Le type de couverture de la surface du verger se répercute sur la structure du sol

Dans la plupart des vergers ontariens, on maintient une surface de gazon permanente entre les rangées d’arbres. Cette pratique est très valable puisqu’elle protège le sol des roues des instruments, de l’érosion et des pertes de matière organique. 

La zone qui se situe directement sous l’arbre est critique parce que c’est là que se trouvent les racines. On la garde souvent nue au moyen d’herbicides parce que les pommiers absorbent moins bien l’eau et les éléments nutritifs que l’herbe. Les choix relatifs à cette zone se répercutent sur la croissance des arbres et des racines, sur la disponibilité de l’eau et des éléments nutritifs du sol, ainsi que sur le rendement et la qualité des fruits. 

Alors quelle serait la sorte de surface qui serait idéale pour un verger? Elle devrait s’opposer au ruissellement en absorbant l’eau et empêcher qu’elle s’infiltre trop profondément, et ce, jusqu’à ce que les racines en aient besoin. Puis, au fur et à mesure que les racines absorbent l’humidité, l’eau du sol doit pouvoir se déplacer librement pour la remplacer tout en entraînant les substances nutritives. Il est vrai qu’à l’exception du carbone et de l’oxygène, presque tout ce qui constitue un pommier doit être absorbé par les racines avec l’eau. On voit donc à quel point il importe d’optimiser la structure de la surface de sol située sous les arbres. 

Les méthodes de gestion qui apportent de petits changements chaque année peuvent représenter un avantage de taille sur toute la vie du verger. Ian Merwin, PhD, et son groupe de recherche ont effectué une expérience à long terme dans un verger d’Ithaca, État de New York, où ils ont mis à l’essai quatre systèmes de gestion pendant huit ans. Le sol en question était un luvisol brun‑gris issu de calcaire comme on en trouve dans la plupart des régions de l’Ontario. Dans certains lots, la zone située directement sous les arbres a été maintenue complètement nue par l’application d’herbicides rémanents au printemps. Dans d’autres lots, on a effectué un épandage de RoundupMD en mai et juillet de chaque année, ce qui permettait une nouvelle croissance de la végétation plus tard dans la saison. Le troisième traitement était la mise en place d’une pelouse en plaque qui était tondue toutes les deux semaines. Le dernier traitement était l’épandage d’une couche de six pouces de paillis de feuillus sous les arbres. 

Au bout de huit ans, on a mesuré la capacité d’absorption et de rétention de l’eau par le sol, ainsi que la facilité de déplacement de l’eau dans celui‑ci. On a également mesuré la densité apparente du sol, qui est un indicateur du compactage. Les traitements et les mesures portaient sur la zone située directement sous les arbres, par opposition à la surface située entre les rangées. 

Dans cette étude, il était clair que les meilleurs résultats avaient été obtenus avec le paillis, et les traitements aux herbicides sont arrivés au milieu du classement. Le gazon, qu’on associe généralement avec l’amélioration de la structure des sols, est arrivé dernier. Les chercheurs pensent que la tonte a provoqué un compactage. Des deux traitements effectués à l’aide d’herbicides, de façon générale, on a obtenu de meilleurs résultats avec RoundupMD qu’avec l’herbicide rémanent (surface nue en permanence). Un élément n’a pas été pris en compte dans cette étude, mais il mérite d’être mentionné : la nouvelle croissance de la végétation à la fin de la saison peut absorber l’excès d’azote et peut‑être permettre ainsi une amélioration de la qualité de la récolte, de la tolérance au froid et de la qualité de l’eau souterraine. 

Les traitements aux herbicides qui permettent une nouvelle croissance de la végétation à la fin de la saison ne constituent pas un mauvais choix, mais cette étude a permis de montrer que c’est probablement le paillis qui permet un fonctionnement racinaire optimal. Le maintien du sol nu en permanence peut entraîner une lixiviation et la perte de matière organique. Le paillis facilite l’infiltration et le mouvement de l’eau, et par conséquent le transport des éléments nutritifs dans le sol. Il entraîne aussi une diminution de la densité apparente du sol. D’autres recherches ont aussi montré qu’il faisait augmenter la teneur en matière organique du sol ainsi que l’activité racinaire près de la surface, tout en agissant comme un isolant qui protège les racines des températures extrêmes.

Cela vaut peut‑être la peine de comparer par écrit le coût du paillis et celui des herbicides pour votre verger.

A paillé des rangs d'hautes pommes de densité peuvent améliorer l'activité fondamentale en modérant des températures de sol, améliorant la question organique, et l'infiltration d'eau croissante.

Figure 1 - A paillé des rangs d'hautes pommes de densité peuvent améliorer l'activité fondamentale en modérant des températures de sol, améliorant la question organique, et l'infiltration d'eau croissante.


Auteur : Peter Zwart - chef du programme de nutrition, horticulture/MAAARO
Date de création : 30 avril 2007
Dernière révision : 30 avril 2007

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