Qu’avons-nous appris? - Résumé des ateliers sur les pulvérisateurs à vergers

En juin et juillet, cette année, le ministère de l’Agriculture, de l’Alimentation et des Affaires rurales (MAAARO) a tenu cinq ateliers sur les pulvérisateurs à vergers, dans les régions productrices de pommes de l'Ontario. L’objectif de ces ateliers était d’évaluer le rendement des pulvérisateurs et de recommander des méthodes pour améliorer la couverture et le dépôt de pulvérisation. 

Les dépôts de pulvérisation à des volumes d’eau, des vitesses de l'air (aucun air à certains sites) et des vitesses de déplacement variables, ainsi que par pulvérisation de couverture comparativement à une rangée sur deux, ont été examinés au cours des ateliers. Nous avons eu recours à des pratiques de pulvérisation utilisées couramment par le producteur sur place. 

Ces essais en parallèle étaient mis en place avant le début de l’atelier à l’aide du phytoprotecteur Surround® WP. Ce produit permet de vérifier visuellement le dépôt de pulvérisation. 

Qu’avons-nous constaté ? À certains endroits, la pulvérisation une rangée sur deux semblait donner d’assez bons résultats, selon l’épaisseur du houppier et la porosité. Toutefois, à chacun des sites, on a démontré que la pulvérisation une rangée sur deux ne donnait pas des résultats aussi uniformes que la pulvérisation de chaque rangée. Cette dernière méthode prend peut-être plus de temps et de carburant, mais les chances d’avoir une couverture plus complète sont plus élevées. Prenons l’exemple de la tavelure qu’il est difficile de combattre lorsque le produit n’est pas appliqué partout.  

Par ailleurs, au premier coup d’œil, aucun des différents volumes d’eau, vitesses de l’air et vitesses de déplacement utilisés dans les divers essais ne semblaient donner de résultats désastreux. Il semblait cependant que la couverture du produit était légèrement supérieure en présence de volume d’eau plus important. 

L’apport d’air semblait également favoriser la répartition et la déposition des gouttelettes; par contre, si la vitesse de l’air est trop rapide, le jet de pulvérisation risque d’être trop fort vers la rangée visée, atteignant ainsi deux ou trois autres rangées non ciblées. 

Une autre démonstration portait sur l’utilisation d’un dispositif visant à mesurer la répartition des gouttelettes. L’appareil a été construit par John Gardner et des membres du personnel du MAAARO, à l’aide de concepts de design mis au point par Dr Andrew Landers de l’université Cornell. 

Le pulvérisateur est ajusté et placé à côté du dispositif en question, à une distance qui équivaut environ à celle qui le séparerait de la rangée durant la pulvérisation. Le dispositif permet de prélever un échantillon du jet pulvérisé à différentes hauteurs à partir d’une position stationnaire. Une description plus détaillée de l’opération a déjà été publiée dans le bulletin Le pomiculteur de juin 2007. Il ne s’agit pas d’une analyse quantitative, mais bien d’un outil pour savoir oł va le jet à différentes hauteurs. Nous recherchions, au cours de ces ateliers, à trouver une symétrie dans le modèle.  

 

Lorsque le dispositif pour mesurer la répartition des gouttelettes indique que des quantités disproportionnées d’eau sont recueillies à diverses hauteurs du houppier, il est nécessaire de régler le pulvérisateur. Il faudra peut-être calibrer de nouveau ou fermer certaines buses et ajuster l’angle de ces dernières ou la direction de l’écoulement de l’air. L’utilisation du dispositif permet de déceler très facilement les buses bloquées.

Les spécialistes du MAAARO installent le dispositif visant à mesurer la répartition des gouttelettes , dans le cadre d’un des ateliers sur les pulvérisateurs, tenus récemment dans les régions productrices de pommes en Ontario.

Les spécialistes du MAAARO, Kathryn Carter, Todd Leuty et John Gardner installent le dispositif visant à mesurer la répartition des gouttelettes , dans le cadre d’un des ateliers sur les pulvérisateurs, tenus récemment dans les régions productrices de pommes en Ontario.

Des informations sur les brise-vent ont également été données dans le cadre des ateliers. Voici les points saillants de la présentation sur ce sujet :

  • Une à trois rangées d’arbres sont nécessaires pour obtenir un rendement optimal des brise-vent.
  • Planter au moins trois espèces d’arbres différentes, comme l’épinette, le pin, le thuya occidental, l’aulne blanc, l’olivier de Bohême (note : l’olivier de Bohême n’est pas un hôte de la brûlure bactérienne).
  • Une porosité de 50 % est idéale (50 % d’espace d’air; 50 % d’aiguilles, de feuilles et de branches)
  • Pour que la zone tampon permettant de réduire les dérives de pesticides soit efficace, la hauteur du brise-vent doit être au moins le double de celle du jet. Une haie d’une largeur de 30 à 100 pieds, regroupant des espèces diverses d’arbres, d’arbustes, de plantes grimpantes et d’herbacées permettra d’intercepter efficacement de 50 à 90 pour cent des dérives. La présence de conifères permet de profiter de l’effet tampon du brise-vent contre les dérives de pesticides tôt au printemps avant que les autres feuillus soient épanouis.

Il a également été question de l’importance grandissante de tenir des registres sur les applications de pesticides. On doit garder des dossiers détaillés sur le sujet, comprenant notamment des données sur la vitesse du vent au moment de l’application.

Nous tenons à remercier particulièrement Paul Frankis, Murray Porteus, Art Moyer, Charles Stevens et John Ardiel pour leur accueil. Merci également aux vendeurs d’équipement de pulvérisation pour leurs présentations sur l’orientation des buses et les nouvelles technologies relatives aux pulvérisateurs. Nous vous remercions du temps et des efforts que vous avez consacrés à la réalisation de ces ateliers.

Merci à BASF Canada Inc. et à Engage Agro de leur soutien pour nous avoir fourni le phytoprotecteur the Surround WP pour les démonstrations sur les pulvérisateurs. Merci finalement aux producteurs et aux conseillers d’avoir participé aux ateliers. Il est encourageant de constater que les producteurs ontariens continuent de se renseigner sur l’application des pesticides.


Auteur : Denise Beaton, John Gardner, Kathryn Carter, Todd Leuty, Helmut Spieser/MAAARO
Date de création : 30 août 2007
Dernière révision : 30 août 2007

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