Le fuseau élevé pourrait bien être l’option de l’avenir

Il n’y a pas si longtemps, la notion même de « fuseau » était totalement étrangère aux pomiculteurs ontariens. Ce type de terminologie est apparu en Europe, dans les plantations à plus haute densité des régions de pomiculture de pointe. L’arbre en fuseau était essentiellement un arbre nain qui semblait très productif tout en occupant relativement peu d’espace. Il était assez voisin de ce que nous appelions l’arbre à axe central qui, depuis aussi longtemps que je me souvienne, représentait la fine pointe du domaine. À l’heure actuelle, on trouve encore des vergers d’arbres à axe central bien gérés et très productifs en Ontario et dans l’Est de l’Amérique du Nord.

Depuis les 30 dernières années, toutes les formes de pommiers ont une caractéristique commune : ils comprennent des quantités variables de bois de structure ou de branches charpentières considérées comme des parties intégrales et semi‑permanentes. Idéalement, ces arbres devaient être de forme pyramidale pour assurer une bonne répartition de la lumière, et le tronc central pouvait facilement porter des branches de 10 cm de diamètre. L’idée générale était de permettre la formation de branches charpentières au fur et à mesure que l’arbre arrivait à maturité et emplissait tout son espace. Beaucoup de ces vergers étaient conçus pour se tenir sans aucune forme de soutien. Au cours des dernières années, la théorie a beaucoup évolué et la grande majorité de la superficie plantée porte maintenant des systèmes à plus haute densité équipés de tuteurs.

Cela répond en partie au besoin de produire des fruits de qualité dans les délais aussi courts que possible, et également de mettre à profit les techniques de réduction des coûts en matière de gestion de la production, de l’élagage à la récolte.

Si l’on adopte le concept de plantation de plus forte densité avec une certaine modération et qu’on fait des compromis sur le coût des plants et d’établissement, on en arrive à ce que l’on appelle actuellement un système à fuseau élevé. Il semble que ce soit la meilleure solution de remplacement du système à haute densité, sans l’investissement que nécessiterait la plantation de 2 000 arbres par acre. À mes yeux, c’est presque un hybride entre la plantation traditionnelle à axe vertical et le système à haute densité.

Figure 1 - Sur un arbre bien pourvu de branches, celles‑ci sont attachées et placées sous l’horizontale; il s’agit d’un élément essentiel du système de conduite à fuseau élevé.

Voici quelles sont les caractéristiques du verger à fuseau élevé :

  • Densité de plantation évaluée à 1 000 ou 1 200 arbres par acre, et peut‑être jusqu'à 1 500 selon le cultivar;
  • Emploi de porte‑greffes entièrement nanifiants;
  • Emploi d'arbres bien pourvus de branches;
  • Branches courbées et attachées comme illustré à la figure 1 au lieu de la coupe et de l'élagage au moment de la plantation;
  • Renouvellement des branches en fonction d'un diamètre maximal permis de deux centimètres environ;
  • Aucune branche charpentière permanente.

Reste à voir dans quelle mesure certains de nos nouveaux cultivars conviennent à ce système de plantation. Celui‑ci peut ne pas donner de bons résultats avec des variétés de greffons qui sont fortes et vigoureuses. Certains cultivars sont mieux adaptés au confinement que suppose ce système.

Les régulateurs de croissance permettent peut‑être de restreindre certaines variétés dans l'espace qui leur est réservé, mais dans d'autres cas cela peut être trop coûteux.

En fin de compte les facteurs qui détermineront l'adoption ou non de ce type de système seront les aspects économiques et le rendement de l'investissement pour le producteur. On note un certain intérêt pour les dispositifs auxiliaires mécaniques ou plates-formes qui permettent aux employés d'effectuer diverses tâches sans marcher ni grimper, ce qui devrait permettre à ce système de plantation de gagner du terrain.

Ce type de plantation s'inscrit dans la catégorie des systèmes de vergers orientés vers les revenus par opposition aux systèmes de gestion visant à limiter les coûts.

Terrence Robinson, PhD, et Steve Hoying de l'université Cornell, New York, ont effectué de nombreux travaux comparatifs du système de fuseau élevé et d'autres systèmes.


Auteur : John Gardner - spécialiste de la pomiculture/MAAARO
Date de création : 30 avril 2007
Dernière révision : 30 avril 2007

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