats parce qu’il n’y avait pas de vergers témoins. Cependant les deux méthodes ont fait ressortir la même tendance :dans les vergers oł la méthode en sept jours montrait une proportion plus élevée d’isolats résistants, le taux de croissance en présence du fongicide était aussi plus élevé que là oł la proportion d’isolats résistants était moindre.

Ces deux méthodes permettent de différencier les vergers « sensibles » et « tolérants ». La difficulté consiste à décider quoi faire des cas « intermédiaires » oł le traitement risque de perdre son efficacité en cas de forte pression exercée par la maladie.Cependant les deux techniques présentent le même inconvénient.

Comment peut‑on utiliser les résultats obtenus par l’une ou l’autre de ces méthodes? Lorsqu’un fongicide donné ne semble plus efficace, le producteur peut demander un test de dépistage pour déterminer si la population a commencé à évoluer et si elle s’est rapprochée de la « résistance pratique ». Lorsqu’il envisage d’inclure dans son programme de traitement un fongicide comme la dodine, il peut faire effectuer un dépistage sur son verger avant la saison pour savoir si la population de pathogènes est sensible à ce produit; c’est ce qui est recommandé dans l’État de New York.En cas de perte d’efficacité des traitements, un dépistage de ce type permet de déterminer si ce phénomène est dû à l’acquisition d’une tolérance ou à des problèmes liés au traitement lui‑même.

La principale différence entre ces deux techniques est le délai d’obtention des résultats. La méthode Koller s’appuie sur la collecte d’échantillons d’infections primaires.Le délai est plus court que celui de la méthode originelle, cependant le producteur reçoit les résultats alors que la plus grande partie de la période d’infection primaire est déjà écoulée, cet intervalle de temps étant celui pendant lequel il doit prendre des décisions critiques sur l’emploi des fongicides. La méthode d’interception des lignes lui permet de disposer de cette information avant même le début de la saison.

La méthode en trois jours permet de déterminer rapidement et à temps s’il existe une tolérance relative dans un verger donné, et le mode de classement des vergers est le même que pour la méthode en sept jours. Pour employer cette méthode, il faut identifier des vergers témoins dont on se sert pour ordonner les autres vergers. Le protocole d’hibernation artificielle est en cours de perfectionnement.

Remerciements

Nous remercions Margaret Appleby et Kathryn Carter, du MAAARO, qui nous ont fourni une aide très précieuse lors du déroulement de ce projet. Nous remercions également Dow AgroSciences et Cheminova Inc. pour leur soutien financier et NORAC Concepts pour le don de produits.


Auteur : Wendy McFadden‑Smith - McSmith Agricultural Research Services
Date de création : 15 décembre 2007
Dernière révision : 15 décembre 2007

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