Mise à jour, projets de lutte intégrée du MAAARO, culture des pommes, 2007

La dernière saison de croissance a été assez occupée pour ce qui est des projets de lutte intégrée relatifs à la culture des pommes. Heureusement, grâce au financement et à l’appui de plusieurs sociétés de produits chimiques, du Centre de la lutte antiparasitaire, de Hort Crops Ontario et des Ontario Apple Growers, nous avons pu faire de nombreux progrès.

Voici quelques‑uns des projets entrepris cette année :

Projets dirigés par le MAAARO, lutte intégrée dans la culture des pommes

Évaluation de l’efficacité de Rimon (novaluron) et d’Altacor (rynaxapyr) dans la lutte contre la tordeuse à bandes obliques (K. Carter, M. Appleby) (financement de Chemtura, Dupont et OAG).Rimon (novaluron) est un régulateur de croissance des insectes (pouvant être inclus dans la lutte intégrée) qui a été homologué en 2007 pour la lutte contre divers insectes ravageurs des pommiers (carpocapse de la pomme, tordeuse orientale du pêcher). Des recherches effectuées aux États‑Unis montrent que ce produit permet de lutter efficacement contre les populations de tordeuse à bandes obliques si l’on traite les vergers à la chute des pétales. Altacor (rynaxapyr) fait partie d’une nouvelle catégorie chimique d’insecticides, et il est également considéré comme efficace contre la tordeuse à bandes obliques. Une demande d’homologation d’AltacorMD a été faite pour la lutte contre divers ravageurs : tordeuse à bandes obliques, carpocapse de la pomme, tordeuse orientale du pêcher et mineuse marbrée du pommier. L’objet de ce projet était de comparer l’efficacité de ces deux nouveaux insecticides à celle d’Intrepid (méthoxyfénozide), un produit déjà homologué pour la lutte contre la tordeuse à bandes obliques. Les traitements ont été effectués à la chute des pétales, puis de nouveau 10 à 14 jours plus tard.Bien que les données n’aient pas encore été analysées, tous les produits semblent avoir donné de bons résultats.Aucun d’entre eux ne semble avoir eu d’effets néfastes en ce qui concerne les populations d’acariens phytophages (tétranyque rouge du pommier, tétranyque du pommier).

Évaluation des produits de lutte contre les acariens (K. Carter). L’objet de ce projet était de comparer l’efficacité des doses fortes et faibles d’Acramite dans la lutte contre le tétranyque rouge du pommier dans les vergers de l’Ontario. Les résultats de cet essai n’ont pas encore été analysés.

Évaluation de la confusion sexuelle comme outil de lutte contre la sésie du pommier(Synanthedon myopaeformis) (chef de projet : H. Fraser; collaborateurs: D. Beaton, K. Carter, N. Carter). La sésie du pommier (Synanthedon myopaeformis) a été découverte pour la première fois en Colombie‑Britannique en 2005, et l’ACIA n’a constaté sa présence que dans un seul verger ontarien en 2006. Selon les sondages effectués en 2007, bien que ce ravageur existe encore en assez grand nombre dans un verger de la province, il ne semble pas être présent ailleurs. L’objet de ces travaux est de collaborer avec le producteur afin de mettre en œuvre un programme de confusion sexuelle pour lutter contre ce ravageur. C’est la première année d’un projet pluriannuel.

Évaluation du traitement au Calypso (thiaclopride) dans la lutte contre les ravageurs des pommes en début de saison (K. Carter, M. Appleby). L’objet de cet essai de démonstration est de mieux comprendre comment Calypso peut s’insérer dans notre programme actuel de lutte intégrée.On a effectué des applications de Calypso à la chute des pétales pour évaluer son efficacité contre la punaise de la molène et la tordeuse orientale du pêcher. Pour ce faire, on a formé deux parcelles, l’une que l’on a traitée avec Calypso et une autre que l’on a traitée de la façon habituelle. On a effectué un suivi des populations de pucerons, de sauterelles et de punaises de la molène avant le traitement et le 5 juin. Les résultats de cet essai de démonstration permettent de penser que Calypso est efficace contre les populations de punaises de la molène, de pucerons et de tordeuse orientale du pêcher.

Évaluation de la pourriture noire en réponse à l’éclaircissage chimique sur des pommes Royal Gala (financement de Horticultural Crops Ontario) (chefs de projet : M. Celetti, J. Gardner et J. Cline; collaboratrice : K. Carter. Une étude préliminaire effectuée en 2006 avait montré que l’application des agents d’éclaircissage chimique Fuitone et Maxcel à la chute des pétales pouvait faire diminuer le nombre de fruits infectés par Botryosphaeria obtusa (pourriture noire) à la récolte, mais qu’elle n’était peut‑être pas optimale pour de qui est de la réduction de la charge de fruits et de l’accroissement de la taille de fruits.En 2007, on a effectué une deuxième expérience pour mieux connaître les effets du moment de l’application de ces mêmes agents d’éclaircissage sur l’incidence et la gravité de la pourriture noire sur les fruits, et on a également comparé ces traitements à l’éclaircissage manuel. L’incidence de la pourriture noire était plus faible sur le produit des arbres qui avaient été éclaircis alors que les fruits en formation avaient un diamètre de 6 à 8 mm que sur celui des arbres éclaircis alors les fruits avaient un diamètre de 12 à 14 mm. À la récolte, les arbres qui avaient été éclaircis à la main avaient un nombre significativement moindre de jeunes fruits momifiés et une plus faible incidence de fruits infectés par la pourriture noire que ceux qui avaient subi un éclaircissage chimique. L’éclaircissage a donné les meilleurs résultats sur les arbres qui avaient été traités alors que les fruits avaient atteint un diamètre de 6 à 8 mm ou de 12 à 14 mm. Les arbres traités au 6‑BA avaient un nombre de fruits significativement moindre que ceux qui avaient été éclaircis à la main. L’application des agents d’éclaircissage chimiques lorsque les fruits avaient atteint un diamètre de 6 à 8 mm a eu pour effet de réduire la charge de fruits et de faire diminuer le nombre de fruits qui, au moment de la récolte, étaient infectés par la pourriture noire.

