Remarques sur la robotique et la disposition des vergers

Cela m’a fait plaisir de constater le nombre de participants au récent programme de pomiculture de février à l’Ontario Fruit and Vegetable Convention (OFVC) de Niagara. La préparation des programmes de ce type nécessite de nombreux ajustements si l’on veut en arriver à une bonne combinaison de sujets abordés et de conférenciers tout en permettant une bonne participation du public. Comme organisateurs, nous apprécions cet appui. 

Depuis quatre décennies, j’ai vu de nombreux programmes de ce type. Certains sont instructifs et d’autres tournent au désastre. Je me demande toujours pourquoi les organisateurs de certaines des conférences auxquelles j’ai assisté au cours de toutes ces années dépensent des milliers de dollars à inviter un conférencier pour qu’il parle de choses qui sont déjà bien connues, et qu’ils leur coupent la parole trop vite sans avoir prévu de périodes de questions. 

Quoi qu’il en soit, voici un résumé des points évoqués par Tom Auvil lors de ce programme de l’OVFC. Ce conférencier est horticulteur à la Washington State Tree Fruit Research Commission. 

Tom Auvil a souligné qu’à l’avenir la force de travail serait l’élément moteur du succès en pomiculture. Il s’agit ici de la méthode employée par le producteur ou gérant pour assurer l’exécution des diverses tâches, de la pose des attaches des branches à l’éclaircissage des fruits verts et à la récolte finale. Il ne suffira peut‑être pas de choisir le bon cultivar. Avec la hausse des prix, y compris des frais d’emballage et des coûts de production, on se retrouve pris entre l’arbre et l’écorce. Selon ce conférencier, le déroulement des affaires sera également déterminé par les revenus et non par la restriction des coûts. 

Tom a indiqué que les différences entre les techniques classiques et de production biologique commenceraient à s’estomper, comme l’indique déjà l’adoption de nombreuses stratégies de réduction des risques par les pomiculteurs ontariens. Ce n’est pas la première fois que j’entends dire cela par des conférenciers compétents. 

Pour ce qui est de l’utilisation des plateformes, Tom a parlé du système à mouvement intermittent, qui n’est pas aussi efficace que le système de plateforme qui se déplace régulièrement à une vitesse de 30 pieds par minute, guidé automatiquement par un dispositif de localisation des rangées d’arbres. Les travailleurs qui se servent de ces plateformes préfèrent être attachés à une rampe centrale plutôt que de devoir se pencher par‑dessus une rampe pour exécuter leurs tâches. Ils préfèrent pouvoir se pencher vers la rangés d’arbres tout en se sentant en sécurité. Et enfin il y a l’appareil articulé avec correction d’assiette et à quatre roues motrices et directrices, qui est déjà en usage dans certaines régions de l’hémisphère nord. 

Le facteur limitant de tout ce concept, c’est la « main qui cueille les fruits », ceux‑ci devant se trouver toujours dans la même position dans les arbres; il faut donc que l’épaisseur de la rangée ne dépasse pas quelques pouces, et de préférence qu’aucune branche mal placée ne puisse ralentir le bras et la main du robot. 

Il s’agit donc d’un problème de coûts et de rentabilité. Une main robotisée pourrait remplir une caisse pour 15 à 30 $, mais cette somme peut se monter à 60 $ par caisse si l’arbre est trop touffu. En fin de compte, le principal facteur déterminant de l’adoption d’une telle avancée technologique, c’est la valeur potentielle du contenu de la caisse en fruits.


Auteur : John Gardner - spécialiste en pomiculture/MAAARO
Date de création : 30 avril 2007
Dernière révision : 30 avril 2007

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