Onze questions sur l’emploi de Bloomtime et de BlightBan dans la lutte contre la brûlure bactérienne

Q : Que sont Bloomtime et BlightBan?

R : Bloomtime et BlightBan sont les noms commerciaux de deux souches de Pantoea agglomerans, une bactérie non pathogène. Bloomtime représente la souche E325 et BlightBan la souche C9‑1. 

Q : Quel est le mode d’action de ces produits contre la brûlure bactérienne?

R : Les deux produits inhibent la brûlure bactérienne. Pantoea agglomerans est un antagoniste de Erwinia amylovora, la bactérie qui cause cette maladie. Elle colonise les mêmes surfaces des fleurs et consomme les mêmes substances nutritives que celle‑ci, mais sans endommager la plante ni provoquer de maladie. Ces outils de lutte biologique ne donnent pas de bons résultats si la bactérie de la brûlure bactérienne a déjà colonisé les fleurs. 

Q : Puis‑je me servir de Bloomtime ou de BlightBan au lieu de la streptomycine?

R : Non. Ces produits ne font qu’inhiber la brûlure bactérienne, ce qui signifie une réduction d’environ 60 % en l’absence d’autres mesures. Leur emploi doit s’inscrire dans une stratégie comportant un suivi, des modèles prédictifs, des formes de lutte culturale et l’utilisation de la streptomycine. 

Q : Ces produits sont‑ils homologués pour les pommiers ou les poiriers?

R : Ils sont tout deux homologués à la fois pour les pommiers et les poiriers. 

Q : Quels sont les avantages de P. agglomerans?

R : L’inhibition de la bactérie de la brûlure bactérienne peut apporter d’importants avantages par la réduction de l’incidence de la maladie. En présence d’une colonisation par des bactéries de la brûlure bactérienne moins nombreuses, les traitements à la streptomycine peuvent être beaucoup plus efficaces, et il est possible qu’on puisse réduire les doses de ce produit certaines années. En faisant diminuer le nombre de traitements à la streptomycine, on réduit aussi les risques d’apparition de bactéries de la brûlure bactérienne résistantes à cette substance. 

Q : Quand doit‑on traiter avec P. agglomerans?

R : Sur les étiquettes des deux produits, on lit que la première application doit avoir lieu vers 15 à 20 % de la floraison, et la deuxième application à la pleine floraison. Les fleurs doivent être ouvertes pour permettre à P. agglomerans d’y pénétrer pour les coloniser et, ce faisant, d’exclure les bactéries de la brûlure bactérienne. Il est très important de pulvériser ces produits lorsque les fleurs sont ouvertes et avant que les bactéries nuisibles aient eu le temps de les coloniser. Pour pouvoir prévoir les périodes de risque d’infection par la brûlure bactérienne et déterminer le meilleur moment pour le traitement, les pomiculteurs devront se servir de modèles prédictifs tels que Cougar Blight et MaryBlyt. 

Q : Combien de fois peut‑on traiter avec P. agglomerans?

R : À l’heure actuelle, on permet trois applications de BlightBan par an, mais seulement deux pour Bloomtime, mais cela pourrait changer à terme. 

Q : Doit‑on prendre certaines précautions lorsqu’on se sert de P. agglomerans?

R : Oui. Outre les mesures de sécurité habituelles mentionnées sur l’étiquette, il faut retenir que le cuivre est toxique pour P. agglomerans, de sorte qu’il faut l’éviter dans la période qui précède l’application de ces produits. Les applications de cuivre effectuées pendant la période de dormance des arbres ont peu de chance de nuire au rendement de Bloomtime ou de BlightBan. Le soufre ne pose probablement aucun problème à cet égard, et on ne connaît aucune autre forme d’incompatibilité pour le moment. De nouvelles recherches seront nécessaires sur la compatibilité de ces produits. En attendant il n’est pas recommandé de faire des mélanges en cuve avec d’autres pesticides, quels qu’ils soient. 

Q : Y a‑t‑il des précautions à prendre en ce qui concerne l’entreposage de ces produits?

R : Oui. Les produits biologiques sont différents des pesticides chimiques, et leur entreposage requiert certaines précautions. Ils contiennent des organismes vivants et doivent être maintenus à l’état congelé dans leur contenant d’origine jusqu’au moment de l’application. De plus, comme ils ont une durée d’entreposage limitée (5,5 mois), on ne peut entreposer les quantités inutilisées en prévision de la saison suivante. 

Q : Quelle est l’importance du degré de couverture?

R : Comme dans le cas des produits conventionnels, le degré de couverture revêt une grande importance parce qu’il doit permettre aux produits de pénétrer dans les fleurs. Ces produits n’ont pas d’effet systémique et ils ne pénètrent pas activement dans les fleurs. Il est très important de les appliquer avec 1 000 à 2 000 litres d’eau par hectare pour assurer une couverture suffisante. 

Q : Où pourrai‑je acheter Bloomtime ou BlightBan pour la prochaine saison?

R : Nous ne savons pas encore qui distribuera ces nouveaux ajouts à l’arsenal des moyens de lutte contre la brûlure bactérienne. Cependant, pour la prochaine saison, les quantités disponibles seront probablement limitées parce que les compagnies entrent lentement sur le marché et acquièrent une expérience de terrain dans plusieurs domaines.


Auteur : Neil Carter - spécialiste de la lutte intégrée, fruits tendres et raisin/MAAARO; Michael Celetti - pathologiste des cultures horticoles/MAAARO
Date de création : 30 avril 2007
Dernière révision : 30 avril 2007

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