Fertilisation foliaire des pommiers

Étant donné la vaste variété de porte‑greffes, de cultivars, de systèmes de vergers et de types de sols, il n'est pas facile de formuler des recommandations générales en matière de fertilisation des pommiers. Dans les vergers bien établis, la meilleure approche consiste à prélever un échantillon foliaire pour situer votre verger par rapport aux teneurs optimales de nutriments qui figurent au tableau 1. Les corrections de déficiences effectuées en cours de saison peuvent donner de bons résultats pour les nutriments indiqués ci‑dessous.

Azote

L'azote est probablement le nutriment dont il est le plus difficile d'optimiser la teneur. Cela revient souvent à faire un compromis entre le rendement et la taille (plus d'azote) et la qualité (moins d'azote). En présence d'une teneur trop élevée, on risque une mauvaise coloration, la chute des fruits, des désordres comme la tache liégeuse et le point amer ainsi que d'autres pertes à l'entreposage. La variété Honeycrisp semble être particulièrement sensible aux fortes teneurs en azote. Dans la plupart des cas, la teneur en azote diminue au début du printemps. En effectuant une analyse foliaire au début de juillet, il est possible de corriger toute déficience en cours de saison si nécessaire. La méthode qui permet à l'arbre d'absorber l'azote le plus rapidement est l'application foliaire d'urée ou fertigation. Pour réduire les risques de problèmes de qualité, ne pas appliquer d'azote après la fin de juillet. L'analyse foliaire vous permettra également de préciser les doses d'azote à ajouter le printemps prochain.

À retenir si vous effectuez la fertigation par goutte à goutte : dans les types de cultures oł cette méthode a été étudiée, il suffit d'environ la moitié de la dose ajoutée sous forme de granulés d'azote pour obtenir une réponse équivalente. Cet écart peut être très variable selon le type de culture et l'emplacement, et peu d'études comparatives ont été effectuées sur les pommes. Pour commencer, c'est une bonne chose de réduire la dose d'azote de moitié avant d'effectuer la fertigation. La recherche montre également qu'on peut maintenir la qualité en adoptant la stratégie de planification suivante : commencer l'ajout d'azote par fertigation plus tôt, puis diminuer les doses progressivement vers la fin juin.

Potassium

Aux endroits oł le sol est pauvre en K, l'ajout de potassium permet d'améliorer la coloration des fruits, leur taille, leur acidité totale et leur goût. L'excès de N accentue les déficiences en K. On a constaté des réponses peu marquées là oł la teneur des sols en potassium était moyenne. Comme le magnésium et le potassium sont des compétiteurs pour ce qui est de l'absorption, tout excès de K s'accompagne d'une déficience en Mg. Il est possible de corriger les déficiences en cours de saison par des applications foliaires de nitrate de potassium ou de sulfate de potassium, mais la meilleure solution à long terme est une application sur le sol.

Calcium

La déficience en calcium est liée à la tache amère, mais la relation en cause est mal connue. Cependant il est prudent d'effectuer des applications foliaires lorsqu'on craint la tache amère. Il a été démontré qu'en Ontario les pulvérisations de calcium sur McIntosh et Honeycrisp accélèrent leur maturation. Attendez‑vous à une maturation précoce, en particulier si vous employez de fortes doses plus tard dans la saison. On trouvera un intéressant article sur les doses et la planification dans la fiche technique du MAAARO intitulée La lutte contre la tache amère des pommes.

Magnésium

Le risque de déficience en magnésium augmente lorsqu'on ajoute des doses de potassium plus importantes. La déficience en Mg produit une chute des fruits prématurée chez McIntosh. Les pulvérisations foliaires permettent de corriger ce type de déficience en cours de saison, mais la meilleure solution à long terme est une application sur le sol.

Bore, fer et manganèse

Ces oligoéléments doivent être ajoutés pour corriger les déficiences révélées par les symptômes visibles ou l'analyse foliaire. Ces déficiences se produisent généralement plus souvent sur les sols à pH élevé. Pour les corriger, les pulvérisations foliaires restent la meilleure solution parce que le pH du sol qui est à l'origine même du problème fait que les quantités qui sont appliquées au sol ne sont pas disponibles pour l'absorption. La déficience en bore est probablement la plus fréquente en Ontario, en particulier les années de sécheresse dans les vergers non irrigués. Il est important de faire un usage judicieux des oligoéléments parce que les excès de bore ou de manganèse peuvent s'accompagner d'une diminution des rendements, de la qualité ou des deux à la fois.

Tableau 1(a) - Fourchettes optimales des teneurs en éléments nutritifs dans des échantillons de feuilles prélevés en juillet
 la variété

N
% poids sec

P
% poids sec

K
% poids sec

Ca
% poids sec

Mg
% poids sec

Delicious, Crispin

2,2‑2,7

0,15‑0,40

1,4‑2,2

0,8‑1,5

0,25‑40

Empire, Russet, Spy

2,1‑2,6

0,15‑0,40

1,3‑2,1

0,7‑1,5

0,25‑0,40

McIntosh et autres variétés

2,0‑2,04

0,15‑0,40

1,2‑2,0

0,8‑1,5

0,25‑0,40


Tableau 1(b)
 la variété

Mn
ppm

Fe
ppm

Zn
ppm

B
ppm

Delicious, Crispin

20‑200

25‑200

15‑100

20‑60

Empire, Russet, Spy

20‑200

25‑200

15‑100

20‑60

McIntosh et autres variétés

20‑200

25‑200

15‑100

20‑60

Notes:

  • Les fourchettes optimales de teneur en N sont plus élevées d'environ 0,2 % si la plantation n'est pas encore en production.
  • Ajouter 0,2 % aux fourchettes optimales de teneur en N pour tous les cultivars de pommes cultivés sur des porte‑greffes à dimension limitée.

 Liens connexes


Auteur : Peter Zwart - chef du programme de nutrition, horticulture/MAAARO
Date de création : 30 juin 2007
Dernière révision : 30 juin 2007

Pour plus de renseignements :
Sans frais : 1 877 424-1300
Local : 519 826-4047
Courriel : ag.info.omafra@ontario.ca