Validation d’un modèle d’oviposition pour le choix du moment de la pulvérisation d’insecticide contre le charançon de la prune en Ontario (financement de Horticultural Crops Ontario) (chef de projet : H. Fraser, collaborateurs : K. Carter, M. Appleby).Cette étude préliminaire devrait permettre de valider l’utilité du modèle NY PC dans les conditions de croissance qui prévalent en Ontario, ce qui permettra aux producteurs de mieux choisir le moment de la pulvérisation de pesticides et d’éviter d’utiliser ces produits inutilement. Les employés du MAAARO évalueront l’efficacité de deux types de pièges servant au suivi des populations de charançons de la prune dans les vergers. Ils rassembleront des données météorologiques sur chacun des sites et les incluront dans le modèle NY afin de prévoir le moment de l’émergence des insectes et de déterminer celui du traitement. Les pièges serviront à effectuer le suivi de l’activité des insectes dans plusieurs vergers.Le personnel du MAAARO se servira de deux types de pièges à insectes dans neuf vergers répartis dans toute la province; il effectuera ainsi le suivi des populations de charançons de la prune et évaluera l’exactitude des données obtenues à l’aide de ces dispositifs.Nous avons déjà les résultats préliminaires de ce projet pour 2007, et nous espérons poursuivre ces travaux en 2008.

Perfectionnement d’un modèle de développement de la tordeuse à bandes obliques et du choix du moment du traitement au moyen de nouveaux insecticides à risques réduits (financement de Horticultural Crops Ontario) (chef de projet : H. Fraser, collaborateurs : K. Carter, M. Appleby).Cette étude comportera un suivi des modes de déplacement en vol des tordeuses à bandes obliques adultes et une comparaison des modèles prédictifs avec les stades de vie des insectes présents sur le terrain (œufs, divers stades larvaires, pupes).Le personnel du MAAARO installera des pièges à phéromones dans plusieurs vergers et fera un suivi des conditions météorologiques dans huit sites répartis dans tout l’Ontario. On comparera le modèle ontarien avec d’autres modèles plus élaborés pour déterminer lequel permet de prévoir avec le plus de précision le développement des insectes dans la province. Nous avons déjà les résultats préliminaires de ce projet pour 2007, et nous espérons poursuivre ces travaux en 2008.

Projets dirigés par d’autres chercheurs avec la participation du MAAARO

Évaluation du traitement au GF‑120 (spinosad + appât) dans la lutte contre la mouche de la pomme au Canada (chef de projet : J. Reekie, AAC‑Kentville, N.‑É.; collaborateurs : K. Wilson, Lindsay Pink, consultant privé; K. Carter, Appleby et H. Fraser, MAAARO) (financement du Centre de gestion des ravageurs et d’Ontario Apple Growers). L’objet de ce projet était d’évaluer l’efficacité de GF‑120 (spinosad + appât) dans la lutte contre la mouche de la pomme dans les vergers de pommes biologiques. Les évaluations ont été effectuées dans deux vergers de production biologique Novaspy situés en Ontario, et trois vergers de production organique et un de production fruitière intégrée situés en Nouvelle‑Écosse (McIntosh, Cortland, Rhode Island Greenings et un verger à plants mixtes).Dans chaque verger, on a effectué quatre répétitions de quatre traitements avec témoin. Les traitements ont été faits avec trois doses de GF‑120, soit 1 fois, 1,5 fois et 2 fois la dose indiquée sur l’étiquette, et Surround. Les traitements étaient effectués hebdomadairement après la capture de la première mouche de la pomme adulte sur un piège englué jaune. On a mesuré les résultats des différents traitements à partir d’une évaluation de la récolte en septembre. À ce moment‑là, on a prélevé 20 pommes en provenance de 10 arbres de chaque lot; dans les parcelles témoins, on a prélevé 20 pommes en provenance de 16 arbres. On a ensuite incubé ces fruits à la température ambiante pendant deux semaines, puis on les a coupés en quartiers pour prendre note des dommages causés par la mouche de la pomme.Selon les résultats obtenus, on peut conclure que GF‑120 est aussi efficace que Surround pour la lutte contre la mouche de la pomme. On recommande donc l’emploi de GF‑120 pour lutter contre ce ravageur dans les vergers de production biologique et conventionnelle.


Auteur : Kathryn Carter - spécialiste de la lutte intégrée, fruits à pépins/MAAARO
Date de création : 15 décembre 2007
Dernière révision : 15 décembre 2007

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